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Patrimoine naturel

Un milieu humide : les mares

Dernière mise à jour : Septembre 2012
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    Septembre 2012
    Page de garde du Zoom sur Un milieu humide : les mares
    • Généralités
    • Végétation et faune des mares
    • Préservation et reconquête des mares
    • Pour aller plus loin...

Les « ZOOM SUR » contiennent des informations extraites de « l’ENVIRONNEMENT en Poitou-Charentes », production collective élaborée au sein du Réseau Partenarial des Acteurs du Patrimoine Naturel (RPAPN).

Les mares sont des petites étendues d’eau stagnante de surface inférieure à 1 000 m2 et de profondeur inférieure à 2 m.

  •  Ce sont de petites zones humides réparties dans des milieux variés :
    mares de prairies, mares forestières, mares de landes...
  •  Elles ne sont pas toujours alimentées en eau de façon continue. Leur
    remplissage provient du ruissellement des eaux pluviales ou de la
    remontée du plafond de la nappe phréatique, parfois d’un ruisseau
    temporaire, ou d’un apport par débordement périodique d’un cours d’eau.
    Son renouvellement est généralement dépendant des précipitations, des
    fluctuations des nappes ou des crues. Elles sont donc susceptibles de
    s’assécher naturellement. On parle alors de mares temporaires.
    Les zones humides

    « On entend par zone humide les terrains exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés d’eau douce, salée ou saumâtre de façon permanente ou temporaire ; la végétation, quand elle existe, y est dominée par des plantes hygrophiles pendant au moins une partie de l’année ».(première définition juridique dans la Loi sur l ’eau 1992).
    Aujourd’hui, une définition plus précise identifie les critères spécifiques des
    sols et/ou de la végétation des zones humides. (dans l ’arrêté du 1er octobre 2009)

    L’eau y est donc le facteur déterminant tant pour le fonctionnement de ces
    zones naturelles que pour la vie animale et végétale.

    Les zones humides sont le plus souvent des écotones. Elles sont des interfaces entre le milieu terrestre et le milieu aquatique (prairies inondables en bordure de cours d’eau, tourbières, marais littoraux...). Ce sont alors des zones de transition écologique entre deux écosystèmes différents. Mais elles peuvent être aussi des milieux aquatiques à part entière, tels les mares, les étangs...

    Leurs fonctions écologiques (processus naturels exempts de l’intervention humaine) sont de plusieurs ordres :

  •  hydrologiques : épuratrices (élimine des polluants diffus) et régulatrices (lutte contre les inondations, les crues, l’érosion des sols) ;

  •  biologiques : réservoir de biodiversité et production de biomasse ;

  •  climatiques : régulation des microclimats (par l’évaporation de l’eau).
  •  Les services écologiques qu’elles fournissent sont considérables et elles constituent un élément paysager à forte valeur patrimoniale.
  •  Elles sont d’autant plus intéressantes qu’elles sont présentes en grand nombre sur un territoire, et reliées entre elles par des fossés, chemins, haies ou franges boisées, formant un réseau de milieux, essentiel pour la circulation et la pérennité des espèces. Elles participent alors au maintien des continuités écologiques.

    Elément historique caractéristique de la région Poitou-Charentes, les mares représentent aujourd’hui l’un des habitats d’eau douce les plus vulnérables et les plus menacés par les activités humaines.

    En Poitou-Charentes

    Un inventaire à l’échelle régionale, réalisé entre 1998 et 2002 par les associations départementales de protection de l’environnement, sous
    l’égide de Poitou-Charentes Nature (PCN), a estimé que près d’un quart des mares existantes dans les années soixante-dix a disparu en 20 ans sous la pression de la modification des pratiques agricoles, de l’urbanisation, mais aussi suite à l’absence d’entretien. En effet, lorsqu’elles ne sont pas entretenues, les mares peuvent se combler assez rapidement (atterrissement) car la végétation produite chaque année se dépose sur le fond sous forme de matière organique.

    Cet inventaire régional a dénombré plus de 30 000 mares.

    Végétation et faune des mares

    Hébergeant une végétation et une faune spécifiques, les mares constituent de véritables réservoirs de biodiversité depuis les berges humides jusqu’au fond vaseux.

  •  Elles présentent une végétation diversifiée et typique des zones humides qui joue un rôle épurateur et offre nourriture, abri et support de ponte pour de nombreux animaux.
    La végétation s’y étage en fonction de la profondeur de l’eau.
      • On trouve en effet des plantes qui poussent les pieds dans des sols gorgés d’eau ou dans des eaux peu profondes. Ce sont des plantes hélophytes : iris, massettes, roseaux, joncs...
      • On trouve aussi des plantes totalement immergées dans l’eau, appelées plantes hydrophytes. Certaines viennent fleurir à la surface : renoncules, nénuphars... D’autres flottent comme les lentilles d’eau...
  •  La faune y est abondante. On y trouve une multitude d’animaux, du minuscule zooplanton aux plus grands mammifères qui s’y désaltèrent comme les cervidés, en passant par :
      • à la surface de l’eau : les gerris, les gyrins, les dolomèdes...
      • au milieu des végétaux : les notonectes, les dytiques, les libellules...
      • au fond de l’eau et dans la vase : des larves d’insectes, des mollusques...
      • et puis encore : les amphibiens, les hérons..

    Certains y passent leur vie, d’autres ne sont que de passage.

    Température, exposition au soleil ou qualité de l’eau et du sol influencent la biodiversité des mares. La composition de l’eau par exemple dépend du contexte (agriculture, habitations...) et des caractéristiques du substrat (acide ou basique...).

    La mare : une multitude d’espèces végétales et animales
    Sur la rive

    La ceinture de végétation est développée et diversifiée (lysimaque, salicaire, laîche et jonc, iris, menthe aquatique...).

    Beaucoup d’animaux associés à ces milieux ne sont pas strictement
    aquatiques mais ont un lien avec l’eau : espèces dont le stade larvaire se déroule dans l’eau, prédateurs d’animaux aquatiques, espèces qui viennent s’abreuver...comme par exemple l’alyte accoucheur, la couleuvre à collier ou le héron cendré.

    En profondeur

    La lumière se raréfie. Certaines plantes poussent complètement ou en grande partie immergées(cornifle, élodée, myriophyle...).

    Autour d’elles, des animaux nagent, vivent sur le fond ou dans leurs ramures (notonecte, nèpe, dytique...).

    Les pieds dans l’eau

    Ancrée dans la vase par d’imposantes racines ou rhizomes, les plantes résistent à d’importantes variations du niveau de l’eau. Elles forment parfois des massifs denses (roseaux et massettes).

    Leur couvert sert d’abri à de nombreuses espèces (rainette verte).

    A la surface

    Interface entre le milieu aquatique et le milieu terrestre, de nombreux
    animaux gravitent sous ou sur cette limite (grenouille verte, gyrin, gerris,
    triton...).

    Les plantes aquatiques ont souvent un feuillage étalé (renoncule, nénuphar, lentilles d’eau).

    Focus sur les amphibiens

    Les mares sont des sites de reproduction privilégiés pour les amphibiens dont certains sont inféodés à ce milieu pour leur reproduction. La pérennisation des populations est donc liée au maintien de cet habitat.
    Ainsi, avec le déclin des mares, plus d’1/3 des espèces est aujourd’hui
    menacé de disparition.

    La classe des amphibiens est divisée, pour ce qui concerne l’Europe, entre les urodèles, qui possèdent un corps allongé et une queue (salamandres, tritons...), et les anoures qui disposent de longues pattes postérieures mais qui sont privés de queue (grenouilles, crapauds...).
    Ils sont au centre des chaînes alimentaires : ils se nourrissent principalement d’invertébrés (vers, insectes, crustacés, mollusques) et constituent, à l’état larvaire ou adulte, l’alimentation de certains insectes et de nombreux vertébrés (poissons, reptiles, oiseaux, mammifères).

    Les qualités de l’eau et du couvert végétal sont les premiers facteurs qui
    expliquent la présence et l’abondance des espèces dans un site donné
     ; les amphibiens sont donc de très bons indicateurs biologiques.

    Mais l’abondance des espèces dans un site dépend aussi de facteurs plus globaux, à l’échelle du paysage.

  •  La distance à la mare la plus proche est importante. Les amphibiens ont
    en effet un cycle de vie incluant la présence d’habitats aquatiques et
    terrestres. Ils se reproduisent en milieu aquatique mais vivent souvent
    en milieux terrestres pendant le reste de l’année. Ils ont cependant des
    capacités de déplacement et de dispersion très limitées (< à 1km pour les urodèles). Cet aspect va conditionner la persistance d’une espèce vivant dans un milieu.
    En effet, suite à une perturbation de l’habitat (milieu dégradé, permanence de la mare), il sera impossible aux individus de se déplacer sur de longues distances afin de trouver des nouveaux milieux d’accueil.
  •  La structure de l’habitat (abondance et diversité des refuges) est
    également importante. Ils doivent pouvoir trouver des lieux favorables
    pour hiverner et disposer de corridors biologiques pour rejoindre leur zone d’hivernage ou de ponte.

    L’ ensemble des espèces d’amphibiens est protégé sur le plan national.

    En Poitou-Charentes

    21 espèces sur 34 françaises ont été inventoriées dans la région.

    Les bocages, tels le bocage bressuirais et la Gâtine poitevine, ou les landes parsemés de mares, telles les brandes de Montmorillon et les landes du Pinail, abritent entre autres le triton marbré (Triturus marmoratus), le triton crêté (Triturus cristatus), la grenouille verte de Lessona (Pelophylax lessonae) et la rainette verte (Hyla arborea). Ces espèces sont toutes déterminantes en Poitou-Charentes, protégées en France, présentes sur les listes rouges nationale et régionale, et inscrites en annexe à la Convention de Berne et à la Directive « Habitat ».

    La salamandre tachetée (Salamandra salamandra), la grenouille
    rousse (Rana temporaria) ou la grenouille agile (Rana dalmatina) sont
    caractéristiques de milieux évolués comme les mares de prairies ou les
    mares forestières (bocage de Gâtine, forêt de Moulière...).

    Au contraire, le crapaud calamite (Bufo calamita) ou le sonneur à ventre
    jaune (Bombina variegata) sont des espèces dites pionnières, qui utilisent pour se reproduire des mares temporaires, des ornières, des prairies humides, ...telles dans les Chaumes d’Avon ou la Vallée de la Tardoire.

    Les amphibiens en Poitou-Charentes


  • Préservation et reconquête des mares

    Réglementation et connaissance

    Elles peuvent également bénéficier d’une protection dans le cadre de site classé en Réserve Naturelle Nationale - RNN (Réserve Naturelle du Pinail) ou en Réserve Naturelle Régionale - RNR (Vallée de la Renaudie).

    Plus récemment, les mares sont au centre de la loi Grenelle II au travers la Trame Verte et Bleue (TVB) et par sa déclinaison en Schémas Régionaux de Cohérence Ecologique (SRCE).

    Mais le plus souvent, les mares bénéficient de la protection des espèces
    qu’elles abritent. De nombreuses espèces liées aux zones humides,
    tant animales (Cistude d’Europe, Salamandre tachetée...) que végétales
    (Renoncule à feuille d’Ophioglosse...) bénéficient d’une protection
    réglementaire sur l’ensemble du territoire national. Ce statut de protection implique que les espèces concernées soient prises en compte dans des projets d’aménagements. Le Plan Local d’Urbanisme (PLU) par exemple, qui fixe les servitudes d’occupation du sol, est un outil incontournable de protection des zones humides au niveau communal.
    Ces listes d’espèces, dites nationales, sont complétées dans chaque région par des listes rouges régionales inventoriant les espèces spécifiquement menacées (Triton de Blasius, Achinondée). Ces dernières ne revêtent aucun caractère réglementaire.

    L’inventaire des Zones Naturelles d’Intérêt Ecologique Faunistique et
    Floristique (ZNIEFF) constitue un véritable outil de connaissance des
    habitats.

    Les Plans Nationaux d’Actions (PNA) sont eux aussi des programmes
    stratégiques de connaissance des espèces inféodées aux mares.
    Ils assurent le maintien ou le rétablissement, dans un état de conservation favorable, d’espèces menacées ; cela par la mise en oeuvre d’actions visant les populations et leurs milieux. Le flûteau nageant, les odonates, le sonneur à ventre jaune, la cistude d’Europe... font actuellement l’objet de PNA.

    Exemples d’actions de reconquête, de recherche, ou de sensibilisation

    En Poitou-Charentes

    La Région Poitou-Charentes a lanceé en 2012 un appel à projets visant à la restauration et la création de 1000 mares « 1 000 mares-îlots de biodiversité » qui s’inscrit dans le cadre d’une priorité d’« excellence environnementale » : préservation de la Biodiversité (Plan Régional Biodiversité 2010-2015, Trame Verte et Bleue) ; maintien ou consti- tution d’un élément du paysage ; reconquête de la ressource en eau en quantité et en qualité ; gestion différenciée ou écologique des espaces verts communaux dans le cadre de l’opération Terre Saine “Votre commune sans pesticides”...
    Guide des aides Région

    Certains Pays ont engagé des démarches de connaissance et de gestion des mares, à l’exemple du Pays Civraisien (86). Ce projet, intitulé « Les mares du Pays Civraisien », est un programme de sauvegarde des mares, engagé avec l’association Vienne Nature. Il s’inscrit dans le cadre de la valorisation et de la promotion des zones humides du Pays : réalisation d’un recensement des mares ; inventaire de la richesse de la flore et de la faune sur quelques mares ; valorisation de cette richesse biologique auprès d’un large public et réhabilitation et aménagement de certaines mares.
    Pays Civraisien

    Le CEBC (Centre d’Etudes Biologiques de Chizé), l’ONCFS (Office national de la chasse et de la faune sauvage) et le bureau d’étude NEC (Nature Environnement Conseil) ont mis en oeuvre un programme de recherche (2010-2014) sur « L’intégration des amphibiens et des reptiles dans la conservation et la gestion des bocages ».
    site Bocage & Biodiversité

    Deux-Sèvres Nature Environnement a développé un programme d’animations pédagogiques scolaires et grand public afin de sensibiliser la population à la problématique de la préservation des amphibiens et des mares de Gâtine.
    Des outils pédagogiques ont été créés : poster pédagogique sur les mares de Gâtine et plaquette « Amphibiens et bocage ». Diverses animations grand public et scolaires ont aussi été réalisées.
    Des Amphibiens en Gâtine > site de Deux-Sèvres Nature Environnement

    Repères bibliographiques

  •  Les mares du Poitou-Charentes, Poitou-Charentes Nature, 2003.
  •  Amphibiens et reptiles du Poitou-Charentes - Atlas préliminaire> - Cahier technique n°4, Poitou-Charentes Nature, 2002.
    Site de Poitou-Charentes Nature (Rubriques : Publications > Amphibiens et Reptiles du Poitou-Charentes)

  •  Guide des habitats naturels du Poitou-Charentes>, Poitou-Charentes Nature, 2006.
    Site de Poitou-Charentes Nature (Rubriques : Publications > Habitats naturels du Poitou-Charentes : Guide)
  •  « Créer une mare », cahier technique de la Gazette des terroirs, Fédération des Clubs « Connaître et Protéger la Nature ».
  •  « Gérer une mare naturelle », Fédération des Clubs « Connaître et Protéger la Nature ».
  •  « A la rencontre des amphibiens », cahier de la Gazette des terroirs, Fédération des Clubs « Connaître et Protéger la Nature ».
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