L’ENVIRONNEMENT EN POITOU-CHARENTES (http://www.environnement-poitou-charentes.org) L'Etat - membre fondateur Région Nouvelle-Aquitaine
La situation
Patrimoine naturel
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6 - Exemples de programmes de recherche

Thème Patrimoine naturel - Édition 2013
  •  Ouvrage de 251 pages
  •  au format A4
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    Cherves (86)
    Cherves (86)

    La sauvegarde de l’outarde canepetière

    A l’origine, l’outarde canepetière (Tetrax tetrax) est typiquement inféodée aux zones steppiques tel que la plaine de Crau, mais elle a su s’adapter aux régions de grandes cultures dans le centre-Ouest de la France
    (Boutin, 1996) et notamment en Poitou-Charentes, qui accueille la quasi-totalité des effectifs nicheurs en plaine céréalière (ONCFS, 2008).

    A l’échelle nationale, les effectifs ont diminué de 80 % entre 1978 et 1995 (Jolivet, 1996) ; en 2008, on comptabilisait entre 1600 et 1900 mâles chanteurs (Jolivet, 2009). En Poitou-Charentes, 400 mâles chanteurs avaient été recensés en 1995, avec des régressions de
    50 à 80 % sur 20 ans selon les départements (Jolivet, 1996) ; en 2004, la population migratrice ne comptait plus qu’ environ 300 mâles chanteurs (Jolivet et al, 2007).

    L’espèce est aujourd’hui menacée d’extinction dans les plaines céréalières du Centre Ouest de notre pays où se rencontre la dernière population migratrice. La principale raison de ce déclin est l’intensification de l’agriculture depuis les 35 dernières années qui fait disparaître les sites favorables aux outardes. En effet, les anciens agrosystèmes fondés sur la polyculture disparaissent avec les remembrements et laissent place à des monocultures intensives. Entre 1992, date de la réforme de la PAC, et 2008, la luzerne associée à l’élevage (non subventionnée) tend à disparaître au profit des grandes cultures annuelles (subventionnées). Jusqu’en 2008, les jachères sont entretenues pendant l’été, alors que les outardes femelles sont installées pour nicher. Certaines d’entre elles ne s’envolent pas, mais se tapissent sur le nid comme lorsque arrive un prédateur, et sont décapitées. Et les nids sont détruits.

    Les prairies et les jachères disparaissent progressivement pour permettre l’extension de la céréaliculture mais aussi d’autres cultures comme le colza
    ou le melon. La culture du colza se développe, entre autres, pour les biocarburants et participe par conséquent à la diminution de la surface en prairie.

    D’autres cultures apparaissent aussi, comme le melon (qui n’est pas soumis aux quotas). Ce type de culture pourrait être relativement intéressant pour le mâle (zone relativement dégagée) mais pas pour la femelle. De plus les dérangements y sont nombreux car la culture du melon
    nécessite beaucoup de main d’oeuvre. La destruction des nichées et des femelles explique la situation alarmante de l’outarde canepetière dans le Centre Ouest de la France.

    Entre 1997 et 2001, des actions conjointes ont été réalisées par des associations naturalistes et des agriculteurs pour sauver l’outarde canepetière (programme LIFE Nature « Conservation de l’Outarde
    canepetière et de la faune associée » proposant des contrats « outarde »). Elles ont permis d’identifier les causes du déclin de l’espèce qui était de 15 % à 20 % par an dans les plaines céréalières du Poitou-Charentes ayant
    suivi le programme et de mettre en place des mesures agro-environnementales adaptées (CEBC - CNRS, 2002).
    A partir de ces premiers résultats, un plan de restauration, prévu pour 5 ans (2002-2006) et coordonné par la LPO, a été mis en place.

    En 2004, un recensement commun à tous les organismes travaillant sur l’outarde canepetière ou son milieu est réalisé, ce recensement rassemble le
    CNRS, l’ONCFS, la LPO, les associations naturalistes départementales et une fédération des chasseurs.

    Parallèlement les Fédérations Départementales des Chasseurs effectuent des aménagements spécifiques pour l’ensemble de la faune sauvage en collaboration avec les agriculteurs (JEFS - jachère environnement faune
    sauvage, jachères fleuries, plantation de haies, bandes enherbées, etc.). A titre d’exemple : dans le département des Deux- Sèvres la Fédération Départementale des Chasseurs a aidé et aide les agriculteurs volontaires à
    implanter des JEFS. Ces actions, parfois mises en place en faveur de l’accueil d’autres espèces, peuvent avoir un impact positif sur l’outarde. En 2007 environ 1 700 ha de JEFS sont répartis sur 201 communes du département (FDC 79, 2007). On peut noter une forte fréquentation de 16 espèces différentes y compris pendant la période de
    reproduction (FDC 79, 2006).

    Evolution des populations d’Outarde canepetière
    Année Vienne Charente Charente maritime Deux-Sèvres Poitou-Charentes
    2000 130 106 79 104 419
    2004 88 60 70 74 à 90 290 à 308
    2008 108 59 37 84 288
    Source : Jolivet (2009), Jolivet et al. (2007)

    Ces chiffres traduisent une chute de 26 à 30 % des effectifs de mâles chanteurs entre 2000 et 2004 dans la Région Poitou-Charentes (Jolivet et al., 2007). Entre 2004 et 2008, le déclin a été stoppé sur certaines zones permettant aux effectifs de se stabiliser. Depuis 2008, les populations du Centre Ouest de la France sont suivies annuellement.

    Un second programme LIFE « Renforcement des populations migratrices d’Outarde canepetière en France » (2004-2009) a permis la mise en place d’un élevage en captivité (LPO, MNHN et organisme1540|titre=CEBC>-CNRS). Au cours de cette période, un peu plus de 200 oiseaux ont été lâchés dans les plaines de Poitou-Charentes. L’élevage et les lâchers se poursuivent actuellement grâce au Conseil Général des Deux-Sèvres, au Conseil Régional Poitou Charentes et au MEEDDM dans le cadre d’un pôle d’excellence rurale.

    Un second plan national d’action est actuellement en cours (2011-2015), coordonné par la LPO.

    6Ligue pour la protection des Oiseaux - Outarde6


    Divers programmes de recherche « biodiversité » en cours

    Centre d’Etude Biologique de Chizé

    Le Centre d’études biologiques de Chizé (79)
    s’intéresse de près à l’identification des mécanismes et des processus qui régulent la dynamique de la biodiversité. Les études menées concernent aussi bien la gestion des espaces que celles des espèces, qu’elles soient menacées, invasives ou exploitées.

    L’équipe de recherche Agripop s’intéresse par exemple aux effets de l’intensification agricole sur la biodiversité, plus précisément aux processus et aux interactions écologiques impliqués dans les événements de raréfaction d’espèces. Parmi les modèles utilisés : les busards en Poitou-Charentes, l’Outarde canepetière, les insectes (ressource alimentaire), les passereaux des plaines. (CNRS La Rochelle -LIENSs, 2012).

    Un programme d’études de la Barge à queue noire (Limosa limosa) en France fait par ailleurs l’objet d’une collaboration entre l’Université de La Rochelle et les Réserves Naturelles Nationales de Pertuis Charentais
    et Breton. L’objet de cette étude est une population de Barges à queue noire hivernant sur les vasières atlantiques françaises. L’ objectif est de comprendre l’utilisation des espaces protégés par cette espèce et leurs fonctions dans les stratégies de survie hivernale de cette espèce à différentes échelles biogéographiques. (CNRS La Rochelle -LIENSs, 2012).

    Les activités de recherche du laboratoire "Ecologie, Evolution, Symbiose" de l’Université de Poitiers s’inscrivent dans le cadre général de l’analyse des associations hôtes-parasites.

    Un volet de recherche sur l’identification d’espèces de crustacés indicatrices de qualité des milieux continentaux (eaux superficielles, prairies, forêts) est également développé. On peut citer à ce titre les études menées sur
    la qualité de l’eau et de l’habitat de ruisseaux abritant l’écrevisse à pattes blanches (Austropotamobius pallipe), espèce patrimoniale en danger (CNRS Poitiers, 2012).

    Institut Français de Recherche pour l’Exploitation de la MER (IFREMER)

    Le Laboratoire Environnement Ressources des Pertuis Charentais, un des laboratoires exerçant sur le territoire régional, possède un rayon d’action qui s’étend de Saint Gilles Croix de Vie en Vendée à la rive droite de la Gironde, englobant ainsi les littoraux vendéens et charentais. Ce
    laboratoire mène des recherches sur l’environnement littoral et sur les espèces de bivalves exploitées (principalement huîtres et moules), il constitue un acteur important de la collecte d’information sur le littoral.

    Institut National de Recherche Agronomique (INRA)

    En région Poitou-Charentes, l’INRA mène des recherches finalisées dans deux domaines scientifiques majeurs : "Prairies et environnement" et "Systèmes d’élevage et de production innovants". L’enjeu est
    l’amélioration de la durabilité des prairies et des cultures fourragères pour le développement d’une agriculture compétitive et respectueuse de l’environnement. Deux programmes de recherche concernent ainsi les bénéfices environnementaux des prairies.

    Un premier dispositif permet d’évaluer les effets à long terme de l’alternance prairies/cultures et les modes de conduite des prairies sur la biodiversité (végétation, microbes et faune) et sur l’environnement (qualité des eaux, du sol, cycles bio-géochimiques et émissions gazeuses).

    Un second dispositif permet d’analyser la dynamique des populations de criquets, excellents indicateurs à la fois des caractéristiques du milieu et des perturbations de leur habitat.

    En zones cultivées, leur déclin constitue l’une des hypothèses-clés pour expliquer celui des oiseaux qui s’en nourrissent, en particulier l’Outarde canepetière. (INRA Poitou-Charentes, 2009).

    Trois autres programmes de recherche concernent les modes d’exploitation, les acteurs et les organisations économiques permettant de concilier les enjeux économiques et environnementaux à l’échelle du territoire.

    Un programme de recherche intitulé « Elevage/Prairies/Oiseaux » a ainsi pour objectif de développer un modèle visant à évaluer l’efficacité environnementale des pratiques de pâturage et de fauche (exemple sur
    le maintien de la biodiversité, en particulier de la communauté d’oiseaux) (INRA Poitou-Charentes, 2012).

     Pour aller plus loin
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