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6 - La nature en ville

Thème Patrimoine naturel - Édition 2013
  •  Ouvrage de 251 pages
  •  au format A4
  •  disponible en version papier ou téléchargeable en PDF.
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    Généralités

    Les espaces verts urbains de Poitou-Charentes
    Les espaces verts urbains de Poitou-Charentes

    6Atlas cartographique : Patrimoine Naturel6

    L’ évolution des villes, et particulièrement des zones périurbaines, entraîne l’apparition de nouveaux milieux.
    La nature en ville ne se résume pas aux espaces verts, ni aux coulées vertes et aux alignements d’arbres. En ville, les conditions sont différentes de celles des zones rurales : la température, la luminosité y sont plus élevées, l’humidité plus faible... Alors qu’elle présente pourtant une diversité de milieux intéressants, la ville est insuffisamment reconnue comme un lieu d’accueil de la biodiversité. La nature « sauvage » est bien présente dans les villes car elles offrent de nombreuses niches écologiques créant des possibilités d’accueil pour de nombreuses espèces.

    Les berges d’un cours d’eau, un vieux mur, un bâtiment présentant des infractuosités, un jardin, un terrain vague, une friche, un bord de route sont autant de zones d’accueil pour la biodiversité. La ville peut même parfois constituer, pour certaines espèces, un refuge au vu de la réduction de leurs habitats originels.

    Différents espaces urbains peuvent être cités :
    > Les espaces verts publics : squares, parcs, forêts domaniales.
    > Les espaces verts intérieurs privés : arbres, vergers, jardins.
    > Les espaces construits et minéralisés : murs d’enceinte, toits, terrasses, pavés de cour d’immeuble, ouvrages d’art.
    > Les espaces interstitiels : terrains vagues, friches, jachères, berges de cours d’eau.

    La plupart des espèces présentes en ville sont dites généralistes mais d’autres se sont spécialisées pour ce type de milieu. La simplification et le morcellement des habitats naturels urbains imposent aux espèces des
    stratégies adaptatives. Elles doivent changer de préférence écologique, étendre leur champ d’action, ou au contraire le réduire. Les espèces spécialistes ne sont que faiblement représentées car une faune riche et diversifiée ne peut survivre dans des milieux extrêmes qui ne répondent plus à leurs besoins vitaux (manque de buissons, morcellement des espaces verts, dérangement...).

    Les villes et la biodiversité

    Pour accueillir une biodiversité riche, quelques éléments sont essentiels :
    > un maillage d’espaces verts dense assurant la reproduction, l’alimentation et la survie des espèces,
    > un réseau fonctionnel de plans d’eau pour maintenir une population viable d’amphibiens,
    > des zones de bois, plus ou moins grandes irriguant la ville pour les petits mammifères.

    La fonctionnalité des milieux est assurée par la présence de corridors de verdure, l’aménagement de zones tampons entre la ville et la campagne et l’interconnexion des liaisons vertes entre les parcs et les jardins.

    De nombreuses espèces et milieux naturels ont disparu suite à l’artificialisation, l’industrialisation et la fragmentation des habitats...
    Par exemple, les populations du moineau domestique ont diminué de plus de 60 % pendant les 20 dernières années essentiellement à cause du remplacement des prairies et des haies bocagères par des gazons et des
    haies horticoles, ces derniers diminuant leurs ressources alimentaires. D’autres espèces, quant à elles, se sont adaptées en colonisant ce nouvel habitat.

    Quelles espèces sont présentes en ville ?

    Les oiseaux des villes sont nombreux. Citons, le moineau domestique, la mésange charbonnière, le merle noir, le pinson des arbres, le chardonneret, les pigeons, l’étourneau... Des oiseaux comme le martinet noir et les hirondelles nichent dans les structures dont l’architecture est traditionnelle.

    Les oiseaux sont de bons bio indicateurs de l’état sanitaire des habitats naturels car ils réagissent rapidement à toute réduction de la surface végétale et à toute modification de la stratification de la couverture
    végétale.

    Les chauves-souris (23 espèces présentes en région sur les 33 espèces recensées au niveau national) sont pour la plupart menacées. Les constructions bâties par l’Homme offrent aux chauves souris de nombreux gîtes (ponts, caves, greniers...). Le nombre d’accès aux caves qui leur
    servent de gîte d’hibernation est de plus en plus faible.
    Les traitements chimiques du bois et des matériaux les empoisonnent. Enfin, la diminution des insectes volants réduit considérablement leurs ressources alimentaires.
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    Deux-Sèvres Nature Environnement - Plaquette chauve-souris
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    Les hérissons, lézards, crapauds communs, insectes
    et papillons pollinisateurs, sont présents dans les jardins ou
    les parcs. Les invertébrés comme les insectes, les araignées,
    les milles pattes sont nombreux dans les bâtiments, sous
    les ponts, dans les massifs de fleurs...

    Les jardins, les talus, les bords de routes, les parcs
    urbains, les friches hébergent de nombreuses espèces
    végétales. Les plantes de rochers colonisent les vieux murs
    et les toits.

    Argiope fasciée
    Argiope fasciée

    Mais la ville n’est pas non plus épargnée par la disparition de nombreux habitats :

    Citons par exemple le bois mort : il héberge des insectes xylophages qui le décomposent et le transforme en humus. Dans les parcs urbains ou les petits bois, les pratiques d’entretien visent à éliminer les arbres morts
    et les débris au sol. Or un tas de bois mort dans un coin pourrait accueillir une très riche biodiversité comme des insectes, des mammifères (hérissons par exemple), des amphibiens et des reptiles.

    Dans les jardins, les espèces végétales communes, comme les orties sont en général détruites. Pourtant une trentaine d’espèces d’insectes de la région sont dépendantes de ces plantes.
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    Biodiversité Poitou-Charentes - Jardin
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    Les mammifères, les amphibiens et les reptiles sont tributaires du degré d’isolement et de la faible surface des espaces verts urbains. Les oiseaux plus mobiles sont sensibles au pourcentage de recouvrement et à la nature
    de la couverture végétale. Dans un parc urbain, pour accroître la richesse spécifique d’oiseaux, la végétation doit être diversifiée (différentes essences et de classes d’âge diverses).

    Transformer les contraintes liées aux zones inondables en atout pour la ville :

    Ces secteurs souvent délaissés car trop humides pour l’agriculture et trop dangereux pour y construire, peuvent devenir des atouts pour la ville. Ces zones humides sont souvent des zones humides alluviales donc disposées le
    long des cours d’eau. En terme de biodiversité, ces secteurs sont très riches en insectes, poissons et amphibiens.

    Ces zones peuvent être valorisées en parcs urbains. En matière d’entretien, les coupes de la végétation sont variables en intensité selon les objectifs recherchés : accueil des pêcheurs, zones de pique-nique, cheminement
    pour les randonneurs ou secteurs réservés à l’expression de la diversité biologique. Dans ces plaines alluviales humides, on trouvera aussi des sites de captage d’eau potable dont la qualité sera préservée par la gestion
    extensive du parc urbain.


    Les parcs et jardins

    Qu’ils aient pour vocation l’esthétisme, la composition paysagère, la pédagogie, la culture ou la détente, les espaces verts sont des « morceaux de nature » dans la ville.

    Bien plus qu’un lieu d’étude (cas des jardins botaniques), de détente ou qu’une zone de friche, ils représentent de véritables îlots de biodiversité en
    milieux urbains et périurbains. Ces espaces directement liés à l’Homme constituent souvent un refuge pour de nombreuses espèces.

    Les parcs, jardins et arboretums assurent souvent une mission de conservatoire des espèces végétales. Ainsi, l’arboretum du Chemin de la Découverte à Melle, où plus de 250 espèces de rosiers côtoient un millier d’espèces d’arbres. Les arboretums sont spécialement destinés à la
    culture expérimentale d’arbres d’essences diverses.

    De nombreux insectes aux formes et couleurs variées vivent dans les herbes et les feuillages des parcs et jardins. Les fleurs, et surtout les grosses inflorescences des ombellifères, attirent de nombreuses espèces
    floricoles ou prédatrices : divers coléoptères (coccinelles, longicornes, cantharides et hanneton tel la trichie zonée – Trichius rosaceus, ...), des papillons tels le myrtil (Maniolia jurtina), des abeilles et des bourdons, et de nombreuses espèces de punaises dont l’une des plus remarquables : la
    punaise arlequin (Graphosoma italicum).

    Punaise arlequin
    Punaise arlequin

    Ces divers insectes attirent de nombreux oiseaux pour lesquels ils constituent la principale source de nourriture. D’autres oiseaux fréquentent les parcs et jardins en quête de bourgeons et de fruits. Ainsi, le repas du grosbec casse-noyaux (Coccothraustes coccothraustes) pourra
    être composé de cerises, faines, graines d’érables, ...

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