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Des espèces invasives

Dernière mise à jour : Septembre 2012
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    Septembre 2012
    Page de garde du Zoom sur Des espèces invasives
    • Généralités
    • Exemples de plantes invasives : Les Jussies - L’Ambroisie
    • Un insecte envahisseur : Le frelon asiatique
    • Pour aller plus loin...

Les « ZOOM SUR » contiennent des informations extraites de « l’ENVIRONNEMENT en Poitou-Charentes »,
production collective élaborée au sein du Réseau Partenarial des Acteurs du Patrimoine Naturel (RPAPN).

L’introduction d’espèces étrangères, qui se développent aux dépens des espèces locales, est aujourd’hui considérée au niveau mondial comme la deuxième cause directe de perte de biodiversité ; après celle de la destruction des habitats et la modification des milieux pour l’aménagement des territoires.

L’installation d’une espèce nouvelle, dite allochtone, dans un milieu,
peut être un événement naturel ; et de tout temps, l’homme, par ses
déplacements, a contribué au déplacement des espèces. Aujourd’hui
cependant, les introductions d’origine humaine, volontaires ou
accidentelles, s’avèrent de plus en plus fréquentes et s’opèrent sur des
distances de plus en plus grandes.

La plupart des espèces introduites disparaissent faute de pouvoir
s’adapter rapidement. D’autres parviennent à se développer. Dans
certains cas, ce phénomène peut induire un enrichissement des
communautés écologiques présentes. Parfois, il arrive qu’après une
période de prolifération et d’invasion, l’espèce introduite trouve sa
place dans un milieu en équilibre et son expansion est alors limitée.

Mais elles peuvent aussi proliférer aux dépens des écosystèmes et
des espèces autochtones. En effet, si ces espèces n’ont ni prédateur
ni parasite susceptible de réguler leurs populations dans le milieu où
elles ont été introduites, elles ont alors un fort pouvoir d’expansion.
On parle d’espèces exotiques envahissantes (ou plus communément
d’espèces invasives).

La biodiversité indigène menacée

Ces espèces invasives constituent une menace directe pour la biodiversité dans la mesure où elles évincent les espèces indigènes ayant des besoins analogues en matière d’habitat et exercent une influence négative sur les écosystèmes colonisés.

La colonisation des milieux par ces espèces entraîne en effet une
modification de l’évolution et du fonctionnement des populations qui y
vivent, une modification des milieux naturels ou semi-naturels parmi
lesquels elles se sont établies et une mise en péril de la qualité des habitats.

Outre les conséquences environnementales, les espèces invasives peuvent également engendrer des nuisances économiques ou de santé humaine (exemple de l’Ambroisie qui diminue les rendements des récoltes et qui provoque de graves allergies respiratoires).

La prise en compte des problèmes posés par les espèces invasives
est assez récente. Elle a été sérieusement mise en question à la
conférence de Rio en 1992 : « Chaque partie contractante, dans
la mesure du possible (...) , empêche d’introduire, contrôle, ou
éradique les espèces exotiques qui menacent des écosystèmes,
des habitats ou des espèces ».

En Poitou-Charentes

En Poitou-Charentes, nombreuses sont les espèces invasives.

Plusieurs d’entre elles sont fortement installées comme les Jussies
(Ludwigia sp.), l’Ambroisie (Ambrosia artemisiifolia L.) et le
Myriophylle du brésil (Myriophyllum aquaticum), l’Egeria (Egeria
densa)
.

Des espèces animales sont également très présentes, notamment
dans les milieux aquatiques d’eau douce, comme la tortue de
Floride (Trachemys scripta elegans), plusieurs espèces d’écrevisses
américaines dont celle de Louisiane, et l’espèce invasive sûrement la
plus connue : le ragondin (Myocastor coypus).

Ragondin
Ragondin

Autres espèces invasives : le Myriophylle du Brésil , la Renouée
du Japon, l’Erable negundo, la Grenouille taureau, le Xénope du
Cap, le Silure glane, la Corbicule, le Frelon asiatique, la Coccinelle
asiatique, le Rat musqué...

Exemples de plantes invasives

Les Jussies
  • Les Jussies Ludwigia sp. sont des plantes vivaces aquatiques
    originaires d’Amérique du Sud ou du Sud des États-Unis.
    Deux espèces sont jugées particulièrement envahissantes : la jussie à
    grandes fleurs L. grandiflora et la jussie à petites fleurs ou jussie
    faux-pourpier L. peploïdes.
  • La Jussie est une plante flottante et pourvue de longues tiges ( jusqu’à
    2 à 3 m de profondeur et 80 cm au-dessus de l’eau).
Jussie à grandes fleurs
Jussie à grandes fleurs
  • Elle se développe dans les eaux calmes - eaux stagnantes ou peu
    courantes (étangs, marais, cours d’eau …) et les secteurs bien éclairés.
  • En milieu favorable, elle se développe très rapidement, doublant sa
    masse toutes les 2 à 3 semaines. Elle forme alors des herbiers très denses qui éliminent les autres plantes, entraînant localement une baisse de la diversité végétale, notamment les myriophylles, aliments de base des poissons.
    L’écoulement de l’eau est également ralenti et les sédiments ou matières
    organiques transportés par l’eau restent piégés en fonds.
    Lorsque cette masse de végétation se décompose, il se crée un déficit en oxygène nuisible à la flore et à la faune des lieux.
  • Il est très difficile de s’en débarrasser : les racines peuvent s’enfoncer
    jusqu’à 3 m dans le sol ; la plante survit très facilement car le froid ne
    détruit que ses parties aériennes ou semi-immergées ; elle se multiplie
    facilement par bouturage naturel à partir d’un fragment de tige qui
    régénère une plante entière ; elle est délaissée par les herbivores ; les
    désherbages chimiques ne peuvent être utilisés pour la préservation de
    la qualité de l’eau.
  • Sur les sites envahis par la Jussie, les méthodes d’arrachage manuel
    ou mécanique (ou combinées) semblent être les seuls moyens pour
    contenir la prolifération de cette plante. Le coût d’entretien est important.
    Les plantes extraites peuvent être recyclées par compostage ou par
    incorporation dans des sols agricoles ou forestiers, en dehors des zones
    inondables.
En Poitou-Charentes

L’extension des jussies a été très progressive jusque dans les années 1970.
Depuis, elle est devenue très importante sur la plupart des grands
bassins versants de l’Ouest.

En 2007, la Région Poitou-Charentes a initié la mise en place de
l’ORENVA (Observatoire régional des plantes exotiques envahissantes des
écosystèmes aquatiques) afin que soient mis en place des outils de
compréhension et de suivi des phénomènes invasifs, notamment celui
de la Jussie, pour guider les choix tactiques dans leur gestion.
Cet observatoire fait appel aux compétences du Forum des Marais Atlantiques (FMA) qui apporte son expertise sur les espèces envahissantes et sur la formation des acteurs de terrain et l’Observatoire Régional de l’Environnement (ORE) qui porte l’outil « bases de données » et « exploitation des données ».

La Sèvre Niortaise, la Charente, la Vienne, le Clain et le Trèfle sont
particulièrement colonisés par cette plante aquatique.
Depuis 1999, pour enrayer la propagation de la jussie dans le Marais
Poitevin, un plan de gestion a été mis en oeuvre sur plus de 700 km de
rives en zones de marais mouillés.

Ce plan de gestion est inscrit dans un Contrat Restauration Entretien
Zones Humides et cours d’eau (le CREZH est un outil contractuel
permettant, sur la base de programme d’actions, de répondre à des objectifs précis et notamment de viser au bon état écologique des cours d’eau comme le demande la Directive Européenne Cadre sur l’Eau). Il est également identifié dans le document d’objectifs du site Natura 2000-Marais Poitevin.
Il est enfin inscrit dans le Schéma Directeur d’Aménagement et de
Gestion des Eaux (SDAGE) et le Schéma d’Aménagement et de Gestion
des Eaux (SAGE) Sèvre Niortaise Marais Poitevin.

L’Ambroisie
  • L’ Ambroisie Ambrosia artemisiifolia L. est une plante
    annuelle originaire d’Amérique du Nord.
    C’est une plante qui a des feuilles très découpées et minces, d’un vert
    uniforme des deux côtés opposés à la base de la tige 1,50m de haut.
Ambroisie dans un champ de sorgho
Ambroisie dans un champ de sorgho
  • Elle pousse sur les sols dénudés ou fraîchement remués : parcelles
    agricoles (notamment de tournesol, de sorgho), friches, bords de routes
    ou de cours d’eau, chantiers de travaux publics, zones pavillonnaires...
  • Chaque pied produit des milliers de graines disséminées
    essentiellement par les activités humaines (matériels agricoles...). Ces
    graines peuvent conserver leur pouvoir germinatif pendant 10 ans.
  • Elle aggrave la perte de biodiversité en colonisant toujours plus de
    surface, et envahit certaines cultures à un tel point que de nombreuses
    récoltes sont condamnées ou que certaines parcelles agricoles deviennent inutilisables.
  • L’ambroisie constitue aujourd’hui une menace pour la santé de
    l’Homme, car elle est très allergène pendant sa période de floraison (en
    particulier vers la fin du mois d’août et jusqu’au début octobre).
  • Les herbicides sont peu efficaces pour la détruire.
    En zone agricole, pour lutter en cours de culture contre des adventices
    jeunes, le moyen le plus efficace semble être le binage ; mais il nécessite
    un investissement important.
    L’amélioration des pratiques agricoles par une meilleure maîtrise des
    cultures, des intercultures, des jachères, et par une attention particulière
    à la gestion des parcelles après la fin de leur utilisation agricole permet
    de freiner son extension.
    La revégétalisation des bords de routes contaminés et des sols
    dénudés, ou leur couverture par des paillis contribuent aussi à limiter sa
    prolifération.
En Poitou-Charentes

L’ambroisie progresse en Poitou-Charentes depuis plusieurs
décennies.

  • En 2007, un réseau standardisé inter-partenarial de surveillance
    pluriannuelle a été mis en place par Poitou-Charentes Nature (PCN).
    Celui-ci permet de suivre cartographiquement l’évolution de la
    répartition de l’ambroisie.
    Ainsi, il existe deux foyers principaux de contamination : l’un en
    Charente, dans un rayon de 25 à 30 km autour d’Angoulême, l’autre
    dans le sud des Deux-Sèvres et les cantons limitrophes de Charente et
    Charente-Maritime. Plusieurs foyers secondaires sont présents dans la
    région de Montmorillon, de Châtellerault, de Jonzac ainsi que quelques
    stations isolées dans divers points du territoire de la région.
    La traversée de la région par le chantier de la LGV SEA (Ligne Grande
    Vitesse Sud Europe Atlantique) peut être une voie prochaine de
    dissémination de l’ambroisie du fait des mouvements de terre.
    Ce réseau permet, outre l’objectif de limiter la propagation de l’espèce,
    de prévoir les émissions polliniques et de prévenir ainsi les populations
    des risques d’allergies invalidantes.
  • Afin de perfectionner l’information sur la prévention de l’asthme
    et des allergies, le Plan Régional Santé Environnement (2009-2013)
    décline une action de sensibilisation et de formation des professionnels
    (dont agriculteurs, entreprises de travaux publics, collectivités) sur
    la progression de l’Ambroisie en région et ses conséquences et sur la
    manière de limiter sa dissémination.

Atmo Poitou-Charentes publie également des bulletins de surveillance
des pollens d’Ambroisie.

Un insecte envahisseur

Le frelon asiatique Vespa velutina
  •  Il se distingue du frelon européen par sa taille et sa couleur.
    Il mesure 20 à 25 millimètres pour les ouvrières, jusqu’à 30 mm pour les
    reines.
    Sa tête est noire et sa face jaune orangé. Son thorax est entièrement brun noir velu et ses segments abdominaux bruns sont bordés d’une fine bande jaune orangé. Seul le 4e segment de l’abdomen est presque entièrement jaune orangé. Les pattes sont brunes et jaunes à l’extrémité.
    Nid de Frelon asiatique
    Nid de Frelon asiatique
  •  Outre les fruits mûrs, il a comme sources de nourriture des araignées
    et des insectes, notamment les abeilles.
  •  Le frelon asiatique construit des nids sphériques à ovoïde (60 cm à 1
    m de long pour 80 cm de diamètre). On les trouve le plus souvent à plus de 15 mètres de haut dans la cime des arbres.
  •  Une colonie de frelons asiatiques vit une seule année. Après l’été, les
    jeunes reines quittent la colonie, s’accouplent, hivernent dans des souches de bois morts ou d’autres anfractuosités, puis nidifient au printemps pour constituer chacune une nouvelle colonie.
  •  Il décime les populations d’hyménoptères, d’abeilles en particulier,
    dont la disparition serait catastrophique pour la pollinisation des plantes.
    De surcroît, ce frelon ne possède aucun prédateur naturel.
    Beaucoup de solutions ont été avancées pour piéger les reines de frelons asiatiques mais sans pour autant connaître leurs impacts à moyen terme.
    Les pièges ne sont pas totalement sélectifs et sont susceptibles de tuer
    d’autres hyménoptères (abeilles domestiques, guêpes, fourmis, frelons
    européens...), lépidoptères (papillons), ou encore scarabées divers, non
    ciblés par ces campagnes de piégeage.
    La destruction des nids par gazage à l’insecticide puis brûlage est aussi une solution mais doit être de préférence réalisée par un professionnel (en été car en hiver les nids sont vides).
    Des recherches sont en cours (INRA) afin d’identifier une molécule attractive et réellement sélective pour ces frelons.
  • En Poitou-Charentes

    Depuis 2006, le frelon asiatique s’est largement répandu dans un grand
    tiers sud-ouest de la France. La Charente et la Charente-Maritime ont
    été les premiers départements de la région touchés par l’invasion de
    cette espèce (2006), puis les Deux-Sèvres (2009) et enfin la Vienne
    (2009).

    En 2010, à la demande de la Préfecture, sous la coordination du
    Groupement de Défense Sanitaire et avec le soutien du Groupement
    de Défense Sanitaire Apicole, une démarche d’amélioration de la
    connaissance concernant la progression de cette espèce invasive a
    été développée à travers la mise en ligne d’une interface de saisie des
    nids de frelons asiatiques, base de données interactive alimentée par
    chaque commune du département de la Charente-Maritime. Cet outil
    Web de recensement des nids de frelons asiatiques, développé par
    l’ORE, permet également de faire remonter des informations au niveau
    national (travaux du Museum National d’Histoire Naturelle).

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