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La gestion quantitative
> Des ressources en eau fortement sollicités

L’eau au service de plusieurs usages

Thème Eau - Edition 2015
Nouveau !
Dernière mise à jour : 2015

2.1. L’usage domestique

6> 2.1.1. L’utilisation de l’eau6
6> 2.1.2. Des prélèvements d’eau6
6> 2.1.3. Une restitution au milieu naturel6

2.2. L’usage agricole

6> 2.2.1. Les besoins en eau6
6> 2.2.2. Les cultures irriguées6
6> 2.2.3. Les prélèvements en eau6

2.3. L’usage industriel

2.4. La production d’énergie


2.1. L’usage domestique

2.1.1. L’utilisation de l’eau
La Chapelle-Bâton (Deux-Sèvres)
La Chapelle-Bâton (Deux-Sèvres)

L’usage domestique comprend l’utilisation de l’eau
pour la boisson, pour le lavage, les soins d’hygiène,
l’évacuation des déchets organiques, les plantes vertes,
les jardins privés et les animaux domestiques. Pour tous
ces usages, chez l’habitant, un seul robinet fournit une
eau de qualité potable. En effet lors de la mise en place de
l’eau courante, il a été jugé préférable, d’une part d’éviter
l’installation de deux réseaux parallèles et d’autre part
de supprimer le risque de confusion entre les deux types
d’eau (risque d’utiliser l’eau non-potable pour la boisson).
Cependant, dans certains pays et en émergence en France,
l’utilisation de l’eau de pluie est recherchée pour se
substituer à l’eau potable pour les activités d’arrosage, de
lavage de voitures, … Le manque de recul et la variabilité
de la composition des eaux de pluie sont à l’origine de
la réticence à leur utilisation. En effet, comparée aux
exigences de qualité d’une eau potable, l’eau de pluie
dépasse souvent certaines valeurs notamment sur le plan
de l’acidité et des concentrations en ammonium.

D’après les résultats nationaux d’une enquête
réalisée par l’INSEE, chaque Français utilisait en moyenne
151 litres d’eau par jour dans sa vie quotidienne en 2008,
contre 165 litres par jour en 2004, soit une diminution de
plus de 2% par an. (Centre d’Information sur l’Eau, 2013b)

En Poitou-Charentes, la consommation domestique d’eau
par habitant et par jour est estimée à 146 litres en 2008.
Celle-ci a diminué d’environ 20 litres entre 2004 et 2008
soit 12%. (Agreste Poitou-Charentes, 2011)

De fortes disparités subsistent cependant entre les
régions françaises mais également entre les secteurs
ruraux et les secteurs urbains. Une consommation
journalière moins élevée est en effet observée en milieu
rural comparativement au milieu urbain.

En savoir plus dans la partie 3 (La gestion qualitative), chapitre 2 (La qualité de l’eau en Poitou-Charentes), Quelques généralités
sur l’eau potable
.

L’eau destinée à la consommation humaine est tout
d’abord prélevée dans le milieu naturel (eau de surface
ou nappe), puis bénéficie d’un traitement plus ou moins
complet en fonction de ses caractéristiques physicochimiques
et bactériologiques elle est stockée, transportée
vers les points d’usages pendant lesquels elle se charge plus
ou moins en polluants et en souillures qui nécessitent un
traitement épuratoire avant de retourner au milieu naturel.

2.1.2. Des prélèvements d’eau

En région Poitou-Charentes, 404 captages
d’alimentation en eau potable (97 en Charente, 84 en
Charente-Maritime, 73 en Deux-Sèvres et 150 en Vienne)
prélèvent, chaque année près d’un tiers des prélèvements
globaux d’eau de la région. Ce volume est en baisse
depuis une dizaine d’années, du fait des économies d’eaux
réalisées sur les équipements sanitaires notamment, mais
peut-être aussi du fait de l’élévation du coût du mètre cube
d’eau distribuée (Agence Régionale de Santé Poitou- Charentes, 2012).

Prélèvements d’eau en Poitou-Charentes de 2000 à 2012 - Alimentation en eau potable
Prélèvements d’eau en Poitou-Charentes de 2000 à 2012 - Alimentation en eau potable

La population du Poitou-Charentes est majoritairement
alimentée à partir des eaux souterraines (62%) et
dans une moindre mesure, à partir des eaux mixtes
(12 %). Les eaux mixtes sont produites par mélange
d’eaux souterraines et superficielles pour des raisons
quantitatives ou qualitatives.

Le nord-ouest du département des Deux-Sèvres ne
dispose que des aquifères superficiels du socle granitique
et schisteux. Cette situation a conduit les collectivités
à s’organiser et à se regrouper autour de retenues
superficielles, tel le barrage du Cébron.

Origine de l’eau destinée à l’alimentation en eau potable en 2012
CharenteCharente-MaritimeDeux-Sèvres ViennePoitou-Charentes
Eau souterraine 94% 45% 51% 69% 62%
Eau superficielle 6% 13% 18% 8% 26%
Eau mixte 0% 42% 29% 23% 12%

Sources : Agence Régionale de Santé Poitou-Charentes, 2014

Les eaux souterraines des nappes profondes captives
sont depuis plusieurs années de plus en plus sollicitées
pour l’alimentation en eau potable. En effet, les eaux
souterraines profondes, moins concurrencées et mieux
protégées naturellement, peuvent permettre de satisfaire
à la demande en quantité mais également aux exigences
de qualité imposées par la réglementation en diluant les
eaux contaminées des nappes superficielles : cependant
cet exercice comporte rapidement des limites du fait de
la dégradation continue de la qualité des eaux des nappes
superficielles et des problèmes de qualité rencontrés
au niveau des nappes profondes (fer, fluor, « Dureté »,
sulfates, turbidité, arsenic, sélénium, …).

À l’inverse, les eaux de surface et les nappes
superficielles, peu protégées naturellement et vulnérables
aux pollutions diffuses ou accidentelles, sont donc de
plus en plus délaissées.

En définitif, ces 30 dernières années, 413 captages
d’alimentation en eau potable ont été abandonnés : 57 en
Charente, 171 en Charente-Maritime, 114 en Deux-Sèvres
et 71 en Vienne.

En Poitou-Charentes, 63 % des abandons ont pour cause
une dégradation de la qualité des ressources en eau. La
tendance à la baisse observée depuis 2000 à l’échelle
nationale ne se confirme pas à l’échelle régionale.

Sur ces cas, 40 à 90 % des abandons sont dus aux nitrates
et pesticides.

À noter également, la mauvaise qualité microbiologique
et les pointes de turbidité en Charente, du fait de la
forte vulnérabilité des sources exploitées vis-à-vis des
pollutions de surface, et la réactivité importante du
système aquifère jurassique karstifié. Dans la Vienne et
en Charente, certains abandons sont liés aux teneurs en
arsenic, naturellement présents dans certains aquifères.

16% des abandons sont dus au caractère improtégeable
de l’aire d’alimentation du captage. Dans ces cas, la qualité
biologique et/ou chimique est toujours médiocre.

Enfin, pour 13% des cas il s’agit d’un problème de
productivité des captages : baisse de productivité d’un
ouvrage associée à l’augmentation de la demande à
laquelle les volumes produits ne peuvent plus répondre.
(Bureau de Recherches Géologiques et Minières de Poitou-Charentes, 2012)

2.1.3. Une restitution au milieu naturel

76% des volumes d’eau prélevés sont rejetés dans
le milieu naturel (cours d’eau et sol) après utilisation et
traitement. Le volume d’eau prélevé pour l’alimentation en
eau potable et non restitué au milieu naturel s’élève à 24%.
(cf Prélèvements ou consommations ?)

2.2. L’usage agricole

2.2.1. Les besoins en eau

Les précipitations qui arrivent au sol ne sont
pas toutes utiles, selon le moment, leur volume, leur
intensité. Du point de vue de l’agriculteur, dans le champ,
la pluie réellement efficace est celle qui est utilisable
pour la croissance des cultures. Cette eau peut être
définie par la fraction de pluie effectivement interceptée
par la végétation et/ou stockée dans l’épaisseur du sol
explorée par les racines. Une certaine quantité d’eau est
au contraire « perdue » par ruissellement ou transférée
vers les couches plus profondes du sol. Cette fraction
bénéficie alors à la recharge des nappes souterraines, à
l’alimentation du réseau hydrographique et des exutoires
d’un bassin versant.

La plante cultivée satisfait ses besoins grâce aux
précipitations (variabilités annuelles et interannuelles
importantes) et grâce à l’eau stockée dans les sols
(capacité variant de 500 m3 à 2 000 m3). Lorsque ces
apports sont insuffisants, le recours à l’irrigation permet
de compléter la couverture des besoins et d’obtenir ainsi
de meilleurs rendements.

Toutes les plantes absorbent de l’eau, cette
consommation est une nécessité pour leur croissance et leur
reproduction. La quantité moyenne d’eau exprimée en litres,
nécessaire à la production d’un kilogramme, est, pour les
cultures suivantes :
    • 238 litres d’eau pour cultiver 1 kg de maïs
      ensilage (1)
    • 454 litres d’eau pour 1 kg de maïs grain
    • 524 litres d’eau pour 1 kg d’orge (1)
    • 590 litres d’eau pour 1 kg de pomme de terre (1)
    • 590 litres d’eau pour 1 kg de blé (1)
    • 900 litres d’eau pour 1 kg de soja

(1) : en zones tempérées

Source : Centre National de la Recherche Scientifique, 2000

Ainsi, l’eau est utilisée en agriculture pour répondre
aux besoins des plantes, pour leur croissance et leur
reproduction. Ces besoins varient suivant les espèces
et suivant le stade de développement. En France, selon
les recensements agricoles, le volume d’eau utilisé pour
l’irrigation aurait diminué de 13% entre 2000 et 2010.

Pour les exploitations n’irriguant que du maïs, le volume
d’eau moyen utilisé à l’hectare serait passé de 1850 m3
à 1550 m3 durant ce même pas de temps. En moyenne,
toutes cultures confondues, chaque hectare irrigué reçoit
1680 m3 d’eau chaque année (en France, en 2010).
Ce chiffre peut fortement varier entre les années très
pluvieuses et les années sèches. (Agreste Poitou- Charentes, 2013).

2.2.2. Les cultures irriguées

Contrairement à d’autres régions de France (comme
l’Aquitaine, Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon,
Provence-Alpes-Côte d’Azur), Poitou-Charentes se
distingue par l’introduction relativement récente de la
technique d’irrigation (années 1980).

L’irrigation s’est beaucoup développée dans les années
1980-1990 et a été réservée principalement à la culture
du maïs. D’une manière générale, les surfaces irriguées
ont fortement augmenté entre 1979 et 1993 (+ 80,5 %).
(Agreste Poitou-Charentes, 2009)

Le développement de l’irrigation a été fortement encouragé
par la Politique Agricole Commune. Le montant prévu pour
les primes PAC aux grandes cultures était en effet placé
sous le signe de l’avantage accordé aux cultures irriguées.
De plus, les sécheresses de 1976, 1986, 1989, 1990 et
1991 ont été décisives pour le choix d’investissement
des agriculteurs qui ont cherché à s’affranchir des risques
climatiques.

Puis la croissance des surfaces irriguées a ralenti dans
les années 90. Par la suite, elles ont considérablement
diminué de 2003 à 2006. Ce recul est dû aux sécheresses
successives et aux restrictions d’eau qui ont eu lieu. Ces
conditions météorologiques défavorables ont poussé
les agriculteurs à se réorienter vers des cultures moins
exigeantes en eau. Ils ont opté pour le blé dur qui a presque
doublé sa surface. Le recul des surfaces en céréales s’est
également opéré au profit des oléagineux et des prairies
temporaires.

La région Poitou-Charentes reste malgré tout une
région où l’irrigation est fortement présente. Elle est en
2010 la sixième région française pour la surface allouée
à l’irrigation (8,63% de la surface agricole utilisée). Sur
les 203 000 hectares irrigables recensés en 2010, les
exploitations de la région en ont effectivement irrigué
148 500 ha on constate une forte augmentation des
surfaces irriguées en blé (17%) entre 2009 et 2010.
(Agreste Poitou-Charentes, 2013)

Proportion des SAU (surface Agricole Utile) irriguées par rapport aux SAU totales de 1990 à 2010
Proportion des SAU (surface Agricole Utile) irriguées par rapport aux SAU totales de 1990 à 2010
Les surfaces irriguées en Poitou-Charentes en 2010
Les surfaces irriguées en Poitou-Charentes en 2010

Visualisez la carte dans l’atlas cartographique de l’ORE

Le maïs grain et le maïs fourrage sont les cultures
irriguées dominantes en Poitou-Charentes en 2010, elles
concernaient les deux tiers de la superficie irriguée (19%
pour le blé et l’orge).

L’irrigation tend à renforcer la spécialisation de Poitou-
Charentes en direction des céréales et des oléoprotéagineux.
En région, environ 80 % de la superficie
irriguée est consacrée aux grandes cultures pour une
moyenne d’environ 60% en France. (Agreste Poitou- Charentes, 2013)

Evolution des surfaces irriguées en Poitou-Charentes de 1994 à 2010
Evolution des surfaces irriguées en Poitou-Charentes de 1994 à 2010

De 1994 à 2010, les surfaces destinées à la
production du maïs représentent en moyenne 84 % de
l’ensemble des surfaces irriguées. Cette proportion, en
baisse de 2002 à 2005, a de nouveau augmenté depuis
2006 pour atteindre environ 89 % en 2009. En 2010,
58% des cultures irriguées concernent le maïs grain pour
10% des surfaces cultivées. (Agreste Poitou-Charentes,
2013)

Suite à l’accord du 26 juin 2013 passé entre les
trois institutions de l’Union Européenne (le Parlement
Européen, le Conseil et la Commission), une réforme
profonde de la Politique Agricole Commune devrait voir
le jour pour la période 2014-2020. Initialement mise
en oeuvre pour répondre à des besoins alimentaires, la
prochaine Politique Agricole Commune vise, à l’échelle
européenne, à favoriser la montée en puissance de la
filière agricole et agroalimentaire pour l’économie, les
emplois et les territoires, tout en valorisant la diversité
des productions et en continuant à se diriger vers des
pratiques plus durables.

2.2.3. Les prélèvements en eau

En 2012, les prélèvements agricoles, estimés à
180,6 millions de mètres cube (195,4 millions de mètres
cube en 2010 et 165,9 millions de mètres cube en 2011),
représentent plus du tiers des volumes prélevés tous
usages confondus (42%). Ils sont principalement effectués
dans les eaux souterraines (113,6 millions de mètres cube).
L’irrigation y satisfait près de 70 % de ses besoins (environ
39 % en moyenne pour la France).

Les prélèvements pour l’irrigation, toutes ressources
confondues, sont répartis de manière hétérogène à l’échelle
du Poitou-Charentes. Ils semblent plus concentrés sur une
large partie ouest et sud de la Vienne ainsi qu’en Charente-
Maritime.

Pour rappel, la restitution au milieu naturel de l’eau
prélevée par l’agriculture est faible et différée dans le
temps, une partie de l’eau étant évaporée, retenue par
les plantes, en transfert dans le sol vers les nappes.
(cf Prélèvements ou consommations ?->article3723])
Pour les agriculteurs, la diminution des quantités
prélevées depuis 2004 est le fruit d’une importante
politique de gestion (compteurs volumétriques, quotas,
arrêtés de restriction...) ou de situations pluviométriques
favorables (d’où des prélèvements autour des 200 millions
de m3 ces dernières années).

Cependant, les prélèvements sont variables d’une
année à l’autre car très dépendants de la pluviométrie
estivale. Les apports d’eau d’irrigation sont en effet fonction
des conditions climatiques.
Ainsi, en 2002 en Poitou-Charentes (année pluvieuse), ils
étaient de l’ordre de 1 600 m3/ha alors qu’en 2003 (année
sèche), ils étaient de 2 400 m3/ha. Ils sont un peu inférieurs
à 2 000 m3/ha en 2004 mais remontent à 2 700 m3/ha en
2005 (sécheresse marquée).

Rappelons enfin que les prélèvements d’eau, effectués
dans des rivières, des nappes ou des retenues, sont
concentrés dans le temps, d’avril à septembre, période de
plus basses eaux.

Prélèvements d’eau en Poitou-Charentes de 2000 à 2012 - Usage agricole
Prélèvements d’eau en Poitou-Charentes de 2000 à 2012 - Usage agricole
Volumes d’eau prélevés pour l’irrigation en Poitou-Charentes en 2012 - Toutes ressources confondues
Volumes d’eau prélevés pour l’irrigation en Poitou-Charentes en 2012 - Toutes ressources confondues

Visualisez la carte dans l’atlas cartographique de l’ORE

2.3. L’usage industriel

Pour fonctionner et produire, les industries ont
des besoins en eau plus ou moins importants selon les
filières. Ces besoins sont moindres comparativement
à ceux du secteur agricole ou ceux utilisés pour les
usages domestiques mais sont continus sur l’année.
L’eau est par exemple utilisée dans les usines de pâte
à papier, les conserveries ou encore les abattoirs.

En 2012, en Poitou-Charentes, les prélèvements d’eau
pour l’industrie, réalisés essentiellement dans les eaux
superficielles (environ les deux tiers), représentent 4%
des prélèvements totaux de la région (7% en 2006).
Les prélèvements d’eau nécessaires à la production
industrielle sont en baisse depuis plusieurs années en
région. En France, les prélèvements liés aux activités
industrielles françaises ont diminué de 20 % depuis
1999 (Service de l’Observation et des Statistiques -
Commissariat général au développement durable, 2013a).
Cette diminution est la résultante de baisses d’activité, de
mesures d’économies d’eau et d’une réglementation plus
stricte.
La baisse importante observée entre 2007 et 2008 peut
s’expliquer par une forte baisse de l’activité industrielle.
Dans son bilan économique annuel de 2008 du Poitou-
Charentes, l’INSEE indique en effet que « le dynamisme
du secteur industriel régional des dernières années
s’interrompt en 2008 ».
Il est à noter, qu’en moyenne, 94% de l’eau prélevée pour
l’usage industriel est restituée au milieu naturel.

Prélèvements d’eau en Poitou-Charentes de 2000 à 2012 - Usage industriel
Prélèvements d’eau en Poitou-Charentes de 2000 à 2012 - Usage industriel

2.4. La production d’énergie

L’eau, prélevée exclusivement dans les eaux
superficielles, est utilisée par les centrales nucléaires
pour leur refroidissement. L’eau est aussi utilisée pour
leurs rejets soit thermiques (eau échauffée), soit
chimiques, soit radioactifs. Après usage, l’eau utilisée est
alors collectée dans des réservoirs spécifiques, traitée
si nécessaire, puis contrôlée avant d’être rejetée dans le
milieu aquatique suivant des modalités définies dans les
textes réglementaires propres à chaque centrale.

La totalité des prélèvements d’eau pour la production
d’énergie en Poitou-Charentes est effectuée par la centrale
nucléaire de Civaux, dans le département de la Vienne.
En 2012, les eaux prélevées pour sa production d’énergie
s’élèvent à 91,4 millions de m3 (21 % du volume prélevé
total sur la région).

Les volumes prélevés dans la Vienne et ceux évaporés par
la centrale sont globalement stables d’année en année depuis
2007. Ils se situent en-dessous des limites règlementaires
annuelles (fixées à 117 Mm3 pour les prélèvements et à
49,2 Mm3 pour l’évaporation).

En 2010, 41% (44,8 Mm3) des prélèvements de la centrale de
Civaux ont été évaporés et les 59% (64,4 Mm3) restants ont
été rejetés dans la Vienne.

Les débits évaporés représentent, au maximum, environ 2%
du débit moyen interannuel de la Vienne. Ces débits sont
compensés par le soutien d’étiage apporté en été, par les
barrages situés en amont dans le Limousin.

Les prélèvements dans la Vienne sont réalisés au
rythme de débit de 4 m3/s. La centrale de Civaux prend des
dispositions particulières afin d’assurer son fonctionnement
durant la période d’étiage :

  •  pour que la centrale ait le droit de fonctionner, un débit minimum de 10 m3/s doit être respecté en aval de la centrale (à la station de Cubord à Valdivienne), une fois prélevés les volumes d’eau nécessaires au refroidissement des réacteurs. Afin de garantir ce débit, un soutien d’étiage est réalisé grâce aux réservoirs situés en amont de la centrale.
  •  la centrale de Civaux est autorisée à prélever dans
    la Vienne un débit qui est fonction de la puissance
    des réacteurs, dans la limite de 6 m3/s. La centrale
    fonctionnant majoritairement sur un seul réacteur
    durant l’été, cette valeur n’est globalement pas
    atteinte en période d’étiage.
    Utilisation de l’eau à la centrale de Civaux
    Utilisation de l’eau à la centrale de Civaux

    En outre, les conditions de rejet font l’objet d’une
    réglementation à la station de débit de Cubord imposant un
    débit minimal de 30 m3/s pour effectuer des rejets chimiques
    occasionnels. Et la centrale nucléaire de Civaux ne peut rejeter
    à la rivière ses effluents légèrement radioactifs qu’en présence
    d’un débit compris entre 27 et 400 m3/s, et entre 20 et 27
    m3/s avec dérogation de l’Autorité de Sûreté DGSNR (Direction
    Générale de la Sûreté Nucléaire et de la Radioprotection).

    Cependant, la Vienne se trouve couramment en deçà de ces
    valeurs durant la période estivale. Des réservoirs permettent
    à la centrale d’assurer le stockage de ses effluents lorsque le
    débit de la Vienne ne permet pas leur rejet.

    Évolution des débits de la Vienne à la station de Cubord (en aval de la centrale) de juin 2011 à octobre 2013
    Évolution des débits de la Vienne à la station de Cubord (en aval de la centrale) de juin 2011 à octobre 2013

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