L’ENVIRONNEMENT EN POITOU-CHARENTES (http://www.environnement-poitou-charentes.org) L'Etat - membre fondateur Région Nouvelle-Aquitaine
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Patrimoine naturel
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La Faune régionale

Thème Patrimoine naturel - Édition 2013
  • Ouvrage de 251 pages
  • au format A4
  • disponible en version papier ou téléchargeable en PDF.
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Outarde Canepetière
Outarde Canepetière

La France métropolitaine est assez riche en espèces animales. On recense ainsi plus de 500 espèces de vertébrés se reproduisant régulièrement sur le territoire, comprenant une centaine d’espèces de mammifères, plus de 270 espèces d’oiseaux, environ une soixantaine d’espèces de reptiles-amphibiens, ainsi qu’une centaine d’espèces de poissons d’eau douce.

La faune représentée en région Poitou-Charentes est peu abondante en comparaison de la biomasse végétale présente. Toutefois, la multiplicité des habitats (marais, forêt, lande, zone côtière, etc.) induit une grande diversité de la faune régionale. Les insectivores sont bien représentés notamment les oiseaux et les chauve-souris (Demangeot, 1996). Les flux d’oiseaux migrateurs, qui traversent la région à l’automne et au printemps, sont particulièrement importants du fait de la diversité des habitats, et conditionnent bon nombre d’espaces protégés pour leur garantir des stations saisonnières d’accueil. Il y a toutefois peu d’herbivores (cerfs, chevreuils, sangliers, lapins...) et de carnivores (belette, renard, épervier...).

De tout temps, la faune a constitué une source de nourriture pour l’Homme, et de nombreuses espèces (principalement d’oiseaux et de mammifères) ont été domestiquées pour l’élevage. Mais la faune représente également un support d’activité de loisirs via la chasse, la pêche, les observations naturalistes, ...

Malgré leur présence et leur importance dans les milieux marins charentais, certains groupes d’animaux ne seront pas présentés ici. Notons cependant que la faune régionale compte diverses espèces d’éponges (orange de mer - Tethya aurantium, columelle - Hemimycale columella), d’anémones (anémone bijou - Corynactis viridis, oeillet de mer - Metridium sphyrodeta, anémone solaire - Cereus pedunculatus), de coraux (alcyon jaune - Alcyonium digitatum), de gorgones (gorgone verruqueuse - Eunicella verrucosa), de méduses (aurélie - Aurelia aurita, cyanée Bleue - Cyanea lamarcki), d’échinodermes (étoile de mer commune - Asterias rubens, l’oursin comestible - Paracentrotus lividus, l’holothurie noire - Holothuria forskali), ...

Un autre groupe dont toutes les espèces sont terrestres, les myriapodes ou mille-pattes, ne sera pas non plus traité en détail. Nous nous limiterons aux quelques éléments suivants : on dénombre environ 12 000 espèces de myriapodes dont la plus connue en Poitou-Charentes est la scutigère (Scutigera coleoptrata) appelée communément scolopendre même si ce n’ en est pas un !

Chiffre issu de « La classification phylogénétique du vivant » (Lecointre & Le Guyader, 2001)

Castor d’Europe
Castor d’Europe

Les invertébrés

Les vers

Lombric
Lombric

Le nom de « vers » réunit plusieurs groupes (vers plats, ronds, rubanés et annelés) ayant certaines similitudes morphologiques (caractère vermiforme). Le nombre d’espèces vermiformes connu est d’environ 50 000.

(Chiffre issu de « La classification phylogénétique du vivant » (Lecointre & Le Guyader, 2001))

Les vers se rencontrent dans la plupart des milieux terrestres, d’eau douce ou marines, et ils peuvent être libres ou parasites d’autres animaux (grande douve du foie – Fasciola hepatica, sangsue médicinale – Hirudo officinalis) ou de l’Homme (ver solitaire – Taenia saginata et grand ver solitaire – Taenia solium).

Les vers libres ont une importance particulière au sein de l’écosystème. En effet, au-delà de leur rôle de source de nourriture pour de nombreux animaux, ils participent activement à l’aération et à la fertilité du sol en creusant de nombreuses galeries et en recyclant la matière organique et minérale.

En milieu terrestre, les lombrics ou vers de terre (Lumbricus terrestris) constituent la masse animale la plus importante (80 % de la masse animale globale). Ils creusent des galeries souterraines soit en s’introduisant dans un sol meuble, soit en avalant la terre, ce qui a pour effet d’aérer les sols. Les lombrics se nourrissent essentiellement de matière organique en décomposition, qui, en traversant leur tube digestif, s’enrichit en flore microbienne. L’action des vers, associée à celle des bactéries, fertilise les sols et favorise la croissance des végétaux. Darwin (1881) consacra son ouvrage « Formation de la terre végétale due à l’action des vers de terre » à ces phénomènes, et aujourd’hui, ces particularités sont à l’origine de la mise en place d’élevages industriels (la lombriculture) et au recyclage de nos poubelles quotidiennes (épluchures, restes alimentaires...) : le lombricompostage.

Les lombrics sont également utilisés pour évaluer la santé et la qualité des sols ; des suivis de populations permettent de mettre en évidence d’éventuelles dégradations des milieux édaphiques.

Tortillons de vers arénicoles
Tortillons de vers arénicoles

En milieu marin, un rôle similaire est rempli par l’arénicole (Arenicola marina). L’arénicole se nourrit des matières organiques contenues dans le sable qu’il ingère en formant de petits entonnoirs, et rejette des tortillons en surface du sable (ces traces le rendent facilement repérable). C’est un appât apprécié par les pêcheurs pour de nombreux poissons marins.

Spirographe
Spirographe

On rencontrera également sur le littoral charentais diverses espèces de vers tubicoles aux formes et aux couleurs variées : le protule lisse (Protula tubularia), la sabelle paon (Sabella pavonina), le spirographe (Spirographis spallanzanii), ...

Les mollusques

Le groupe des mollusques, estimé à 117 495 espèces, est constitué d’animaux essentiellement aquatiques, aux formes et aux modes de vie très variés.

(Chiffre issu de « La classification phylogénétique du vivant » (Lecointre & Le Guyader, 2001))

En Poitou-Charentes, on rencontrera ainsi diverses espèces de mollusques dont certaines bien connues des amateurs de pêche à pied ou des jardiniers : les parasites (larves des moules d’eau douce qui parasitent certains poissons), les fouisseurs (couteau - Ensis ensis, palourde - Tapes decussatus), les brouteurs (petit-gris - Helix aspersa aspersa, limnée des étangs - Lymnaea stagnalis, patelle commune - Patella vulgata, bigorneau - Littorina littorea), les chasseurs (pieuvre commune ou poulpe - Octopus vulgaris, seiche commune - Sepia officinalis, calmar commun - Loligo vulgaris) et les filtreurs (moule comestible - Mytilus edulis, huitre - Ostrea edulis, crépidule - Crepidula fornicata).

Ces derniers se nourrissent des matières minérales et organiques (phytoplancton) présentes dans l’eau. Ils peuvent ainsi constituer des stocks d’éléments polluants en cas de mauvaise qualité des eaux.

Ainsi, le suivi de la contamination des eaux conchylicoles du Poitou-Charentes se fait notamment par l’analyse bactériologique, notamment des huîtres et des moules.

L’ élevage de ces deux espèces, ou conchyliculture, revêt une importance toute particulière en région de par le chiffre d’affaire et les nombreux emplois qu’il génère, ainsi que pour son caractère culturel.

Poitou-Charentes abrite une espèce très rare de moule d’eau douce : la grande mulette (Margaritifera auricularia). Considérée il y a quelques années encore comme mondialement disparue, elle a été « redécouverte » récemment dans les vallées de la Vienne et de la Creuse, puis dans la vallée de la Charente, et également dans la vallée de l’Ebre. Cette moule d’eau douce a une longévité exceptionnelle, de l’ordre du siècle, et des exigences écologiques très strictes, qui en font une espèce « fragile » et sont un frein à leur développement dans de nombreux cours d’eau (DIREN Centre et Poitou-Charentes, 2002). Cette espèce est considérée comme gravement menacée d’extinction par l’UICN.

Petit gris
Petit gris
Bigorneau (à gauche) et Patelle (à droite)
Bigorneau (à gauche) et Patelle (à droite)

Les crustacés

Le groupe des crustacés compte près de 40 000 espèces connues dont la plupart sont aquatiques. Quelques crustacés sont terrestres, tel le cloporte des murs (Oniscus asellus), qui joue un rôle très important dans le recyclage de la matière organique, sa flore bactérienne lui permettant de digérer la cellulose. On notera également que de nombreux crustacés sont parasites, souvent d’autres crustacés !

(Chiffre issu de « La classification phylogénétique du vivant » (Lecointre & Le Guyader, 2001))

La morphologie générale des crustacés est extrêmement diversifiée, tout comme leurs dimensions, qui vont du microscopique plancton aux espèces de grande taille ( jusqu’à 0,5 m pour les homards adultes) souvent benthiques.

Dans les petites cavités des rochers du littoral charentais on rencontrera la ligie des rivages (Ligia oceanica), la crevette bouquet (Palaemon serratus) et le crabe vert (Carcinus maenas).

Dans la zone intertidale, la balane commune (Balanus perforatus) se fixe sur un substrat et filtre l’eau pour se nourrir des particules organiques en suspension (dont le plancton). Sur les fonds immergés en permanence, se répartissent d’autres espèces, dont certaines sont renommées pour leur valeur gastronomique : langouste commune (Palinurus elephas), homard européen (Homarus gammarus), bernard-l’ermite (Eupagurus bernhardus), grande araignée de mer (Maja squinado), tourteau (Cancer pagurus), ...

Balane commune
Balane commune

Les crustacés ont une importance écologique considérable : de nombreuses larves et petites espèces pélagiques composent le plancton et ont donc une situation très importante dans la chaîne alimentaire marine. De nombreuses espèces de crabes et de crevettes de nos côtes sont détritivores ou saprophages et participent ainsi activement au recyclage de la matière. De plus, certains crustacés d’eau douce, comme la daphnie (Daphnia pulex), sont des bioindicateurs de la qualité des eaux et sont utilisés en écotoxicologie.

Une autre espèce dulçaquicole, l’écrevisse à pattes blanches (Austropotamobius pallipes) est aussi particulièrement sensible à l’état du milieu qui l’héberge. C’est une espèce d’écrevisse menacée et protégée, vivant dans les cours d’eau de la région. En plus de la dégradation de son habitat, l’introduction d’espèces exotiques telle l’écrevisse rouge de Louisiane (Procambarus clarkii) est une cause de raréfaction des espèces autochtones. En effet, les espèces introduites présentent des capacités de reproduction, d’adaptation et de résistance aux pollutions plus importantes que les espèces indigènes, et sont donc plus compétitives.

Ligie des rivages
Ligie des rivages

Les arachnides

Les arachnides, que l’on confond parfois avec les insectes, s’en distinguent pourtant par l’absence d’antennes, d’ailes et surtout par la présence de quatre paires de pattes (et non de trois). Ce groupe, de près de 75 000 espèces, qui comprend les araignées, les scorpions, les acariens, ainsi que quelques groupes moins connus, est assez « mal aimé » du grand public. Pourtant les arachnides sont omniprésents et sont un des constituants principaux de la faune invertébrée prédatrice des milieux terrestres. Carnivores, ils se nourrissent surtout d’insectes et jouent un rôle important dans les réseaux trophiques et dans l’équilibre fonctionnel des écosystèmes. De plus, leur anatomie et leur mode de vie font qu’ils sont particulièrement sensibles aux facteurs environnementaux et à la structure verticale et horizontale de la végétation. Ils sont ainsi souvent étudiés en tant qu’indicateurs de la qualité écologique d’un milieu.

(Chiffre issu de « La classification phylogénétique du vivant » (Lecointre & Le Guyader, 2001))

Voici quelques exemples d’araignées que l’on pourra rencontrer dans divers milieux de la région :

> l’épeire diadème (Araneus didadematus) visible en forêt, prairie et dans nos jardins,
> l’argiope fasciée (Argiope bruennichi) qui vit dans les landes sèches et les zones herbacées peu perturbées,
> l’araignée citron (Misumena vatia) qui prend par mimétisme la couleur de la fleur sur laquelle elle est postée à l’affût d’insectes attirés par le nectar,
> la dolomède (Dolomedes fimbriatus), une des plus grandes araignées d’Europe occidentale, qui affectionnent les zones humides.

Mais il existe également des araignées aquatiques, dont l’argyronète (Argyroneta aquatica), qui se rencontre dans les mares riches en végétation du Poitou-Charentes, et qui a la particularité de passer une partie de sa vie dans un cocon qu’ elle tisse sous l’eau et remplit d’une réserve d’air.

Outre les diverses espèces d’araignées, d’autres groupes d’arachnides sont bien connus et s’invitent souvent dans les maisons : les opilions (ou faucheux) aux longues pattes, et les acariens qui peuvent être responsables d’allergies mais qui occupent surtout une place importante « en bout » de chaîne alimentaire en tant que détritivores.

Notons que les milieux aquatiques comptent aussi leurs acariens : les hydracariens.

Argiope fasciée
Argiope fasciée

Les insectes

Le groupe des insectes se place au premier rang de la biodiversité avec un nombre d’espèces connues avoisinant le million, et des estimations allant jusqu’à 30 millions ! Les insectes sont des hexapodes, c’est-à-dire qu’ils ont six pattes. Ils ont conquis tous les biotopes terrestres et d’eau douce (nèpe - Nepa rubra, dytique marginé - Dystiscus marginalis, larves de divers groupes) où ils tiennent une place sans égal, et se sont adaptés à tous les régimes alimentaires possibles.

Ainsi, on pourra rencontrer en Poitou-Charentes des insectes :

> prédateurs (mante religieuse telles Mantis religiosa ou l’empuse - Empusa pennata),
> hématophages (taon des boeufs - Tabanus bovinus),
> végétariens ou xylophages (larve du papillon cuivré de marais - Lycaena dispar, grand capricorne – Cerambyx cerdo),

Cuivré des marais
Cuivré des marais
Galeries creusées par des insectes xylophages
Galeries creusées par des insectes xylophages

> suceurs de sève (cigale Rouge - Tibicina haematodes, puceron Phylloxéra - Phylloxera vastatrix, espèce introduite qui s’attaque aux racines de la vigne),
> détritivores (blatte orientale - Blatta orientalis),
> coprophages (bousier - Geotrupes stercorarius, mouche du genre Scatophaga), nécrophages (nécrophore - Necrophorus vespillo), ...

Les insectes ont ainsi un rôle important dans les écosystèmes, à la fois dans les chaînes alimentaires en tant que prédateur ou proie, mais aussi dans le recyclage de la matière organique.

Mante religieuse
Mante religieuse

Les insectes sont aussi remarquables par la diversité de leurs moeurs : grégaires ou solitaires, doués de mimétisme, utilisateurs de piège pour la chasse, sécréteurs de produits répulsifs, etc. De plus, la majorité des insectes présente une métamorphose qui peut être associée à des modifications radicales des exigences écologiques : on peut ainsi avoir une larve aquatique et un adulte terrestre (libellule leucorrhine à gros thorax - Leucorrhinia pectoralis), une larve libre et des adultes parasites (cas des puces), une larve souterraine et un adulte aérien (hanneton - Melolontha melolontha), ...

Libellule à quatre tâches
Libellule à quatre tâches

Leur importance écologique, en tant que parasite (pou - Pediculus humanus, ...) ou transmetteur de parasites (moustiques, punaises, etc.) est énorme, et leur rôle agronomique n’ est pas moins grand, que ce soit en tant que pollinisateur (abeilles), ravageur (larve de Pyrale du maïs (Ostrinia nubilalis)) ou auxiliaire de cultures (la « micro-guêpe » -Aphidius colemani est parasite du puceron -Aphis gossypii qui ravage les cultures de melon de la région et qui a également pour prédateur la coccinelle à sept points – Coccinella septempunctata).

Coccinelle à sept points
Coccinelle à sept points

De nombreux papillons sont également visibles dans les prairies de la région.

Papillons de Poitou-Charentes

Objet d’une protection toute particulière, la rosalie des Alpes (Rosalia alpina) est l’insecte emblématique du Poitou-Charentes. Ce coléoptère aux longues antennes tachetées de bleu a été introduit en Poitou-Charentes au début du XIXème siècle, probablement lors de l’importation de bois provenant du massif central et du Sud-Est de la France. Depuis, la rosalie des Alpes s’est adaptée à notre région où elle prolifère. La larve de cet insecte xylophage se nourrit du bois des hêtres et des frênes dépérissants.

Rosalie des Alpes
Rosalie des Alpes

Les vertébrés

Les poissons

Etat des contextes piscicoles de Poitou-Charentes en 2009
Etat des contextes piscicoles de Poitou-Charentes en 2009
Sigore - Contextes piscicoles

Les poissons ne constituent pas une unité taxonomique homogène. On retrouve en leur sein différents niveaux parfois éloignés comme les cyclostomes (lamproies), les chondrichtyens (poissons à squelette cartilagineux : requins, raies...), les actinoptérygiens (poissons à nageoires rayonnées : esturgeon, carpe, brochet, thon...) et bien d’autres. L’ anatomie, la biologie, l’écologie de ces espèces sont extrêmement variables.

Les poissons représentent aujourd’hui 31 800 espèces dans le monde.

Les cyclostomes ne sont pas des poissons au sens strict. Ce sont des vertébrés aquatiques sans mâchoire ni écaille, caractérisés, à l’âge adulte, par une ventouse buccale adaptée à leur régime alimentaire d’ectoparasite : ils se fixent généralement par la bouche à un poisson (ou autre vertébré marin) dont ils râpent la chair pour sucer le sang. Actuellement une soixantaine d’espèces compose ce groupe.

En Poitou-Charentes, ils sont essentiellement représentés par les lamproies. On peut observer deux modes de vie nettement différents entre la lamproie de planer (Lampetra planeri) qui effectue l’ensemble de son cycle biologique en eau douce et les deux autres espèces : lamproie de rivière (Lampetra fluviatilis) et lamproie marine (Petromyzon marinus) qui sont migratrices. Les larves de ces deux dernières (ammocètes) se développent dans les sédiments des eaux douces où pendant 5 à 7 ans elles se nourrissent de diatomées en filtrant l’eau. Après cette période elles subissent une métamorphose et rejoignent le milieu marin où elles vont bénéficier d’une croissance rapide (2 à 3 ans) en parasitant d’autres poissons. Lorsqu’ils ont atteint leur maturité sexuelle, les adultes remontent les rivières pour se reproduire et mourir.

Globalement, les lamproies ont de grandes exigences écologiques liées à la qualité des eaux et aux aménagements (continuité écologique). Ainsi, les trois espèces citées sont considérées comme déterminantes en région et sont inscrites à la liste rouge des espèces piscicoles en Poitou- Charentes (CSP, Conseil Supérieur de la Pêche, 1997) et en France (UICN France et al., 2010), à l’annexe III de la convention de Berne et à l’annexe II de la Directive Habitats.

Lamproie
Lamproie

Les poissons cartilagineux sont représentés en Poitou-Charentes par les requins et les raies. Ils sont essentiellement marins et se nourrissent le plus souvent de mollusques, de crustacés et de poissons. Les fonds des côtes charentaises accueillent l’aiguillat commun (Squalus acanthias), la petite roussette (Scyliorhinus canicula) et la raie torpille (Torpedo marmorata) qui produit des décharges électriques pour paralyser ses proies.

Les actinoptérygiens comptent un très grand nombre d’espèces aux moeurs variés.

Ils sont représentés par des espèces strictement marines, migratrices entre le milieu marin et le milieu d’eau douce ou encore vivant strictement en eau douce.

En milieu marin on peut trouver la sole commune (Solea solea), espèce solitaire et nocturne qui s’enfouit dans les fonds sableux, ou la vieille (Labrus bergylta) qui chasse le jour dans les forêts de laminaires. Le mulet lippu (Chelon labrosus) est une espèce marine pouvant faire des incursions en eau douce. C’est une espèce détritivore qui est assez peu exigeante en terme de qualité d’eau et de salinité.

Les poissons migrateurs sont directement dépendants de leur circulation le long des cours d’eau pour pouvoir effectuer leur cycle biologique. L’ aménagement des ouvrages hydrauliques (passes à poissons ou effacement des ouvrages) est essentiel à la survie de ces espèces. En effet, ces ouvrages entraînent des blocages ou des retards de migration à la montaison (et pour certains également à la dévalaison) parfois dès la limite de salure des eaux (portes à la mer). Ils doivent pouvoir transiter entre l’océan et les cours d’eau pour atteindre leur zone de frayère dans des conditions dictées par leurs exigences écologiques (saison, débit, température de l’eau). Ainsi, le saumon atlantique (Salmo salar) et la grande alose (Alosa alosa) passent une grande partie de leur vie en mer, mais remontent les cours d’eau régionaux pour se reproduire (ce sont des poissons potamotoques). A l’inverse, l’anguille (Anguilla anguilla), passe la majeure partie de son existence en eaux douces et rejoint la mer des Sargasses pour sa reproduction (c’est un poisson thalassotoque).

Toutes ces espèces sont déterminantes pour le Poitou- Charentes et sont inscrites sur la liste rouge régionale (CSP, 1997) et nationale (UICN France et al., 2010) des espèces piscicoles, et sont listées dans certaines directives (directive habitats, convention de Berne...). Notons que l’anguille est aujourd’hui classée par l’UICN comme étant une espèce en danger critique d’extinction.

Poitou-Charentes héberge également une espèce de poisson menacée tant au niveau régional que mondial : l’esturgeon commun ou européen (Acipenser sturio). D’après l’ONEMA, ce poisson migrateur est particulièrement sensible aux prélèvements de la pêche, à la qualité de l’eau et des milieux (essentiellement les zones de frayère) et rencontre des difficultés dans le franchissement d’obstacles le long des cours d’eau. En France (et dans le monde), la dernière population d’esturgeon n’ est plus présente actuellement que dans la partie basse du bassin Gironde-Dordogne-Garonne (pour la partie eau douce). Intégralement protégé (interdiction de pêche depuis 1982), listé à la Directive Habitat, aux conventions de Washington (CITES, 1973), Bonn, Berne, etc., il a bénéficié de deux programmes LIFE et depuis 2009 de programmes d’action français et européen.

Parmi les espèces strictement d’eau douce, si brochet (Esox lucius) et perche commune (Perca fluviatilis) ont toujours existés dans les cours de la région, le sandre (Stizostedion lucioperca), le black-bass (Micropterus salmoides), le silure (Silurus glanis) et même la carpe (Cyprinus carpio) sont des exemples d’espèces introduites, pour le loisir, la pêche ou pour l’alimentation. Près de 30 % de la faune piscicole régionale est issue d’introduction essentiellement pour la pisciculture et la pêche, la plus ancienne (la carpe commune) datant de l’époque galloromaine.

Les peuplements piscicoles constituent de bons outils de mesure de la qualité du milieu : l’Indice Poisson- Rivière (IPR) est déterminé à partir de la richesse spécifique (nombre d’espèces présentes), la densité et les caractéristiques écologiques des différentes espèces qui composent le peuplement (régime alimentaire, polluosensibilité, habitat, etc.). On estime qu’une rivière en bon état est une rivière dans laquelle on trouve des espèces de poissons indicatrices de bonne qualité du milieu, en quantité et selon une diversité qu’autorisent les caractéristiques du milieu naturel.

Globalement, les poissons dépendent donc de la qualité du milieu aquatique mais aussi de la quantité de la ressource en eau. En 2003 durant la période d’étiage, le CSP a observé des cours d’eau très dégradés avec des proliférations d’algues et de nombreuses mortalités piscicoles, situation qui se reproduit régulièrement sur certains secteurs de la région.

La pêche est bien développée en Poitou-Charentes et se pratique de différentes façons, que ce soit une activité professionnelle ou de loisir. En 2007, 83 840 cartes de pêche ont été délivrées par les AAPPMA (Association Agréer pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique) du Poitou-Charentes. La pêche en eau douce n’est autorisée que durant certaines périodes, et, en fonction des espèces, le nombre de prises, ainsi que leur taille, sont réglementés. Les différents types de pêche en mer professionnelle se pratiquent également en région : pêche au large et pêche côtière.

Brochet
Brochet

Les amphibiens

Les amphibiens sont des tétrapodes et ce sont les premiers vertébrés à avoir véritablement colonisé le milieu terrestre. Cependant, leur biologie reste étroitement liée au milieu aquatique pour leur reproduction et leur développement (les larves sont le plus souvent aquatiques jusqu’à la métamorphose).
Les amphibiens comptent a minima 4 810 espèces au monde (de nombreuses nouvelles espèces ayant été décrites très récemment, y compris en Europe et en France).

(Chiffre issu de « La classification phylogénétique du vivant » (Lecointre & Le Guyader, 2001))

Ils sont divisés, pour ce qui concerne l’Europe, entre les urodèles, qui possèdent un corps allongé et une queue (salamandres, tritons, etc.), et les anoures qui disposent de longues pattes postérieures mais qui sont privés de queue (grenouilles, crapauds, etc.). Une des spécificités des anoures est leur chant, structuré et variable en fonction de l’espèce, et qui joue un rôle important, entre autre, pour la reproduction.

Les amphibiens en Poitou-Charentes
Les amphibiens en Poitou-Charentes
Sigore - Les amphibiens en Poitou-Charentes

Les amphibiens sont au centre des chaînes alimentaires : ils se nourrissent principalement d’invertébrés (vers, insectes, crustacés, mollusques) et constituent, à l’état larvaire ou adulte, l’alimentation de certains insectes et de nombreux vertébrés (poissons, reptiles, oiseaux, mammifères).

Les amphibiens de notre région sont de très bons indicateurs biologiques principalement parce qu’ils sont inféodés au milieu aquatique (ce qui les rend très sensibles aux pollutions) et parce qu’ils possèdent un pouvoir de dispersion limité. De plus, les basses températures hivernales leur imposent de trouver des lieux favorables pour hiverner. Globalement, ils doivent disposer de corridors biologiques pour rejoindre leur zone de ponte ou d’hivernage.

Par leur écologie, ce sont principalement les milieux humides qui hébergent les amphibiens et la pérennisation des populations est souvent liée au maintien de leur habitat. En Poitou-Charentes, les bocages ou les landes parsemés de mares, telles les brandes de Montmorillon et les landes du Pinail, abritent entre autres le triton marbré (Triturus marmoratus), le triton crêté (Triturus cristatus), la grenouille verte de Lessona (Pelophylax lessonae) et la rainette verte (Hyla arborea). Ces espèces sont toutes déterminantes en Poitou-Charentes, protégées en France, présentes sur les listes rouges nationales et régionales, et inscrites en annexe à la Convention de Berne et à la Directive Habitat.

La salamandre tachetée (Salamandra salamandra), la grenouille rousse (Rana temporaria) ou la grenouille agile (Rana dalmatina) sont caractéristiques de milieux évolués comme les mares de prairie ou les mares forestières. Au contraire le crapaud calamite (Bufo calamita) ou le sonneur à ventre jaune (Bombina variegata), sont des espèces dites pionnières qui utilisent pour se reproduire des mares temporaires, des ornières, des prairies humides, ... (Chaumes d’Avon, Vallée de la Tardoire).

Salamandre tachetée
Salamandre tachetée

Le crapaud commun (Bufo bufo) et l’alyte accoucheur (Alytes obstetricans) fréquentent régulièrement les milieux périurbains et urbains (villages, parcs, anciennes carrières, etc.).

Crapaud commun (Bufo bufo)
Crapaud commun (Bufo bufo)

Le sonneur à ventre jaune (Bombina variegata) a fait l’objet d’un plan de sauvegarde régional en vue de préserver les populations existantes. En effet, cette espèce est peu commune en Charente et très rare dans les trois autres départements de la région. Elle a d’ailleurs été redécouverte que très récemment en Charente-Maritime où l’on pensait l’espèce disparue. Cette espèce fait l’objet d’un plan national d’action.

Parmi les espèces présentes en Poitou-Charentes, on peut citer le pélobate cultripède (Pelobates cultripes). Etymologiquement, son nom lui vient des petites excroissances tranchantes appelées « couteaux » (« cultri » en latin) situées sur ses pattes postérieures (« pede » en latin), qui lui permettent de s’enfouir en reculant dans le sable des dunes littorales qu’il fréquente. Cette espèce est considérée comme prioritaire en terme de conservation du fait de ses effectifs très restreints sur la côte atlantique : c’est l’un des amphibiens les plus menacés du littoral atlantique (Grillet et Thirion, 1997). Le pélobate cultripède est ainsi protégé au niveau national, présent sur les listes rouges nationale (vulnérable) et régionale, déterminant en Poitou-Charentes, et inscrites en annexe à la Convention de Berne et à la Directive Habitat.

Les reptiles

Les reptiles en Poitou-Charentes
Les reptiles en Poitou-Charentes
Sigore - Reptiles en Poitou-Charentes

Les reptiles sont les premiers vertébrés à s’être totalement affranchis du milieu aquatique. Ils possèdent une peau écailleuse qui les protège de la dessiccation et qui se renouvelle à chaque mue. Leur reproduction se fait en milieu terrestre et la plupart des espèces de reptiles pondent des oeufs.

Les reptiles connurent leur apogée à la fin de l’ère secondaire, période où ils prirent des formes très diversifiées dont celles des dinosaures qui s’éteignirent il y a 65 millions d’années. Les scientifiques pensent que ce sont certaines lignées de reptiles qui auraient donné naissance aux oiseaux.

Actuellement, environ 7 000 espèces ont été recensées au monde. Elles sont principalement réparties entre les groupes des crocodiliens (crocodiles), des chéloniens (tortues), et des squamates (lézards et serpents). Seuls les deux derniers groupes sont représentés en France et en Poitou-Charentes.

(Chiffre issu de « La classification phylogénétique du vivant » (Lecointre & Le Guyader, 2001))

Les exigences écologiques des reptiles sont assez variées en fonction des espèces et ils occupent, en Poitou- Charentes, un grand nombre de milieux.

La couleuvre vipérine (Natrix maura) et la couleuvre à collier (Natrix natrix) fréquentent les milieux humides (marais, étang, tourbières, rivières) où elles chassent poissons et amphibiens.

Couleuvre d’esculape
Couleuvre d’esculape
Couleuvre à collier
Couleuvre à collier

Les pelouses sèches de notre région abritent la couleuvre verte et jaune (Hierophis viridiflavus), la vipère aspic (Vipera aspis) et le lézard ocellé (Timon lepidus), même si sur le littoral, ce dernier fréquente les dunes grises. Plus grand lézard de la faune française (40 à 60 cm de long), le lézard ocellé (Timon lepidus) est une espèce déterminante en région et protégée au niveau national.

Couleuvre vert et jaune
Couleuvre vert et jaune

Le lézard vert (Lacerta bilineata) se rencontre dans différents milieux de la région : terrains ensoleillés riches en végétation, secs ou légèrement humides, haies, friches, broussailles, terrains rocheux, lisières de forêts, bords de ruisseaux ou de chemins.

Lézard vert
Lézard vert

D’autres espèces se rencontrent en milieux forestiers ou bocagers telle la vipère aspic (Vipera aspis) ou la couleuvre d’esculape (Zamenis longissimus).

Outre les espèces marines qui visitent les côtes charentaises, le Poitou-Charentes, présente une espèce indigène de tortue : la cistude d’Europe ou emyde bourbeuse (Emys orbicularis). Cette espèce, qui affectionne les hydrosystèmes, est particulièrement vulnérable. En effet, la raréfaction des zones humides, l’aménagement et la pollution des cours d’eau ainsi que la compétition induite par l’introduction de la robuste tortue de Floride (Trachemys scripta elegans), sont autant de menaces qui pèsent sur cette espèce intégralement protégée sur le territoire européen. Le département de la Charente-Maritime possède les populations de cistude d’Europe les plus importantes de la région.

Cistude d’Europe
Cistude d’Europe

Les reptiles ont toujours occasionné une certaine répulsion ou fascination de la part du grand public. Pourtant, ils sont généralement très discrets et assez difficiles à observer et à suivre. On sait cependant que les populations de reptiles pâtissent de la raréfaction des habitats qui leur sont favorables et de l’extension du réseau routier (forte mortalité sur les routes à certaines saisons).

Les oiseaux

Le groupe des oiseaux est l’ensemble des vertébrés ovipares possédant des plumes et un bec, et capables de pratiquer le vol battu, même si certaines espèces ont perdu leur aptitude au vol pour se spécialiser dans la course (autruche) ou la nage (manchot). Les oiseaux sont présents dans tous les milieux, même extrêmes, à l’exception des fonds marins. Ils sont très variés en aspect et en taille (de 2,5 m de haut pour les autruches à 6 cm pour les colibris). Ils comprennent près de 9 700 espèces connues au monde, c’est sans doute le groupe animal le plus étudié.

(Chiffre issu de « La classification phylogénétique du vivant » (Lecointre & Le Guyader, 2001))

Les oiseaux se nourrissent de fruits et de graines, et/ou d’invertébrés ou de vertébrés. Ils constituent également des proies, à différents stades de leur développement, pour divers reptiles, mammifères ou leurs congénères. Les oiseaux occupent ainsi une place très importante dans les chaînes alimentaires et les écosystèmes : régulation des populations d’insectes et de rongeurs, dissémination des graines, etc.

Grâce à sa grande diversité d’habitats, le Poitou- Charentes accueille bon nombre d’espèces d’oiseaux, nicheurs ou hivernants. La pie-grièche écorcheur (Lanius collurio), le pic cendré (Picus canus), la huppe fasciée (Upupa epops) et la chevêche d’Athena (Athene noctua), espèces inscrites au livre rouge des oiseaux nicheurs du Poitou-Charentes, sont inféodés au bocage où ils nichent et trouvent les insectes dont ils se nourrissent.

Martin Pêcheur
Martin Pêcheur

En forêt, la sittelle torchepot (Sitta europaea) se loge dans de vieux chênes creux, l’effraie des clochers (Tito alba) fréquente les lisières, alors que les pic épeiche (Dendrocopos major) et noir (Dryocopus martius) creusent leur nid dans le bois dur et se nourrissent d’insectes xylophages.

La bondrée apivore (Pernis apivorus) et l’alouette des champs (Alauda arvensis) fréquentent les pelouses sèches en quête d’insectes.

Bondrée apivore
Bondrée apivore
Alouette des champs
Alouette des champs

Les roselières des mares et étangs de la région servent d’abri et de site de reproduction des espèces protégées tels le héron pourpré (Ardea purpurea) et le busard des roseaux (Circus aeruginosus).

Héron pourpré
Héron pourpré
Busard des roseaux
Busard des roseaux

Le martin-pêcheur d’Europe (Alcedo atthis) et le cingle plongeur (Cinclus cinclus), espèces inscrites au livre rouge des oiseaux nicheurs du Poitou-Charentes, sont, quant à eux, des hôtes typiques des cours d’eau se nourrissant respectivement de poissons et d’invertébrés aquatiques.

Les vasières et les claires accueillent aussi de nombreuses espèces déterminantes en Poitou-Charentes, de limicoles hivernants (bécasseau variable - Calidris alpina, huîtrier pie - Haematopus ostralegus, courlis cendré - Numenius arquata, pluvier argenté - Pluvialis squatarola, ...) et nicheurs (chevalier gambette - Tringa totanus, avocette élégante - Recurvirostra avosetta, vanneau huppé - Vanellus vanellus, ...).

Chevalier gambette
Chevalier gambette

Diverses espèces migratrices font escale ou hivernent sur les côtes et les îles charentaises. On peut ainsi y rencontrer diverses espèces d’anatidés : canard colvert (Anas platyrhynchos), canard souchet (A. clypeata), canard chipeau (A. strepera), la sarcelle d’été et la sarcelle d’hiver (Anas querquedula et A. crecca), le tadorne de Belon (Tadorna tadorna) espèce intégralement protégée, la bernache nonnette et la bernache cravant (Branta leucopsis et B. bernicla).

Bernache cravant
Bernache cravant

La façade atlantique de la région abrite également divers oiseaux marins : goéland brun (Larus fuscus), goéland argenté (Larus argentatus) et goéland leucophée (Larus cachinnans) ; la mouette tridactyle (Rissa tridactyla) qui niche sur le phare de Baleineaux au large de l’Ile de Ré, et le guillemot de Troïl (Uria aalge) qui hiverne au large.

Goeland brun
Goeland brun

Pour certaines espèces en déclin à l’échelle nationale ou européenne, le Poitou-Charentes constitue un des derniers bastions : outarde canepetière (Tetrax tetrax) en plaine cultivée, râle des genêts (Crex crex) en prairie humide de fauche, et guifette noire (Chlidonias niger) en prairie humide et marais.

Râle des Genêts
Râle des Genêts
Guifette noire
Guifette noire

Ces trois espèces nicheuses et déterminantes en région, sont inscrites à la liste rouge des oiseaux menacés de France et sont protégées au titre de l’annexe I de la directive oiseaux et de l’annexe II de la convention de Berne.

Les mammifères

Les mammifères, correspondent à l’ensemble des vertébrés vivipares, à sang chaud, caractérisés par la présence de poils et de mammelles productrices de lait. Les mammifères rassemblent près de 4 500 espèces dont environ le tiers est, selon l’UICN, menacé de disparition à plus ou moins court terme. Groupe très diversifié dont fait partie l’espèce humaine, c’est aussi le plus connu du règne animal.

(Chiffre issu de « La classification phylogénétique du vivant » (Lecointre & Le Guyader, 2001))

De la musaraigne (Pachyure etrusque) de 35 mm de long au rorqual bleu (Balaenoptera musculus) de 33 m en passant par le groupe des chauves-souris, la variété de taille et de forme, ainsi que la diversité des moeurs et des régimes alimentaires reflètent l’ensemble des adaptations qui ont permis aux mammifères de conquérir tous les milieux et d’y avoir une place très importante.

Ainsi, les milieux humides du Poitou-Charentes constituent des biotopes favorables à la reproduction de certains mammifères protégés telle la loutre d’Europe (Lutra lutra) et le vison d’Europe (Mustela lutreola) qui s’y nourrissent de poissons et d’amphibiens.

Loutre d’Europe
Loutre d’Europe

Les petits herbivores comme le lièvre d’Europe (Lepus europaeus) et le lapin de Garenne (Oryctolagus cuniculus) occupent les milieux ouverts ou semi-ouverts (plaines cultivées, bocages, landes, dunes et pelouses sèches régionales).

Le renard roux (Vulpes vulpes), la fouine (Martes fouina) ou le sanglier (Sus scrola) sont omnivores et s’accommodent de divers types de milieux : plaines, forêts et zones péri-urbaines (voire urbaines pour le renard roux).

Renard roux
Renard roux
Fouine
Fouine

Divers mammifères sont inféodés aux milieux forestiers :

> l’écureuil roux (Sciurus vulgaris),
> la genette (Genetta genetta),

Genette
Genette

> le blaireau (Meles meles),
> le sanglier (Sus scrofa),
> ou encore le cerf élaphe (Cervus elaphus),

Cerf élaphe
Cerf élaphe

> ainsi que certaines espèces de chauves-souris telles que le grand rhinolophe (Rhinolophus ferrum-equinum), et la noctule de Leisler (Nyctalus leisleri).

Le chevreuil (Capreolus capreolus), qui affectionne aussi la forêt, est le plus petit des cervidés européens. Avec des habitats plus diversifiés que le Cerf (il fréquente aussi les plaines ouvertes), il est facilement visible dans la région et est souvent l’objet de collision avec des véhicules. La gestion des populations de chevreuil se fait naturellement (prédation, maladie, etc.) et par régulation des populations excédentaires pendant la période de la chasse, ou lors de battues.

Les grands mammifères marins ont colonisé les mers et océans et il n’est pas rare de voir différentes espèces de dauphins, rorquals, etc. au large des côtes charentaises.

Le Poitou-Charentes abrite également un groupe de mammifères remarquables qui se distinguent des autres par leur adaptation au vol : les chauves-souris. Les chauves-souris volent avec leurs « mains », d’où l’autre nom de ce groupe : les chiroptères (du grec « kheir » = main et « pteron » = aile).

Dans le monde, 951 espèces de chauves-souris ont été recensées.

(Chiffre issu de « La classification phylogénétique du vivant » (Lecointre & Le Guyader, 2001))

Sur les 33 espèces connues en France, 22 sont présentes en Poitou-Charentes en 2004 (Poitou-Charentes Nature, 2004). Une nouvelle espèce a été découverte en 2006 dans le Marais Poitevin : la pipistrelle pygmée, petite chauve-souris de 4 grammes rarissime dans l’Ouest de la France. La barbastelle (Barbastella barbastellus), le grand murin (Myotis myotis) et le rhinolophe euryale (Rhinolophus euryale) sont des hôtes privilégiés des grottes, alors que le grand rhinolophe (Rhinolophus ferrum-equinum), la noctule de Leisler (Nyctalus leisleri) préfèrent les habitats forestiers.

Les exigences écologiques des chauves-souris les rendent sensibles à toute perturbation. La totalité des espèces de chauves-souris fait l’objet d’un statut de protection sur le territoire national (arrêté du 17 avril 1981) (Poitou-Charentes Nature, 2000).

Depuis la Loi du 10 juillet 1976, différentes lois et des arrêtés préfectoraux fixent la liste des espèces de gibier dont la chasse est autorisée et déterminent les dates d’ouverture et de clôture de la chasse.

Grand Rhinolophe
Grand Rhinolophe
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