L’ENVIRONNEMENT EN POITOU-CHARENTES (http://www.environnement-poitou-charentes.org) L'Etat - membre fondateur Région Nouvelle-Aquitaine
La situation
Patrimoine naturel
Etat

La Faune régionale

Thème Patrimoine naturel - Édition 2013
  •  Ouvrage de 251 pages
  •  au format A4
  •  disponible en version papier ou téléchargeable en PDF.
  • Nouveau !
    Outarde Canepetière
    Outarde Canepetière


    La France métropolitaine est assez riche en espèces animales. On recense ainsi plus de 500 espèces de vertébrés se reproduisant régulièrement sur le territoire, comprenant une centaine d’espèces de mammifères, plus de 270 espèces d’oiseaux, environ une soixantaine d’espèces de reptiles-amphibiens, ainsi qu’une centaine d’espèces de poissons d’eau douce.

    La faune représentée en région Poitou-Charentes est peu abondante en comparaison de la biomasse végétale présente. Toutefois, la multiplicité des habitats (marais, forêt, lande, zone côtière, etc.) induit une grande
    diversité de la faune régionale. Les insectivores sont bien représentés notamment les oiseaux et les chauve-souris (Demangeot, 1996). Les flux d’oiseaux migrateurs, qui traversent la région à l’automne et au printemps, sont particulièrement importants du fait de la diversité des habitats, et conditionnent bon nombre d’espaces protégés pour leur garantir des stations saisonnières d’accueil. Il y a toutefois peu d’herbivores (cerfs, chevreuils, sangliers, lapins...) et de carnivores (belette, renard, épervier...).

    De tout temps, la faune a constitué une source de nourriture pour l’Homme, et de nombreuses espèces (principalement d’oiseaux et de mammifères) ont été domestiquées pour l’élevage. Mais la faune représente
    également un support d’activité de loisirs via la chasse, la pêche, les observations naturalistes, ...

    Malgré leur présence et leur importance dans les milieux marins charentais, certains groupes d’animaux ne seront pas présentés ici. Notons cependant que la faune régionale compte diverses espèces d’éponges (orange de mer - Tethya aurantium, columelle - Hemimycale columella), d’anémones (anémone bijou - Corynactis viridis, oeillet de mer - Metridium sphyrodeta, anémone solaire - Cereus pedunculatus), de coraux (alcyon jaune - Alcyonium digitatum), de gorgones (gorgone verruqueuse - Eunicella verrucosa), de méduses (aurélie - Aurelia aurita, cyanée Bleue - Cyanea lamarcki), d’échinodermes (étoile de mer commune - Asterias rubens, l’oursin comestible - Paracentrotus lividus, l’holothurie noire - Holothuria forskali), ...

    Un autre groupe dont toutes les espèces sont terrestres, les myriapodes ou mille-pattes, ne sera pas non plus traité en détail. Nous nous limiterons aux
    quelques éléments suivants : on dénombre environ 12 000 espèces de myriapodes dont la plus connue en Poitou-Charentes est la scutigère (Scutigera coleoptrata) appelée communément scolopendre même si ce n’ en est pas un !
    6Chiffre issu de « La classification phylogénétique du vivant » (Lecointre & Le Guyader, 2001)6

    Castor d’Europe
    Castor d’Europe

    Les invertébrés

    Les vers
    Lombric
    Lombric

    Le nom de « vers » réunit plusieurs groupes (vers plats, ronds, rubanés et annelés) ayant certaines similitudes morphologiques (caractère vermiforme).
    Le nombre d’espèces vermiformes connu est d’environ 50 000.
    6(Chiffre issu de « La classification phylogénétique du vivant » (Lecointre & Le Guyader, 2001))6

    Les vers se rencontrent dans la plupart des milieux terrestres, d’eau douce ou marines, et ils peuvent être libres ou parasites d’autres animaux (grande douve du foie – Fasciola hepatica, sangsue médicinale – Hirudo
    officinalis
    ) ou de l’Homme (ver solitaire – Taenia saginata et grand ver solitaire – Taenia solium).

    Les vers libres ont une importance particulière au sein de l’écosystème. En effet, au-delà de leur rôle de source de nourriture pour de nombreux animaux, ils participent activement à l’aération et à la fertilité du sol
    en creusant de nombreuses galeries et en recyclant la matière organique et minérale.

    En milieu terrestre, les lombrics ou vers de terre (Lumbricus terrestris) constituent la masse animale la plus importante (80 % de la masse animale globale). Ils creusent des galeries souterraines soit en s’introduisant dans un sol meuble, soit en avalant la terre, ce qui a pour effet d’aérer les sols. Les lombrics se nourrissent essentiellement de
    matière organique en décomposition, qui, en traversant leur tube digestif, s’enrichit en flore microbienne. L’action des vers, associée à celle des bactéries, fertilise les sols et favorise la croissance des végétaux. Darwin (1881) consacra son ouvrage « Formation de la terre végétale due à l’action
    des vers de terre » à ces phénomènes, et aujourd’hui, ces particularités sont à l’origine de la mise en place d’élevages industriels (la lombriculture) et au recyclage de nos poubelles quotidiennes (épluchures, restes alimentaires...) : le lombricompostage.

    Les lombrics sont également utilisés pour évaluer la santé et la qualité des sols ; des suivis de populations permettent de mettre en évidence d’éventuelles dégradations des milieux édaphiques.

    Tortillons de vers arénicoles
    Tortillons de vers arénicoles

    En milieu marin, un rôle similaire est rempli par l’arénicole (Arenicola marina). L’arénicole se nourrit des matières organiques contenues dans le sable qu’il ingère en formant de petits entonnoirs, et rejette des tortillons
    en surface du sable (ces traces le rendent facilement repérable). C’est un appât apprécié par les pêcheurs pour de nombreux poissons marins.

    Spirographe
    Spirographe

    On rencontrera également sur le littoral charentais diverses espèces de vers tubicoles aux formes et aux couleurs variées : le protule lisse (Protula tubularia), la sabelle paon (Sabella pavonina), le spirographe
    (Spirographis spallanzanii), ...

    Les mollusques

    Le groupe des mollusques, estimé à 117 495 espèces, est constitué d’animaux essentiellement aquatiques, aux formes et aux modes de vie très variés.
    6(Chiffre issu de « La classification phylogénétique du vivant » (Lecointre & Le Guyader, 2001))6

    En Poitou-Charentes, on rencontrera ainsi diverses espèces de mollusques dont certaines bien connues des amateurs de pêche à pied ou des jardiniers : les parasites (larves des moules d’eau douce qui parasitent
    certains poissons), les fouisseurs (couteau - Ensis ensis, palourde - Tapes decussatus), les brouteurs (petit-gris - Helix aspersa aspersa, limnée des étangs - Lymnaea stagnalis, patelle commune - Patella vulgata, bigorneau -
    Littorina littorea), les chasseurs (pieuvre commune ou poulpe - Octopus vulgaris, seiche commune - Sepia officinalis, calmar commun - Loligo vulgaris) et les filtreurs (moule comestible - Mytilus edulis, huitre - Ostrea edulis, crépidule - Crepidula fornicata).

    Ces derniers se nourrissent des matières minérales et organiques (phytoplancton) présentes dans l’eau. Ils peuvent ainsi constituer des stocks d’éléments polluants en cas de mauvaise qualité des eaux.

    Ainsi, le suivi de la contamination des eaux conchylicoles du Poitou-Charentes se fait notamment par l’analyse bactériologique, notamment des huîtres et des moules.

    L’ élevage de ces deux espèces, ou conchyliculture, revêt une importance toute particulière en région de par le chiffre d’affaire et les nombreux emplois qu’il génère, ainsi que pour son caractère culturel.

    Poitou-Charentes abrite une espèce très rare de moule d’eau douce : la grande mulette (Margaritifera auricularia). Considérée il y a quelques années encore comme mondialement disparue, elle a été « redécouverte »
    récemment dans les vallées de la Vienne et de la Creuse, puis dans la vallée de la Charente, et également dans la vallée de l’Ebre. Cette moule d’eau douce a une longévité exceptionnelle, de l’ordre du siècle, et des exigences écologiques très strictes, qui en font une espèce « fragile »
    et sont un frein à leur développement dans de nombreux cours d’eau (DIREN Centre et Poitou-Charentes, 2002).
    Cette espèce est considérée comme gravement menacée d’extinction par l’UICN.

    Petit gris
    Petit gris
    Bigorneau (à gauche) et Patelle (à droite)
    Bigorneau (à gauche) et Patelle (à droite)

    Les crustacés

    Le groupe des crustacés compte près de
    40 000 espèces connues dont la plupart sont
    aquatiques. Quelques crustacés sont terrestres, tel le
    cloporte des murs (Oniscus asellus), qui joue un rôle très
    important dans le recyclage de la matière organique, sa
    flore bactérienne lui permettant de digérer la cellulose.
    On notera également que de nombreux crustacés sont
    parasites, souvent d’autres crustacés !
    6(Chiffre issu de « La classification phylogénétique du vivant » (Lecointre & Le Guyader, 2001))6

    La morphologie générale des crustacés est
    extrêmement diversifiée, tout comme leurs dimensions,
    qui vont du microscopique plancton aux espèces de
    grande taille ( jusqu’à 0,5 m pour les homards adultes)
    souvent benthiques.

    Dans les petites cavités des rochers du littoral
    charentais on rencontrera la ligie des rivages (Ligia
    oceanica
    ), la crevette bouquet (Palaemon serratus) et le
    crabe vert (Carcinus maenas).

    Dans la zone intertidale, la balane commune (Balanus
    perforatus
    ) se fixe sur un substrat et filtre l’eau pour se
    nourrir des particules organiques en suspension (dont
    le plancton). Sur les fonds immergés en permanence,
    se répartissent d’autres espèces, dont certaines sont
    renommées pour leur valeur gastronomique : langouste
    commune (Palinurus elephas), homard européen (Homarus
    gammarus
    ), bernard-l’ermite (Eupagurus bernhardus),
    grande araignée de mer (Maja squinado), tourteau (Cancer
    pagurus
    ), ...

    Balane commune
    Balane commune

    Les crustacés ont une importance écologique
    considérable : de nombreuses larves et petites espèces
    pélagiques composent le plancton et ont donc une
    situation très importante dans la chaîne alimentaire
    marine. De nombreuses espèces de crabes et de crevettes
    de nos côtes sont détritivores ou saprophages et
    participent ainsi activement au recyclage de la matière.
    De plus, certains crustacés d’eau douce, comme la daphnie
    (Daphnia pulex), sont des bioindicateurs de la qualité des
    eaux et sont utilisés en écotoxicologie.

    Une autre espèce dulçaquicole, l’écrevisse à
    pattes blanches (Austropotamobius pallipes) est aussi
    particulièrement sensible à l’état du milieu qui l’héberge.
    C’est une espèce d’écrevisse menacée et protégée, vivant
    dans les cours d’eau de la région. En plus de la dégradation
    de son habitat, l’introduction d’espèces exotiques telle
    l’écrevisse rouge de Louisiane (Procambarus clarkii) est
    une cause de raréfaction des espèces autochtones. En
    effet, les espèces introduites présentent des capacités de
    reproduction, d’adaptation et de résistance aux pollutions
    plus importantes que les espèces indigènes, et sont donc
    plus compétitives.

    Ligie des rivages
    Ligie des rivages

    Les arachnides

    Les arachnides, que l’on confond parfois avec
    les insectes, s’en distinguent pourtant par l’absence
    d’antennes, d’ailes et surtout par la présence de quatre
    paires de pattes (et non de trois). Ce groupe, de près
    de 75 000 espèces, qui comprend les araignées, les
    scorpions, les acariens, ainsi que quelques groupes
    moins connus, est assez « mal aimé » du grand public.
    Pourtant les arachnides sont omniprésents et sont un des
    constituants principaux de la faune invertébrée prédatrice
    des milieux terrestres. Carnivores, ils se nourrissent
    surtout d’insectes et jouent un rôle important dans
    les réseaux trophiques et dans l’équilibre fonctionnel
    des écosystèmes. De plus, leur anatomie et leur mode
    de vie font qu’ils sont particulièrement sensibles aux
    facteurs environnementaux et à la structure verticale et
    horizontale de la végétation. Ils sont ainsi souvent étudiés
    en tant qu’indicateurs de la qualité écologique d’un milieu.

    6(Chiffre issu de « La classification phylogénétique du vivant » (Lecointre & Le Guyader, 2001))6

    Voici quelques exemples d’araignées que l’on pourra
    rencontrer dans divers milieux de la région :

    > l’épeire diadème (Araneus didadematus) visible en forêt,
    prairie et dans nos jardins,
    > l’argiope fasciée (Argiope bruennichi) qui vit dans les
    landes sèches et les zones herbacées peu perturbées,
    > l’araignée citron (Misumena vatia) qui prend par
    mimétisme la couleur de la fleur sur laquelle elle est
    postée à l’affût d’insectes attirés par le nectar,
    > la dolomède (Dolomedes fimbriatus), une des
    plus grandes araignées d’Europe occidentale, qui
    affectionnent les zones humides.

    Mais il existe également des araignées aquatiques,
    dont l’argyronète (Argyroneta aquatica), qui se rencontre
    dans les mares riches en végétation du Poitou-Charentes, et
    qui a la particularité de passer une partie de sa vie dans un
    cocon qu’ elle tisse sous l’eau et remplit d’une réserve d’air.

    Outre les diverses espèces d’araignées, d’autres
    groupes d’arachnides sont bien connus et s’invitent
    souvent dans les maisons : les opilions (ou faucheux)
    aux longues pattes, et les acariens qui peuvent être
    responsables d’allergies mais qui occupent surtout une
    place importante « en bout » de chaîne alimentaire en tant
    que détritivores.

    Notons que les milieux aquatiques comptent aussi
    leurs acariens : les hydracariens.

    Argiope fasciée
    Argiope fasciée

    Les insectes

    Le groupe des insectes se place au premier rang de la
    biodiversité avec un nombre d’espèces connues avoisinant
    le million, et des estimations allant jusqu’à 30 millions !
    Les insectes sont des hexapodes, c’est-à-dire qu’ils ont
    six pattes. Ils ont conquis tous les biotopes terrestres
    et d’eau douce (nèpe - Nepa rubra, dytique marginé -
    Dystiscus marginalis, larves de divers groupes) où ils
    tiennent une place sans égal, et se sont adaptés à tous
    les régimes alimentaires possibles.

    Ainsi, on pourra rencontrer en Poitou-Charentes des insectes :

    > prédateurs (mante religieuse telles Mantis religiosa ou
    l’empuse - Empusa pennata),
    > hématophages (taon des boeufs - Tabanus bovinus),
    > végétariens ou xylophages (larve du papillon cuivré de
    marais - Lycaena dispar, grand capricorne – Cerambyx cerdo),

    Cuivré des marais
    Cuivré des marais
    Galeries creusées par des insectes xylophages
    Galeries creusées par des insectes xylophages

    > suceurs de sève (cigale Rouge - Tibicina haematodes,
    puceron Phylloxéra - Phylloxera vastatrix, espèce
    introduite qui s’attaque aux racines de la vigne),
    > détritivores (blatte orientale - Blatta orientalis),
    > coprophages (bousier - Geotrupes stercorarius, mouche
    du genre Scatophaga), nécrophages (nécrophore -
    Necrophorus vespillo), ...

    Les insectes ont ainsi un rôle important dans les
    écosystèmes, à la fois dans les chaînes alimentaires en
    tant que prédateur ou proie, mais aussi dans le recyclage
    de la matière organique.

    Mante religieuse
    Mante religieuse

    Les insectes sont aussi remarquables par la
    diversité de leurs moeurs : grégaires ou solitaires, doués
    de mimétisme, utilisateurs de piège pour la chasse,
    sécréteurs de produits répulsifs, etc. De plus, la majorité
    des insectes présente une métamorphose qui peut être
    associée à des modifications radicales des exigences
    écologiques : on peut ainsi avoir une larve aquatique et
    un adulte terrestre (libellule leucorrhine à gros thorax - Leucorrhinia pectoralis), une larve libre et des adultes
    parasites (cas des puces), une larve souterraine et un
    adulte aérien (hanneton - Melolontha melolontha), ...

    Libellule à quatre tâches
    Libellule à quatre tâches

    Leur importance écologique, en tant que parasite
    (pou - Pediculus humanus, ...) ou transmetteur de
    parasites (moustiques, punaises, etc.) est énorme, et leur
    rôle agronomique n’ est pas moins grand, que ce soit en
    tant que pollinisateur (abeilles), ravageur (larve de Pyrale
    du maïs (Ostrinia nubilalis)) ou auxiliaire de cultures
    (la « micro-guêpe » -Aphidius colemani est parasite
    du puceron -Aphis gossypii qui ravage les cultures de
    melon de la région et qui a également pour prédateur la
    coccinelle à sept points – Coccinella septempunctata).

    Coccinelle à sept points
    Coccinelle à sept points

    De nombreux papillons sont également visibles dans les
    prairies de la région.

    6Papillons de Poitou-Charentes6

    Objet d’une protection toute particulière, la rosalie
    des Alpes (Rosalia alpina) est l’insecte emblématique du
    Poitou-Charentes. Ce coléoptère aux longues antennes
    tachetées de bleu a été introduit en Poitou-Charentes au
    début du XIXème siècle, probablement lors de l’importation
    de bois provenant du massif central et du Sud-Est de la
    France. Depuis, la rosalie des Alpes s’est adaptée à notre
    région où elle prolifère. La larve de cet insecte xylophage
    se nourrit du bois des hêtres et des frênes dépérissants.

    Rosalie des Alpes
    Rosalie des Alpes

    Les vertébrés

    Les poissons
    Etat des contextes piscicoles de Poitou-Charentes en 2009
    Etat des contextes piscicoles de Poitou-Charentes en 2009

    6Sigore - Contextes piscicoles6

    Les poissons ne constituent pas une unité taxonomique
    homogène. On retrouve en leur sein différents niveaux
    parfois éloignés comme les cyclostomes (lamproies), les
    chondrichtyens (poissons à squelette cartilagineux :
    requins, raies...), les actinoptérygiens (poissons à
    nageoires rayonnées : esturgeon, carpe, brochet, thon...)
    et bien d’autres. L’ anatomie, la biologie, l’écologie de ces
    espèces sont extrêmement variables.

    Les poissons représentent aujourd’hui 31 800 espèces
    dans le monde.

    Les cyclostomes ne sont pas des poissons au sens
    strict. Ce sont des vertébrés aquatiques sans mâchoire
    ni écaille, caractérisés, à l’âge adulte, par une ventouse
    buccale adaptée à leur régime alimentaire d’ectoparasite :
    ils se fixent généralement par la bouche à un poisson (ou
    autre vertébré marin) dont ils râpent la chair pour sucer le
    sang. Actuellement une soixantaine d’espèces compose ce
    groupe.

    En Poitou-Charentes, ils sont essentiellement
    représentés par les lamproies. On peut observer deux
    modes de vie nettement différents entre la lamproie de
    planer (Lampetra planeri) qui effectue l’ensemble de son
    cycle biologique en eau douce et les deux autres espèces :
    lamproie de rivière (Lampetra fluviatilis) et lamproie marine
    (Petromyzon marinus) qui sont migratrices. Les larves de
    ces deux dernières (ammocètes) se développent dans les
    sédiments des eaux douces où pendant 5 à 7 ans elles
    se nourrissent de diatomées en filtrant l’eau. Après cette
    période elles subissent une métamorphose et rejoignent le
    milieu marin où elles vont bénéficier d’une croissance rapide
    (2 à 3 ans) en parasitant d’autres poissons. Lorsqu’ils ont
    atteint leur maturité sexuelle, les adultes remontent les
    rivières pour se reproduire et mourir.

    Globalement, les lamproies ont de grandes exigences
    écologiques liées à la qualité des eaux et aux aménagements
    (continuité écologique). Ainsi, les trois espèces citées
    sont considérées comme déterminantes en région et sont
    inscrites à la liste rouge des espèces piscicoles en Poitou-
    Charentes (CSP, Conseil Supérieur de la Pêche, 1997)
    et en France (UICN France et al., 2010), à l’annexe III de la
    convention de Berne et à l’annexe II de la Directive Habitats.

    Lamproie
    Lamproie

    Les poissons cartilagineux sont représentés en
    Poitou-Charentes par les requins et les raies. Ils sont
    essentiellement marins et se nourrissent le plus souvent
    de mollusques, de crustacés et de poissons. Les fonds des
    côtes charentaises accueillent l’aiguillat commun (Squalus
    acanthias
    ), la petite roussette (Scyliorhinus canicula) et la
    raie torpille (Torpedo marmorata) qui produit des décharges
    électriques pour paralyser ses proies.

    Les actinoptérygiens comptent un très grand nombre
    d’espèces aux moeurs variés.

    Ils sont représentés par des espèces strictement
    marines, migratrices entre le milieu marin et le milieu d’eau
    douce ou encore vivant strictement en eau douce.

    En milieu marin on peut trouver la sole commune
    (Solea solea), espèce solitaire et nocturne qui s’enfouit
    dans les fonds sableux, ou la vieille (Labrus bergylta) qui
    chasse le jour dans les forêts de laminaires. Le mulet lippu
    (Chelon labrosus) est une espèce marine pouvant faire des
    incursions en eau douce. C’est une espèce détritivore qui est
    assez peu exigeante en terme de qualité d’eau et de salinité.

    Les poissons migrateurs sont directement
    dépendants de leur circulation le long des cours d’eau pour
    pouvoir effectuer leur cycle biologique. L’ aménagement des
    ouvrages hydrauliques (passes à poissons ou effacement
    des ouvrages) est essentiel à la survie de ces espèces. En
    effet, ces ouvrages entraînent des blocages ou des retards
    de migration à la montaison (et pour certains également à la
    dévalaison) parfois dès la limite de salure des eaux (portes
    à la mer). Ils doivent pouvoir transiter entre l’océan et les
    cours d’eau pour atteindre leur zone de frayère dans des
    conditions dictées par leurs exigences écologiques (saison,
    débit, température de l’eau). Ainsi, le saumon atlantique
    (Salmo salar) et la grande alose (Alosa alosa) passent une
    grande partie de leur vie en mer, mais remontent les cours
    d’eau régionaux pour se reproduire (ce sont des poissons
    potamotoques). A l’inverse, l’anguille (Anguilla anguilla),
    passe la majeure partie de son existence en eaux douces et
    rejoint la mer des Sargasses pour sa reproduction (c’est un
    poisson thalassotoque).

    Toutes ces espèces sont déterminantes pour le Poitou-
    Charentes et sont inscrites sur la liste rouge régionale
    (CSP, 1997) et nationale (UICN France et al., 2010) des espèces piscicoles, et sont listées dans certaines directives (directive habitats, convention de Berne...). Notons que l’anguille est aujourd’hui classée par l’UICN comme étant une espèce en danger critique d’extinction.

    Poitou-Charentes héberge également une espèce de
    poisson menacée tant au niveau régional que mondial :
    l’esturgeon commun ou européen (Acipenser sturio).
    D’après l’ONEMA, ce poisson migrateur est particulièrement sensible aux prélèvements de la pêche, à la qualité de l’eau
    et des milieux (essentiellement les zones de frayère)
    et rencontre des difficultés dans le franchissement
    d’obstacles le long des cours d’eau. En France (et dans le
    monde), la dernière population d’esturgeon n’ est plus
    présente actuellement que dans la partie basse du bassin
    Gironde-Dordogne-Garonne (pour la partie eau douce).
    Intégralement protégé (interdiction de pêche depuis
    1982), listé à la Directive Habitat, aux conventions de Washington (CITES, 1973), Bonn, Berne, etc., il a bénéficié
    de deux programmes LIFE et depuis 2009 de programmes
    d’action français et européen.

    Parmi les espèces strictement d’eau douce, si brochet
    (Esox lucius) et perche commune (Perca fluviatilis) ont
    toujours existés dans les cours de la région, le sandre
    (Stizostedion lucioperca), le black-bass (Micropterus
    salmoides
    ), le silure (Silurus glanis) et même la carpe
    (Cyprinus carpio) sont des exemples d’espèces introduites,
    pour le loisir, la pêche ou pour l’alimentation. Près de 30 %
    de la faune piscicole régionale est issue d’introduction
    essentiellement pour la pisciculture et la pêche, la plus
    ancienne (la carpe commune) datant de l’époque galloromaine.

    Les peuplements piscicoles constituent de bons
    outils de mesure de la qualité du milieu : l’Indice Poisson-
    Rivière (IPR) est déterminé à partir de la richesse
    spécifique (nombre d’espèces présentes), la densité et
    les caractéristiques écologiques des différentes espèces
    qui composent le peuplement (régime alimentaire, polluosensibilité,
    habitat, etc.). On estime qu’une rivière en bon
    état est une rivière dans laquelle on trouve des espèces
    de poissons indicatrices de bonne qualité du milieu,
    en quantité et selon une diversité qu’autorisent les
    caractéristiques du milieu naturel.

    Globalement, les poissons dépendent donc de la
    qualité du milieu aquatique mais aussi de la quantité de
    la ressource en eau. En 2003 durant la période d’étiage,
    le CSP a observé des cours d’eau très dégradés avec des proliférations d’algues et de nombreuses mortalités
    piscicoles, situation qui se reproduit régulièrement sur
    certains secteurs de la région.

    La pêche est bien développée en Poitou-Charentes et
    se pratique de différentes façons, que ce soit une activité
    professionnelle ou de loisir. En 2007, 83 840 cartes de pêche
    ont été délivrées par les AAPPMA (Association Agréer pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique) du Poitou-Charentes. La
    pêche en eau douce n’est autorisée que durant certaines
    périodes, et, en fonction des espèces, le nombre de prises,
    ainsi que leur taille, sont réglementés. Les différents types
    de pêche en mer professionnelle se pratiquent également
    en région : pêche au large et pêche côtière.

    Brochet
    Brochet

    Les amphibiens

    Les amphibiens sont des tétrapodes et ce
    sont les premiers vertébrés à avoir véritablement
    colonisé le milieu terrestre. Cependant, leur biologie
    reste étroitement liée au milieu aquatique pour leur
    reproduction et leur développement (les larves sont le
    plus souvent aquatiques jusqu’à la métamorphose).
    Les amphibiens comptent a minima 4 810 espèces au
    monde (de nombreuses nouvelles espèces ayant été
    décrites très récemment, y compris en Europe et en
    France).
    6 (Chiffre issu de « La classification phylogénétique du vivant » (Lecointre & Le Guyader, 2001)) 6
    Ils sont divisés, pour ce qui concerne l’Europe,
    entre les urodèles, qui possèdent un corps allongé et
    une queue (salamandres, tritons, etc.), et les anoures
    qui disposent de longues pattes postérieures mais qui
    sont privés de queue (grenouilles, crapauds, etc.). Une
    des spécificités des anoures est leur chant, structuré
    et variable en fonction de l’espèce, et qui joue un rôle
    important, entre autre, pour la reproduction.

    Les amphibiens en Poitou-Charentes
    Les amphibiens en Poitou-Charentes

    6Sigore - Les amphibiens en Poitou-Charentes6

    Les amphibiens sont au centre des chaînes
    alimentaires : ils se nourrissent principalement
    d’invertébrés (vers, insectes, crustacés, mollusques) et
    constituent, à l’état larvaire ou adulte, l’alimentation de
    certains insectes et de nombreux vertébrés (poissons,
    reptiles, oiseaux, mammifères).

    Les amphibiens de notre région sont de très bons
    indicateurs biologiques principalement parce qu’ils
    sont inféodés au milieu aquatique (ce qui les rend très
    sensibles aux pollutions) et parce qu’ils possèdent
    un pouvoir de dispersion limité. De plus, les basses
    températures hivernales leur imposent de trouver des
    lieux favorables pour hiverner. Globalement, ils doivent
    disposer de corridors biologiques pour rejoindre leur zone
    de ponte ou d’hivernage.

    Par leur écologie, ce sont principalement les milieux
    humides qui hébergent les amphibiens et la pérennisation
    des populations est souvent liée au maintien de leur habitat.
    En Poitou-Charentes, les bocages ou les landes parsemés
    de mares, telles les brandes de Montmorillon et les landes
    du Pinail, abritent entre autres le triton marbré (Triturus
    marmoratus
    ), le triton crêté (Triturus cristatus), la grenouille
    verte de Lessona (Pelophylax lessonae) et la rainette verte
    (Hyla arborea). Ces espèces sont toutes déterminantes en
    Poitou-Charentes, protégées en France, présentes sur les
    listes rouges nationales et régionales, et inscrites en annexe
    à la Convention de Berne et à la Directive Habitat.

    La salamandre tachetée (Salamandra salamandra), la
    grenouille rousse (Rana temporaria) ou la grenouille agile
    (Rana dalmatina) sont caractéristiques de milieux évolués
    comme les mares de prairie ou les mares forestières. Au
    contraire le crapaud calamite (Bufo calamita) ou le sonneur
    à ventre jaune (Bombina variegata), sont des espèces
    dites pionnières qui utilisent pour se reproduire des
    mares temporaires, des ornières, des prairies humides, ...
    (Chaumes d’Avon, Vallée de la Tardoire).

    Salamandre tachetée
    Salamandre tachetée

    Le crapaud commun (Bufo bufo) et l’alyte accoucheur
    (Alytes obstetricans) fréquentent régulièrement les
    milieux périurbains et urbains (villages, parcs, anciennes
    carrières, etc.).

    Crapaud commun (Bufo bufo)
    Crapaud commun (Bufo bufo)

    Le sonneur à ventre jaune (Bombina variegata) a
    fait l’objet d’un plan de sauvegarde régional en vue de
    préserver les populations existantes. En effet, cette
    espèce est peu commune en Charente et très rare dans les
    trois autres départements de la région. Elle a d’ailleurs été
    redécouverte que très récemment en Charente-Maritime
    où l’on pensait l’espèce disparue. Cette espèce fait l’objet
    d’un plan national d’action.

    Parmi les espèces présentes en Poitou-Charentes,
    on peut citer le pélobate cultripède (Pelobates cultripes).
    Etymologiquement, son nom lui vient des petites
    excroissances tranchantes appelées « couteaux » (« cultri »
    en latin) situées sur ses pattes postérieures (« pede » en
    latin), qui lui permettent de s’enfouir en reculant dans le
    sable des dunes littorales qu’il fréquente. Cette espèce est
    considérée comme prioritaire en terme de conservation du
    fait de ses effectifs très restreints sur la côte atlantique :
    c’est l’un des amphibiens les plus menacés du littoral
    atlantique (Grillet et Thirion, 1997). Le pélobate cultripède
    est ainsi protégé au niveau national, présent sur les listes
    rouges nationale (vulnérable) et régionale, déterminant en
    Poitou-Charentes, et inscrites en annexe à la Convention de Berne et à la Directive Habitat.

    Les reptiles
    Les reptiles en Poitou-Charentes
    Les reptiles en Poitou-Charentes

    6Sigore - Reptiles en Poitou-Charentes6

    Les reptiles sont les premiers vertébrés à s’être
    totalement affranchis du milieu aquatique. Ils possèdent
    une peau écailleuse qui les protège de la dessiccation et
    qui se renouvelle à chaque mue. Leur reproduction se fait
    en milieu terrestre et la plupart des espèces de reptiles
    pondent des oeufs.

    Les reptiles connurent leur apogée à la fin de
    l’ère secondaire, période où ils prirent des formes très
    diversifiées dont celles des dinosaures qui s’éteignirent
    il y a 65 millions d’années. Les scientifiques pensent que
    ce sont certaines lignées de reptiles qui auraient donné
    naissance aux oiseaux.

    Actuellement, environ 7 000 espèces ont été
    recensées au monde. Elles sont principalement réparties
    entre les groupes des crocodiliens (crocodiles), des
    chéloniens (tortues), et des squamates (lézards
    et serpents). Seuls les deux derniers groupes sont
    représentés en France et en Poitou-Charentes.
    6(Chiffre issu de « La classification phylogénétique du vivant » (Lecointre & Le Guyader, 2001))6

    Les exigences écologiques des reptiles sont assez
    variées en fonction des espèces et ils occupent, en Poitou-
    Charentes, un grand nombre de milieux.

    La couleuvre vipérine (Natrix maura) et la couleuvre
    à collier (Natrix natrix) fréquentent les milieux humides
    (marais, étang, tourbières, rivières) où elles chassent
    poissons et amphibiens.

    Couleuvre d’esculape
    Couleuvre d’esculape
    Couleuvre à collier
    Couleuvre à collier

    Les pelouses sèches de notre région abritent la
    couleuvre verte et jaune (Hierophis viridiflavus), la vipère
    aspic (Vipera aspis) et le lézard ocellé (Timon lepidus),
    même si sur le littoral, ce dernier fréquente les dunes
    grises. Plus grand lézard de la faune française (40 à 60 cm
    de long), le lézard ocellé (Timon lepidus) est une espèce
    déterminante en région et protégée au niveau national.

    Couleuvre vert et jaune
    Couleuvre vert et jaune

    Le lézard vert (Lacerta bilineata) se rencontre dans
    différents milieux de la région : terrains ensoleillés riches
    en végétation, secs ou légèrement humides, haies, friches,
    broussailles, terrains rocheux, lisières de forêts, bords de
    ruisseaux ou de chemins.

    Lézard vert
    Lézard vert

    D’autres espèces se rencontrent en milieux forestiers
    ou bocagers telle la vipère aspic (Vipera aspis) ou la
    couleuvre d’esculape (Zamenis longissimus).

    Outre les espèces marines qui visitent les côtes
    charentaises, le Poitou-Charentes, présente une
    espèce indigène de tortue : la cistude d’Europe ou
    emyde bourbeuse (Emys orbicularis). Cette espèce, qui
    affectionne les hydrosystèmes, est particulièrement
    vulnérable. En effet, la raréfaction des zones humides,
    l’aménagement et la pollution des cours d’eau ainsi que la
    compétition induite par l’introduction de la robuste tortue
    de Floride (Trachemys scripta elegans), sont autant
    de menaces qui pèsent sur cette espèce intégralement
    protégée sur le territoire européen. Le département de
    la Charente-Maritime possède les populations de cistude
    d’Europe les plus importantes de la région.

    Cistude d’Europe
    Cistude d’Europe

    Les reptiles ont toujours occasionné une certaine
    répulsion ou fascination de la part du grand public. Pourtant,
    ils sont généralement très discrets et assez difficiles à
    observer et à suivre. On sait cependant que les populations
    de reptiles pâtissent de la raréfaction des habitats qui leur
    sont favorables et de l’extension du réseau routier (forte
    mortalité sur les routes à certaines saisons).

    Les oiseaux

    Le groupe des oiseaux est l’ensemble des vertébrés
    ovipares possédant des plumes et un bec, et capables
    de pratiquer le vol battu, même si certaines espèces
    ont perdu leur aptitude au vol pour se spécialiser dans
    la course (autruche) ou la nage (manchot). Les oiseaux
    sont présents dans tous les milieux, même extrêmes, à
    l’exception des fonds marins. Ils sont très variés en aspect
    et en taille (de 2,5 m de haut pour les autruches à 6 cm
    pour les colibris). Ils comprennent près de 9 700 espèces
    connues au monde, c’est sans doute le groupe animal le
    plus étudié.
    6 (Chiffre issu de « La classification phylogénétique du vivant » (Lecointre & Le Guyader, 2001)) 6

    Les oiseaux se nourrissent de fruits et de graines,
    et/ou d’invertébrés ou de vertébrés. Ils constituent
    également des proies, à différents stades de leur
    développement, pour divers reptiles, mammifères ou
    leurs congénères. Les oiseaux occupent ainsi une place
    très importante dans les chaînes alimentaires et les
    écosystèmes : régulation des populations d’insectes et de
    rongeurs, dissémination des graines, etc.

    Grâce à sa grande diversité d’habitats, le Poitou-
    Charentes accueille bon nombre d’espèces d’oiseaux,
    nicheurs ou hivernants. La pie-grièche écorcheur (Lanius
    collurio
    ), le pic cendré (Picus canus), la huppe fasciée
    (Upupa epops) et la chevêche d’Athena (Athene noctua),
    espèces inscrites au livre rouge des oiseaux nicheurs du
    Poitou-Charentes, sont inféodés au bocage où ils nichent
    et trouvent les insectes dont ils se nourrissent.

    Martin Pêcheur
    Martin Pêcheur

    En forêt, la sittelle torchepot (Sitta europaea) se
    loge dans de vieux chênes creux, l’effraie des clochers
    (Tito alba) fréquente les lisières, alors que les pic épeiche
    (Dendrocopos major) et noir (Dryocopus martius) creusent
    leur nid dans le bois dur et se nourrissent d’insectes
    xylophages.

    La bondrée apivore (Pernis apivorus) et l’alouette
    des champs (Alauda arvensis) fréquentent les pelouses
    sèches en quête d’insectes.

    Bondrée apivore
    Bondrée apivore
    Alouette des champs
    Alouette des champs

    Les roselières des mares et étangs de la région
    servent d’abri et de site de reproduction des espèces
    protégées tels le héron pourpré (Ardea purpurea) et le
    busard des roseaux (Circus aeruginosus).

    Héron pourpré
    Héron pourpré
    Busard des roseaux
    Busard des roseaux

    Le martin-pêcheur d’Europe (Alcedo atthis) et le
    cingle plongeur (Cinclus cinclus), espèces inscrites au
    livre rouge des oiseaux nicheurs du Poitou-Charentes,
    sont, quant à eux, des hôtes typiques des cours d’eau se
    nourrissant respectivement de poissons et d’invertébrés
    aquatiques.

    Les vasières et les claires accueillent aussi de
    nombreuses espèces déterminantes en Poitou-Charentes,
    de limicoles hivernants (bécasseau variable - Calidris
    alpina
    , huîtrier pie - Haematopus ostralegus, courlis
    cendré - Numenius arquata, pluvier argenté - Pluvialis
    squatarola
    , ...) et nicheurs (chevalier gambette - Tringa
    totanus
    , avocette élégante - Recurvirostra avosetta,
    vanneau huppé - Vanellus vanellus, ...).

    Chevalier gambette
    Chevalier gambette

    Diverses espèces migratrices font escale ou
    hivernent sur les côtes et les îles charentaises. On
    peut ainsi y rencontrer diverses espèces d’anatidés :
    canard colvert (Anas platyrhynchos), canard souchet (A.
    clypeata
    ), canard chipeau (A. strepera), la sarcelle d’été
    et la sarcelle d’hiver (Anas querquedula et A. crecca), le
    tadorne de Belon (Tadorna tadorna) espèce intégralement
    protégée, la bernache nonnette et la bernache cravant
    (Branta leucopsis et B. bernicla).

    Bernache cravant
    Bernache cravant

    La façade atlantique de la région abrite également
    divers oiseaux marins : goéland brun (Larus fuscus),
    goéland argenté (Larus argentatus) et goéland leucophée
    (Larus cachinnans) ; la mouette tridactyle (Rissa
    tridactyla
    ) qui niche sur le phare de Baleineaux au large de
    l’Ile de Ré, et le guillemot de Troïl (Uria aalge) qui hiverne
    au large.

    Goeland brun
    Goeland brun

    Pour certaines espèces en déclin à l’échelle nationale
    ou européenne, le Poitou-Charentes constitue un des
    derniers bastions : outarde canepetière (Tetrax tetrax)
    en plaine cultivée, râle des genêts (Crex crex) en prairie
    humide de fauche, et guifette noire (Chlidonias niger) en
    prairie humide et marais.

    Râle des Genêts
    Râle des Genêts
    Guifette noire
    Guifette noire

    Ces trois espèces nicheuses et déterminantes en
    région, sont inscrites à la liste rouge des oiseaux menacés
    de France et sont protégées au titre de l’annexe I de la
    directive oiseaux et de l’annexe II de la convention de Berne.

    Les mammifères

    Les mammifères, correspondent à l’ensemble des
    vertébrés vivipares, à sang chaud, caractérisés par la
    présence de poils et de mammelles productrices de lait.
    Les mammifères rassemblent près de 4 500 espèces dont
    environ le tiers est, selon l’UICN, menacé de disparition à
    plus ou moins court terme. Groupe très diversifié dont fait
    partie l’espèce humaine, c’est aussi le plus connu du règne
    animal.
    6 (Chiffre issu de « La classification phylogénétique du vivant » (Lecointre & Le Guyader, 2001)) 6

    De la musaraigne (Pachyure etrusque) de 35 mm de
    long au rorqual bleu (Balaenoptera musculus) de 33 m en
    passant par le groupe des chauves-souris, la variété de
    taille et de forme, ainsi que la diversité des moeurs et des
    régimes alimentaires reflètent l’ensemble des adaptations
    qui ont permis aux mammifères de conquérir tous les
    milieux et d’y avoir une place très importante.

    Ainsi, les milieux humides du Poitou-Charentes
    constituent des biotopes favorables à la reproduction
    de certains mammifères protégés telle la loutre d’Europe
    (Lutra lutra) et le vison d’Europe (Mustela lutreola) qui s’y
    nourrissent de poissons et d’amphibiens.

    Loutre d’Europe
    Loutre d’Europe

    Les petits herbivores comme le lièvre d’Europe (Lepus
    europaeus
    ) et le lapin de Garenne (Oryctolagus cuniculus)
    occupent les milieux ouverts ou semi-ouverts (plaines
    cultivées, bocages, landes, dunes et pelouses sèches
    régionales).

    Le renard roux (Vulpes vulpes), la fouine (Martes
    fouina
    ) ou le sanglier (Sus scrola) sont omnivores et
    s’accommodent de divers types de milieux : plaines, forêts
    et zones péri-urbaines (voire urbaines pour le renard roux).

    Renard roux
    Renard roux
    Fouine
    Fouine

    Divers mammifères sont inféodés aux milieux forestiers :

    > l’écureuil roux (Sciurus vulgaris),
    > la genette (Genetta genetta),

    Genette
    Genette

    > le blaireau (Meles meles),
    > le sanglier (Sus scrofa),
    > ou encore le cerf élaphe (Cervus elaphus),

    Cerf élaphe
    Cerf élaphe


    > ainsi que certaines espèces de chauves-souris telles
    que le grand rhinolophe (Rhinolophus ferrum-equinum),
    et la noctule de Leisler (Nyctalus leisleri).

    Le chevreuil (Capreolus capreolus), qui affectionne
    aussi la forêt, est le plus petit des cervidés européens.
    Avec des habitats plus diversifiés que le Cerf (il fréquente
    aussi les plaines ouvertes), il est facilement visible dans
    la région et est souvent l’objet de collision avec des
    véhicules. La gestion des populations de chevreuil se fait
    naturellement (prédation, maladie, etc.) et par régulation
    des populations excédentaires pendant la période de la
    chasse, ou lors de battues.

    Les grands mammifères marins ont colonisé les mers
    et océans et il n’est pas rare de voir différentes espèces de
    dauphins, rorquals, etc. au large des côtes charentaises.

    Le Poitou-Charentes abrite également un groupe
    de mammifères remarquables qui se distinguent des
    autres par leur adaptation au vol : les chauves-souris. Les
    chauves-souris volent avec leurs « mains », d’où l’autre
    nom de ce groupe : les chiroptères (du grec « kheir » =
    main et « pteron » = aile).

    Dans le monde, 951 espèces de chauves-souris ont
    été recensées.
    6 (Chiffre issu de « La classification phylogénétique du vivant » (Lecointre & Le Guyader, 2001)) 6

    Sur les 33 espèces connues en France, 22
    sont présentes en Poitou-Charentes en 2004 (Poitou-Charentes Nature, 2004). Une nouvelle espèce a été
    découverte en 2006 dans le Marais Poitevin : la pipistrelle
    pygmée, petite chauve-souris de 4 grammes rarissime
    dans l’Ouest de la France. La barbastelle (Barbastella
    barbastellus
    ), le grand murin (Myotis myotis) et le
    rhinolophe euryale (Rhinolophus euryale) sont des hôtes
    privilégiés des grottes, alors que le grand rhinolophe
    (Rhinolophus ferrum-equinum), la noctule de Leisler
    (Nyctalus leisleri) préfèrent les habitats forestiers.

    Les exigences écologiques des chauves-souris les
    rendent sensibles à toute perturbation. La totalité des
    espèces de chauves-souris fait l’objet d’un statut de
    protection sur le territoire national (arrêté du 17 avril 1981)
    (Poitou-Charentes Nature, 2000).

    Depuis la Loi du 10 juillet 1976, différentes lois et des
    arrêtés préfectoraux fixent la liste des espèces de gibier
    dont la chasse est autorisée et déterminent les dates
    d’ouverture et de clôture de la chasse.

    Grand Rhinolophe
    Grand Rhinolophe
    Publications | Plan du site | Mentions légales