L’ENVIRONNEMENT EN POITOU-CHARENTES (http://www.environnement-poitou-charentes.org) L'Etat - membre fondateur Région Nouvelle-Aquitaine
La situation
Patrimoine naturel
Etat

La Flore régionale

Thème Patrimoine naturel - Édition 2013
  •  Ouvrage de 251 pages
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    Fritillaire
    Fritillaire

    La région Poitou-Charentes se situe à la confluence
    de deux massifs (Armoricain et Central) et deux bassins
    (Parisien et Aquitain). Ce contexte géologique particulier
    engendre une géomorphologie générale de plaines et de
    plateaux et une grande variété de sols. Le littoral régional
    présente quant à lui une succession d’avancées rocheuses
    prolongées d’îles et de baies tapissées de sédiments et
    de vase.

    Le climat du Poitou-Charentes, de type océanique, est
    caractérisé par des précipitations moyennes qui induisent
    une forte représentation de la flore atlantique. Toutefois,
    le littoral charentais bénéficie d’un bon ensoleillement qui
    lui permet d’abriter un cortège de plantes méridionales
    remarquables comme l’ophrys jaune (Ophrys lutea) des
    pelouses calcaires méditerranéennes, le chardon laiteux
    (Galactites tomentosa) espèce méditerranéenne des
    chemins et murailles, ...

    La diversité des sols et les différentes influences
    climatiques que connaît le Poitou-Charentes
    s’accompagnent d’espèces végétales atlantiques,
    méridionales voire même (sub-)montagnardes (Baron, 1995).


    Les algues

    Les algues, du fait de leurs exigences écologiques,
    sont tributaires des zones humides. Elle peuvent
    être microscopiques, et donc invisibles à l’oeil nu, ou
    macroscopiques. Selon les pigments qu’elles contiennent,
    on parlera d’algues brunes, rouges ou vertes. Ces dernières
    sont considérées comme étant à l’origine du règne
    végétal. En Poitou-Charentes, on rencontre notamment
    des algues vertes des genres Codium et Enteromorpha.
    Les enteromorphes ont une forme de tube aplati ramifié
    et vivent dans des eaux calmes, parfois stagnantes, et
    plus ou moins saumâtres.

    Algues vertes
    Algues vertes

    Dans les différents étages du milieu marin, où elles
    remplissent les fonctions de production d’oxygène, de
    source de nourriture, de refuge ou de nurserie, les algues
    constituent des supports importants pour l’installation et
    le développement de la vie aquatique animale et végétale.
    Certaines algues, dites toxiques, peuvent être nuisibles
    pour la faune et pour l’Homme.

    Sargasse
    Sargasse

    Sans être dangereuses pour l’Homme, certaines
    espèces introduites d’algues peuvent proliférer au point de
    devenir invasives. C’est ce qui a été craint pour la sargasse
    (Sargassum muticum), algue brune qui a colonisé toute la côte atlantique. Tout en étant devenue abondante, cette
    espèce semble avoir trouvé sa place dans l’écosystème.
    Son caractère proliférant et son gigantisme, susceptibles
    de perturber les activités aquacoles et de provoquer une
    compétition à l’issue défavorable pour les espèces locales,
    lui valent néanmoins une surveillance attentive.

    Les algues peuvent aussi être utilisées comme
    indicateur de la qualité de l’eau. Ainsi l’Indice Biologique
    Diatomées (IBD) est calculé à partir des peuplements de
    diatomées, algues brunes unicellulaires présentes dans
    tous les milieux aquatiques.

    Les algues macrophytes (Ulves sp. par exemple)
    et à phytoplancton peuvent être responsables d’une
    perturbation singulière mais naturelle des écosystèmes
    aquatiques stagnants : l’eutrophisation qui peut
    conduire à des « marées vertes ». Certaines algues ont
    alors tendance à proliférer lorsqu’un milieu reçoit une
    quantité excessive de matières nutritives assimilables
    (cas d’apports importants de phosphate ou de composés
    azotés). Ce phénomène conduit à une augmentation de la
    charge naturelle de l’écosystème en matières organiques à
    dégrader. La décomposition des algues par des bactéries
    aérobies consommatrices d’oxygène engendre une
    diminution du taux d’oxygène dans l’eau. Parallèlement,
    la matière organique morte non décomposée s’accumule
    dans les sédiments. Un déséquilibre se produit alors
    entre les eaux de surface oxygénées par aération et
    photosynthèse et les eaux profondes où le développement
    des organismes est limité.

    D’un point de vue plus sociétal, les algues sont
    depuis toujours utilisées comme aliments, engrais ou
    médicaments. Aujourd’hui elles font l’objet de demandes
    importantes et variées dans différents domaines :
    industries alimentaire ou textile, cosmétologie,
    thalassothérapie, diététique ou agriculture (compost à
    base d’algue).

    Les algues sont aussi utilisées comme bioindicateurs
    du niveau de radioactivité en milieu marin car elles
    concentrent certains éléments radioactifs.


    Les Champignons

    Les champignons sont des eucaryotes incapables
    d’effectuer la photosynthèse et sont donc hétérotrophes.
    Leur appareil végétatif (qui assure la croissance) est
    constitué d’un thalle ; les champignons ne possèdent ni
    tige, ni racine, ni feuille différenciée.

    Les champignons, du fait de leurs caractéristiques,
    ne peuvent être classés ni dans le règne végétal, ni dans
    le règne animal ; on leur attribue un règne qui leur est
    propre. Les champignons présentent une biodiversité
    importante et on estime à plus de 100 000 le nombre
    d’espèces connues au monde (dont 15 000 en France) sur
    un total supposé de 1,5 millions d’espèces existantes.

    Ce groupe offre également une grande diversité de
    formes (de la simple cellule comme les levures, aux gros
    champignons comestibles en passant par les moisissures
    et les truffes) et aussi de modes de vie : ils peuvent
    être saprophytes (ils ont ainsi un rôle important dans le
    recyclage de la matière organique), parasites (de végétaux
    ou d’animaux) ou symbiotiques (ce qui peut conduire à la
    formation de lichens).

    Dans le langage courant, ce que l’on appelle
    champignon correspond en réalité à la partie aérienne de
    certaines espèces. Ainsi, les amateurs pourront trouver en
    forêt ou dans les prairies quelques espèces comestibles...

    Au printemps :
    > Morille (Morchella vulgaris),

    Morille
    Morille

    > Mousseron de printemps (Calocybe gambosa)

    A l’automne :
    > Mousseron d’automne (Marasmius oreades)
    > Cèpe de Bordeaux et Tête de nègre (Boletus edulis et
    Boletus aereus),

    Bolet tête de nègre
    Bolet tête de nègre

    > Girolle (Cantharellus cibarius)
    > Chanterelle (Cantharellus tubiformis et Cantharellus
    lutescens
    )
    > Pied de mouton (Hydnum repandum)
    > Trompette de la Mort (Cratellus cornucopioides)
    > Amanite des cesars (Amanita caesarea)
    > Lepiote élevée (Macrolepiota procera)
    > Rosé des prés (Agaricus campestris)
    > et certains autres bolets.

    Bolet de Dupain
    Bolet de Dupain

    Rappelons qu’il est indispensable de bien savoir
    déterminer les espèces avant de les consommer
    car certains champignons produisent des toxines
    dangereuses pour l’Homme qui peuvent entraîner la mort
    (telles certaines amanites).

    Amanite phalloide
    Amanite phalloide

    Ainsi, l’amanite phalloïde est une espèce mycorhisique
    mortelle. Assez répandue, elle se rencontre sur tout type
    de terrain, mais principalement sur sol acide.

    Certains champignons a priori comestibles peuvent
    être contaminés de différentes façons par les pesticides,
    les métaux lourds, la radioactivité ou par des proliférations
    microbiennes (pourriture et fermentation).

    Pour éviter au maximum les ennuis consécutifs à une
    consommation imprudente de champignons, quelques
    règles élémentaires sont à respecter :

    > Il n’existe aucun test pour différencier une espèce
    comestible d’une indigeste, vénéneuse ou mortelle.
    Il faut apprendre à reconnaître les champignons, par
    l’examen de tous leurs caractères : forme, couleur,
    consistance, odeur, ...

    > Il ne faut jamais manger de champignons déterminés
    uniquement d’après des illustrations. Il faut rechercher
    les conseils de personnes avisées (pharmaciens,
    mycologues) qui peuvent déjouer les pièges de
    certaines ressemblances trompeuses.

    > On ne peut pas nommer toutes les espèces au premier
    coup d’oeil : beaucoup ne peuvent être déterminées
    qu’après examen approfondi, parfois au microscope.

    > Il faut faire attention aux ouvrages anciens, non mis
    à jour récemment. Ceux-ci peuvent indiquer comme
    comestibles des espèces qui se révèlent aujourd’hui
    toxiques.

    > Il ne faut pas ramasser les sujets les plus jeunes :
    leur détermination sera parfois impossible, faute de
    pouvoir observer tous les caractères.

    > Il ne faut jamais consommer de champignons trop
    vieux, altérés, ayant gelés sur place ou conservés dans
    des sacs en plastique. Ces conditions favorisent la
    production de toxines ou le développement de microorganismes
    éventuellement pathogènes.

    > Il ne faut jamais manger les champignons ramassés
    près d’une route ou d’un site industriel (usine chimique,
    incinérateurs, etc.). Les champignons accumulent des
    polluants toxiques (métaux lourds, radio-éléments,
    pesticides etc...).

    > Il ne faut pas consommer de champignons crus (sauf
    rares exceptions) : certaines espèces comestibles
    cuites sont toxiques crues. La cuisson peut également
    éliminer d’autres micro-organismes indésirables.

    > Il faut être prudent si on consomme un champignon
    pour la première fois. Quelques espèces, réputées
    comestibles, sont mal tolérées par certains (incapacité à
    digérer certaines molécules complexes) et il vaut mieux
    se contenter d’une petite quantité la première fois.

    > Dans tous les cas, il faut être raisonnable sur les
    quantités ingérées. En raison des pollutions évoquées
    plus haut (l’Homme, en fin de chaîne alimentaire,
    accumule, sans les éliminer, ces substances, qui sont
    toxiques au-delà d’un seuil à ne pas franchir), il est
    recommandé de limiter le nombre de repas à base de
    champignons.

    Sur notre territoire, seulement une trentaine de
    champignons peuvent être considérés comme comestibles
    et un nombre équivalent d’espèces sont toxiques
    voire mortelles. Plus de 99 % des espèces connues ne
    présentent aucun intérêt culinaire.

    Le bolet satan est une espèce mycorhisique
    vénéneuse se rencontrant sous feuillus en terrain calcaire.

    Bolet satan
    Bolet satan

    Par contre la lepiote élevée et la girolle sont des
    espèces comestibles. La lepiote élevée est une espèce
    saprophytique qui se développe sur les débris ligneux en
    décomposition. Et la girolle est une espèce mycorhisique
    qui se rencontre sous feuillus et conifères surtout en
    terrain siliceux. Cette dernière aurait tendance à se
    raréfier depuis quelques années.

    Au-delà de la simple cueillette d’espèces comestibles,
    les champignons sont d’une importance sanitaire, médicale,
    alimentaire et économique considérable. Certaines
    moisissures ont permis la fabrication d’antibiotiques
    (la pénicilline fut produite grâce à Penicillium notatum),
    d’autres, comme les levures, permettent la fermentation
    (fabrication du pain, du vin, du fromage et de la bière),
    sans oublier la trufficulture en développement en Poitou-
    Charentes.

    girolle
    girolle
    Lepiote élevée
    Lepiote élevée

    Mais certains se révèlent très nuisibles provoquant
    aussi bien des parasitoses sur les cultures (le mildiou
    provoqué par Phytophthora sp., l’ergot du seigle - Claviceps
    purpurea
    , ...), que des maladies sur les Hommes ou les
    animaux (teigne causée par Tinea sp., mycoses, affections
    des viscères, etc.).

    sclérote de l’ergot de seigle
    sclérote de l’ergot de seigle

    Les champignons jouent un rôle primordial dans les
    écosystèmes. Mais on assiste actuellement, pour certaines
    espèces, à une régression de leurs effectifs voire à leur
    disparition. En effet, plusieurs menaces pèsent sur les
    champignons : pollution atmosphérique et effet de serre,
    fragmentation (parcellisation des espaces forestiers)
    ou destruction des habitats, urbanisation, agriculture
    moderne, récoltes excessives, mauvaise gestion des milieux
    naturels... Et le règne fongique est encore peu connu et pas
    assez pris en compte dans les études environnementales.

    Des associations mycologiques se sont alors créées
    afin de développer la connaissance des champignons
    auprès des citoyens. Ainsi, la Société Mycologique du Poitou (SMP) a réalisé l’inventaire des champignons de la
    Vienne qui compte actuellement 2270 espèces (mis à jour
    en janvier 2010). La base de données est enrichie chaque
    année de 50 à 100 espèces. La SMP élabore également un
    bulletin annuel d’une soixantaine de pages. Et dans le cadre
    de son activité, elle organise chaque année une vingtaine de
    sorties ouvertes au public, ainsi qu’une ou deux expositions
    mycologiques. D’autres associations comme la Société
    Mycologique du Massif d’Argenson, de l’île d’Oléron ou
    encore la Section Mycologique de Charente Nature œuvrent également en Poitou-Charentes.


    Les lichens

    Les lichens ne correspondent pas à un groupe
    végétal naturel. Ce sont des organismes particuliers,
    dont la double origine symbiotique est connue depuis
    1869 (travaux de Schwendener). Les lichens sont nés
    de l’association d’une algue chlorophyllienne (ou d’une
    cyanobactérie) et d’un champignon. L’algue apporte, par
    photosynthèse, des produits organiques au champignon
    qui en retour protège cette dernière de la sécheresse et
    lui apporte de l’eau et des substances dissoutes. Cette
    association de partenaires avec bénéfices réciproques,
    dans une interdépendance nutritionnelle, est appelée
    symbiose.

    L’association lichénique apporte également des
    propriétés qu’on ne trouve pas chez l’un ou l’autre des
    partenaires telles la reviviscence, la résistance aux
    températures extrêmes et un fort pouvoir lithogène qui
    leur permet de s’installer sur des substrats difficiles. Les
    lichens sont ainsi des organismes pionniers, capables de
    coloniser les milieux les plus divers et les plus défavorables
    tels que rochers, troncs d’arbres, murs, etc. qu’ils
    « teintent » en les recouvrant (les lichens sont d’ailleurs
    utilisés comme colorants naturels). Les populations de
    Verrucaria maura, lichen visible en Poitou-Charentes,
    se démarquent ainsi par la large bande sombre qu’elles
    forment sur les rochers et falaises qu’elles occupent.

    Une liste de 96 taxons présents en Poitou-Charentes
    et Vendée a été publiée dans le 29ème bulletin annuel de
    la SBCO (1998). Et on comptabilise actuellement entre 600 et 700 le nombre d’espèces de lichens connues dans
    la région (PCN, 2011).

    Des études réalisées dès le XIXème siècle (travaux
    de Nylander, 1866) ont démontré la sensibilité des
    lichens à la pollution atmosphérique : certaines espèces
    disparaissent lorsque la qualité de l’air se dégrade
    (accumulation de métaux lourds par exemple) tandis
    que d’autres, dites toxitolérantes, ont tendance à
    se développer. Actuellement, ces organismes sont
    couramment utilisés comme bioindicateurs de la qualité
    de l’air à travers l’étude des altérations morphologiques
    et physiologiques, l’observation de la répartition et des
    associations lichéniques, et la mesure de l’accumulation
    de substances polluantes dans les thalles. Ce sont aussi
    de bons indicateurs terrestres de présence d’éléments
    radioactifs. Leur propriété de stockeurs de molécules
    a également conduit à l’utilisation des lichens comme
    fixateurs de parfums.


    Les bryophytes ou "mousses"

    Selon les classifications, les bryophytes sont
    restreintes aux seules mousses ou bien correspondent, à
    l’ensemble des groupes suivants : les hépatiques (9 100
    espèces), les anthocérotes (300 espèces) et les mousses
    (15 000 espèces). Nous emploierons ici le terme de
    bryophytes au sens large (ensemble des trois groupes).

    6CBNSA - Centre de ressources documentaires6

    Les bryophytes sont les seuls représentants
    non vascularisés des embryophytes. En effet, ces
    végétaux chlorophylliens ne possèdent ni véritable
    racine ni système vasculaire. Mais c’est pourtant avec
    les bryophytes qu’apparaît la notion d’organe végétal :
    l’appareil végétatif (ou thalle) qui était homogène chez les
    algues se transforme progressivement en Cormus, c’est à
    dire en système d’axes rampants et dressés, possédant
    des tissus structurellement et fonctionnellement
    spécialisés et bien différenciés : futures feuilles, tiges,
    racines et organes de reproduction (fleurs).

    Les bryophytes ont été les premiers végétaux à
    coloniser le milieu terrestre, même s’ils restent encore
    fortement inféodés à la présence d’eau puisque les
    gamètes mâles sont nageurs. Ils poussent donc en milieu
    humide, à même le sol, sur des rochers ou sur d’autres
    végétaux : on dit alors qu’ils sont épiphytes. Globalement,
    les bryophytes jouent un rôle important dans la régulation
    et l’épuration de l’eau.

    Le groupe des mousses comporte un ordre bien
    connu du grand public : les sphaignes. Bon nombre d’entre
    elles, dont la plus répandue (Sphagnum palustre), se
    développent sur des sols gorgés d’eau et produisent des
    composés qui acidifient le milieu. Ce phénomène empêche
    la prolifération des bactéries et limite grandement la
    décomposition de la matière végétale. Les sphaignes
    mortes s’accumulent ainsi progressivement en formant un
    dépôt appelé la tourbe sur laquelle les jeunes sphaignes
    se développent. Ainsi les sphaignes, comme d’autres
    représentants des bryophytes, font parties des plantes
    pionnières à l’origine d’une première couche d’humus.

    De nombreuses espèces, très sensibles aux
    conditions environnementales, constituent de bons
    bioindicateurs de l’air et des eaux douces. Il existe un
    « Inventaire de la bryoflore française » présentant les
    espèces rencontrées en métropole .


    Les ptéridophytes ou "fougères"

    Les ptéridophytes tiennent leur nom de leur groupe le
    plus répandu, les fougères (9 500 espèces) ou filicophytes ;
    mais sont également constitués des équisétophytes (20
    espèces) telle la prêle de champs (Equisetum arvense),
    et des lycopodiophytes (1 275 espèces) dont le lycopode
    officinal (Lycopodium clavatum) et l’isoète des étangs
    (Isoetes lacustris).

    6 Chiffres issus de « La classification phylogénétique du vivant » (Lecointre & Le Guyader, 2001) 6

    Grâce au développement de leur système vasculaire,
    les ptéridophytes constituent les premiers végétaux
    chlorophylliens véritablement adaptés à la vie terrestre et
    capable de se dresser. Les ptéridophytes ont connu leur
    apogée au Carbonifère (-300 millions d’années) où ils ont
    constitué, grâce au développement de formes arborescentes,
    d’immenses forêts dont la fossilisation est à l’origine des
    gisements de charbon. De nos jours, les ptéridophytes
    forment un groupe restreint de végétaux, dont beaucoup
    vivent en milieu humide, comme les prêles ou les isoètes
    (plantes aquatiques).

    L’isoète épineux (Isoetes histrix) est une espèce
    déterminante en Charente-Maritime, Deux Sèvres et Vienne.
    Cette espèce est protégée au niveau national. L’isoète épineux
    colonise les pelouses humides. Cette plante ne possède pas
    de fleur ; ses spores sont enfouis et seules ses feuilles d’une
    dizaine de centimètres, sortent à la surface du sol.

    Osmonde royale
    Osmonde royale

    Les phanérogames ou « plantes à fleurs »

    Les phanérogames ou spermatophytes sont
    l’ensemble des végétaux formant des ovules pouvant être
    contenus dans des ovaires c’est-à-dire des fleurs. Chez les
    phanérogames, la fécondation produit une graine qui est
    enfermée dans un fruit.

    Les phanérogames sont les derniers végétaux
    vasculaires chlorophylliens à être apparus sur Terre.
    Avec près de 250 000 espèces, les phanérogames sont
    actuellement les végétaux les mieux représentés et
    les plus diversifiés. Ils sont présents dans tous nos
    écosystèmes et certains sont retournés vers le milieu
    aquatique, d’eau douce ou d’eau de mer.
    6 Chiffre issu de « La classification phylogénétique du vivant » (Lecointre & Le Guyader, 2001) 6

    Avec les algues, les phanérogames sont les producteurs
    d’oxygène et de matière organique de la biosphère
    (producteurs primaires). Ils sont à la base des chaînes
    alimentaires et représentent plus de la moitié de la biomasse
    totale vivante. Permettant le développement de la vie, ils
    occupent une place prépondérante dans les écosystèmes.

    Ce groupe est d’une importance vitale pour l’Homme
    puisque quasiment toutes les espèces de plantes cultivées
    sont des phanérogames. Le Poitou-Charentes compte plus
    de 750 espèces de plantes vasculaires (phanérogames
    et ptéridophytes) déterminantes à l’échelle régionale ou
    départementale (Persuy, 2003).

    Arbres et arbustes

    Les arbres sont des végétaux ligneux d’au moins 5
    mètres à l’âge adulte, qui possèdent un tronc unique et dont
    les ramifications n’apparaissent qu’à une certaine hauteur
    au-dessus du sol. Les arbustes quant à eux présentent des
    ramifications dès leur base et sont de plus petite taille.

    Les arbres et arbustes tiennent une grande place dans
    nos paysages. Qu’ on les rencontre en forêt, dans les champs
    ou en ville, ils ont presque toujours un rôle écologique,
    économique (sylviculture), paysager ou culturel important.
    Et malgré l’abandon de certains usages ou croyances, le
    grand public y porte une attention toute particulière.

    La plupart des arbres rencontrés dans les forêts
    picto-charentaises est native d’Europe : chêne pubescent
    (Quercus pubescent), chêne vert (Quercus ilex), hêtre
    commun (Fagus sylvatica), pin maritime (Pinus pinaster),
    peuplier blanc (Populus alba), aulne glutineux (Alnus
    glutinosa
    ), bouleau pubescent (Betula pubescens),
    charme commun (Carpinus betulus), ...

    Chênes pubescents
    Chênes pubescents

    Cependant, de nouvelles espèces ont été introduites
    au cours des siècles depuis l’Empire romain. Ainsi, de
    nombreuses espèces communes de nos milieux naturels
    ou urbains ont, en fait, été introduites pour la culture
    ou l’ornement : châtaigner (Castanea sativa) originaire
    de Turquie, cèdre de l’Atlas (Cedrus atlantica) et cèdre
    du Liban (Cedrus libani) originaires du Moyen-Orient,
    les différentes espèces de cerisiers (Prunus sp.) ou de
    platanes (Platanus sp.), ...

    Châtaignier
    Châtaignier

    Egalement importé de Chine et visible en milieu
    urbain, l’arbre aux mille écus (Ginkgo biloba) est un
    véritable fossile vivant et constitue le seul représentant
    actuel de son groupe (Ginkgophyta).

    Un inventaire des arbres remarquables a été effectué
    dans chaque département du Poitou-Charentes et des
    ouvrages sont disponibles.

    6Sigore - Visualiseur6
    6 (Cocher : Patrimoine Naturel > Connaissances naturalistes > Flore > Poitou-Charentes Nature > Arbres remarquables) 6

    Les différentes espèces d’arbustes que l’on peut
    rencontrer en Poitou-Charentes remplissent aussi de
    nombreuses fonctions ornementales mais surtout
    écologiques. En effet, ils induisent certaines conditions de
    température et d’humidité au sol permettant la croissance
    d’espèces végétales et constituent un lieu de nidification,
    d’alimentation ou de refuge pour les animaux.

    On trouvera parmi les arbustes, le genévrier commun
    (Juniperus communis), la viorne tin ou laurier tin (Virbunum
    tinus
    ), le chèvrefeuille commun (Lonicera caprifolium),
    l’aubépine épineuse (Crataegus laevigata), le houx (Ilex
    aquifolium
    ), le sureau noir (Sambucus nigra), ...

    Genévrier commun
    Genévrier commun
    Sureau noir (fleurs)
    Sureau noir (fleurs)
    Sureau noir(fruits)
    Sureau noir(fruits)
    Plantes herbacées

    On qualifie d’herbacées, les plantes non ligneuses
    (à tige molle) dont la hauteur est inférieure à 1 mètre.
    De façon encore plus marquée que pour les arbres et
    arbustes, les herbacées ont de tout temps été utilisées
    par l’Homme dans divers domaines : alimentation
    humaine et animale (plantes fourragères), pharmacologie
    (plantes médicinales), industrie textile, cosmétologie et
    parfumerie, ornement, etc.

    Lorsqu’elles ne sont pas considérées comme
    « mauvaises herbes », les plantes herbacées peuvent
    être utilisées par l’Homme pour tout ou partie de leur
    anatomie : tiges, feuilles, fruits, fleurs, racines ou bulbes.
    Les herbacées comprennent de nombreux groupes qui ne
    seront pas développés ici.

    Il existe cependant un groupe d’herbacées
    remarquables en Poitou-Charentes, tant par son abondance
    que par son caractère méridional : les orchidées. Leur nom
    vient du fait que leurs organes souterrains de réserve
    ont souvent l’aspect de testicules, « orchis » en latin. Ce
    groupe particulier de plantes offre des formes et couleurs
    très variées grâce à un trait évolutif : le mimétisme. Ainsi,
    pour attirer les insectes pollinisateurs (pollinisation
    entomophile), la morphologie des orchidées a évolué vers
    des caractères mimétiques des insectes telles l’ophrys
    abeille (Ophrys apifera) ou l’ophrys mouche (Ophrys
    insectifera
    ). Sur les 140 espèces d’orchidées présentes en
    France, plus de 50 espèces dont 12 sont inscrites à la liste
    parue au J.O. du 10 mai 1988 (SFO-PCV, 1995), (protection
    au titre des Pays de Loire) (SFO-PCV, 2007) sont recensées
    en Poitou-Charentes.

    Avec 60 espèces d’orchidées sauvages comptabilisées
    à ce jour le Poitou-Charentes et la Vendée possèdent
    environ 40 % des 160 taxons existants en France. La
    richesse relative de la région apparait comme remarquable
    d’autant plus que 24 de ces orchidées sont légalement
    protégées du fait de leur rareté, 6 au niveau national et
    18 au niveau régional en Poitou-Charentes et/ou Vendée
    (protection au titre des Pays de Loire) (SFO-PCV, 2007).

    Une cartographie de l’inventaire des orchidées menée
    par la est disponible sur le SIGORE.

    Les orchidées en Poitou-Charentes
    Les orchidées en Poitou-Charentes

    6Atlas cartographique : Patrimoine Naturel6
    6Sigore - Orchidées6

    Les plantes messicoles (« qui habitent les moissons »)
    présentent également un fort intérêt écologique. Elles
    sont aujourd’hui menacées de disparition. L’inventaire
    des plantes messicoles du Poitou-Charentes mené par les
    associations membres de Poitou-Charentes Nature entre 2005 et 2009 a permis de recenser 76 espèces messicoles
    sur les 111 recherchées dans notre région. Les espèces
    non revues dans le cadre de cet inventaire (près d’un tiers
    des espèces messicoles recherchées) sont pour la plupart
    considérées comme disparues, car non observées depuis
    plus de 30 ans (Poitou-Charentes Nature, 2010). La
    cartographie de l’inventaire des messicoles menée par
    Poitou-Charentes Nature est disponible sur le
    SIGORE.

    Ophrys abeille
    Ophrys abeille

    6Sigore - Plantes messicoles6

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