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La qualité de l’eau pour l’alimentation en eau potable

Thème Eau - Edition 2015
Nouveau !
Dernière mise à jour : 2015

2.1. Quelques généralités sur l’eau potable

2.2. L’origine de l’eau potable en Poitou-Charentes

2.3. Le traitement de l’eau potable et les normes à
respecter

2.4. La gestion et la distribution de l’eau potable

6> 2.4.1. La structure du réseau d’eau potable6
6> 2.4.2. La gestion du réseau d’eau potable6
6> 2.4.3. Le rendement du réseau d’eau potable6
6> 2.4.4. La sécurité d’approvisionnement de l’eau potable6
6> 2.4.5. Les acteurs de la gestion de l’eau potable6

2.5. La qualité des eaux distribuées

6> 2.5.1. La qualité bactériologique6
6> 2.5.2. Les pesticides6
6> 2.5.3. Les nitrates6
6> 2.5.4. La turbidité6
6> 2.5.5. Les autres paramètres6


Les informations suivantes sont extraites du rapport sur la
« qualité des eaux destinées à la production d’eau potable », produit
en 2002 par le Comité Régional de l’Environnement..

2.1. Quelques généralités sur l’eau potable

L’eau potable est une eau qui ne porte pas atteinte
à la santé, et qui répond à un certain confort et plaisir de
boire.

L’eau n’est pas seulement un ensemble de molécules
H20 (deux atomes d’hydrogène et un atome d’oxygène).
Elle contient en réalité naturellement une très grande
variété de matières dissoutes, inertes ou vivantes :
des gaz, des substances minérales ou organiques, des
micro-organismes (bactéries, virus, plancton), ainsi que
des particules en suspension (fines particules d’argiles,
limons et déchets végétaux).

En effet, l’eau est un excellent solvant qui se charge en
composés solides ou gazeux tout au long de son cycle,
suivant les milieux (rivières, zones humides, roches,
atmosphère, etc.) dans lesquels elle circule ou séjourne :

  •  quand elle tombe en pluie, elle se charge des poussières atmosphériques,
  •  quand elle ruisselle sur les sols (lessivage),
  •  quand elle s’infiltre dans le sous-sol, elle se
    charge des produits d’altération des roches.

    La composition chimique de l’eau est ainsi
    complètement liée aux caractéristiques du bassin
    versant dans lequel elle opère son cycle (la nature du sol
    et du sous-sol, les espèces végétales et animales, mais
    également les activités humaines).

    Une eau qui semble claire et limpide peut transporter
    en son sein toutes sortes de substances inertes et
    vivantes, dont certaines peuvent être nocives pour
    l’organisme humain. C’est pourquoi toutes les eaux dans
    la nature ne sont pas bonnes à boire.

    « Nous buvons 90 % de nos maladies », disait Louis Pasteur
    à la fin du 19ième siècle.

    Ainsi, l’eau peut être le vecteur de nombreuses maladies
    (qu’elles soient bactériennes, virales ou parasitaires),
    d’intoxications, de troubles sur la santé.

    Plusieurs terminologies existent pour désigner un
    même produit : eau du robinet, eau potable, eau du réseau
    public, eau distribuée, eau de boisson, eau d’alimentation…

    Les principaux types d’eaux destinées à la consommation
    humaine sont celles fournies par un réseau de distribution
    et les eaux en bouteille. La définition de ces eaux
    destinées à la consommation humaine est fournie par la
    Directive 98/83 du 3 novembre 1998, traduite en droit
    français dans le Code de la Santé Publique.

    Ainsi, qu’elle soit distribuée au robinet ou en
    bouteille, l’eau destinée à la consommation humaine est
    un aliment, et doit à ce titre :

  •  posséder des qualités organoleptiques (goût, couleur, odeur) propre à satisfaire le consommateur,
  •  ne pas porter atteinte à la santé.

    L’eau est l’aliment le plus surveillé. Le niveau
    d’exigence pour sa qualité est très élevé. Pour une eau
    potable, la notion de qualité distingue la qualité des
    eaux brutes (à l’état naturel, à son lieu de captage),
    de la qualité de l’eau distribuée (qui arrive au robinet
    du consommateur, après traitement de potabilisation
    et parcours dans les canalisations). Les normes et
    paramètres qui caractérisent ces deux « visions » de la
    qualité de l’eau diffèrent.

    En 2008, un français
    consomme en moyenne 151 litres d’eau par jour.
    La consommation des foyers français est répartie
    comme suit :
  •  39% pour les bains et les douches
  •  20% pour les sanitaires
  •  12% pour le linge
  •  10% pour la vaisselle
  •  6% pour l’arrosage des plantes et le nettoyage de la voiture
  •  6% pour la préparation de la nourriture
  •  1% pour la boisson
  •  6% pour les autres besoins

    (Centre d’Information sur l’Eau, 2013b)

  • Rappelons que seuls 5 litres par jour sont nécessaires
    à l’Homme pour survivre, 40 à 50 litres pour satisfaire ses
    besoins minima d’alimentation et d’hygiène.
    À cette consommation personnelle, s’ajoute
    l’ensemble des consommations collectives (écoles,
    hôpitaux, lavage de la voierie, milieu professionnel,
    restaurant...) on obtient alors une moyenne de 200 litres
    par jour et par personne. (Eau France, 2012)

    De fortes disparités existent encore entre les
    secteurs ruraux (moyenne entre 90 et 100 litres/hab/j)
    et les secteurs urbains (moyenne entre 140 et 150
    litres/hab/j), mais elles ont tendance à se combler. En
    effet, le monde rural, en dehors de besoins en eau plus
    importants pour ses activités professionnelles, est moins
    consommateur d’eau que le milieu urbain. Ce constat
    s’explique par un recours plus fréquent à l’utilisation
    de l’eau des puits privatifs, ainsi que par une présence
    souvent moindre d’éléments de confort domestique.

    Le niveau des revenus influe aussi sur les
    consommations : les personnes à revenu modeste utilisent
    en moyenne 90 litres d’eau par jour et par personne. Plus
    le niveau de vie est élevé, plus la consommation d’eau
    augmente.

    Dans les zones touristiques, il faut faire face aux pics
    de consommation qu’entraîne la présence de nombreux
    touristes en saison. Les installations sont donc conçues
    pour alimenter une population plus nombreuse que la
    population permanente.

    Station de pompage de Salles (Charente-Maritime)
    Station de pompage de Salles (Charente-Maritime)

    En été, la Charente-Maritime est fortement touchée par
    cette problématique avec des pointes de production
    journalières pour l’eau potable pouvant atteindre les
    260 000 m3/jour.

    Cependant, il faut signaler que l’usage domestique
    comprend l’utilisation de l’eau non seulement pour la
    boisson, mais aussi pour la préparation des repas, le
    lavage, les soins d’hygiène, l’évacuation des déchets
    organiques, les plantes vertes, les jardins privés et
    les animaux domestiques. Pour tous ces usages, chez
    l’habitant, un seul robinet fournit une eau de qualité
    potable. En effet, lors de la mise en place de l’eau courante,
    il a été jugé préférable, d’une part d’éviter l’installation
    de deux réseaux parallèles et d’autre part, de supprimer
    le risque de confusion entre les deux types d’eau (risque
    d’utiliser l’eau non-potable pour la boisson).

    Avec l’évolution du coût de l’eau courante, certains usages
    domestiques tel que l’arrosage de jardin sont parfois
    remis en question. Ainsi, afin de réduire une note d’eau
    élevée, certains jardiniers amateurs mettent en place des
    systèmes de stockage de l’eau de pluie.

    2.2. L’origine de l’eau potable en Poitou-Charentes

    En région Poitou-Charentes, 402 captages
    d’alimentation en eau potable (95 en Charente, 83 en
    Charente-Maritime, 74 en Deux-Sèvres et 150 en Vienne)
    prélèvent 143 millions de mètre cubes d’eau en 2012,
    soit près d’un tiers des prélèvements globaux d’eau de
    la région. Ce volume est en baisse depuis une dizaine
    d’années, du fait des économies d’eaux réalisées sur
    les équipements sanitaires notamment, mais peut-être
    aussi du fait de l’élévation du coût du mètre cube d’eau
    distribuée (Agence Régionale de Santé Poitou-Charentes,
    2012).

    Les eaux souterraines profondes moins concurrencées
    et mieux protégées naturellement, peuvent permettre de
    satisfaire à la demande en quantité mais également aux
    exigences de qualité imposées par la réglementation en
    diluant les eaux contaminées des nappes superficielles :
    cependant cet exercice comporte rapidement des limites
    du fait de la dégradation continue de la qualité des eaux
    des nappes superficielles et des problèmes de qualité
    rencontrés au niveau des nappes profondes (fer, fluor,
    dureté, sulfates, turbidité, arsenic, sélénium, …). Le
    captage des eaux souterraines s’effectue soit à partir
    d’une source ou d’une résurgence, soit le plus souvent par
    des forages ( jusqu’à 700 mètres de profondeur).

    Certains systèmes aquifères de Poitou-Charentes
    ont une importance stratégique pour l’alimentation en
    eau potable :

  •  l’InfraToarcien, système aquifère captif, qui appartient au Lias, est principalement exploité au Sud-Ouest d’une ligne allant de Parthenay- Confolens, à la frontière entre les départements des Deux-Sèvres et de la Charente-Maritime. Il est constitué de calcaires gréseux et dolomitiques.
  •  le Turonien, nappe libre au Nord du seuil du Poitou et nappe captive fortement productive au Sud de la région (partie exclusivement exploitée), est la principale ressource en eau de la moitié sud du département de la Charente-Maritime, et la seule ressource en eau importante du département de la Charente, au Sud d’une ligne Cognac- Angoulême. Il est constitué de calcaires.
  •  le Cénomanien, aquifère libre au droit de
    Châtellerault (Nord du seuil du Poitou), devenant
    captif vers le Nord, est le plus important de cette
    région. Au Sud du seuil du Poitou, il constitue
    localement un excellent réservoir composé de
    sables et de calcaires en Charente-Maritime.

    La population du Poitou-Charentes est
    majoritairement alimentée à partir des eaux souterraines
    (62%) et à moindre mesure, à partir des eaux mixtes
    (12 %). Les eaux mixtes sont produites par mélange
    d’eaux souterraines et superficielles pour des raisons
    quantitatives ou qualitatives. (Agence Régionale de Santé
    Poitou-Charentes, 2014)

    Il est à noter que le Nord-Ouest du département des Deux-
    Sèvres ne dispose que des aquifères superficiels du socle
    granitique et schisteux très localisés. Cette situation a
    conduit les collectivités à s’organiser et à se regrouper
    autour de retenues superficielles, tel le barrage du Cébron.

    Répartition des volumes produits
    Répartition des volumes produits

    2.3. Le traitement de l’eau potable et les normes à respecter

    La réglementation définit une eau potable comme
    une eau qui ne doit pas contenir un nombre ou une
    concentration de micro-organismes, de parasites ou
    de toutes autres substances constituant un danger
    potentiel pour la santé des personnes. Elle doit, de
    plus, être conforme aux limites de qualité définies à
    l’annexe I.1 du décret d’application 2001-1220 de la
    directive européenne 98/83 relative à la qualité des eaux destinées à la consommation humaine.

    L’objectif du traitement est alors de protéger les
    consommateurs de micro-organismes pathogènes et
    d’impuretés désagréables ou dangereuses pour la santé.
    L’eau qui coule au robinet, produit élaboré, reflète les deux
    préoccupations permanentes que sont la santé publique,
    le confort, et le plaisir de boire.

    Les services de l’eau (collectivités, syndicats intercommunaux,
    sociétés privées) doivent disposer d’une eau
    brute de suffisamment bonne qualité pour la production
    d’eau destinée à la consommation humaine, et ne pas
    nuire à sa santé, qu’elle soit distribuée au robinet ou en
    bouteille. Le traitement va consister à prévoir une chaîne
    ou filière de traitements dans le but de rendre l’eau
    conforme aux limites et références de qualité.

    L’ordre et les choix des procédés de traitement
    sont toujours guidés en priorité par la nature de l’eau à
    traiter et par le débit souhaité. D’autres critères peuvent
    ensuite entrer en ligne de compte comme l’autonomie des
    procédés, leur capacité à produire un minimum de déchets
    (boues, concentrats, éluats de régénération, etc.), leur
    encombrement, parfois leur image « médiatique » et
    finalement leur coût.

    Le traitement des eaux peut être plus ou moins
    complexe en fonction de l’origine de l’eau (souterraine
    ou de surface). Une eau de surface suivra toujours un
    traitement complet physique et chimique, alors qu’une
    eau souterraine ne pourra subir qu’un traitement
    chimique de désinfection, dès lors qu’elle ne connaît
    pas de contamination par le fer, le manganèse, l’arsenic,
    les nitrates et les produits phytosanitaires. Le type de
    traitement est déterminé en fonction de la qualité de l’eau
    brute.

    La filière classique de traitement, quelle que soit
    l’origine de l’eau, est constituée d’une désinfection (étape
    obligatoire) précédée au plus par trois types de traitement :
    étapes de pré-traitement, étapes de clarification et étapes
    d’affinage.

    L’eau prélevée dans la ressource qui arrive en usine
    de traitement, est débarrassée des déchets flottants
    (dégrillage et tamisage), puis est décantée et filtrée
    (clarification) pour retenir les matières en suspension
    et éliminer les matières organiques naturelles. Une
    désinfection finale au chlore seul (ou dérivés) ou à l’ozone
    puis au chlore, élimine virus et bactéries. Selon la qualité de
    l’eau brute utilisée, des traitements plus poussés seront
    nécessaires, comme par exemple la filtration sur charbon
    actif, intervenant entre l’ozonation et la chloration.

    En Poitou-Charentes, certaines installations comme
    celles de Niort, de Thouars et de Surgères, et celles en
    Vienne, effectuent un traitement visant à éliminer ou
    réduire la présence de nitrates ou de pesticides. Les
    procédés existant pour éliminer les nitrates font appel
    à des réactions de dénitratation (traitement chimique)
    ou de dénitrification (traitement biologique), tandis que
    ceux visant à réduire les concentrations en pesticides ont
    recours au charbon actif.

    Toutes les eaux distribuées en Poitou-Charentes
    sont traitées. Elles subissent soit :

  •  une simple désinfection, pouvant être complétée d’une déferrisation
  •  une filtration classique ou sur charbon actif,
  •  un traitement complet comprenant notamment
    une filtration sur charbon actif et une ultra
    filtration membranaire

    Les populations des plus grandes villes et du littoral sont
    alimentées par de l’eau superficielle ou mixte recevant
    ainsi de l’eau qui a subi, en tout ou partie, un traitement
    complet. La majorité des zones rurales sont alimentées
    par de l’eau souterraine qui peut être traitée au charbon
    actif (pour éliminer les pesticides), filtrée ou déferrisée,
    mais qui sont toutes désinfectées au chlore.

    Environ 17 % de la population de Charente est alimentée
    par de l’eau qui ne subit qu’une simple désinfection, 15 %
    en Charente-Maritime, 40 % dans la Vienne et environ 4 %
    dans les Deux-Sèvres. (Agence Régionale de Santé Poitou-
    Charentes, 2014)

    Les mesures visant à garantir la salubrité de l’eau
    distribuée sont codifiées dans le Code de la Santé Publique. Il existe trois niveaux d’exigence de qualité (normes
    de qualité) :

  •  les valeurs guides, que l’on ne doit pas dépasser, et précisées par l’O.M.S.
  •  les limites de qualité de l’eau au robinet,
  •  les références de qualité, qui sont liées au
    fonctionnement de la station de traitement de
    l’eau.

    Une valeur guide est une estimation de la
    concentration d’une substance dans l’eau de boisson qui
    ne présente aucun risque pour la santé d’une personne
    qui consommerait cette eau toute sa vie. (Ministère de la
    Santé et des Solidarités, 2005)

    Les valeurs guides sont calculées pour chaque substance.
    Leur majorité comporte une large marge de sécurité qui
    est jugée suffisante pour tenir compte des interactions
    potentielles avec les autres substances présentes dans
    l’eau.

    La valeur guide est calculée pour le groupe de population
    le plus sensible, et est ainsi fonction de la Dose Journalière
    Tolérable (D.J.T.), du poids corporel, de la D.J.T. attribuée à
    l’eau et de la consommation journalière.

    La D.J.T. est une notion importante : il s’agit de la quantité
    de substance présente dans les aliments ou l’eau de
    boisson, exprimée en fonction du poids corporel, qui peut
    être ingérée quotidiennement toute une vie (70 ans) sans
    risque appréciable pour la santé.

    L’arrêté du 11 janvier 2007 reprécise les limites
    et références de qualité des eaux brutes et des eaux
    destinées à la consommation humaine mentionnées dans
    le Code de la santé publique.

    Des exigences de qualité y sont ainsi définies pour 54
    paramètres dont voici quelques exemples :

    Des exigences de qualité de l’eau
    ParamètresLimites de qualitéUnité
    Paramètres microbiologiques
    Bactéries coliformes 0 / 100 ml
    Paramètres chimiques et organoleptiques
    Aluminium total * 200 μg/l
    Ammonium (NH4+) ** 0,10 mg/l
    Chlore libre et total Absence d’odeur ou de saveur désagréable et pas de changement anormal
    Chrlorures 250 mg/l
    Couleur, odeur, saveur Acceptable par le consommateur et aucun changement anormal
    Cuivre 1,0 mg/l
    Fer total 200 μg/l
    pH < 6,5 et ≤ 9 Unités pH
    Sodium 200 mg/l
    Sulfates 250 mg/l
    Température 25 °C
    Equilibre calcocarbonique Les eaux doivent être à l’équilibre ou légèrement incrustantes (eaux plutôt
    entartrantes qu’agressives)
    Paramètres indicateurs de radioactivité
    Dose totale indicative (DTI) *** 0,10 mSv/an
    Tritium 100 Bq/l

    * À l’exception des eaux ayant subi un traitement thermique pour la production d’eau chaude pour lesquelles la valeur de 500 μg/l (Al) ne doit pas être dépassée.
    ** S’il est démontré que l’ammonium a une origine naturelle, la valeur à respecter est de 0,50 mg/l pour les eaux souterraines.
    *** La DTI permet d’estimer la part de l’exposition des populations aux rayonnements ionisants.

    Les limites de qualité portent sur des paramètres
    qui peuvent porter atteinte à la santé, par des effets
    immédiats ou à plus ou moins long terme. Les références de
    qualité concernent les substances sans incidence directe
    sur la santé, aux teneurs habituellement observées dans
    l’eau, mais qui peuvent mettre en évidence une présence
    importante d’un autre paramètre. Elles peuvent concerner
    également les paramètres organoleptiques (goût, odeur,
    couleur).

    Voici quelques exemples de limites de qualité à ne
    pas dépasser sur les eaux distribuées :

    Exemples de limites de qualité à ne pas dépasser sur les eaux distribuées
    Paramètres Limites de qualité Unité
    Paramètres microbiologiques
    Escherichia Coli (E. Coli) 0 / 100 ml
    Entérocoques 0 / 100 ml
    Paramètres chimiques et organoleptiques
    Chrome 50,0 μg/l
    Cuivre 2,0 mg/l
    Fluorures 1,50 mg/l
    Mercure 1,00 μg/l
    Nickel 20,0 μg/l
    Nitrates* 50,0 mg/ l
    Nitrites* 0,50 mg/l
    Pesticides (par substance)** 0,10 μg/l
    Pesticides (total) 0,50 μg/l
    Plomb 10 (25 jusqu’au 25 décembre 2013) μg/l

    * la somme de la concentration en nitrates divisée par 50, et de celle des nitrites divisée par 3, doit rester inférieure à 1.
    ** à l’exception de 4 substances pour lesquelles la limite est de 0,03 μg/l.

    2.4. La gestion et la distribution de l’eau potable

    La distribution proprement dite comporte le stockage
    après pompage et traitement éventuel, et l’acheminement
    de l’eau potable par le réseau public, soit par gravitation
    (châteaux d’eau), soit par mise en pression artificielle
    du réseau (station de surpression), jusqu’au compteur.
    Le réseau privé achemine l’eau du compteur au robinet
    du consommateur : c’est le réseau du particulier, de
    l’immeuble. De la structure et l’entretien du réseau de
    distribution va dépendre son rendement.

    Les eaux destinées à la consommation humaine
    doivent faire l’objet d’une surveillance régulière. Un
    double contrôle est effectué : par le service d’eau
    (auto-surveillance) et par l’A.R.S. (contrôle sanitaire
    réglementaire).

    Enfin, l’information sur la qualité de l’eau au robinet doit être
    disponible et permanente, et doit être assurée en cas de crise.

    2.4.1. La structure du réseau d’eau potable

    En France, le réseau de distribution de l’eau potable
    comprend des conduites, auxquelles il faut ajouter des
    milliers de vannes, de ventouses, de systèmes de purge
    et de régulateurs de pression pour assurer la bonne
    circulation de cette eau courante. La majeure partie des
    canalisations d’eau potable a été posée après-guerre.

    Les vagues de mise en place des réseaux d’adduction
    dans les années 30, 50 et 60 n’ont pas bénéficié de
    plans de tracé. En conséquence, la longueur du réseau
    en France est incertaine : elle était évaluée à environ
    800 000 kilomètres en 1998 (Institut Français de
    l’ENvironnement, 2001) et à 920 000 kilomètres en
    2010. (Les services publics d’eau et d’assainissement,
    2012)

    La matière qui compose les canalisations varie
    suivant la pression, la nature du sol, le type d’obstacle à
    franchir ... Elle est toutefois soumise à une réglementation
    (décrets 89-3 et 2001-1220). En effet, certains éléments
    tels le plomb peuvent, lors de dégradation du réseau,
    augmenter leur teneur dans l’eau du robinet, entraînant
    des désagréments pour la santé des populations.

    Souvent constituées en béton armé ou en fonte (pour
    les principales), ou en plastique (pour les conduites de
    petit diamètre), elles sont enterrées à une profondeur
    suffisante pour être protégées du gel. Cependant,
    ces conduites restent exposées à des dangers divers,
    provoquant des détériorations pouvant aller de la fissure
    à la rupture.

    Les incidents pouvant intervenir sur des canalisations
    sont par exemple :

  •  une fracture due à un tassement différentiel du terrain,
  •  une fuite provoquée par la déformation d’un joint
    par les racines d’un arbre. Le développement du
    « chevelu des racines » à l’intérieur d’une conduite
    risque en plus de l’obstruer.

    La conception et les dimensions du réseau dépendent
    de la topographie du lieu où se situe la communauté à
    desservir, et de l’importance de celle-ci. La structure des
    réseaux a été rendue extrêmement complexe en raison
    de l’extension des villes modernes, ce qui est défavorable
    à une gestion facile et optimale de la qualité et de la
    protection des ouvrages. Il n’existe pas de réseau type et
    chacun possède ses caractéristiques propres. En France, la
    longueur de conduite est en moyenne proche de 40 mètres
    par abonné. Ce ratio varie fortement selon la population de
    la commune et la dispersion des logements. L’écart entre
    organisation communale ou intercommunale, sur le critère
    longueur de conduite par abonné, est particulièrement
    élevé jusqu’à 3 500 habitants, puis il disparaît après
    10 000 habitants (la longueur de conduite d’eau par
    abonné est un facteur pesant sur le prix de l’eau potable).
    (Institut Français de l’ENvironnement, 2001).

    Le réseau d’adduction peut être autonome ou
    interconnecté à d’autres réseaux. Les interconnexions
    entre réseaux permettent de mélanger des eaux de
    provenances différentes, et ainsi de livrer à l’usager une
    eau de qualité satisfaisante. Elles permettent également
    d’assurer une alimentation de secours en cas d’incident
    sur le réseau principal.

    En Poitou-Charentes, le taux de raccordement
    est estimé être assez élevé, entre 95 et 98%. Il est
    cependant en légère régression dans des zones rurales,
    où l’évolution du coût de l’eau a vu l’utilisation de puits
    privés se substituer à l’adduction d’eau.

    Les réseaux de distribution sont modélisés en unités
    de distribution (UDI) pour faciliter le contrôle qualité.
    Une unité de distribution correspond à un réseau géré et
    exploité par une même structure et délivrant une eau de
    même qualité. Il s’agit de l’unité de compte de base.

    La modélisation des UDI est révisée chaque année pour
    tenir compte des modifications intervenues dans les
    dessertes en eau et la mise en service ou l’abandon
    de ressources. En 2012, 411 UDI sont recensées en
    région dont 97 en Charente, 138 en Charente-Maritime,
    100 en Vienne et 68 en Deux-Sèvres. (Agence Régionale
    de Santé Poitou-Charentes, 2014)

    2.4.2. La gestion du réseau d’eau potable

    Pour prévenir tout désagrément et assurer en
    continu la distribution d’une eau de qualité potable, il est
    indispensable de surveiller l’état du réseau. Cette gestion
    du réseau implique de se préoccuper :

  •  du bon entretien des ouvrages, garant de la protection de l’eau vis-à-vis des agressions externes, et de l’absence de fuites,
  •  de l’optimisation hydraulique permettant d’éviter toute stagnation et bouleversements de l’équilibre des flux hydrauliques tout en adaptant le développement des réseaux à l’extension urbaine,
  •  de la gestion optimale des quantités en tout site, selon les demandes, et avec une réserve de sécurité,
  •  de la production d’une eau dont les caractéristiques assureront sa stabilité et l’absence d’agression des ouvrages jusqu’aux points d’usages,
  •  de la mise en oeuvre de bonnes pratiques de chantiers (implique des procédures de nettoyage et de désinfection) ainsi que de bonnes pratiques d’échantillonnage et d’un suivi analytique précis et rigoureux,
  •  entretien, travaux, renouvellement,
  •  du suivi de la qualité, du point de traitement aux
    différents points de distribution.

    Cependant en France, les réseaux de distribution,
    mis en place pour la plupart après-guerre, souffrent de
    vétusté, cause d’importantes pertes. Sur les 6 milliards
    de mètres cubes puisés dans la ressource en France, seuls
    4,5 milliards parviennent au robinet du consommateur et
    sont facturés, soit 25% de pertes en moyenne. (Institut
    Français de l’ENvironnement, 2001)

    L’état du réseau peut être déduit à partir de mesures
    relevées par différents capteurs : débitmètres enregistrant
    les volumes d’eau qui transitent, manomètres enregistrant
    la pression ... Ces informations combinées permettent de
    diagnostiquer la présence d’une fuite. L’évaluation du débit
    se fait de nuit, sur un réseau qui ne consomme que le « débit
    minimum nocturne », c’est-à-dire uniquement des fuites.
    Cette recherche est réalisée par des méthodes acoustiques :
    des capteurs mesurent le bruit produit par les fuites.

    L’intérêt est de mettre en place un dispositif
    permanent d’où la télésurveillance et les modèles qui
    renvoient les informations collectées sur une durée de
    plusieurs années.

    2.4.3. Le rendement du réseau d’eau potable

    Le rendement (primaire) du réseau correspond au
    rapport entre deux volumes : le volume livré (comptabilisé
    au niveau des compteurs des particuliers) sur le volume
    mis en distribution. Il est de 76% en moyenne en France
    (métropole). Il varie fortement en fonction de la longueur
    du réseau : le rendement moyen dans les services ruraux
    est plus faible (75%) que celui constaté dans les services
    urbains (79%). (Office National de l’Eau et des Milieux
    Aquatiques, 2012)

    L’estimation de ce rendement permet d’apprécier la
    qualité du réseau, son bon fonctionnement, et l’efficacité
    de la distribution.

    Le volume des pertes d’eau dans les réseaux publics
    de distribution d’eau potable est estimé, en moyenne à
    25% ces pertes pouvant atteindre 40% par endroit. On
    considère qu’un réseau bien entretenu peut atteindre un
    taux de fuite proche des 15%. (Ministère de l’Écologie,
    2013b)

    Souvent, une sous-estimation des pertes est admise,
    mais cet écart provient aussi des quantités consommées
    sans comptage et non facturées, comme celles utilisées
    pour la lutte contre les incendies, les eaux de lavage du
    domaine public …

    Les causes des fuites de ces réseaux sont variables :
    corrosion des tuyaux, usure des joints entre les canalisations,
    tassements et vibrations subis par les terrains …

    En moyenne, la gestion privée obtient de meilleurs
    rendements que la gestion publique, ce qui s’explique en
    partie par une plus forte présence de la gestion privée
    dans les grandes villes. L’intercommunalité améliore
    généralement le rendement pour les communes de 400 à
    10 000 habitants.

    Cependant, si un réseau rural alimentant peu
    d’abonnés peut se satisfaire d’un rendement de 55%,
    un indice de 80% pour un réseau urbain desservant une
    population dense peut être considéré comme mauvais.

    C’est pourquoi l’indice linéaire de perte est un
    indicateur plus pertinent : il traduit le volume des pertes
    en fonction de la longueur de la canalisation, c’est à dire
    l’écart constaté entre le volume distribué et le volume
    facturé rapporté à la longueur du réseau. En ville, un
    indice de 300 à 500 l/h/km est considéré comme correct.

    En zone pavillonnaire, il doit être de 100 à 300 l/h/km, et
    en zone rurale de 50 à 100 l/h/km (en effet, les distances
    à parcourir sont plus grandes).

    La gravité des fuites ne dépend pas seulement du
    débit, mais aussi de leur durée. Une fuite d’une journée
    peut être moins gênante qu’une perte régulière.

    Le décret du 27 janvier 2012 indique le contenu d’un
    descriptif détaillé des réseaux des services publics de
    l’eau et de l’assainissement et d’un plan d’actions pour la
    réduction des pertes d’eau du réseau de distribution d’eau
    potable. Ce descriptif devait être établi en vertu de la loi,
    avant le 31 décembre 2013. Le plan d’actions doit inclure
    un suivi annuel du rendement des réseaux de distribution.

    2.4.4. La sécurité d’approvisionnement de l’eau potable

    La sécurité de l’approvisionnement en eau de la
    population porte sur les aspects de quantité comme de
    qualité.
    L’interconnexion est une l’une de ces options des options
    de secours pour faire face aux problèmes potentiels
    d’adduction d’eau. En effet, un réseau isolé est tout à fait
    dépourvu en cas de difficulté.

    La protection des captages vis-à-vis des pollutions
    accidentelles, la capacité des réservoirs, l’exploitation de
    différentes ressources, l’existence de plusieurs captages
    concourent aussi à sécuriser l’approvisionnement en eau.
    En termes de qualité à préserver, les systèmes
    de distribution sont à surveiller soigneusement : ils
    vieillissent rapidement, et peuvent générer des nuisances
    telles que la prolifération des micro-organismes dans le
    réseau, ou l’altération du produit « eau potable ».

    En effet, la dégradation de la qualité de l’eau au cours de
    son transport dans les canalisations est fonction :

  •  du temps de séjour de l’eau dans les canalisations. Il est très variable selon les réseaux, de quelques heures à des dizaines de jours. Ce temps de séjour se répartit du passage de l’eau des canalisations aux réservoirs il faudrait de plus y rajouter le temps passé dans les conduites d’immeubles avant l’arrivée au robinet.
  •  des baisses de pression (pouvant provoquer un reflux d’eau contaminée). Pour répondre à ce problème de « retour d’eau », des clapets sont mis en place.
  •  de la mise en contact de l’eau avec les matériaux
    du réseau et l’air ambiant dans les réservoirs.

    L’eau circulant dans les réseaux de distribution
    doit être exempte d’organismes pathogènes. Cependant,
    même en l’absence d’organismes pathogènes, la
    reviviscence bactérienne dans le réseau pose problème.
    En effet, elle constitue une ressource alimentaire pour des
    organismes supérieurs qui peuvent alors proliférer dans
    les canalisations. Ces organismes sont très résistants aux
    agents de désinfection et leurs éradications locales sont
    complexes, longues et coûteuses.

    La qualité de l’eau peut également être détériorée
    par la corrosion des installations de traitement et de
    distribution, augmentant la concentration de certains
    éléments tels le cadmium, le plomb, le cuivre, le fer, le zinc,
    la plus problématique étant la dissolution du plomb des
    canalisations. La solubilité du plomb peut être abaissée
    en agissant sur les caractéristiques de l’eau. En corrigeant
    le pH et l’alcalinité de l’eau, le traitement vise à éviter la
    corrosion par une eau “agressive”, c’est-à-dire trop douce
    et insuffisamment calcaire.

    2.4.5. Les acteurs de la gestion de l’eau potable

    La commune, depuis la Révolution Française,
    a la responsabilité d’assurer la salubrité publique à
    ses habitants. Dans ce cadre, elle est responsable de
    l’alimentation en eau potable. Elle peut choisir de se
    regrouper ou non, et de gérer ce service en régie, ou le
    déléguer. Ces différents modes de gestion existent en
    Poitou-Charentes. Ils présentent chacun leurs avantages
    et inconvénients.

    En région, 88% des communes se sont regroupées en
    structures intercommunales afin d’optimiser la gestion
    des ressources en eau, des outils de production et des
    compétences techniques. Particulièrement active en
    France, l’intercommunalité se présente sous diverses
    formes : les Syndicats Intercommunaux à Vocation Unique
    (SIVU) pour plus de 60% des communes en regroupement,
    puis viennent les Syndicats Intercommunaux à Vocation
    Multiple (SIVOM), les Districts, les Communautés de
    communes, les Communautés d’Agglomération … Ces
    diverses formes sont regroupées sous l’appellation plus
    générale d’E.P.C.I. (Etablissements Publics de Coopération
    Intercommunale). (Agence Régionale de Santé Poitou-
    Charentes, 2014)

    Cependant, les territoires de compétence des
    regroupements de communes correspondent rarement à
    une logique hydrologique, ce qui entraîne des problèmes
    de cohérence lorsqu’il s’agit d’initier des démarches de
    gestion de la ressource en eau à l’échelle des bassins
    versants.

    Avec la réforme des collectivités territoriales engagée
    en 2008 et présentée dans la loi n°2010-1563 du 16 décembre 2010, une refonte de l’intercommunalité avec
    une possible réorganisation des services publics de l’eau
    et de l’assainissement est envisagée dans un futur proche.
    Cette loi renforce le rôle des Commissions Départementales
    de coopération intercommunale (CDCI) qui deviennent
    force de proposition sur la carte intercommunale de leur
    département, en arrêtant des périmètres « pertinents » et
    pouvant même remettre en cause l’organisation actuelle
    des syndicats intercommunaux.

    Dans le département de la Vienne, le syndicat des eaux en place, le SIVEER, prépare depuis 2011 la réforme territoriale pour permettre aux autres syndicats d’eau et
    d’assainissement de la Vienne de le rejoindre en vue de
    constituer un syndicat départemental. Face aux enjeux
    de la réforme des collectivités, il souhaite repenser son
    organisation de manière à renforcer le rôle des élus
    dans les territoires tout en optimisant les moyens par
    voie de mutualisation (gouvernance territorialisée) et
    mène également une réflexion autour de l’avenir de sa
    gouvernance. Des syndicats départementaux de l’eau
    s’organisent également dans les autres départements de
    la région.

    À l’heure actuelle, la population picto-charentaise
    est entièrement alimentée par un réseau public de
    distribution pour l’eau potable. En région, deux modes de
    gestion peuvent être différenciés :

  •  la délégation de services publics pour laquelle la distribution est assurée par des entreprises spécialisées choisies par les collectivités. Ce mode de gestion s’applique notamment en Deux- Sèvres et en Charente.
  •  l’exploitation en régie qui s’applique en Charente-
    Maritime et en Vienne.

    2.5. La qualité des eaux distribuées

    La qualité de l’eau potable est encadrée par la
    Directive 98/83 du 3 novembre 1998 et le décret 2001- 1220, qui fixe les limites et références de qualité pour l’eau
    potable. Le contrôle de la qualité de l’eau potable, effectué
    sur l’ensemble du système de distribution, s’accompagne
    de prélèvements d’échantillons d’eau, analysés par des
    laboratoires agréés par le Ministère de la Santé, les
    distributeurs d’eau effectuant aussi leur propre autosurveillance.
    Les échantillons sont prélevés à la fois sur la
    ressource en eau brute, l’eau en cours de traitement et l’eau
    distribuée.

    Les informations suivantes sont extraites de la plaquette
    « La qualité des eaux destinées à la consommation humaine,
    en Poitou-Charentes, en 2012 », produite en 2013 par l’Agence
    Régionale de Santé Poitou-Charentes.

    2.5.1. La qualité bactériologique

    La contamination bactériologique des eaux
    distribuées peut être liée à différents facteurs tels que
    l’absence ou la défaillance des systèmes de traitement
    avant distribution, ou bien la recontamination de l’eau
    dans les conduites ou les réservoirs.

    La qualité bactériologique des eaux distribuées
    est estimée à partir du ratio R. Il correspond au nombre
    d’analyses bactériologiques non-conformes par rapport
    au nombre d’analyses bactériologiques effectuées.
    Quand R est inférieur ou égal à 10, la qualité de l’eau est
    satisfaisante, sinon, l’eau présente des contaminations
    bactériologiques.

    La qualité bactériologique s’est améliorée de façon
    importante en Poitou-Charentes depuis 1986. En 2012,
    toutes les eaux distribuées dans la région bénéficient
    d’un traitement de désinfection avant distribution : près
    de 94 % de la population dispose d’une eau de bonne
    qualité bactériologique. La contamination bactériologique
    des eaux a touché 0,1% de la population soit près de
    2470 habitants.
    Les épisodes de non-conformités sont généralement
    liés à un défaut de surveillance. La situation s’améliore
    globalement chaque année.

    Evolution 1986 - 2012 de la qualité bactériologique de la qualité de l’eau distribuée (% de population desservie)
    Année Qualité de l’eau satisfaisante Contamination bactériologique
    R = 0 0 < R <= 10 10 < R <= 30 R > 30
    1986 52,20% 31,80% 14,60% 1,40%
    1998 65,00% 32,20% 2,70% 0,10%
    2000 72,00% 25,50% 2,50% 0%
    2001 76,10% 21,20% 2,70% 0%
    2003 89,30% 9,70% 1,00% 0%
    2005 87,80% 12,00% 0,20* % >
    2007 91,80% 8,10% 0,10* % >
    2010 95,00% 4,80% 0,30* % >
    2012 93,80% 6,10% 0,10* % >

    * 10 < R<=33

    Source : DRASS-DDASS Poitou-Charentes - ARS Poitou-Charentes

    D’une année sur l’autre, il subsiste cependant de
    légères disparités régionales au niveau de la qualité
    bactériologique des eaux distribuées :

  •  depuis 2007, autour de 98% de la population charentaise reçoit une eau ne présentant pas de non-conformité
  •  en Charente-Maritime, 87,4 % de la population dispose d’une eau de bonne qualité bactériologique en 2012 (97,7 % en 2010), la situation s’est nettement améliorée depuis 2001
  •  en Deux-Sèvres, 95,3 % de la population a été desservie par une eau de bonne qualité bactériologique en 2012 contre seulement 81,8 % en 2007
  •  en Vienne, la population disposant d’une eau
    de bonne qualité bactériologique est passée de
    77% en 2005 à 98,2 % en 2012.

    2.5.2. Les pesticides

    Les pesticides peuvent engendrer certains risques
    sanitaires pour les personnes qui y sont exposées parmi
    lesquels des intoxications aiguës des utilisateurs. À long
    terme, les risques sont plus difficilement appréciables.

    Certaines études récentes ont indiqué l’existence de liens
    avec des effets retardés sur la santé principalement dans
    le champ des cancers, des effets neurologiques et des
    troubles de la reproduction.

    La présence de pesticides dans les eaux d’alimentation
    n’est pas négligeable bien que les apports en pesticides
    liés à l’eau ne représentent qu’une faible part des apports
    totaux par ingestion. (Agence Régionale de Santé Poitou-
    Charentes, 2014)

    Pour évaluer le risque sanitaire, trois cas sont
    distingués pour la gestion des non-conformités :

  •  Situation A : aucun dépassement des exigences réglementaires pour les pesticides n’est constaté,
  •  Situation B1 : la présence de pesticides (teneur comprise entre 0,1 μg/l et 20% des valeurs maximales - V max - retenues par des organismes officiels nationaux et internationaux comme l’OMS) n’impose pas de restriction d’utilisation.
  •  Situation B2 : la présence fréquente de pesticides
    ou en quantité importante (teneur supérieure
    aux valeurs maximales sanitaires ou à 20%
    de ces valeurs pendant plus de trente jours
    consécutifs) implique que l’eau ne doit pas être
    utilisée pour la boisson et pour la préparation des
    aliments.

    Depuis 2011, les modalités de gestion des non conformités
    sont modifiées et découlent désormais d’une
    instruction ministérielle en date du 9 décembre 2010.

    En 2012, 1,5 % de la population était concernée par la
    présence de pesticides dans l’eau. Ce pourcentage était de
    24 % en 2001, de 12 % en 2005, de 11,5 % en 2007, de
    9 % en 2008, de 5 % en 2009 et de 1,8 % en 2010. Cette
    amélioration est liée à la mise en service de traitement, de
    mélanges d’eau ou de nouveaux captages de bonne qualité.
    Les dépassements apparus en 2012 sont
    principalement liés à des défauts dans la maintenance des
    installations de traitement par charbon actif.

    En Charente, les dépassements de limites observés
    concernent des sous-produits des triazines, famille de
    produits interdits depuis plusieurs années en Vienne,
    ils ont concerné la déséthylatrazine, l’acétochlore et le
    métolachlore, le métaldéhyde et le triclopyr.

    Teneurs maximales annuelles en pesticides dans l’eau distribuée en Poitou-Charentes - Comparaison entre 2007, 2010 et 2012
    Teneurs maximales annuelles en pesticides dans l’eau distribuée en Poitou-Charentes - Comparaison entre 2007, 2010 et 2012

    2.5.3. Les nitrates

    Les nitrates sont susceptibles de se transformer en
    nitrites qui tendent à réduire les capacités d’oxygénation
    des tissus et ainsi provoquer un mauvais transfert de
    l’oxygène vers les cellules. Des troubles plus ou moins
    graves peuvent alors apparaître ceux-ci touchent plus
    particulièrement les nourrissons et les femmes enceintes.
    Des études ont été menées pour évaluer les effets
    cancérigènes des nitrates mais n’ont pas permis de tirer
    de conclusions définitives. Par précaution, le maintien
    aussi faible que possible du niveau d’exposition est
    recommandé. Aucun cas n’a été recensé en France.

    La situation de la qualité de l’eau distribuée vis-à-vis
    des nitrates est jugée préoccupante en Poitou-Charentes.
    En effet, même si une stabilisation est observée sur les
    eaux distribuées, les concentrations en nitrates dans les
    eaux brutes sont excessives par rapport aux normes et
    à la moyenne française. Si la situation avait tendance à
    se dégrader de façon continue des années 70 à 2000,
    elle semble se stabiliser, compte tendu de l’abandon des
    captages les plus polluées.

    La réglementation française limite à 50 mg/l la teneur
    maximale en nitrates de l’eau destinée à la consommation
    humaine. Cette norme est fonction des risques courus par
    la population la plus vulnérable, les nourrissons et les
    femmes enceintes et respecte le principe de « précaution
    maximum ».

    D’un point de vue normatif, une eau dont la teneur en nitrates
    dépasse 50 mg/l n’est pas considérée comme potable.
    D’un point de vue sanitaire, la consommation d’une eau
    présentant une concentration de nitrates supérieure
    à la norme de 50 mg/l mais inférieure à 100 mg/l est
    considérée comme temporairement acceptable, sauf pour
    les nourrissons et les femmes enceintes ou allaitantes.
    Au-delà de 100 mg/l, l’eau ne doit pas être bue ni utilisée
    dans la préparation des aliments.

    Il faut bien différencier la teneur maximale de 50
    mg/l de la teneur moyenne annuelle qui correspond à la
    moyenne annuelle des concentrations en nitrates d’un
    secteur.
    Depuis 2007, la situation s’est améliorée,
    puisqu’aucun habitant n’a reçu une eau dont la teneur
    en nitrates dépassait 50 mg/l en moyenne annuelle.

    La population ayant reçu une eau dont la concentration
    maximale peut dépasser 50 mg/l, semblait en baisse en
    2010 avec 0,6% de la population soit 11 158 habitants,
    mais cette proportion est passée à 2,1 % de la population,
    soit 36 909 habitants en 2012.

    Même si la situation s’est améliorée depuis 2001,
    les valeurs maximales observées imposent une vigilance
    constante dans le suivi des ressources et dans la gestion
    des dispositifs de correction adoptés pour respecter les
    exigences de qualité.

    Pour les teneurs moyennes distribuées, près de 141 600
    habitants ont été desservis la plupart de l’année, voire en
    permanence, par une eau dépassant les 40 mg/l ce nombre a
    été divisé par deux en 2010 (58 135 habitants). En 2012, ce
    chiffre baisse et s’élève à 49 064 habitants.

    Evolution 1986-2012 de la teneur moyenne annuelle en nitrates dans l’eau distribuée (en % de la population picto-charentaise distribuée)
    Evolution 1986-2012 de la teneur moyenne annuelle en nitrates dans l’eau distribuée (en % de la population picto-charentaise distribuée)

    2.5.4. La turbidité

    La turbidité est un des paramètres indicateurs de
    la contamination microbiologique de la ressource et peut
    témoigner de dysfonctionnement dans les installations de
    traitement et de distribution. Le risque principal pour la
    santé est lié à la présence de micro-organismes (bactéries,
    virus …) qui se fixent sur les matières en suspension et
    sont alors protégés de l’action du désinfectant.
    Elle s’exprime en NFU qui traduit le trouble de l’eau dû aux
    matières en suspension. La référence de qualité pour l’eau
    du robinet ne doit pas dépasser 2 NFU.

    En Poitou-Charentes, il arrive que des dépassements
    se produisent (surtout au niveau du captage des eaux
    brutes) suite à de fortes pluies entraînant de nombreuses
    particules.
    En 2010, 0,5 % de la population de la région (soit 9184
    habitants) a été desservie par une eau plus turbide que
    l’exige les normes règlementaires.
    En 2012, seuls 30 habitants de Charente-Maritime ont été
    desservis par une eau dont la turbidité est supérieure à
    2 NFU.

    D’une manière générale, la situation s’est améliorée depuis
    2001 grâce à la mise en place de traitements sur de
    grosses unités de distribution.

    Part de la population desservie par une turbidité > 2 NFU
    Part de la population desservie par une turbidité > 2 NFU

    À titre d’exemple, dans la Vienne, citons le cas des réseaux
    de Mauprévoir, Pressac et de quelques hameaux de Saint-
    Martin-l’Ars (Les Cours, Destilles, La Petite et La Grande
    Tangue, Les Fays) qui voient la turbidité de leur eau
    augmenter, de façon récurrente, lors d’épisodes pluvieux
    importants. Ce fut notamment le cas en 2013 (mi-avril et
    fin juin) où un dépassement de la norme de 2 NFU a été
    observé. La construction d’une usine de traitement d’eau
    a débuté en 2013 et devrait s’achever en juin 2014 pour
    remédier à ces dépassements de norme de turbidité sur le
    secteur du syndicat d’eau de Destilles.

    Si l’eau du robinet est trouble, il est conseillé à la
    population de la faire bouillir au moins trois minutes ou de
    boire de l’eau en bouteilles. Des bouteilles sont par ailleurs
    distribuées aux abonnés dans l’attente d’un retour à une
    situation normale.

    2.5.5. Les autres paramètres

    La dureté de l’eau, les teneurs en fluor, plomb,
    radioactivité et aluminium sont également susceptibles
    d’avoir des effets néfastes sur la santé lorsqu’ils sont
    consommés dans des proportions trop importantes.

    La dureté de l’eau

    La dureté d’une eau correspond à la teneur en sels
    de calcium et de magnésium qu’elle contient. Elle est
    exprimée en degré français (°F). Pour qu’une eau soit
    conforme, la dureté doit être comprise entre 15 et 25°F.

    Les eaux douces sont susceptibles de provoquer des
    inconvénients sur la santé puisqu’elles permettent la
    solubilisation de certains éléments comme le plomb, le
    cuivre ou le fer par exemple. Les eaux dures engendrent
    quant à elles des inconvénients d’un point de vue matériel
    (entartrage des canalisations, des appareils …).

    En 2012, 7% de la population régionale était alimentée
    par de l’eau douce dont la dureté est inférieure à 15°F alors
    que 40% de la population recevait une eau dure (dureté est
    supérieure à 30°F).

    Le fluor

    Le fluor est présent de manière naturelle dans
    certaines nappes de la région. En lien avec la santé, le
    fluor se fixe sur les dents et les os : lorsqu’il est absorbé
    en excès, il peut entraîner des fluoroses dentaires et
    osseuses. La limite de qualité est fixée à 1,5 mg/l.

    Pour la dernière année d’observation, 2012, 94 % des
    habitants ont reçu une eau contenant moins de 0,6 mg/l
    de fluor et aucun dépassement de limite de qualité n’a été
    observé.

    Le plomb

    La limite de qualité du plomb dans l’eau potable est
    de 25 μg/l et sera de 10 μg/l à partir de 2014. Sa présence
    épisodique a été relevée sur certains réseaux publics à de
    faibles teneurs.

    Par effet cumulatif, le plomb peut engendrer des problèmes
    de santé sur le système nerveux central et périphérique,
    pulmonaire …

    Des messages d’information sont dispensés aux populations
    concernées par des réseaux privés en plomb afin qu’elles
    soutirent quelques litres d’eau préalablement au remplissage
    du pichet qui contiendra l’eau de boisson.

    En 2010 un recensement des branchements en plomb
    a été demandé aux exploitants. Lorsque la concentration
    en plomb était supérieure à 25 μg/l, le branchement a
    été remplacé (Agence Régionale de Santé Poitou- Charentes, 2012).

    Fin 2010, le recensement des branchements en
    plomb indiquait qu’il restait 6% à renouveler sur la totalité
    de la région, puis fin 2012, près de 4 % de branchements
    en plomb restent à remplacer.

    En 2010 et 2012, la présence du plomb a été relevée
    de manière ponctuelle sur certains réseaux à de faibles
    teneurs.

    La radioactivité

    La qualité radiologique des eaux destinées à la
    consommation humaine est également estimée par la
    détermination de 4 indicateurs :

  •  l’activité alpha globale
  •  l’activité bêta globale résiduelle
  •  l’activité en tritium
  •  la dose totale indicative (DTI) qui permet
    d’estimer la part de l’exposition des populations
    aux rayonnements ionisants (la référence de
    qualité pour l’eau de boisson est de 0,1 mSv/an)
    Ces indicateurs permettent de connaître le « profil
    radiologique » des eaux distribuées, compte tenu de la
    présence d’éléments radioactifs naturels caractéristiques
    des terrains géologiques dans lesquels l’eau prélevée a
    séjourné.

    En 2012, moins de 1 % de la population est concernée
    par des dépassements de la référence de qualité liée à la
    DTI.

    En 2010, en région, 3 UDI de Charente-Maritime ont été
    concernées par des dépassements de la référence de
    qualité portant sur la DTI. Des analyses ont montré que
    ces dépassements sont liés à des éléments naturels
    présents dans le sol.

    En Vienne, mis à part des radioéléments naturels
    présents à une très faible concentration dans les
    eaux de la Vienne, les eaux prélevées sur 2 communes
    (Châtellerault et Vaux sur Vienne) sont influencées par
    les rejets de la centrale de Civaux. Cependant, les rejets
    de la centrale sont soumis à une réglementation stricte
    et la surveillance de la radioactivité mesurée en sortie
    de l’usine de traitement à Châtellerault, a indiqué en
    2010 une concentration moyenne en tritium d’environ 40
    Becquerels par litre soit une DTI inférieure à 1μSv/an soit
    100 fois moins que la valeur de référence pour les eaux
    potables. Il en va de même en 2012.

    L’aluminium

    En moyenne, l’organisme d’un sujet sain contient de
    30 à 50 mg d’aluminium (Agency for Toxic Substances and
    Disease Registry, 1999). Notre exposition à l’aluminium
    est à 95% d’origine alimentaire. L’eau ne représente
    que moins de 10 % de cet apport. Des études tendent
    à montrer une éventuelle augmentation du risque
    d’Alzheimer lors de la consommation d’une eau trop riche
    en aluminium. Dans leur rapport de novembre 2003, les
    autorités sanitaires n’ont cependant pas retenu de lien
    causal entre l’exposition à l’aluminium par voie digestive
    et la maladie d’Alzheimer. (Centre d’Information sur l’Eau,
    2013e)

    Pour le traitement de l’eau potable, des sels
    d’aluminium peuvent être utilisés. Pour cet élément, la
    réglementation n’impose pas de limite de qualité mais
    indique une référence de qualité de 200 μg/l.
    En région, 13 sites de production utilisant des
    sels d’aluminium sont recensés. Ils sont contrôlés de
    manière régulière par l’ARS pour vérifier les dépassements
    ponctuels pouvant être liés à des problèmes d’exploitation.

    Les teneurs moyennes en eau distribuée sont inférieures
    à 200 μg/l pour l’ensemble de la population picto-charentaise.
    1,2 % de la population peut ponctuellement
    recevoir entre 200 et 500 μg/l d’aluminium.

    À VOIR SUR LE SITE DE L’EAU EN POITOU-CHARENTES …
    RPDE, Réseau Partenarial des Données sur l’Eau : www.eau-poitou-charentes.org, rubriques :
    Connaître l’eau et ses usages en région > Sa qualité > À l’état naturel
    Connaître l’eau et ses usages en région > Sa qualité > Pour la baignade
    Connaître l’eau et ses usages en région > Sa qualité > Pour l’eau potable

     Pour aller plus loin
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