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> La qualité de l’eau en Poitou-Charentes

La qualité des eaux à l’état naturel

Thème Eau - Edition 2015
Nouveau !
Dernière mise à jour : 2015

1.1. La qualité des eaux superficielles

6> 1.1.1. La qualité physico-chimique de l’eau6
6> 1.1.2. La qualité biologique de l’eau6
6> 1.1.3. La qualité des milieux aquatiques6

1.2. La qualité des eaux souterraines

6> 1.2.1. Le réseau de suivi de la qualité des eaux souterraines6
6> 1.2.2. Les résultats obtenus6

1.3. La qualité des eaux littorales

6> 1.3.1. Les différents réseaux de suivi6
6> 1.3.2. Le suivi des conditions climatiques et hydrologiques6
6> 1.3.3. La qualité sanitaire au travers du contrôle microbiologique6
6> 1.3.4. La surveillance du phytoplancton et des phycotoxines6
6> 1.3.5. L’observation de la contamination chimique6
6> 1.3.6. La production conchylicole6
6> 1.3.7. Le réseau benthique6


1.1. La qualité des eaux superficielles

La qualité des cours d’eau est déterminée par des
paramètres ayant un rôle important pour la vie dans les
cours d’eau et la santé publique (les cours d’eau servent
d’exutoire naturel et de moyens de transports des rejets
des activités humaines), et retenus par le Ministère
de l’Environnement et les Agences de l’Eau. Il s’agit
principalement des matières en suspension (M.E.S.), des
microalgues en suspension, des matières organiques et
oxydables, de l’oxygène dissous, des matières azotées et
phosphorées, des nitrates, des produits phytosanitaires,
… de la température, de l’acidité (p.H.), des sels dissous,
des métaux lourds, de la bactériologie …

La qualité des cours d’eau est définie suivant 5
classes la classe de qualité obtenue par le paramètre le
plus défavorable est attribuée au cours d’eau :

Caractéristiques des classes de qualité des cours d’eau
Classe Représentation Qualité Caractéristiques
1A Bleu Excellente Tous les usages sont satisfaits. Les eaux sont facilement transformables en eau potable. Elles permettent la vie piscicole et la reproduction des poissons.
1B Vert Bonne
2 Jaune Moyenne Les usages récréatifs occasionnels sont possibles, mais la baignade est interdite.
La production d’eau potable est possible. La reproduction de certains poissons
peut être aléatoire
3 Orange Médiocre ou
passable
Les eaux sont utilisables pour les usages industriels peu exigeants. La production
d’eau potable est déconseillée. La survie des poissons est aléatoire.
4 Rouge Mauvaise Ces eaux, excessivement polluées, sont inaptes à la plupart des usages.

(Sources : Les Agences de l’Eau)

Pour déterminer le degré d’altération de chaque
polluant, la méthode du SEQ (Système d’Evaluation de la
Qualité) est utilisée. Elle est initialement fondée sur trois
volets :

  •  la qualité physico-chimique de l’eau (SEQ Eau). Le SEQ-Eau, le seul vraiment développé, remplace la grille de 1971 pour la caractérisation de l’état physico-chimique des cours d’eau. Sa seconde version, développée en 2003, simplifie et améliore l’efficacité de l’évaluation de la qualité des eaux. Elle tient compte de nouvelles formes de pollution dont notamment les pesticides et les micropolluants organiques, et fait également appel à de nouvelles techniques d’évaluation de la qualité de l’eau.
  •  l’artificialisation du lit mineur, des berges et du lit majeur (SEQ Physique). Le SEQ-Physique traite des paramètres influant sur la forme du cours d’eau et son fonctionnement hydrodynamique. Depuis une vingtaine d’années, de nombreuses méthodes ont été développées dans les bassins pour l’évaluation de la qualité physique des cours d’eau : Seq Physique, Rom, REH, Carhyce, Syrah …
  •  l’état des communautés vivantes (SEQ Bio) des
    cours d’eau. Le SEQ Bio tient compte des indices
    biologiques déjà existant dont notamment
    l’Indice Biologique Global Normalisé (I.B.G.N.).

    Il s’appuie sur de nombreux paramètres
    biologiques : bactéries, végétaux aquatiques,
    invertébrés aquatiques, poissons, flore …

    Ainsi, le SEQ-Eau permet une évaluation de la
    qualité de l’eau et de son aptitude à assurer certaines
    fonctionnalités tels que le maintien des équilibres
    biologiques, l’eau potable, les loisirs nautiques ou encore
    l’irrigation. Il répond aux besoins de la Directive Cadre sur
    l’Eau qui aborde la notion de « qualité écologique » des
    cours d’eau.

    Il se base sur les différents types d’altérations
    de l’eau qui sont caractérisées par un regroupement de
    paramètres de même nature ou de même effet sur le
    milieu :

  •  macropolluants : matières organiques et oxydables, matières azotées hors nitrate, nitrates, matières phosphorées, effets des proliférations végétales, particules en suspension, température, acidification
  •  micropolluants synthétiques : pesticides, micropolluants organiques tels que les hydrocarbures par exemple
  •  micropolluants minéraux : métaux.
    D’autres altérations peuvent être mesurées en
    complément.

    Actuellement le Système d’Evaluation de l’État des
    Eaux (SEEE) est en cours d’élaboration par l’ONEMA, afin
    de répondre aux exigences de la D.C.E dans la perspective
    du deuxième cycle de gestion 2016-2021. L’outil SEEE
    permettra d’établir un état chimique et écologique pour
    chaque masse d’eau.

    Les analyses permettant de mesurer ces altérations
    sont effectuées à de fréquences régulières dans le cadre
    des réseaux de surveillance. À partir de ces analyses, sont
    calculés une « qualité » ou un « état ».

    En Poitou-Charentes, le Réseau National de Bassin
    (R.N.B.) comprenait 52 stations, suivies pour certaines
    depuis 1971. L’objectif de ce réseau était la connaissance
    de la qualité générale du milieu, avec des analyses sur la
    qualité physico-chimique (matières organiques, nitrates,
    phosphore, matières en suspension, …), la recherche de
    toxiques (métaux), de pesticides, la qualité biologique du
    milieu.

    En 2007, le R.N.B. a évolué pour devenir le Réseau de
    Contrôle de Surveillance (R.C.S.) et pour intégrer dans ses
    objectifs la réponse aux exigences de la D.C.E.

    1.1.1. La qualité physico-chimique de l’eau

    Les matières organiques et
    oxydables (MOOX)

    L’altération par les MOOX indique la présence
    ou l’absence de pollution organique dans les eaux
    superficielles. Ces substances (matières organiques
    carbonées et azotées) sont dégradées par les microorganismes
    provoquant une consommation d’oxygène
    dissous dans les cours d’eau. Naturellement présentes
    dans le milieu, un apport excessif de ces matières
    organiques et oxydables, issues majoritairement
    d’activités humaines, peut engendrer des perturbations :
    consommation de l’oxygène dans l’eau (désoxygénation),
    par conséquent mortalité de poisson, et colmatage du
    fond des rivières.

    En Poitou-Charentes, pour l’année 2011, environ
    41% des points de suivi du R.C.S. (issus des Agences de l’Eau Loire-Bretagne et Adour-Garonne) indiquent
    une bonne qualité des eaux (voire une très bonne qualité
    pour 5% d’entre eux) vis-à-vis de l’altération « matières
    organiques et oxydables ». La qualité est jugée moyenne
    pour 30% des stations, médiocre pour 17% et mauvaise
    pour 12%.

    Si la situation semble stable ces 3 dernières années,
    depuis 1999, la qualité des eaux superficielles vis-àvis
    de cette altération a fluctué. De 1999 à 2004 et de
    2007 à 2008, 50 à 60% des points de suivi étaient de
    qualité bonne à très bonne, le reste des points étant
    essentiellement de qualité moyenne, et dans une moindre
    mesure médiocre et mauvaise.

    De 2005 à 2006 et de 2009 à 2011, le pourcentage
    de points de suivi en bonne ou très bonne qualité est
    moindre, avoisinant les 40 à 45% 25 à 35% des points
    sont de qualité moyenne et le reste, de qualité médiocre
    à mauvaise.

    La qualité des eaux superficielles en Poitou-Charentes de 1999 à 2011 "Altération matières organiques et oxydables"
    La qualité des eaux superficielles en Poitou-Charentes de 1999 à 2011 "Altération matières organiques et oxydables"

    Les secteurs les plus dégradés vis-à-vis de ce
    paramètre se rencontrent sur les bassins du Thouet, du Né,
    et de l’estuaire de la Charente. Plus localement, certains
    petits cours d’eau peuvent également être affectés. La
    qualité est en revanche très bonne sur la Sèvre Niortaise
    amont en 2011.

    Qualité des eaux superficielles en Poitou-Charentes en 2011 "Altération matières organiques et oxydables"
    Qualité des eaux superficielles en Poitou-Charentes en 2011 "Altération matières organiques et oxydables"

    Visualisez la carte dans l’atlas cartographique de l’ORE

    Les matières phosphorées

    Le phosphore est l’un des contributeurs essentiel
    à l’eutrophisation, phénomène de production végétale
    excessive. Il est issu des activités anthropiques par rejets :
    domestiques et urbains (rejets de stations d’épuration et
    pertes par les réseaux d’assainissement), industriels ou
    encore d’élevages agricoles avec notamment l’utilisation
    de produits fertilisants.

    L’eutrophisation est également fonction de facteurs
    naturels telles que la quantité d’ensoleillement, la vitesse
    du courant ou bien encore la température.
    Une eutrophisation trop importante des rivières ou plans
    d’eau diminue l’oxygène dans l’eau perturbant les espèces
    inféodées au milieu.

    En 2011, la grande majorité des stations est de
    bonne qualité pour cette altération (65,6%). Elle apparait
    très bonne pour près de 14,5%, moyenne pour 8,5%,
    médiocre et mauvaise pour 8% (le reste des stations
    présente une absence de données).

    Une légère tendance à l’amélioration de la qualité
    des cours d’eau vis-à-vis de cette altération est observée
    ces dernières années et en particulier en 2010 (30% des
    points de très bonne qualité et 50% de bonne qualité).

    La qualité des eaux superficielles en Poitou-Charentes de 1999 à 2011 "Altération matières phosporées"
    La qualité des eaux superficielles en Poitou-Charentes de 1999 à 2011 "Altération matières phosporées"

    Ainsi, les cours d’eau semblent peu affectés par la
    pollution au phosphore (et à fortiori par la problématique
    d’eutrophisation) comme en témoignent les résultats des
    Agences de l’Eau. Ponctuellement, les plus touchés sont
    l’Argenton et ses affluents, et la Boutonne amont.

    Depuis le 1er juillet 2007, les phosphates sont
    interdits dans les lessives en France. Suite au Grenelle
    de l’Environnement, des réflexions sont en cours pour sa
    réduction dans d’autres produits lessiviels.

    Qualité des eaux superficielles en Poitou-Charentes en 2011 "Altération matières phosphorées"
    Qualité des eaux superficielles en Poitou-Charentes en 2011 "Altération matières phosphorées"

    Visualisez la carte dans l’atlas cartographique de l’ORE

    Les nitrates

    L’altération par les nitrates indique généralement un
    excès d’apports en fertilisants, ainsi que la transformation
    des pollutions organiques d’origine agricole et domestique
    dans les eaux superficielles.

    En effet, la pollution par les nitrates est majoritairement
    liée aux rejets directs urbains, industriels et agricoles
    par le biais du lessivage des sols lors d’épisodes pluvieux
    notamment.

    L’effet principal des nitrates dans l’eau est
    le développement des végétaux aquatiques et la
    participation à la prolifération d’algues. Tout comme le
    phosphore, les nitrates contribuent donc à l’apparition de
    phénomènes d’eutrophisation. La contamination des eaux
    de surface par les nitrates peut également poser problème
    pour la production d’eau destinée à la consommation
    humaine, en particulier dans les régions agricoles.

    La pollution aux nitrates est un problème récurrent
    en Poitou-Charentes. Chaque année, la qualité des rivières
    vis-à-vis de cette altération est classée médiocre à
    mauvaise sur l’ensemble du territoire.

    Les résultats en date de 2011 indiquent que 2%
    des stations sont de qualité très bonne, 8% bonne, 21%
    moyenne, 68% médiocre et 18% mauvaise.

    L’évolution de la qualité des eaux superficielles pour
    cette altération est la suivante :

  •  tendance « stable » depuis 1999 avec une légère fluctuation selon les années, liée notamment à l’influence des précipitations
  •  légère amélioration peut cependant être observée entre 2006 et 2009
  •  stabilisation jusqu’en 2011.
    La qualité des eaux superficielles en Poitou-Charentes de 1999 à 2011 "Altération nitrates"
    La qualité des eaux superficielles en Poitou-Charentes de 1999 à 2011 "Altération nitrates"

    À noter que les facteurs d’évolution de la qualité
    sont essentiellement liés à l’influence de la pluviométrie
    en effet, les années où les précipitations sont plus
    importantes (2006, 2007 et 2008), le lessivage d’azote
    est plus important (par comparaison à l’année 2005).
    Mais les évolutions qualitatives sont aussi influencées par
    l’évolution des pressions comme les pratiques agricoles
    par exemple.

    Seuls les bassins amont de la Vienne et de la
    Charente semblent les moins affectés, soit deux têtes
    de bassins situées en Limousin.
    À contrario, la Boutonne, la Dive du Nord, la Trézence et
    la Devise indiquent une mauvaise qualité.

    Qualité des eaux superficielles en Poitou-Charentes en 2011 "Altération nitrates"
    Qualité des eaux superficielles en Poitou-Charentes en 2011 "Altération nitrates"

    Visualisez la carte dans l’atlas cartographique de l’ORE

    Les matières azotées

    Cette altération est déterminée à partir de 3
    paramètres caractérisant les matières azotées présentes
    dans l’eau (NH4+, NKJ, NO2).

    Naturellement, ces différentes formes se succèdent et
    se transforment dans les milieux aquatiques, terrestres
    et aériens. Des apports supplémentaires de matières
    azotées peuvent venir perturber cet équilibre naturel et
    avoir ainsi des conséquences sur la vie des cours d’eau.

    Les matières azotées sont issues principalement des rejets
    domestiques, industriels (notamment des industries
    agro-alimentaires) et d’élevage (déjections animales,
    eaux de lavage,…). Elles contribuent au développement
    d’algues et de végétaux dans les eaux superficielles et
    peuvent être toxiques pour les écosystèmes en particulier
    pour la faune piscicole.

    Par rapport à cette altération, la situation semble
    plutôt favorable en 2011, et ces dernières années d’une
    manière générale.

    Pour 2011, 2% des points de suivi sont de très
    bonne qualité, 71% de bonne qualité, 14,5% sont de
    qualité moyenne, 6% médiocre et 3,1% mauvaise. Ces
    derniers se situent localement sur la Boutonne amont, le
    Né ou encore l’estuaire de la Charente.

    Depuis 1999, une tendance générale à l’amélioration
    de la qualité des eaux a pu être observée pour ce
    paramètre. Cette tendance peut s’expliquer par une
    amélioration de la collecte, du traitement et du rejet des
    eaux usées de la part des collectivités, ou bien par une
    amélioration des pratiques agricoles et/ou industrielles,
    plus respectueuses de l’environnement.

    La qualité des eaux superficielles en Poitou-Charentes de 1999 à 2011 "Altération matières azotées"
    La qualité des eaux superficielles en Poitou-Charentes de 1999 à 2011 "Altération matières azotées"
    Qualité des eaux superficielles en Poitou-Charentes en 2011 "Altération matières azotées"
    Qualité des eaux superficielles en Poitou-Charentes en 2011 "Altération matières azotées"

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    L’effet des proliférations végétales

    Dues à un enrichissement des eaux en substances
    nutritives et à des conditions hydromorphologiques
    et environnementales particulières, les proliférations
    végétales induisent une perturbation de l’équilibre des
    écosystèmes aquatiques et peuvent compromettre les
    usages liés à l’eau.

    Cette altération détermine le niveau de développement
    de micro-algues en suspension dans l’eau ainsi que leurs
    effets sur le cycle de l’oxygène par l’eutrophisation des
    rivières ou des plans d’eau. Elle est évaluée sur la base
    de plusieurs paramètres : la chlorophylle « a », le pH et le
    pourcentage de saturation de l’oxygène dissous.

    En région, la qualité des eaux vis-à-vis de cette
    altération est qualifiée de bonne à très bonne sur la quasi-totalité
    du territoire et cela depuis plusieurs années.

    En 2011, 56,9% des stations de suivi en région sont
    de très bonne qualité, 33% de bonne qualité, 5,1% de
    qualité moyenne et 2% de qualité médiocre ou mauvaise.

    Depuis 2003, quelques variations de la qualité de
    l’eau sont observées pour ce paramètre. Lors d’années
    pluvieuses comme en 2007 et 2008, la quasi-totalité
    des points est de bonne ou très bonne qualité. De 2009
    à 2011, quelques points indiquent une qualité mauvaise
    ou médiocre.
    D’une manière générale, la qualité des eaux superficielles
    vis-à-vis de ce paramètre reste très favorable sur
    l’ensemble de la région.

    La qualité des eaux superficielles en Poitou-Charentes de 1999 à 2011 "Altération effet des proliférations végétales"
    La qualité des eaux superficielles en Poitou-Charentes de 1999 à 2011 "Altération effet des proliférations végétales"
    Qualité des eaux superficielles en Poitou-Charentes en 2011 "Altération effet des proliférations végétales"
    Qualité des eaux superficielles en Poitou-Charentes en 2011 "Altération effet des proliférations végétales"

    Visualisez la carte dans l’atlas cartographique de l’ORE

    Les pesticides

    Les éléments d’analyse présentés ci-après sont extraits du dossier de l’ORE intitulé « Nitrates et pesticides dans l’eau destinée à
    la consommation humaine » ainsi que du dossier d’actualité « Les pesticides : quelques repères … ».

    Que sont-ils ?

    Les pesticides désignent les substances ou les
    préparations utilisées pour la prévention, le contrôle ou
    l’élimination d’organismes jugés indésirables tels que
    plantes, animaux, champignons, bactéries, quel que soit
    son usage (agricole, domestique, urbain, de voirie…).

    En agriculture, le terme généralement employé est celui
    de « produit phytosanitaire ». Destinés aux végétaux, ils
    regroupent les herbicides, les fongicides, les insecticides,
    les rodenticides (contre les rongeurs) et les molluscicides
    (contre les limaces)…

    Les produits utilisés pour l’entretien des espaces
    verts, des voiries, ainsi que les produits destinés aux
    jardiniers amateurs font également partie des produits
    phytosanitaires.

    Pour les autres usages, on parle de « biocides » : ce sont
    les désinfectants, les produits de protection (du bois,
    du cuir…), les produits antiparasitaires (lutte contre les
    rongeurs, les mollusques, les acariens, les oiseaux…).

    Leur décomposition et interaction

    Les pesticides sont des produits chimiques de
    synthèse toxiques, composés d’une ou plusieurs matières
    actives auxquelles ont été ajoutées d’autres substances :
    des adjuvants afin d’améliorer leur efficacité et des produits
    de dilution afin de faciliter leur emploi.

    Les mélanges de pesticides ont également des effets
    toxiques qui ne sont pas toujours connus.

    La décomposition des pesticides entraîne également
    la formation de sous-produits, qui peuvent être plus
    toxiques encore que la substance originelle.

    Les pesticides présents dans l’eau sont en majorité
    ceux utilisés dans l’agriculture. Les activités agricoles
    ne sont cependant pas les seules responsables de la
    pollution aquatique : collectivités territoriales, services
    gestionnaires des routes, sociétés d’autoroutes, SNCF,
    particuliers… utilisent régulièrement des pesticides.

    Le transfert vers l’eau est le plus souvent superficiel.
    Leur arrivée dans les eaux de surface se fait en effet par
    mise en solution lors du ruissellement. Les transferts se
    font également en partie par l’atmosphère, en particulier
    en raison du mode d’application, mais aussi de la volatilité
    des produits.

    Les eaux souterraines sont généralement moins polluées.
    Le potentiel de lessivage des pesticides dépend toutefois
    des substances actives. Une omniprésence élevée dans
    les eaux souterraines indique que le pesticide pénètre
    facilement dans le sol via l’eau de percolation et est
    hautement lessivable.

    C’est le cas de l’atrazine (cet herbicide a été retiré du
    marché en 2003 mais est toujours détecté dans les eaux
    souterraines). D’autres pesticides, comme le glyphosate
    par exemple (herbicide) sont faiblement lessivables.
    La vitesse d’écoulement de l’eau souterraine est un des
    facteurs qui influence la présence des pesticides dans
    les eaux. Le temps nécessaire pour qu’un pesticide se
    décompose est un autre facteur. Plus un pesticide met
    du temps à se décomposer, plus le risque qu’il soit lessivé
    augmente. On parle de sa persistance dans le sol ou de sa
    rémanence.

    Les propriétés du sol (teneur en matière organique,
    texture, perméabilité) et les propriétés du site (pente,
    précipitations, profondeur de la nappe) sont également
    déterminantes dans les risques de contamination.

    La contamination des eaux de surface
    de 1999 à 2010

    Dans les eaux de surface, une grande diversité
    de substances phytosanitaires est à l’origine de la
    contamination. Les herbicides sont les plus incriminés.
    Cette contamination évolue au fil de l’interdiction d’usage
    phytosanitaire de certaines substances.

    La contamination des eaux superficielles présente une
    grande diversité spatiale liée à l’assolement (substances
    différentes en fonction du bassin de production) et à la
    nature du sol ou du sous-sol (phénomène de ruissellement
    par exemple en zone de socle).

    La diffusion des produits phyto-sanitaires dans les milieux
    La diffusion des produits phyto-sanitaires dans les milieux

    Les éléments d’analyse présentés ci-après sont extraits du rapport du Groupe Régional d’Action pour la Réduction des Pesticides
    (GRAP), relatif aux résultats de la recherche de produits phytosanitaires dans les eaux superficielles de la région effectués de 1999 à
    2005, et de la synthèse des données d’utilisation des produits phytosanitaires et de dispersion dans l’environnement, réalisée par la
    FREDON et ATMO Poitou-Charentes, dans le cadre du plan Ecophyto 2018 (Synthèse 2006-2010 - contamination de l’environnement par
    les produits phytosanitaires en Poitou-Charentes).

    En région, les analyses révèlent d’importantes
    contaminations à des degrés divers.

    De 1999 à 2005, pour les 46 stations suivies au
    total par le GRAP, 84 substances actives ou métabolites
    ont été quantifiés au moins une fois dont la moitié d’entre
    elles a été retrouvée ponctuellement. Les transferts les
    plus importants (quantité et diversité des substances)
    sont observés à la suite des premières pluies suivant les
    traitements.

    L’évolution significative de la qualité de l’eau est liée à
    deux facteurs : les aspects réglementaires (européens
    et français) et vraisemblablement les conditions
    hydrologiques.

    L’année 2005 confirme la dégradation des eaux
    superficielles par les produits phytosanitaires en
    Poitou-Charentes. Bien que les conditions hydrologiques
    et climatiques en 2005 n’aient pas été favorables aux
    transferts des molécules vers les rivières et les nappes
    (pluviométrie très déficitaire), la diversité des molécules
    retrouvées dans les eaux superficielles reste importante :
    41 molécules différentes ont été mises en évidence.

    Depuis l’interdiction d’utilisation des triazines
    (herbicides), elles sont détectées moins souvent. D’autres
    substances récemment interdites tendent également à
    disparaître : tébutame, oxadixyl.

    Le glyphosate et son métabolite (l’AMPA) sont détectés
    très fréquemment dans la majorité des cours d’eau et à
    toute époque de l’année. Le glyphosate, herbicide de plus
    en plus utilisé, reste à ce jour le plus vendu en région
    comparé aux autres substances actives, il est autorisé
    pour de nombreux usages agricoles et non agricoles.

    Utilisé à toute époque de l’année, il est de ce fait mis en
    évidence à l’occasion des différentes campagnes.

    Les substances utilisées pour le désherbage des
    cultures pérennes et des zones non agricoles, diuron et
    aminotriazole, sont retrouvées régulièrement. Le diuron est
    détecté sur de nombreux cours d’eau et pas uniquement
    ceux traversant des zones viticoles. Bien que cet
    herbicide soit essentiellement utilisé par les viticulteurs,
    le désherbage des zones non agricoles est à l’origine de
    transferts importants vers les eaux.

    Cependant, une enquête menée en 2010 auprès
    d’environ 50 viticulteurs montre que le désherbage des
    parcelles viticoles est essentiellement réalisé avec le
    glyphosate. En effet, ces dernières années, le diuron et
    la therbuthylazine ont été progressivement délaissés au
    profit du glyphosate.

    Des herbicides utilisés pour le désherbage du maïs
    (metolachlore, alachlore, diméthénamide, bentazone,
    acétochlore) sont retrouvés sur une majorité des cours
    d’eau au moment de leurs applications au printemps et
    disparaissent le reste de l’année.

    Les substances actives de type sulfonylurées et tricétones
    utilisées pour le désherbage du maïs en post levée sont
    recherchées et ne sont pas retrouvées dans les eaux, leur
    dose maximale autorisée est faible.

    Malgré l’augmentation des ventes d’isoproturon et de
    chlortoluron, ces deux urées substituées utilisées pour
    le désherbage des céréales d’hiver ont été très peu
    détectées en 2004 et 2005 par rapport aux années
    précédentes. Ceci est vraisemblablement lié à l’absence
    de précipitations significatives en fin d’année.

    La pression en produits phytosanitaires joue un rôle
    prépondérant mais les transferts de substances actives
    sont également fortement influencés par la nature des
    sols et du sous-sol.

    Ainsi, les rivières s’écoulant sur des formations peu
    perméables (Sèvre Nantaise, Thouet et Argenton sur socle
    Dive du Nord sur formations calcaires marneuses Ozon, cours
    amont du Né et de la Seugne sur recouvrements éocènes
    sablo-argileux) sont globalement plus dégradées que des
    cours d’eau comme le Clain, la Boutonne ou l’Aume.

    La Charente en amont d’Angoulême est moins dégradée
    que sur la partie aval et sur ses affluents (Antenne, Né,
    Seugne) s’écoulant à travers le vignoble de Cognac qui
    présente une diversité des molécules retrouvées plus
    importante. Ceci est partiellement lié à la détection
    récurrente des triazines appliquées sur les parcelles
    viticoles (simazine, terbuthylazine et produits de
    dégradation).

    De 2006 à 2010, de manière générale, les quantités
    de substances actives phytosanitaires vendues au sein
    de la région sont relativement stables la majorité sont
    toujours des herbicides et des fongicides. À noter que le
    glyphosate reste la molécule la plus commercialisée.

    Dans les eaux superficielles, 106 substances actives ou
    produits de dégradation ont été quantifiés entre 2006 et
    2010, dont 90 % concernent les herbicides. Les fongicides
    ne représentent que 3,2 % alors qu’ils constituent 40 %
    des quantités vendues en région. Les herbicides utilisés
    sur maïs ou à multiples usages (glyphosate, diuron…)
    représentent 65% des quantifications.

    Ainsi, les tendances d’évolution qui se dégagent de 2006
    à 2010 sont :

  •  les triazines sont nettement moins souvent quantifiées, conséquence de leur interdiction, bien que l’atrazine déséthyl soit mise en évidence dans plus d’un échantillon sur trois.
  •  les herbicides glyphosate et diuron et leurs produits de dégradation sont plus rarement quantifiés. Dans le cas du diuron, cela peut s’expliquer par son interdiction fin 2008.
  •  les substances (chloroacétamides (surtout le
    Smétolachlore) et de bentazone) utilisées en
    remplacement de l’atrazine dans le désherbage
    du maïs, et dont les ventes ont augmenté,
    sont plus souvent mises en évidence dans les
    échantillons.

    Les substances interdites

    La directive « substances dangereuses » 76/464/
    CEE du 4 mai 1976 concerne la pollution causée par
    certaines substances dangereuses déversées dans le
    milieu aquatique de l’Union européenne. Elle établit une
    liste de 132 substances toxiques dont 36 pesticides pour
    lesquels les rejets dans les eaux sont limités ou interdits.

    La circulaire du 7 mai 2007 fixe quant à elle les normes
    de qualité environnementale provisoires (NQEp) de 41
    substances. Parmi ces dernières figurent 15 pesticides :
    alachlore, aldrine, atrazine, chlorfenvinphos, chlorpyrifos,
    DDT, dieldrine, diuron, endosulfan, endrine, isodrine,
    isoproturon, lindane, simazine, trifluraline, dont certains
    sont interdits d’usage. Notons que le glyphosate,
    largement utilisé, ne fait pas partie de la liste des
    substances prioritaires à surveiller.

    Exemples de substances actives interdites en France
    Substance Effet Interdit depuis
    Atrazine Herbicide (utilisé en particulier pour le désherbage du maïs) 2003
    Diuron Herbicide (utilisé en particulier pour tuer les graminées indésirables et autres mauvaises
    herbes annuelles et persistantes à feuilles larges, notamment en viticulture)
    2008
    Tébutame Herbicide (utilisé en particulier pour le désherbage du colza) 2002
    Oxadixyl Fongicide (utilisé en particulier en association avec d’autres substances, sur les vignes) 2003
    Terbuthylazine Herbicide (utilisé en particulier pour le désherbage des zones agricoles (vigne, maïs …) et non agricoles) 2004 (vigne) et 2003 (autres cultures et zones non agricoles)
    Simazine Herbicide (utilisé en particulier pour l’entretien des sols viticoles et des vergers) 2003
    Lindane Insecticide (utilisé en particulier pour le traitement des sols (maïs, betteraves …)) 2007

    (Observatoire Régional de l’Environnement, 2013a)

    1.1.2. La qualité biologique de l’eau

    Un indicateur biologique ou bio-indicateur est un
    organisme ou une communauté de vie qui réagit par diverses
    modifications (physiologique, comportementale, …) à la
    présence d’une substance toxique ou à une modification
    du milieu (mortalité, raréfaction, pullulation, …). En
    théorie, les indicateurs biologiques sont génétiquement
    homogènes et assez sensibles, et réagissent assez
    spécifiquement et quantifiablement aux produits
    toxiques.

    L’étude des bio-indicateurs permet d’évaluer les
    altérations physiques, chimiques ou organiques à des
    degrés divers de précision.

    L’analyse des organismes fixés ou libres vivant dans
    les cours d’eau permet d’évaluer la qualité biologique des
    eaux douces superficielles. En application de la Directive
    Cadre sur l’Eau, 4 indices biologiques ont été choisis et
    sont utilisés pour caractériser l’état biologique (structure
    et fonctionnement) des écosystèmes aquatiques. Ces
    indicateurs peuvent être reliés aux indicateurs de la
    qualité physico-chimique des cours d’eau pour évaluer
    l’état écologique global de la masse d’eau.

    L’Indice Biologique Macrophytique des Rivières (I.B.M.R.)

    Il s’appuie sur l’examen de l’ensemble des végétaux
    aquatiques ou amphibies, ainsi que les colonies de
    cyanobactéries, de bactéries et de champignons visibles
    à l’oeil nu. L’I.B.M.R. reflète le niveau de trophie des eaux,
    pour les formes réduites de l’azote minéral et pour les
    orthophosphates.

    Différents groupes sont principalement observés, il s’agit
    des algues, des phanérogames, des bryophytes, des
    ptéridophytes et des hétérotrophes.

    Pour chaque point d’observation, une note qualifie la
    qualité globale du milieu aquatique. Comprise entre 0 et
    20, elle traduit le niveau trophique de l’eau d’après les
    classes définies par la grille d’évaluation selon la norme
    IBMR – NF T90-395 – octobre 2003.

    L’IBMR est normalisé en France mais pas à l’échelle
    européenne il est en cours d’adaptation dans le cadre
    de la D.C.E. et sera compatible avec la norme européenne
    NF EN 14184 - Guide pour l’étude des macrophytes
    aquatiques dans les cours d’eau. Il n’est donc pas encore
    utilisé pour l’évaluation de l’état des eaux mais fait partie
    des éléments obligatoires du contrôle de surveillance des
    cours d’eau.

    De 2008 à 2012, la qualité relative à l’I.BM.R. est
    globalement médiocre sur la région. En 2012, sur les
    mesures disponibles, 1 station seulement (sur un total
    de 88) indique une classe de qualité « très bonne » sur le
    Coran (Charente-Maritime).

    Qualité biologique des eaux superficielles en Poitou-Charentes, de 2008 à 2012 - Évaluation de l’Indice Biologique Macrophytique des Rivières (I.B.M.R.)
    Qualité biologique des eaux superficielles en Poitou-Charentes, de 2008 à 2012 - Évaluation de l’Indice Biologique Macrophytique des Rivières (I.B.M.R.)

    L’indice biologique global normalisé (I.B.G.N.)

    Il repose sur l’examen des peuplements d’invertébrés
    aquatiques peuplant le fond des rivières (larves d’insectes,
    mollusques, crustacés, vers, etc.). Ces organismes plus ou
    moins polluo-sensibles témoignent de la qualité de l’eau
    et de la qualité et diversité des habitats du cours d’eau
    dans lequel ils sont présents : structure du fond, état des
    berges et qualité physico chimique des eaux.

    Une note de 0 à 20 est attribuée au niveau d’une station
    de mesure après étude de ce peuplement d’invertébrés.
    Puis, une grille est utilisée pour qualifier l’état écologique
    pour les invertébrés.

    De nouveaux protocoles issus de la D.C.E. permettent
    de recalculer un IBGN dit « théorique ». Ces protocoles, mis
    en place à partir de 2007, tendent à se rapprocher des
    méthodes standards européennes en vue de permettre la
    continuité des chroniques de données qui jusque-là sont
    exprimées par l’IBGN.

    La qualité relative à l’I.B.G.N. de 2008 à 2012 est
    globalement bonne, voire très bonne sur la région. En
    2012, sur les mesures disponibles, 1 station seulement
    (sur un total de 142) indique une classe de qualité
    « mauvaise » sur le canal du Curé (Charente-Maritime).

    Qualité biologique des eaux superficielles en Poitou-Charentes, de 2008 à 2012 - Évaluation de l’Indice biologique global normalisé (I.B.G.N.)
    Qualité biologique des eaux superficielles en Poitou-Charentes, de 2008 à 2012 - Évaluation de l’Indice biologique global normalisé (I.B.G.N.)

    L’indice diatomique (I.B.D.)

    Il prend en compte la structure des peuplements de
    diatomées (algues brunes unicellulaires microscopiques
    fixées). Ces algues colonisent les différents substrats
    présents dans le lit des cours d’eau. Cet indice permet
    d’analyser la composition floristique d’une station donnée
    en prenant en compte la densité relative des espèces et
    leur sensibilité aux pollutions. Il reflète la qualité générale
    de l’eau d’un cours d’eau, et plus particulièrement vis-à-vis
    des matières organiques et oxydables et des nutriments
    (azote et phosphore).

    Une note indicielle, comprise entre 0 et 20, exprime la
    qualité globale de l’eau.

    La mise en oeuvre de l’I.B.D. s’effectue d’après la norme
    AFNOR NF T 90-354 publiée en décembre 2007.
    Entre 2008 et 2012, la qualité relative à l’I.B.D. est
    restée globalement stable sur la région avec une majorité
    de stations présentant une bonne qualité.

    En 2012, sur les mesures disponibles, 3 stations (sur un
    total de 158) indiquent une classe de qualité « médiocre »
    sur les Eaux claires (Charente), le Palais (limite Charente/
    Gironde) et la Vonne (Deux-Sèvres).

    Qualité biologique des eaux superficielles en Poitou-Charentes, de 2008 à 2012 - Évaluation de l’Indice Biologique Diatomées (I.B.D.)
    Qualité biologique des eaux superficielles en Poitou-Charentes, de 2008 à 2012 - Évaluation de l’Indice Biologique Diatomées (I.B.D.)

    L’indice Poisson Rivière (I.P.R.)

    Les peuplements piscicoles constituent de bons
    outils de mesure de la qualité du milieu : l’Indice Poisson-
    Rivière (IPR) est déterminé à partir de la richesse
    spécifique (nombre d’espèces présentes), la densité et
    les caractéristiques écologiques des différentes espèces
    qui composent le peuplement (régime alimentaire,
    polluosensibilité, habitat, etc.). Une note indicielle,
    comprise entre 0 et 150, exprime la qualité globale du
    milieu aquatique.

    On estime qu’une rivière en bon état est une rivière dans
    laquelle on trouve des espèces de poissons indicatrices
    de bonne qualité du milieu, en quantité et selon une
    diversité qu’autorisent les caractéristiques du milieu
    naturel. Globalement, les poissons dépendent donc de la
    qualité du milieu aquatique mais aussi de la quantité de
    la ressource en eau.

    En région, de 2001 à 2011, plus de 70% des points
    d’observation indiquent une qualité médiocre, mauvaise
    ou très mauvaise.

    Suivi de l’Indice Poisson Rivière en Poitou-Charentes, de 2001 à 2011
    Suivi de l’Indice Poisson Rivière en Poitou-Charentes, de 2001 à 2011

    Bio-indicateurs marins et de zones humides

    La surveillance de la qualité des eaux du milieu marin
    s’appuie alors sur la surveillance de bio-indicateurs marins
     : les moules et les huîtres, qui possèdent la particularité
    d’accumuler certains contaminants présents dans l’eau.
    De même, certains bio-indicateurs sont utilisés pour
    suivre sur le long terme la qualité écologique des zones
    humides. Il s’agit par exemple de suivre :

  •  des peuplements d’Odonates en milieu aquatique avec, par exemple, la présence du Leste vert qui traduit bien la persistance de rideaux d’arbres, notamment le frêne, le long des canaux et fossés
  •  la végétation des prairies et des milieux aquatiques avec, par exemple, la prise en compte de groupements de lentilles d’eau pour les milieux aquatiques,
  •  le peuplement d’oiseaux en milieux prairiaux avec,
    par exemple, la Bergeronnette printanière (Motacilla
    flava ) qui est une espèce strictement prairiale en
    termes de sites de nidification).

    1.1.3. La qualité des milieux aquatiques

    Le Réseau d’Observation du Milieu (ROM), sur la
    base des contextes piscicoles, caractérise l’état des
    milieux aquatiques. Les suivis portent sur la constatation
    de perturbations et leurs effets visibles ainsi que sur
    l’observation d’espèces particulières dont la présence
    traduit une bonne qualité ou au contraire une dégradation
    des milieux.

    Le contexte piscicole est une composante du réseau
    hydrographique délimité par un critère biologique. Il
    est l’unité spatiale dans laquelle une population de
    poissons fonctionne de façon autonome, en y réalisant les
    différentes phases de son cycle vital.

    Il est établi pour une population repère dont les
    caractéristiques sont la représentativité du domaine
    piscicole et l’écosensibilité (l’état fonctionnel du
    peuplement considéré).

    On distingue trois types de domaines :

  •  Salmonicole (S) : dans le domaine salmonicole, les caractéristiques naturelles du milieu conviennent aux exigences de la truite fario (Salmo trutta fario) et des espèces d’accompagnement.
  •  Intermédiaire (I) : dans le domaine intermédiaire, les caractéristiques naturelles du milieu conviennent aux exigences de l’ombre commun (Thymallus thymallus) et des cyprinidés d’eaux vives.
  •  Cyprinicole (C) : dans le domaine cyprinicole, les
    caractéristiques naturelles du milieu conviennent
    aux exigences des cyprinidés d’eaux calmes et à
    leurs prédateurs (carnassiers).
    État des contexte piscicoles de Poitou-Charentes en 2009 (évaluation 2012)
    État des contexte piscicoles de Poitou-Charentes en 2009 (évaluation 2012)

    Visualisez la carte dans l’atlas cartographique de l’ORE

    1.2. La qualité des eaux souterraines

    D’une manière générale, en région Poitou-Charentes,
    depuis le début des années 1970, les eaux brutes
    souterraines sont contaminées par des polluants
    d’origines agricole, industrielle et domestique. Cette
    contamination s’effectue d’une part par les transferts
    en profondeur des polluants migrant avec l’eau du
    sol, d’autre part ponctuellement par des installations
    humaines mal isolées (bâtiments d’élevage, industriels et
    assainissement domestique) ou des forages mettant en
    communication nappes polluées et nappes profondes.

    Les principales mesures de qualité des eaux
    souterraines, réalisées dans le cadre de l’alimentation
    en eau potable, portent sur leur teneur en nitrates,
    en pesticides, en agents bactériens, ainsi que sur des
    éléments indésirables présents « naturellement » tels les
    métaux, le fer, l’arsenic, l’aluminium, le fluor et le sélénium
    (présence ponctuelle d’éléments issus de réactions
    physico-chimiques entre l’aquifère et l’eau qu’il contient).

    1.2.1. Le réseau de suivi de la qualité des eaux souterraines

    Jusqu’en 2001, la qualité des eaux souterraines était
    principalement évaluée par le biais de contrôles sanitaires
    pour l’Alimentation en Eau Potable (AEP). Ces suivis
    ponctuels ne permettaient pas de contrôler véritablement
    la qualité des eaux souterraines d’une manière globale.
    Ces lacunes de connaissance ont conduit la Région
    Poitou-Charentes à créer un réseau patrimonial de suivi de
    la qualité des nappes, avec l’aide des Agences de l’Eau, de
    l’État et de certains Départements.

    La Région Poitou-Charentes fut maître d’ouvrage de ce
    projet jusqu’en 2012 les opérateurs techniques sont le
    BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières)
    et la FREDON (Fédération Régionale de Défense contre
    les Organismes Nuisibles) Poitou-Charentes pour son
    expertise dans l’interprétation des analyses de pesticides.

    Depuis 2009, le réseau régional est composé de
    107 points (47 sont situés sur le bassin Loire-Bretagne
    et 60 sur Adour-Garonne). Certains de ces points font
    l’objet d’analyses plus importantes notamment le suivi de
    molécules phytosanitaires supplémentaires, dans le cadre
    de la Directive Cadre sur l’Eau.

    Les différents points peuvent appartenir à des
    programmes de suivi différents :

  •  le Réseau de Contrôle de Surveillance (RCS) qui vise à « fournir une image cohérente et globale de l’état chimique des eaux souterraines de chaque district hydrographique et permettre de détecter la présence de tendances à la hausse à long terme de la pollution induite par l’activité anthropogénique » (Annexe V.2 de la DCE). Ce réseau récent (2007) a remplacé le Réseau National de surveillance des Eaux Souterraines (RNES) de 1999.
  •  le Réseau de Contrôle Opérationnel (RCO) qui vise
    à « établir l’état chimique de toutes les masses
    d’eau ou groupes de masses d’eau souterraine
    recensées comme courant un risque, établir la
    présence de toute tendance à la hausse à long
    terme de la concentration d’un quelconque
    polluant suite à l’activité anthropogénique »
    (Annexe V.2 de la DCE).

    À noter que le programme de surveillance de l’état
    chimique des masses d’eau souterraine au titre de la DCE
    se compose à la fois du réseau de surveillance et du réseau
    opérationnel. Ce dernier ne concerne que les masses d’eau
    dites « à risque » tandis que le réseau de surveillance
    concerne toutes les masses d’eau.

    En région, certains points appartiennent à un
    réseau complémentaire (POC) qui s’intéresse à des
    problématiques régionales plus particulières.

    Le réseau de suivi de la qualité des eaux souterraines en Poitou-Charentes
    Le réseau de suivi de la qualité des eaux souterraines en Poitou-Charentes

    Visualisez la carte dans l’atlas cartographique de l’ORE

    1.2.2. Les résultats obtenus

    Sur le terrain, sont étudiés et mesurés la conductivité
    de l’eau, sa teneur en oxygène dissous, son pH, sa
    température … En laboratoire et après échantillonnage,
    sont ensuite analysés les phytosanitaires et différents
    paramètres hors phytosanitaires.

    Selon le type de nappe captée, les prélèvements réalisés
    par point chaque année peuvent varier : 8 prélèvements
    pour des points karstiques, 4 pour des points en nappes
    libres et 2 pour ceux qui concernent des nappes captives.
    Dans le cadre de la DCE, seulement 2 prélèvements sont
    réalisés pour les points situés en nappes karstiques ou
    libres et 1 pour les nappes captives.

    Les informations suivantes sont extraites des rapports
    annuels sur la qualité des eaux souterraines en Poitou-
    Charentes, produits par le BRGM et la FREDON Poitou- Charentes.

    Les nitrates

    Principale cause de pollutions des nappes d’eau
    souterraines en Poitou-Charentes, les nitrates indiquent
    généralement des teneurs importantes par rapport à la
    norme imposée pour l’eau potable.

    Ils sont principalement issus de l’activité agricole lors
    d’apports sous forme d’engrais. Lorsque les plantes
    ne consomment pas la totalité des nitrates, ceux-ci se
    retrouvent progressivement dans les eaux souterraines
    par le biais de l’infiltration de l’eau dans les sols.

    Rappelons également que les nitrates existent à
    l’état naturel dans les nappes phréatiques mais leur
    concentration ne dépasse pas en moyenne les 10 mg/l.
    À titre de comparaison, en 2011, en France, la teneur en
    nitrates moyenne des nappes est de 23 mg/l cette valeur
    révèle une pression anthropique forte (Observation et
    Statistiques de l’Environnement, 2013). Les eaux de pluie
    peuvent elles aussi contenir des nitrates mais à de faibles
    teneurs (de l’ordre de 1,1 à 1,5 mg/l).

    D’une manière générale, en région, les nappes captives
    sont peu ou pas touchées par ce type de pollution. Les
    détections mesurées ces dernières années correspondent
    à certains points particuliers et à des anomalies d’isolation
    du forage : elles ne sont pas indicatrices d’une dégradation
    généralisée de l’aquifère

    En revanche, les nappes karstiques et libres
    montrent régulièrement des teneurs importantes qui
    peuvent fluctuer d’une année sur l’autre en fonction de la
    recharge des nappes d’eau souterraines et des périodes
    de fertilisation.

    Après une hausse généralisée des teneurs sur la
    période 1980-98, la tendance de ces dernières années est
    à la stabilité voire à un ralentissement de la contamination
    des eaux souterraines. Cette tendance s’observe
    également en France en lien avec une amélioration des
    pratiques agricoles qui conduisent à mieux optimiser les
    apports d’engrais.

    Sur la période 2001-2011, la contamination des eaux par
    les nitrates indique que près de 70% des points du réseau
    présentent des valeurs supérieures à 10 mg/l.

    Globalement, en région, les points dont la valeur est
    supérieure à 80 mg/l indiquent une baisse et les
    points dont la valeur est inférieure à 15 mg/l tendent à
    légèrement augmenter.

    Les fluctuations observées d’une année sur l’autre sont en
    partie liées à la pluviométrie : lors d’années sèches comme
    2005 par exemple, les concentrations en nitrates se sont
    en effet révélées plus faibles.

    Géographiquement, les masses d’eau les moins
    contaminées se localisent surtout sur les secteurs à
    pression agricole faible.

    Les masses d’eau du Jurassique moyen et du Jurassique
    supérieur sont les plus contaminées et montrent des
    teneurs dépassant fréquemment le seuil de qualité pour
    la distribution d’eau potable (50 mg/l).

    Les masses d’eau du Crétacé du nord de la Vienne
    présentent également une contamination importante
    avec des dépassements de seuil.

    En 2010 comme en 2011, les résultats du suivi
    indiquent des teneurs fortes, notamment en période
    de hautes eaux (qui sont propices au transfert des
    nitrates), dans les 4 départements picto-charentais en particulier dans la région de Cognac dans une zone allant
    de La Rochelle à Melle à l’est de Thouars et dans la Vienne
    au niveau du bassin du Clain ainsi que dans le nord du
    département.

    À l’inverse, des teneurs faibles ont plutôt été observées
    dans le sud de la région sur la zone littorale aux abords
    de Châtellerault et au niveau de la zone du socle.

    Evaluation de la qualité des eaux souterraines, en Poitou-Charentes, de 2001 à 2011 "Altération nitrates"
    Evaluation de la qualité des eaux souterraines, en Poitou-Charentes, de 2001 à 2011 "Altération nitrates"
    Qualité des eaux souterraines en Poitou-Charentes en 2011 "Altération nitrates"
    Qualité des eaux souterraines en Poitou-Charentes en 2011 "Altération nitrates"

    Visualisez la carte dans l’atlas cartographique de l’ORE

    En conclusion, les aquifères captifs sont généralement
    protégés. La contamination de l’ensemble des grands
    aquifères libres de la région est généralisée : il y a peu
    d’évolution des teneurs sur l’ensemble des points depuis
    la création du réseau, mais les concentrations restent
    élevées (Jurassique moyen environ 40 mg/l, Jurassique
    supérieur environ 50 mg/l et Crétacé supérieur environ
    30 mg/l).

    Les valeurs limites au-delà desquelles il est interdit
    d’utiliser l’eau pour en faire de l’eau potable sont :
  •  50 mg/L pour eaux superficielles
  •  100 mg/L pour les eaux souterraines
    La norme européenne de qualité à respecter pour l’eau
    potable est : < 50 mg/l.
  • Les pesticides

    Une réelle pollution par les pesticides est constatée
    sur les eaux souterraines : actuellement les données
    disponibles permettent d’indiquer que plusieurs matières
    actives se trouvent dans les eaux, régulièrement
    ou occasionnellement, en fonction des conditions
    d’application et des caractéristiques hydrogéologiques.

    La pollution par les pesticides est majoritairement liée
    en région aux substances actives contenues dans les
    produits phytosanitaires utilisés pour certains usages. Il
    est cependant très difficile de réaliser un état quantitatif
    exhaustif de toutes les molécules existantes dans les
    nappes tant elles sont nombreuses. Dans le cadre du
    réseau qualité régional, plus de 200 molécules sont
    recherchées chaque année. À titre de comparaison,
    on peut indiquer que, pour 2011, la Banque Nationale
    de Vente de produits phytosanitaires a estimé à 384,
    le nombre de substances minérales et de synthèse
    différentes vendues en Poitou-Charentes, soient 4300
    tonnes (contre 4700 en 2010). Le glyphosate représente
    13% des quantités vendues (600 tonnes) les ventes
    de ce produit augmentent constamment depuis ces 10
    dernières années. 800 tonnes ont été vendues au travers
    de 3 fongicides (mancozèbe, fosétyl-aluminium, folpel).
    Enfin, les ventes de chloroacétamides, qui viennent
    remplacer l’atrazine interdite en France en 2003, sont en
    augmentation ces dernières années.

    La réalisation de l’état qualitatif est également rendue
    difficile de par la rémanence de molécules issues de
    produits phytosanitaires ayant été interdits il y a plusieurs
    années, mais également de par l’existence de nouvelles
    molécules qui ne peuvent pas toujours être détectées, les
    procédures analytiques n’étant pas au point.
    En 2011, la pollution par les pesticides est surtout
    liée au groupe d’herbicides des triazines. D’autres
    substances comme le métolachlore, l’isoproturon, le
    diuron ou le chlortoluron sont détectées de manière plus
    ponctuelle.

    L’atrazine, la simazine ou la terbuthylazine indiquent
    une diminution significative en lien avec leur interdiction
    en 2003. En revanche, la teneur de leurs produits de
    dégradation (atrazine déséthyl, atrazine déisopropyl,
    hydroxy-atrazine) reste stable en région. De par leur
    rémanence, ils constituent toujours les principaux
    contaminants phytosanitaires des eaux souterraines.
    Enfin, le glyphosate et son produit de dégradation ne sont
    pas présents dans les eaux souterraines, ou alors à de très faibles teneurs, à la différence des eaux superficielles
    qui sont, elles, fréquemment marquées par leur présence.
    Au total, pour l’année 2011, 26 substances ont été
    quantifiées, dont 9 sont liées à des molécules interdites.

    Evaluation de la qualité des eaux souterraines, en Poitou-Charentes, de 2001 à 2011 "Produits phytosanitaires"
    Evaluation de la qualité des eaux souterraines, en Poitou-Charentes, de 2001 à 2011 "Produits phytosanitaires"
    Qualité des eaux souterraines en Poitou-Charentes en 2011 "Altération produits phytosanitaires"
    Qualité des eaux souterraines en Poitou-Charentes en 2011 "Altération produits phytosanitaires"

    Visualisez la carte dans l’atlas cartographique de l’ORE

    D’une manière générale, la teneur en produits
    phytosanitaires des points de mesure semble avoir
    diminué depuis 2001. Toutefois ces valeurs ne sont pas
    réellement représentatives de l’état des nappes. En effet,
    les valeurs ci-dessous représentent la qualité de l’eau
    seulement pour :

  •  l’Atrazine (interdit depuis 2003),
  •  l’Atrazine-déséthyl (produits de dégradation de l’Atrazine),
  •  le Diuron (réglementé depuis 2003),
  •  l’Isoproturon, le Lindane (interdit depuis 1998),
  •  la Simazine (interdit depuis 2003)
  •  et le Terbuthylazine (complètement interdit
    depuis 2004).

    Mais, afin de les remplacer, de nouveaux produits
    phytosanitaires sont utilisés.

    Comme pour les nitrates, les nappes profondes sont, d’une
    manière générale, mieux protégées des pollutions par les
    pesticides. Les détections qui ont pu être mesurées ces
    dernières années dans ces nappes sont liées à des points
    particuliers ou à des anomalies d’isolation de forage.

    En revanche, pour les nappes libres, les résidus de
    pesticides sont plus présents avec toutefois des disparités
    assez nettes entre les différents réservoirs aquifères.

    1.3. La qualité des eaux littorales

    Le milieu littoral fait l’objet d’un suivi environnemental
    continu assuré par l’Institut Français de Recherche pour
    l’Exploitation de la MER (IFREMER). Les réseaux de mesures
    utilisés retracent l’évolution des facteurs climatiques
    influençant les écosystèmes océaniques (température,
    salinité, etc.) et évaluent plus globalement la qualité de
    ce milieu. La qualité des eaux littorales est conditionnée
    par les apports d’eau des bassins continentaux et ainsi
    soumise à de multiples sources de contamination (eaux
    usées urbaines, ruissellement des eaux de pluie, etc.).

    Son suivi prévient également des éventuels risques
    sanitaires liés à la consommation des produits issus de la
    conchyliculture.

    Les informations suivantes sont extraites du bulletin
    de surveillance 2012, produit en 2013 par le Laboratoire
    Environnement et Ressources des Pertuis Charentais.


    1.3.1. Les différents réseaux de suivi

    La surveillance de la qualité du milieu marin porte sur des paramètres généraux (température, salinité, sels nutritifs,
    nitrates, nitrites, ammonium, phosphates, silicates, chlorophylle, phéopigments, oxygène dissous), des paramètres
    physico-chimiques et des paramètres bactériologiques.

    Le ROCCH

    Devenu le Réseau d’Observation de la Contamination
    CHimique (ROCCH) en 2008, le Réseau National
    d’Observation (R.N.O.), créé en 1974, surveille les
    paramètres généraux de la qualité des eaux marines
    et les polluants présents dans la matière vivante
    (les moules et les huîtres possèdent la particularité
    d’accumuler certains contaminants présents dans les
    eaux).

    Jusqu’en 2007, le R.N.O. a mesuré les métaux (argent,
    cadmium, chrome, cuivre, magnésium, nickel, plomb,
    vanadium, zinc), les hydrocarbures polyaromatiques
    (HAP), les P.C.B., le lindane et les résidus de D.D.T.

    Depuis sa restructuration en 2008, intégrant la mise
    en oeuvre de la Directive Cadre sur l’Eau (D.C.E.), la
    surveillance des contaminants chimiques dans le cadre
    du ROCCH est décentralisée auprès des Agences de
    l’Eau. La surveillance chimique, coordonnée et réalisée
    par l’IFREMER, ne concerne plus que les 3 métaux
    réglementés, au titre de la surveillance sanitaire
    (Cadmium, Mercure et Plomb).

    Le REMI

    Depuis 1989, la surveillance des paramètres
    bactériologiques est assurée par l’IFREMER dans le
    cadre du REseau de surveillance MIcrobiologique du
    littoral charentais (REMI). Ce suivi se fait par l’analyse
    bactériologique de coquillages : huîtres et moules en
    particulier. Les résultats de ce réseau sont utilisés pour le
    classement de salubrité des zones de production et des
    zones de parcage des coquillages vivants. Il a également
    pour objet la validation continue de ce classement.

    Le REPHY

    Le REseau de surveillance du PHYtoplancton (REPHY)
    a été créé en 1984 par l’IFREMER, suite au développement
    sur les côtes françaises d’une espèce de phytoplancton
    appartenant au genre Dinophysis, ayant la propriété de
    produire des toxines s’accumulant dans les coquillages.

    Le RESCO

    Le RESCO est un réseau d’observation conchylicole
    qui fait suite au REMORA (REseau MOllusques des
    Rendements Aquacoles) depuis 2009. Il a pour but
    d’observer et de caractériser sur un plan national
    l’évolution spatio-temporelle des performances
    conchylicoles de lots d’huîtres sentinelles, et en
    particulier de la survie dans le contexte de la crise
    ostréicole actuelle.

    Le REBENT

    Le REBENT (RÉseau BENThique), qui concerne les
    données sur le benthos (invertébrés et végétation autre
    que phytoplancton), a pour objectif de recueillir et de
    mettre en forme les données relatives à la distribution
    des habitats côtiers et au suivi de leur biodiversité
    faunistique et floristique, afin de mettre à disposition
    des scientifiques, des gestionnaires et du public un
    état des lieux pertinent et cohérent et d’en détecter les
    évolutions spatio-temporelles.

    Pour gérer l’ensemble des données issues des
    réseaux de surveillance du littoral, l’Ifremer a développé
    son propre système d’information, Quadrige, qui
    constitue un élément du Système d’Information sur l’Eau.

    Les principaux réseaux de suivi de la qualité des eaux littorales de Poitou-Charentes
    Les principaux réseaux de suivi de la qualité des eaux littorales de Poitou-Charentes

    Visualisez la carte dans l’atlas cartographique de l’ORE

    1.3.2. Le suivi des conditions climatiques et hydrologiques

    Dans le cadre de ses suivis, l’IFREMER surveille
    de manière régulière les conditions climatiques et
    hydrologiques de la région qui peuvent influer sur certains
    paramètres physico-chimiques telles que la salinité et la
    température. Elles jouent un rôle important pour la qualité
    des eaux littorales et, de ce fait, dans la production des
    coquillages.

    La salinité est un marqueur du mélange eau douce/
    eau salée elle est alors fonction des apports en eau douce
    provenant des estuaires, sur le littoral charentais, ainsi
    que du cycle des marées.

    La température (symbolisant les échanges atmosphèreocéan)
    et la salinité, sont les deux facteurs majoritaires
    conditionnant le développement des espèces animales
    exploitées (huîtres …).

    Les mesures journalières de salinité et de
    température dans les pertuis charentais (pertuis Breton,
    bassin de Marennes d’Oléron et estuaire de la Charente)
    permettent de caractériser l’état des eaux littorales et
    des milieux, et de suivre l’évolution précise de la situation.
    En 2012, l’année a été globalement proche de
    la normale sur les principaux descripteurs physicochimiques
    (température, salinité, oxygène, etc.).

    On note cependant des différences thermiques entre le
    nord (où les températures ont été plus fraîches que la
    normale) et le sud des Pertuis Charentais (températures
    proches des normales).

    En termes d’apports en eau douce, l’année présente
    néanmoins une dynamique particulière (en lien avec
    l’évolution des précipitations), marquée par des épisodes
    de grande intensité. Il a ainsi été observé une alternance de
    périodes à salinité très élevée (de février à début avril et d’août
    à septembre notamment) et à faible salinité (intense dessalure
    enregistrée fin avril suite aux fortes pluies par exemple).

    1.3.3. La qualité sanitaire au travers du contrôle microbiologique

    De nombreuses sources de contamination peuvent
    venir polluer le milieu littoral au travers des activités
    humaines ou animales. Cette contamination des eaux
    littorales peut être transmise à l’homme lors de la
    consommation de coquillages qui concentrent les microorganismes
    parmi lesquels des bactéries ou des virus
    transmissibles à l’homme. On parle alors de risque
    sanitaire.

    Pour contrôler la qualité sanitaire, des contrôles
    microbiologiques sont régulièrement réalisés. L’évaluation
    de la contamination est basée sur le dénombrement,
    dans 100 grammes de chair et de liquide inter-valvaire,
    des bactéries « Escherichia Coli » (E.coli), encore appelées
    « germes tests de contamination fécale ».

    Selon les résultats obtenus, une classe de qualité sanitaire
    est attribuée à chaque zone de production professionnelle
    de coquillage d’après des exigences réglementaires
    fixées. Selon la classe attribuée, des mesures de gestion
    peuvent être attribuées avant la mise sur le marché des
    coquillages :

  •  classe A : aucune mesure à prendre, la mise sur le marché peut être faite
  •  classe B : purification (cette opération consiste à immerger des coquillages pendant une durée suffisante pour éliminer des contaminants microbiologiques et les rendre aptes à la consommation immédiate) ou reparcage (il s’agit ici de récolter des larves ou des juvéniles d’huîtres, de clams ou de moules pour les ensemencer dans un milieu où les conditions sont plus favorables à la croissance ou à la qualité de la chair).
  •  classe C : reparcage longue durée
  •  classe D : exploitation des coquillages interdite
    Baie de l’Aiguillon (Charente-Maritime)
    Baie de l’Aiguillon (Charente-Maritime)

    Les zones de production sont surveillées dans le cadre
    du REMI (REseau de surveillance MIcrobiologique). Les
    différentes classes de qualité fixées vont permettre la
    détection d’éventuelles contaminations. Deux types de
    surveillance sont effectués :

  •  une surveillance régulière (mensuelle, bimestrielle …) sur les 375 points de suivi, pour estimer la qualité microbiologique de la zone. Un historique de mesures important donne une tendance générale de l’évolution des niveaux de contamination et montre l’efficacité des actions mises en oeuvre à l’échelle du bassin versant pour améliorer la qualité des eaux littorales, ou si, au contraire, des nouvelles sources de pollution viennent dégrader la qualité dans le temps.
  •  la surveillance en alerte pour indiquer un
    état de contamination en cas de problème de
    contamination importante. 3 niveaux d’alerte
    sont définis :
      • niveau 0 : risque de contamination (événement
        météorologique, dysfonctionnement du
        réseau…),
      • niveau 1 : contamination détectée,
      • niveau 2 : contamination persistante.

    Des mesures adaptées doivent alors être mises en place
    pour prévenir la santé des consommateurs, ainsi qu’une
    surveillance renforcée jusqu’à ce qu’il n’y ait plus aucun
    risque pour l’homme.

    Les résultats des analyses de ces 10 dernières
    années effectuées dans le cadre du REMI, par zone marine
    sont les suivants :

    Les résultats des analyses de ces 10 dernières années effectuées dans le cadre du REMI, par zone marine
    Zones marines Tendance générale de la contamination de ces 10 dernières années Qualité microbiologique de ces 3 dernières années
    Zone 074 – Olonne / Le Payré Pas de tendance significative (2)

    Amélioration (1)

    Moyenne (3)
    Zone 075 - Ouest îles de Ré et d’Oléron Moins de 10 ans de données (1) Moyenne (1)
    Zone 076 – Pertuis breton Pas de tendance significative (2)
    Amélioration (9)
    Bonne (2)

    Moyenne (9)

    Zone 077 – Baie de l’Aiguillon Pas de tendance significative (2)
    Amélioration (1)
    Moyenne (3)
    Zone 079 – Pertuis d’Antioche Pas de tendance significative (3)

    Amélioration (4)

    Moins de 10 ans de données (1)

    Moyenne (7)

    Nombre de données

    Zone 080 – Marennes Oléron Pas de tendance significative (5)

    Amélioration (2)

    Moins de 10 ans de données (1)

    Bonne (4)

    Moyenne (3)

    Nombre de données

    Zone 082 – Pertuis de Maumusson Pas de tendance significative (4) Moyenne (4)
    Zone 083 - Pertuis de Maumusson Dégradation (2)

    Pas de tendance significative (5)

    Moins de 10 ans de données (1)

    Bonne (1)

    Moyenne (7)

    Zone 084 - Aval et large de la Gironde Moins de 10 ans de données (2) Moyenne (1)

    Nombre de données

    (Laboratoire Environnement et Ressources des Pertuis Charentais, 2013)

    Entre parenthèse, est indiqué le nombre de points de suivi

    D’une manière générale pour ces 3 dernières années
    (2010-2012), la qualité microbiologique est moyenne voire
    bonne pour certains points.

    Mais sur les 10 dernières années (2003-2012), aucune
    tendance significative ne se dégage, hormis sur quelques
    points qui montrent une amélioration.

    Ponctuellement, des dépassements des seuils de qualité ont
    pu être observés sur certains points traduisant une mauvaise
    qualité et nécessitant une surveillance particulière.

    C’est par exemple le cas de « La Guittière » situé dans la
    zone 074 qui a montré en 2012 une mauvaise qualité avec
    plusieurs dépassements du seuil de 4600 E.coli/100g de CLI
    (chair et de liquide intervalvaire).

    1.3.4. La surveillance du phytoplancton et des phycotoxines

    Le REPHY (REseau de surveillance du PHytoplancton)
    permet à la fois de connaître et de suivre la biomasse,
    l’abondance et la composition du phytoplancton
    marin, ainsi que différents phénomènes (comme les
    efflorescences exceptionnelles que sont les eaux colorées
    ou le développement d’espèces toxiques ou nuisibles)
    pouvant avoir des conséquences importantes sur les
    écosystèmes côtiers. Il permet aussi de détecter et de
    suivre les espèces phytoplanctoniques pouvant produire
    des toxines dangereuses pour la santé humaine.

    Il repose sur une centaine de points d’observation répartis
    sur le littoral picto-charentais. La moitié de ces points
    permet une observation du phytoplancton tandis que
    l’autre moitié mesure la chlorophylle

    En France, 3 toxines présentent des risques pour la santé
    humaine : toxines lipophiles incluant les diarrhéiques ou
    DSP, toxines paralysantes ou PSP, toxines amnésiantes ou
    ASP.

    Les données du REPHY ont essentiellement pour but de
    répondre aux exigences de la DCE relatives à l’évaluation
    de la qualité des masses d’eau pour ce qui est des
    paramètres physico-chimiques et du phytoplancton.
    2012 se caractérise par une biomasse printanière
    très élevée sur plusieurs stations des pertuis en lien avec
    des conditions physico-chimiques particulières. Certains
    points ont d’ailleurs indiqué des concentrations cellulaires
    proches des maxima historiques (zones marines 076,
    077, 079, 080 et 082).

    Le suivi des toxines a décelé entre mai et juin 2012 la
    toxicité de certains coquillages en lien avec la présence
    de Dinophysis, au niveau de l’Ouest Iles de Ré et d’Oléron,
    en aval et au large de la Gironde, dans le Pertuis d’Antioche
    et dans le secteur Marennes-Oléron. Des contaminations
    plus faibles sont à noter dans le pertuis breton et dans la
    baie de l Aiguillon.

    À noter que plusieurs intoxications alimentaires ont été
    recensées chez des consommateurs de moules du pertuis
    d’Antioche et Marennes-Oléron en mai 2012.

    Des mesures ont alors été mises en place interdisant
    la pêche dans le pertuis d’Antioche ainsi que la
    commercialisation des bivalves d’élevage.

    Par le passé, le réseau REPHY avait mis en évidence
    plusieurs épisodes de présence de Dinophysis qui ont
    entraîné des périodes de fermetures de la pêche sur le
    littoral charentais :

  •  en 1987, pendant près d’un mois (du 27/05/1987 au 30/06/1987) le ramassage et la commercialisation de ces derniers ont été interdits sur toutes les zones littorales de la Charente-Maritime
  •  au printemps 1999, du 12 mai au 2 juin, plusieurs secteurs ont été fermés. L’arrêté pris à cette occasion n’a pas concerné les huîtres et les gastéropodes.
  •  en 2002 et 2004, deux brefs épisodes toxiques ont conduit à des interdictions de pêche et de commercialisation d’une semaine dans le pertuis breton
  •  en 2006, deux interdictions de pêche et de commercialisation des moules d’une semaine ont eu lieu dans le pertuis breton et sur la côte de l’Aiguillon au cours du mois de mai
  •  en 2007, des arrêtés préfectoraux d’interdiction temporaire de pêche, ramassage, expédition et commercialisation ont été pris en Vendée (huîtres, parcs du Havre de la Gachère, du 17 mai au 31 mai), en Charente maritime (11 juin) et dans le pertuis breton (moules, du 21 juin au 6 juillet).
  •  en 2009, la Seudre amont a de nouveau connu
    quelques alertes dues à la mauvaise qualité
    sanitaire des eaux. De nombreuses réunions se
    sont tenues en cours d’année avec les services
    de l’état en Vendée et Charente-Maritime pour
    aboutir à une révision du classement des zones
    de production conchylicole en décembre pour
    la Vendée et en février 2010 pour la Charente-
    Maritime. Ce classement entérine la dégradation
    de la qualité microbiologique d’une partie des
    côtes de l’île de Ré et de la Seudre amont.

    Il est à noter que les gisements conchylicoles de la
    baie de l’Aiguillon présentent périodiquement des teneurs
    excessives en germes bactériens d’origine fécale, véhiculés
    par les réseaux hydrographiques (Sèvre Niortaise, Lay, …)
    drainant les bassins d’alimentation.

    1.3.5. L’observation de la contamination chimique

    Le niveau de contamination chimique du littoral est
    suivi dans le cadre du réseau ROCCH (Réseau d’Observation
    de la Contamination CHimique).

    Il se matérialise par le suivi de moules et d’huîtres qui
    servent d’indicateurs quantitatifs de contaminations,
    ces mollusques ayant la capacité comme d’autres de
    concentrer certains contaminants.

    3 principaux métaux sont analysés :

  •  le cadmium (Cd) qui est issu principalement de traitements de surface (cadmiage), des industries électriques et électroniques, de la production de pigments colorés, de la combustion du pétrole et de l’utilisation de certains engrais chimiques.
  •  le mercure (Hg) peut provenir de source naturelle (dégazage de l’écorce terrestres, feux de forêt, volcanisme, lessivage des sols …) ou anthropique (processus de combustion (charbon, pétrole, ordures ménagères …), fabrication de la soude et du chlore …).
  •  le plomb (Pb), utilisé dans la fabrication
    d’accumulateurs et l’industrie chimique.
    Pour la période 2008-2012 et au global depuis 30
    ans, les résultats sont tels que :
    L’observation de la contamination chimique pour la période 2008-2012 et au global depuis 30 ans
    Cadmium Plomb Mercure
    Secteur Olonne - Le Payré

    (zone 074)

    Médiane des concentrations < médiane
    nationale

    Tendance à la baisse depuis 30 ans (valeurs
    diminuées de moitié)

    Médiane des concentrations <
    médiane nationale

    Tendance stable depuis 30 ans

    Médiane des concentrations >
    médiane nationale

    Tendance stable depuis 30 ans

    Mer des Pertuis (zones
    076, 077, 079, 080, 081,
    082)
    Médiane des concentrations > médiane
    nationale

    Tendance à la baisse depuis plusieurs
    années

    Valeurs proches de la médiane
    nationale
    Valeurs légèrement > à la moyenne
    nationale

    Tendance stable depuis 30 ans

    Estuaire de la Seudre (zone
    083)
    En amont, niveau de contamination > au
    seuil sanitaire au le point « L’Eguille »

    En aval, tendance générale à la baisse

    Aucune tendance particulière sur la partie amont pour ces 2 métaux ces 30
    dernières années mais baisse observée en aval
    Estuaire de la Gironde
    (zones 084 et 085)
    Pour les points « Pontaillac » et « La Fosse »,
    baisse lente des valeurs depuis ces 30
    dernières années mais stabilisation depuis
    2005 (valeurs nettement > à la médiane
    nationale)
    Valeurs > à la médiane nationale

    Tendance stable depuis plusieurs
    années

    Teneurs nettement plus élevées que
    la médiane nationale

    Niveaux de contamination
    globalement stables

    (Laboratoire Environnement et Ressources des Pertuis Charentais, 2013)

    Dans les années passées, de 2002 à 2009, ont été mises
    en évidence les tendances suivantes :

  •  une réduction des apports par la Gironde, des teneurs en cadmium proches du seuil sanitaire et en augmentation dans certains secteurs. L’hypothèse d’une pollution secondaire par le fleuve Charente est étudiée
  •  les teneurs en plomb restent sous le seuil réglementaire. La tendance générale est à la diminution
  •  les teneurs en mercure sont stables ou à la baisse ces dernières années (« Les Palles », Boyardville », « Dagnas », « Mus de Loup »)
  •  les teneurs en cuivre sont au-dessus de la médiane nationale, marquées par des augmentations importantes pour certains secteurs (« les palles »…)
  •  les teneurs en zinc se stabilisent ou diminuent suivant les secteurs
  •  la teneur des insecticides est en diminution
  •  les concentrations en argent, chrome, nickel et
    vanadium sont supérieurs à la médiane nationale
    dans les zones d’interactions eaux continentales/
    eaux marines (baie, estuaire…).

    1.3.6. La production conchylicole

    Le RESCO (Observatoire conchylicole) appréhende
    les performances de l’élevage de l’huître creuse grâce à
    différents indicateurs de l’huître et du milieu dans lequel
    elle se trouve de mars à décembre.

    Les observations de ce réseau se basent sur des lots de
    sentinelles de Crassostrea gigas répartis sur l’ensemble
    du littoral français parmi lesquels deux se trouvent dans
    les Pertuis Charentais.

    En 2012, la croissance des adultes a été optimale
    sur les 2 sites des Pertuis Charentais : c’est la deuxième
    année la plus favorable de ces dix dernières années.

    La croissance des juvéniles a été hétérogène avec une
    situation un peu plus favorable sur le site de « Loix en Ré »
    par rapport à celui d’ « Agnas ».

    La mortalité du cycle d’élevage 2012 des adultes, estimée
    à 13% (Agnas) et 15% (Loix en Ré), est supérieure à la
    médiane des années précédentes (environ 10%). Une
    baisse des mortalités est globalement observée depuis
    2010. En 2008, une crise de surmortalité touchant la
    plupart des naissains d’huîtres élevés a été observée.

    1.3.7. Le réseau benthique

    Le REBENT (REseau BENThique) suit la qualité des
    eaux littorales et des milieux côtiers. Il permet à la
    fois de suivre l’évolution de la végétation littorale mais
    également de veiller sur l’évolution de la biodiversité et
    de l’état de certains habitats. Ce réseau ne s’intéresse
    qu’aux organismes marins dont la taille est supérieure
    à 1 mm (macrobenthos) et se situant dans la zone de
    balancement des marées et dans les petits fonds côtiers.

    Des indicateurs d’état des lieux et d’évolution des masses
    d’eau ont été mis en place dans le cadre de la DCE en lien
    avec le REBENT. Les données de ce réseau sont également
    utilisées dans le cadre d’autres programmes tels que
    Natura 2000, la stratégie des aires marines protégées …
    En région, les
    suivis REBENT-DCE sont
    en place depuis 2007.
    Chaque année, sont
    notamment effectués
    des suivis d’herbier à
    Zostera noltii. Cette
    espèce marine a un rôle
    essentiel dans le milieu
    aquatique dans son
    apport en dioxygène et
    en nutriments.

    Selon les secteurs, il
    apparait que les herbiers
    sont plus ou moins en
    bonne santé en fonction
    des perturbations (pêche
    à pied, mouillage des navires …).

    Des suivis d’invertébrés permettent quant à eux de
    qualifier la qualité écologique de différents milieux. Sont
    observés des « invertébrés du subtidal » et des « invertébrés
    de l’intertidal ».

    À VOIR SUR LE SITE DE L’EAU EN POITOU-CHARENTES …
    RPDE, Réseau Partenarial des Données sur l’Eau : www.eau-poitou-charentes.org, rubriques :
    Connaître l’eau et ses usages en région > Sa qualité > À l’état naturel
    Connaître l’eau et ses usages en région > Sa qualité > Pour la baignade
    Connaître l’eau et ses usages en région > Sa qualité > Pour l’eau potable

     Pour aller plus loin
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