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Les crues et les inondations

Thème Eau - Edition 2015
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Dernière mise à jour : 2015

3.1. Qu’est-ce qu’une crue, une inondation ?

3.2. Et en Poitou-Charentes ?

3.3. Le risque d’inondation


3.1. Qu’est-ce qu’une crue, une inondation ?

La crue correspond à la montée des eaux d’un cours
d’eau, l’inondation au phénomène qui en résulte, l’eau
débordant, se répandant sur les terrains alentours.

Lors des crues, le cours d’eau déborde de son lit
mineur et envahit son lit majeur. Elles se produisent
essentiellement en hiver, lors d’épisodes pluvieux
très intenses et lorsque les sols, saturés en eau, ne
permettent plus aux eaux de pluie de s’infiltrer, et que
l’absorption par la végétation est limitée par la faible
activité photosynthétique. L’importance du ruissellement
superficiel, générateur de la crue, est d’autant plus
marqué que l’épisode pluvieux est intense.

Lorsque le sol est imperméable ou devenu imperméable
suite à une sécheresse importante (dessiccation) : le sol
n’absorbe plus la quantité d’eau qui lui parvient et finit par
ruisseler.

Mais ce phénomène peut également être
accentué par des causes humaines directes (drainage,
imperméabilisation des sols …), ou indirectes (changement
climatique).

Différents types de crue existent : les crues
lentes pour lesquelles le débit du cours d’eau augmente
lentement, suite à des pluies ou à la fonte des neiges
par exemple, et les crues rapides (brutales ou éclair)
qui résultent de pluies abondantes, d’orages violents, …
Elles peuvent devenir torrentielles et sont plus difficiles
à prévoir.

Phénomène naturel, elles sont importantes pour
l’écosystème aquatique :

  •  transport de sédiments, curage du lit du cours d’eau,
  •  diversification des espèces animales et végétales,
  •  enrichissement du terrain en matières organiques qu’elles déplacent et déposent,
  •  réalimentation, réactivation de zones humides,
  •  inondation des frayères (importantes car zones de reproduction pour les poissons),
  •  rechargement de nappes alluviales.
    Boivre en crue (Vienne)
    Boivre en crue (Vienne)

    La Directive 2007/60/CE du 23 octobre 2007 relative à l’évaluation et à la gestion des risques d’inondations donne les
    définitions suivantes :

  •  inondation : submersion temporaire par l’eau de terres qui ne sont pas submergées en temps normal. Cette notion recouvre les inondations dues aux crues des rivières, des torrents de montagne et des cours d’eau intermittents méditerranéens ainsi que les inondations dues à la mer dans les zones côtières et elle peut exclure les inondations dues aux réseaux d’égouts.
  •  risque d’inondation : combinaison de la
    probabilité d’une inondation et des conséquences
    négatives potentielles pour la santé humaine,
    l’environnement, le patrimoine culturel et
    l’activité économique associée à une inondation.
    Le risque majeur est donc la confrontation d’un
    aléa avec des enjeux (Prévention des Risques
    Majeurs, 2012).
    Différentes sortes d’inondation
    peuvent être différenciées :

    * lorsqu’une montée lente des eaux en région de
    plaine est observée, on peut voir :
    • des inondations de plaine : la rivière sort
    lentement de son lit mineur et peut ainsi inonder
    la plaine pendant une période relativement
    longue. La rivière occupe alors son lit moyen et
    éventuellement son lit majeur.

    Saint Gelais 12 décembre 2011 (Deux-Sèvres)
    Saint Gelais 12 décembre 2011 (Deux-Sèvres)

    • des inondations par remontée de nappe :
    lorsque le sol est saturé d’eau, il arrive
    que la nappe affleure et qu’une inondation
    spontanée se produise. Ce phénomène concerne
    particulièrement les terrains bas ou mal drainés.

    Prahecq 23 février 2013 (Deux-Sèvres)
    Prahecq 23 février 2013 (Deux-Sèvres)

    * lors d’une formation rapide de crues torrentielles
    consécutives à des averses violentes, les crues
    des rivières sont dites torrentielles et des
    torrents peuvent se former. En effet, dès que
    des précipitations intenses tombent sur tout
    un bassin versant, les eaux ruissellent et se
    concentrent rapidement dans le cours d’eau, d’où
    des crues brutales et violentes dans les torrents
    et les rivières torrentielles. Le lit du cours d’eau
    est en général rapidement colmaté par le dépôt de
    sédiments, et des bois morts peuvent former des
    barrages, appelés embâcles. Lorsqu’ils viennent à
    céder, ils libèrent une énorme vague, qui peut être
    dévastatrice.

    * enfin, on parlera de ruissellement pluvial urbain et
    de crues rapides des bassins périurbains lorsque l’imperméabilisation du sol (bâtiments, voiries,
    parkings, etc.) limite l’infiltration des pluies et
    accentue le ruissellement, ce qui occasionne
    souvent la saturation et le refoulement du réseau
    d’assainissement des eaux pluviales. Il en résulte
    des écoulements plus ou moins importants et
    souvent rapides dans les rues.

    3.2. Et en Poitou-Charentes ?

    Le régime des cours d’eau de Poitou-Charentes
    est caractérisé par des hautes eaux hivernales et des
    basses eaux estivales. Si tous les cours d’eau de la région
    connaissent des crues, les caractéristiques de cellesci
    varient en fonction de la taille, de la morphologie, de
    la végétation et du substrat géologique des bassins
    versants.

    Certains cours d’eau connaissent une montée des eaux
    très lente, une durée d’inondation se chiffrant en jours,
    voire en semaines, et une décrue progressive : le fleuve
    Charente en est l’exemple typique, le Clain et la Sèvre
    Niortaise ont un comportement analogue.

    À l’opposé, les cours d’eau issus du socle cristallin
    présentent des crues soudaines ou brutales et de courte
    durée : c’est le cas notamment du Thouet et de la Gartempe.
    La situation de la Vienne est intermédiaire.

    Quelques exemples de grandes crues peuvent être
    cités au niveau du bassin de la Charente la région garde
    notamment le souvenir de celles de 1882, 1904, 1910,
    1937, 1952, 1966, 1982, 1994 et 2000. Au niveau du
    bassin du Thouet, les crues les plus notables datent de
    1911, 1998 et 1999.

    Les bassins de la Charente et du Marais Poitevin sont
    caractérisés par des perturbations océaniques. L’aval de
    ces bassins subit l’influence maritime (marée, surcote
    et décote qui correspondent à une diminution ou
    augmentation de la hauteur d’eau par rapport à la marée),
    qui peut conduire à des submersions marines par surcote
    associée aux évènements météorologiques importants,
    et à des inondations.

    Les dernières fortes inondations observées sur ces secteurs
    remontent à fin février 2010. Elles ont été provoquées par
    la tempête Xynthia qui a frappé la France durant la nuit du
    27 au 28 février 2010. Cette tempête associée à de fortes
    marées a conduit à la rupture de nombreuses digues
    notamment en Charente-Maritime. Les îles d’Oléron, de Ré,
    d’Aix et l’île Madame ont par ailleurs été particulièrement
    touchées par cette catastrophe naturelle.

    Vue des communes de l’Aiguillon-sur-Mer et La Faute-sur-mer
    Vue des communes de l’Aiguillon-sur-Mer et La Faute-sur-mer

    3.3. Le risque d’inondation

    L’inondation est le risque naturel le plus important en
    Poitou-Charentes. Un risque résulte de la conjonction d’un
    aléa naturel, et de la vulnérabilité des activités humaines
    face à cet aléa.

    La vulnérabilité face aux inondations est liée à
    la présence des villes qui, au cours de l’Histoire, se
    sont développées le long des vallées. Les principales
    agglomérations concernées par le risque d’inondation en
    Poitou-Charentes sont : Angoulême, Cognac et Saintes
    sur la Charente, Niort sur la Sèvre Niortaise, Poitiers sur
    le Clain, Châtellerault sur la Vienne, Montmorillon sur la
    Gartempe.

    Au cours des dernières décennies (1982-2012),
    1 409 communes de la région (sur les 1464) ont été
    concernées par au moins un arrêté de catastrophe
    naturelle au titre des inondations (hors tempêtes de
    décembre 1999 et février 2010) : 404 en Charente, 472
    en Charente-Maritime, 252 en Deux-Sèvres et 281 en
    Vienne. (Prévention des Risques Majeurs, 2013)

    Les inondations en Poitou-Charentes
    Les inondations en Poitou-Charentes

    Visualisez la carte dans l’atlas cartographique de l’ORE

    À noter que le risque inondation par remontée
    de nappes phréatiques existe en Poitou-Charentes.
    3 arrêtés ont déjà été pris en région au niveau des
    communes de Villiers en Plaine (79), à Saint-Agnant
    (17) et à Châteaubernard (16). Ce risque concerne les 4
    départements avec une sensibilité plus ou moins forte en
    fonction de la zone géographique (forte par exemple pour
    la nappe du Dogger dans le bassin versant du Clain).

    En Poitou-Charentes, des études portent sur ce
    phénomène au niveau du bassin du Clain et visent à
    montrer l’intérêt de prendre en compte les niveaux des
    nappes dans la prévision des phénomènes d’inondation
    à Poitiers.

    Pour en savoir plus sur cette thématique, le volet « Risques naturels » est plus largement détaillé dans l’Environnement
    en Poitou-Charentes - Thème Risques naturels
    .

    À VOIR SUR LE SITE DE L’EAU EN POITOU-CHARENTES …
    RPDE, Réseau Partenarial des Données sur l’Eau : www.eau-poitou-charentes.org, rubriques :
    Connaître l’eau et ses usages en région > Sa quantité > Suivi des écoulements
    La gestion de l’eau > Rivières et crues

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