L’ENVIRONNEMENT EN POITOU-CHARENTES (http://www.environnement-poitou-charentes.org) L'Etat - membre fondateur Région Nouvelle-Aquitaine
AccueilLa situationEauLa gestion quantitativeLes ressources en eau présentes en région
La situation
Eau
Etat
La gestion quantitative
> Les ressources en eau présentes en région

Les eaux souterraines

Thème Eau - Edition 2015
Nouveau !
Dernière mise à jour : 2015

3.1. Quelques notions géologiques et hydrogéologiques en
Poitou-Charentes

3.2. Le fonctionnement d’une nappe

3.3. Les eaux souterraines en Poitou-Charentes

6> 3.3.1. Les ressources souterraines6
6> 3.3.2. Le suivi quantitatif des eaux souterraines6
6> 3.3.3. Des variations saisonnières et pluriannuelles6
6> 3.3.4. Les relations nappes / rivières6


3.1. Quelques notions géologiques et hydrogéologiques en Poitou-Charentes

La région Poitou-Charentes est caractérisée par une
géologie particulière : elle est en effet située au carrefour
de quatre régions naturelles, deux massifs anciens,
d’âge primaire (le Massif Vendéen et le Massif Central),
et de deux grands bassins, d’âge secondaire et tertiaire
(le Bassin Parisien et le Bassin Aquitain), séparés par un
haut-fond, le Seuil du Poitou.

Les deux massifs anciens armoricain et central (socle),
sont formés de roches magmatiques et métamorphiques
(granites, schistes, gneiss,...), disposées en grandes
unités séparées par des failles profondes, de direction
« armoricaine » (NO-SE), résultat de la surrection des
chaînes de montagnes d’âge Paléozoïque (Primaire),
notamment la chaîne hercynienne (Carbonifère, environ
300 Millions d’années (Ma)).

Les grands systèmes aquifères de Poitou-Charentes
Les grands systèmes aquifères de Poitou-Charentes

Visualisez la carte dans l’atlas cartographique de l’ORE

Ces failles (failles d’Availles-Limouzine, Bressuire,
Montreuil-Belay, Parthenay, Secondigny,…) traversent
le Seuil du Poitou où la couverture sédimentaire est peu
épaisse, faisant parfois affleurer le socle en fond de
vallée. Le socle plonge de chaque côté du seuil vers les
deux bassins sédimentaires aquitain et parisien.

Les deux bassins parisien et aquitain sont composés
d’un empilement de roches sédimentaires essentiellement
carbonatées, d’origine marine, résultat des différents
épisodes de transgression et de régression de la mer. Ils
sont d’âge Secondaire à Tertiaire (Jurassique : 200 Ma à 135 Ma,
Crétacé supérieur : 100 Ma à 65 Ma, Tertiaire : 50 Ma à 20 Ma).
Certains étages géologiques, quasiment absents en
région Poitou-Charentes, témoignent de longues périodes
d’émersion et d’érosion (Crétacé inférieur).

Enfin, dans les zones littorales, on observe des dépôts
quaternaires de terrains argileux appelés « Bri », datant
de la fonte des glaciers à la fin de la dernière période
glaciaire (Würm, 12 000 ans).

Ces formations sédimentaires du Crétacé supérieur
et du Tertiaire ont été affectées par des mouvements
tectoniques datant du développement de la chaîne
pyrénéenne au sud, résultat de la collision de la plaque
africaine et des plaques européenne et ibérique.

Coupe schématique SW-NE de la région Poitou-Charentes
Coupe schématique SW-NE de la région Poitou-Charentes

Ces mouvements tectoniques sont à l’origine des
différentes structures synclinales, anticlinales, et des
failles qui affectent la géologie en Poitou-Charentes, et qui
façonnent le relief et les paysages de la région, notamment
l’orientation des vallées de direction armoricaine (NO-SE).
On peut citer notamment :

  •  Pour le bassin aquitain : synclinal de Saintes anticlinaux de St Césaire, Gémozac, Jonzac, Hiersac, St Félix, Montmoreau, Mareuil, Montendre, la Clotte failles de l’Echelle, de Vilhonneur, d’Aiffres, de Blanzay
  •  Pour le seuil du Poitou : dôme de Melle grabens de St Maixent et de Lezay horsts de Montalembert et de Champagné failles de Parthenay, d’Asnois, d’Availles-Limouzine, de Chantonnay, de Secondigny
  •  Pour le bassin parisien : synclinaux de Ligueil,
    de Loudun, cuvette de Martizay anticlinaux de
    Richelieu, Châtellerault

    Le socle (Massifs Armoricain et Central), ainsi que les
    calcaires durs du Dogger (en jaune sur la carte du relief
    page 64), sont à l’origine des reliefs les plus importants,
    tandis que les formations plus tendres du Jurassique
    supérieur et du Crétacé supérieur forment les grandes
    plaines (en vert).

    Le réseau hydrographique est très développé (chevelu
    important), dans les zones où le ruissellement est
    prépondérant sur l’infiltration, en zone de socle
    notamment, au sud de la région (sables et argiles du
    Cénozoïque), et dans le nord de la Vienne (Cénomanien).
    Sur les calcaires et marnes du Jurassique supérieur, le
    réseau est moins dense. Il est pratiquement limité aux
    grands cours d’eau et parfois discontinu dans les zones
    karstiques du Jurassique moyen (bassins du Clain, de
    la haute Sèvre-Niortaise, de la Charente amont, et de la
    Dive), et du Jurassique supérieur de la Braconne. Dans
    les secteurs à dépôts sableux (dunes littorales, sables
    fluviatiles, altérites sableuses), le réseau hydrographique
    est quasiment inexistant.

    Les grandes structures géologiques de Poitou-Charentes
    Les grandes structures géologiques de Poitou-Charentes

    Visualisez la carte dans l’atlas cartographique de l’ORE

    La limite hydrologique entre les bassins parisien
    (bassin versant de la Loire) et aquitain suit globalement
    la direction « armoricaine » (NO-SE). Les limites amont des
    bassins versants de l’Autize, de la Sèvre Niortaise, de la
    Charente s’orientent en effet selon cette direction. Au
    niveau du Seuil du Poitou, la Dive et la Bouleure se perdent
    en grande partie et hésitent dans leur écoulement entre
    les 2 grands bassins.

    Le relief de Poitou-Charentes
    Le relief de Poitou-Charentes

    Visualisez la carte dans l’atlas cartographique de l’ORE

    L’occupation du sol est aussi guidée par la géologie. Bocage,
    plaine céréalière, vignoble, forêt ne se distribuent pas au
    hasard. On notera en particulier la zone boisée singulière
    qui court d’une manière presque ininterrompue de la forêt
    de la Braconne (à l’est d’Angoulême) au Marais Poitevin
    en passant par la forêt de Chizé. Cette zone « verte » se
    superpose à des formations marneuses du Jurassique
    supérieur.

    Relations entre la nature des roches et la densité du réseau hydrographique
    Relations entre la nature des roches et la densité du réseau hydrographique

    Visualisez la carte dans l’atlas cartographique de l’ORE

    3.2. Le fonctionnement d’une nappe

    L’eau de pluie infiltrée dans le sous-sol, quantité
    plus ou moins importante de la pluie efficace, circule dans les pores et les microfissures
    de certaines roches, appelées « aquifères », ou
    littéralement « roches qui contiennent de l’eau ».

    Ces aquifères sont souvent composés de deux parties,
    l’une non saturée en eau et située en surface, et l’autre
    saturée en eau, située en profondeur.

    Zone saturée et non saturée
    Zone saturée et non saturée

    La zone non saturée comprend le sol et la partie
    supérieure de la roche aquifère. Dans cette zone, l’eau
    qui ne remplit pas l’intégralité des pores de la roche, est
    en perpétuel mouvement. Elle est en effet soumise aux
    forces de capillarité, qui tendent à faire remonter l’eau
    vers la terre végétale agissant comme un buvard, et à la
    pesanteur qui l’attire en profondeur. Une partie de cette
    eau descend donc par percolation vers les couches les plus
    profondes, jusqu’à rencontrer une couche imperméable (le
    « mur » de la nappe), au-dessus de laquelle commence la
    zone saturée, où l’eau pénètre dans tous les interstices
    de la roche et dans tous les vides possibles. La nappe est
    renfermée dans cette deuxième zone. L’eau s’y écoule en
    sous-sol sur la couche imperméable, en suivant le plus
    souvent la topographie, parfois sur des dizaines, voire
    des centaines de kilomètres. Une nappe est ainsi toujours
    en mouvement vertical et latéral. L’eau souterraine peut
    ressurgir à la surface du sol, en formant une source,
    souvent à l’origine d’un cours d’eau, dans des secteurs
    topographiquement plus bas que leur zone d’alimentation.

    Lorsque l’aquifère comprend une zone non saturée et une
    zone saturée, la nappe est dite nappe libre elle est à la
    pression atmosphérique, et son niveau monte et descend
    en fonction des précipitations (fluctuations saisonnières
    et annuelles).

    Quand l’eau d’une nappe circulant dans le sous-sol, se
    trouve piégée sous une couche imperméable, on parle
    alors de nappe captive, en général profonde (quelques
    centaines de mètres et plus). Ce type d’aquifère comprend
    uniquement une zone saturée, et l’eau s’y trouve la plupart
    du temps sous pression. Cette eau, lorsqu’elle est libérée
    par un forage qui perce la couche imperméable, peut jaillir
    en surface naturellement (artésianisme), puisque son
    niveau est au-dessus du sol (cas de l’Infra-Toarcien en
    Deux-Sèvres, Jurassique supérieur Nord Vienne,…).

    En Poitou-Charentes, on trouve fréquemment un
    empilement de nappes captives séparées par des couches imperméables dans le sous-sol. La première nappe
    rencontrée sous la surface du sol est en général libre. Elle
    est dite « nappe phréatique » car c’est celle qui est captée
    par les puits.

    Les roches aquifères qui diffèrent selon la nature
    géologique des terrains qui les composent peuvent
    être libres ou captifs ainsi on distingue :

  •  les aquifères sédimentaires composés de roches sédimentaires (calcaires, sables, grès, craie). Ces nappes sont caractéristiques des grands bassins français, comme le bassin parisien ou le bassin aquitain en Poitou-Charentes. Elles sont libres ou captives.
  •  les aquifères alluviaux, formés de sables et de graviers, en relation avec les cours d’eau le plus souvent, sont libres.
  •  les aquifères de socle (composés de roches
    cristallines : granite, gneiss, etc…, et volcaniques :
    laves…) conservent l’eau dans les fissures et les
    zones altérées (arènes). Ils donnent naissance
    localement à de petites nappes libres (ex : en
    Bretagne, dans le Massif Central, les Alpes et les
    Pyrénées), mais sont peu représentés en Poitou-
    Charentes (NO des Deux-Sèvres).

    Les aquifères sont caractérisés par leurs capacités
    à stocker l’eau (porosité, emmagasinement), et à la
    mobiliser (perméabilité). Ces deux paramètres permettent
    de mesurer leur productivité.
    Les sables non consolidés (dunes, plages) et les alluvions
    graveleuses, ont une porosité d’interstices très poreux,
    ils peuvent contenir entre les grains, de 100 à 200 litres
    d’eau par m3 de roche.

    Les roches calcaires, peuvent aussi être très poreuses
    (craie, calcaire bioclastiques), les pores occupant en
    général les vides laissés par la dissolution des coquilles.
    Elles ont aussi tendance à se fissurer (porosité de
    fissures), l’eau pouvant ainsi circuler rapidement, leur
    conférant une perméabilité élevée.

    D’autre part, par dissolution des carbonates, les
    fissures peuvent s’agrandir jusqu’à donner des conduits
    souterrains plus ou moins développés, caractéristiques
    des aquifères dits karstiques.

    La perméabilité d’un aquifère à forte porosité matricielle
    (ex : sables), est souvent moyenne à faible (vitesse de
    l’ordre de 3 m par jour), et la quantité d’eau facilement
    mobilisable n’est pas forcément importante. Dans un
    aquifère fissuré et/ou karstique la perméabilité est en
    général élevée (vitesses respectivement de l’ordre de 6 à
    12 m par jour, et de 80 à 2500 m par jour), mais la capacité
    de stockage peut être faible, d’où un épuisement rapide
    du réservoir souterrain.

    Les différents types de nappe
    Les différents types de nappe

    3.3. Les eaux souterraines en Poitou-Charentes

    3.3.1. Les ressources souterraines

    En Poitou-Charentes, on rencontre 4 grands types d’aquifères :

  •  aquifères de socle,
  •  aquifères des calcaires karstiques,
  •  aquifères des calcaires fissurés,
  •  aquifères des formations sableuses.
    Les grands types d’aquifères en Poitou-charentes
    Les grands types d’aquifères en Poitou-charentes

    Visualisez la carte dans l’atlas cartographique de l’ORE

    Les différents types d’aquifères

    Les aquifères de socle

    La Touvre à Ruelle sur Touvre (Charente)
    La Touvre à Ruelle sur Touvre (Charente)

    Ils sont situés dans la frange d’altération et de
    fracturation des roches. Le réservoir est constitué par
    la zone d’altération des roches, développée depuis le
    sol jusqu’à parfois plusieurs dizaines de mètres de
    profondeur (altérites), et les circulations se font dans le
    système de fissures et fractures affectant la roche en
    dessous. Ce sont la plupart du temps des nappes locales,
    peu productives, et de faible profondeur (inférieures à
    50 m). Leur bassin versant souterrain épouse le bassin
    versant topographique, et leur circulation se fait vers les
    rivières. Ces nappes évoluent rapidement en fonction de
    la pluviométrie (recharge, vidange) avec peu de décalage
    par rapport aux épisodes pluvieux. Ces nappes sont
    localisées au NO des Deux-Sèvres (Massif Armoricain),
    bassins de la Sèvre Nantaise et d’une partie du Thouet,
    ainsi qu’au NE de la Charente et au SE de la Vienne (en
    bordure du Massif Central), bassins versants de l’Autize
    (partie amont), de la Vienne, de la Gartempe, de la Creuse,
    de la Charente et de certains affluents du Clain.


    Les aquifères des calcaires
    karstiques

    En Poitou-Charentes, on trouve des systèmes
    aquifères karstiques dans les formations calcaréomarneuses
    et dolomitiques du Jurassique inférieur
    (Infra-Toarcien), dans les calcaires du Jurassique moyen
    et supérieur, et dans le Crétacé supérieur (Cénomanien
    et Turonien-Coniacien).

    Dans ces zones karstiques, le réseau hydrographique
    est peu développé, à la faveur de circulations d’eau
    souterraines importantes. Certaines rivières se perdent
    complètement dans le karst (ex : Dive du Sud et Bouleure
    à Lezay, Seudre près de Gémozac,...). Les bassins versants
    topographiques ne correspondent pas forcément aux
    bassins versants souterrains, si bien que l’on observe
    fréquemment des transferts d’eau d’un bassin à un autre,
    comme c’est le cas pour le bassin souterrain du Clain, qui
    est moins étendu que son bassin topographique, au profit
    de ceux de la Vienne et de la Sèvre-Niortaise.

    En surface, on observe leurs exutoires qui peuvent être
    très importants : les sources du Vivier qui alimentent Niort
    et les sources de la Touvre qui alimentent Angoulême.

    Parmi les systèmes karstiques développés en Poitou-
    Charentes, le karst de la Rochefoucauld (calcaires jurassiques
    de Charente), couvre une superficie de 600 km2, constituant
    ainsi l’un des plus importants systèmes karstiques de
    Les différents types d’aquifères
    France. Sa résurgence principale (sources de la Touvre) est
    la deuxième de France de par son débit annuel de 13m3/s.

    Le bassin d’alimentation de l’aquifère karstique de
    la Touvre est limité à l’Est par la zone d’affleurement des
    niveaux marneux du Toarcien-Aalénien et à l’Ouest par ceux
    du Jurassique supérieur (kimméridgien).

    À la base de la formation, on observe une circulation rapide
    provenant des pertes du Bandiat et de la Tardoire, tandis
    que la circulation devient plus lente dans la partie altérée
    (réservoir poreux très capacitif ).

    En Poitou-Charentes, de part et d’autre du seuil du Poitou,
    un autre système karstique important est représenté par
    les calcaires du Dogger qui forment les plateaux, avec des
    formes karstiques telles que les gouffres et les vallées
    sèches. Dans les vallées encaissées, les rivières telles que le
    Clain, coulent souvent sur un substratum marneux (marnes
    du Toarcien), et on y rencontre des sources alimentées par
    le Dogger.

    Ces systèmes karstiques sont à l’origine de transferts
    d’eau entre bassins versants, notamment ceux de la Sèvre
    Niortaise, de la Vienne, et de la Charente.

    Dans le bassin versant du Clain par exemple, on observe
    des discordances entre les bassins hydrographiques et
    hydrogéologiques, notamment dans le bassin de la Dive du
    Sud (secteur de Rom) où la totalité des eaux en été et leur
    majeure partie en hiver reconstituent le cours pérenne de
    la Sèvre niortaise au niveau de la partie haute de son cours.

    Dans certaines zones karstiques, les écoulements
    souterrains vont vers les bassins voisins : celui de la Vienne,
    dans le cours amont du Miosson, celui de la Sèvre Niortaise,
    dans la partie amont du cours de la Dive du Sud, et enfin
    celui de la Charente au sud, entre Chaunay et la Chapelle-
    Bâton.


    Les aquifères des calcaires fissurés

    En Poitou-Charentes, on trouve ce type d’aquifères
    dans une grande partie de la Charente, au Nord de la
    Charente-Maritime, au Sud des Deux-Sèvres ainsi qu’au
    Nord de la Vienne. Ils se situent dans les calcaires marneux
    fissurés du Jurassique supérieur, peu perméables.

    La nappe superficielle, est localisée dans la frange
    d’altération et de fissuration, de couleur ocre, dont
    l’épaisseur dépasse rarement une trentaine de mètres. Sa
    base, a une couleur gris-bleu (« banc bleu » des foreurs),
    caractéristique de l’absence d’eau.

    Les circulations d’eau suivent la topographie, dans le
    réseau de fissures et de plans de stratification, en direction
    globalement de la rivière. Ce réservoir stocke peu d’eau,
    mais celle-ci est facilement mobilisable, expliquant le
    régime des rivières. En effet, en hiver, la nappe se recharge
    facilement avec les pluies, et alimente la rivière, mais en
    étiage, la nappe s’épuise rapidement, et lorsque son niveau
    descend en-dessous de celui de la rivière, la relation est
    inversée : la rivière alimente la nappe d’où l’apparition
    d’assecs.

    De par cette faculté à stocker l’eau rapidement en hiver,
    la nappe a tendance à déborder lors de fortes pluies,
    provoquant des inondations dans les zones basses.
    Les bassins versants principalement concernés par ce
    type d’aquifères en Poitou-Charentes, sont la Pallu, la Dive
    du Nord et la Dive du Sud, le Mignon-Courance, le Curé,
    l’Aume-Couture, l’Antenne, la Boutonne, la Gère et la
    Devise.

    En été, dans ces bassins versants, les prélèvements
    en nappe souvent importants, viennent aggraver une
    situation qui est naturellement difficile pendant cette
    période de l’année.


    Les aquifères des formations sableuses

    Enfin, en Poitou-Charentes, on rencontre des
    aquifères dans les formations sableuses du Tertiaire du
    sud de la Charente-Maritime, et du Cénomanien du nord
    de la Vienne. Ces réservoirs fortement capacitifs peuvent
    stocker beaucoup d’eau (le pourcentage de vide par
    rapport au plein pouvant dépasser 20%), mais celle-ci
    est plus difficilement mobilisable. Comme d’importants
    volumes d’eau peuvent être stockés dans un faible
    volume de réservoir sableux, il faut des apports d’eau
    importants pour que le niveau de la nappe augmente de
    manière significative, comme c’est le cas à l’extrême Sud
    de la région. Les graphes des piézomètres montrent en
    général des battements annuels faibles entre hautes et
    basses eaux. Le réseau hydrographique est dense sur
    un tel substratum. Par ailleurs, le débit des rivières est
    assez soutenu par ces nappes en période d’étiage.

    Evolution piézométrique à la station Clérac (Tertiaire)
    Evolution piézométrique à la station Clérac (Tertiaire)

    3.3.2. Le suivi quantitatif des eaux souterraines

    En Poitou-Charentes, les ressources en eaux
    souterraines sont suivies depuis 1992 dans le cadre d’un
    réseau piézométrique régional.

    En effet, après avoir subi plusieurs années successives
    de sécheresse (1989 à 1992), la nécessité de suivre en
    continu l’évolution des ressources en eaux souterraines
    et superficielles s’est avérée indispensable pour la
    préservation des milieux et des différents usages,
    notamment l’alimentation en eau potable.

    Chaque département a sollicité l’aide de la Région Poitou-
    Charentes pour la mise en oeuvre de réseaux de suivi
    des nappes. Celle-ci s’est alors portée maître d’ouvrage
    de l’ensemble de l’opération compte tenu du caractère
    interdépartemental de certaines nappes et de l’intérêt
    d’une uniformisation du matériel (mutualisation des
    moyens, notamment informatiques).

    Ce réseau est constitué actuellement de 116 points de
    suivi automatique des niveaux, répartis dans les quatre
    départements.

    Le réseau piézométrique de Poitou-Charentes
    Le réseau piézométrique de Poitou-Charentes

    Visualisez la carte dans l’atlas cartographique de l’ORE

    Station piézométrique de Assais (Deux-Sèvres)
    Station piézométrique de Assais (Deux-Sèvres)

    D’autre part, en Poitou-Charentes, deux autres réseaux
    départementaux complètent le dispositif : celui du Conseil Général de la Charente, comprenant 7 points de suivi, et
    celui de l’Institution Interdépartementale du Bassin de la
    Sèvre-Niortaise composé de 6 suivis piézométriques.
    D’autres suivis à usage interne aux structures qui les
    portent, sont aussi effectués notamment ceux des
    syndicats d’eau (Syndicat de la Charente-Maritime,
    Syndicat des eaux de la Vienne), mais les mesures ne
    sont pas diffusées dans le cadre du réseau régional de
    Poitou-Charentes.

    Chaque point de suivi automatique du niveau d’eau
    comprend :

  •  une centrale autonome d’acquisition de mesures reliée au central informatique par le réseau téléphonique,
  •  un capteur de pression immergé dans le forage ou
    le puits en-dessous du niveau d’eau le plus bas
    observé.

    Ce réseau de piézomètres permet de suivre la
    recharge des nappes en hiver et l’impact des prélèvements,
    en particulier en été. Les informations émanant de ce
    réseau sont diffusées largement via des sites locaux et
    nationaux.

    Consultation des données

    Les données valorisées sont consultables sur
    le site du réseau piézométrique de Poitou-Charentes
    (www.piezo-poitou-charentes.org) ou sur le site du Réseau
    Partenarial des Données sur l’Eau en Poitou-Charentes
    (www.eau-poitou-charentes.org).

    De même, la consultation des données est aussi possible
    dans les systèmes ou réseaux suivants :

      • Système d’Information pour la Gestion des Eaux
        Souterraines (SIGES) : http://sigespoc.brgm.fr/.
      • l’Atlas des stations de mesure du Réseau National
        des Données sur l’Eau (RNDE) : www.rnde.tm.fr
        (rubrique Atlas/Atlas des stations de mesure).
        Il regroupe les réseaux de mesure par catégories sur
        le territoire national (eaux superficielles, littorales,
        souterraines…). Cet accès offre la possibilité de
        croiser les données piézométriques de Poitou-
        Charentes avec d’autres données référencées en
        s’affranchissant des limites administratives de la
        région.
      • banque ADES (Accès aux Données sur les Eaux
        Souterraines) du Ministère de l’Écologie :
        www.ades.eaufrance.fr.
  • 3.3.3. Des variations saisonnières et pluriannuelles

    Les suivis piézométriques du réseau régional
    montrent que les nappes présentent des fluctuations
    saisonnières et pluriannuelles, ou mixtes (combinaison des
    deux premières), indicateur important du comportement
    hydrodynamique de l’aquifère.

    Evolution piézométrique à la station Chabournay (Jurassique supérieur) - Vienne
    Evolution piézométrique à la station Chabournay (Jurassique supérieur) - Vienne

    Les fluctuations saisonnières (recharge hivernale et
    vidange estivale), indiquent la faible inertie hydraulique
    de l’aquifère, avec une évacuation rapide des recharges
    hivernales. Ce sont des aquifères de faibles à moyennes
    dimensions, assez transmissifs et bien drainés.

    Les fluctuations pluriannuelles indiquent quant à elles,
    une forte inertie de l’aquifère avec un effet de mémoire sur
    plusieurs années. Elles sont en général caractéristiques
    d’aquifères de grandes dimensions, souvent captifs
    et de transmissivité moyenne. Les lentes oscillations
    pluriannuelles traduisent l’alternance de cycles de
    recharge excédentaires et déficitaires.

    Evolution piézométrique aux stations Saizines (Vienne)(Lias) et Baignes (Turonien) Vienne et Charente
    Evolution piézométrique aux stations Saizines (Vienne)(Lias) et Baignes (Turonien) Vienne et Charente

    Les fluctuations mixtes (oscillations saisonnières superposées à de grandes oscillations pluriannuelles), sont
    caractéristiques des aquifères de grandes dimensions et de bonnes propriétés hydrauliques.

    3.3.4. Les relations nappes / rivières

    D’une façon générale et suivant le principe des
    gradients de charges hydrauliques, un cours d’eau draine
    la nappe lorsque son niveau piézométrique est situé
    au-dessus et l’alimente lorsqu’il est situé en-dessous.
    L’infiltration de l’eau de la rivière peut contribuer de
    façon significative à la recharge en eau de l’aquifère. Sa
    contribution dépend du type de pénétration du cours
    d’eau dans l’aquifère.

    Dans le cas d’une pénétration totale, la participation
    de l’eau infiltrée est prépondérante, alors que dans le
    cas d’une pénétration partielle, une part plus ou moins
    importante de l’eau de la nappe originelle est présente.
    En période d’étiage, le débit des rivières n’est plus
    alimenté par le ruissellement, et ainsi l’alimentation du
    cours d’eau ne se fait plus que par les eaux souterraines.
    On peut alors observer une inversion de la direction
    d’échange selon la saison : en période de basses eaux, la
    rivière draine la nappe et en période de hautes eaux, elle
    l’alimente.

    En Poitou-Charentes, des relations étroites peuvent
    exister entre les cours d’eau et les nappes souterraines
    elles se font dans un sens ou dans l’autre selon les saisons.
    En effet, la nappe alimente le cours d’eau ou est alimentée
    par celui-ci notamment lors des inondations. Dans le cas de
    karst, ces relations sont importantes et localisées.

    Les relations nappes-rivières sont importantes en
    particulier dans la haute vallée du Clain, notamment la
    nappe du Dogger qui soutient le Clain en étiage. Les apports
    du Dogger entre Sommières-du-Clain et Vivonne seraient
    à l’origine de 65% du débit du Clain à Poitiers en étiage
    (Bureau de Recherches Géologique et Minières, 2013).

    La Liaigue à Champigny le Sec (Vienne) les 19 septembre 2012 et 27 mars 2013
    La Liaigue à Champigny le Sec (Vienne) les 19 septembre 2012 et 27 mars 2013

    En période estivale, les forts prélèvements dans
    les ressources superficielles et souterraines, souvent en
    relation, entrainent des conflits d’usage entre irrigation
    agricole, exploitation pour l’eau potable, activités
    ostréicole et mytilicole, usagers des cours d’eau et
    préservation des milieux.

    Ces relations entre eaux de surface et eaux
    souterraines entraînent la dégradation de la
    qualité de la plupart des aquifères. Les teneurs
    excessives en nitrates et pesticides (pollutions
    agricoles et urbaines) conduisent à l’abandon de
    nombreux ouvrages qui exploitent l’eau potable.
    Le graphique ci-après présente les suivis effectués sur la
    rivière l’Argence et sur la nappe du Jurassique supérieur,
    au lieu-dit Vouillac, sur la commune de Balzac en Charente.

    On observe une concordance entre les deux suivis, qui atteste
    des relations étroites existant entre la rivière et la nappe.

    Après chaque épisode pluvieux important, on constate que
    les deux, rivière et nappe, réagissent simultanément avec
    semble-t-il la même amplitude. De la même façon, les baisses
    sont concomitantes sur les deux suivis.

    Évolution piézométrique à la station Vouillac (Jurassique supérieur)
    Évolution piézométrique à la station Vouillac (Jurassique supérieur)

    Cependant, si on superpose les deux enregistrements, on
    remarque que le suivi de la rivière passe tantôt au-dessus
    de celui de la nappe, ou tantôt en-dessous. À partir du
    mois d’avril 2011, le niveau de la nappe situé en-dessous
    de celui de la rivière, indique une alimentation de la
    ressource souterraine par la ressource superficielle.

    Évolution piézométrique à la station Vouillac (Jurassique supérieur)
    Évolution piézométrique à la station Vouillac (Jurassique supérieur)

    En septembre 2012, on observe un assec de la rivière
    correspondant à un décrochement de la nappe : la nappe
    ne soutient plus la rivière.

    À partir d’octobre 2012, les fortes pluies permettent une
    recharge de la nappe, et celle-ci alimente de nouveau la
    rivière (courbe verte au-dessus de la bleue).

    D’une façon générale, en fin d’étiage, les nappes et
    les rivières sont à leur niveau le plus bas. Les premières
    pluies d’automne rechargent d’abord la Réserve Utile du
    sol (RU=100 mm en moyenne), mais pas encore les nappes
    et les rivières.

    À partir d’octobre, lorsque les pluies sont abondantes, la
    nappe commence sa recharge et la rivière voit son débit
    augmenter. Au cours de l’hiver, les nappes sont rechargées
    et les rivières réagissent aux pluies (crues).

    À VOIR SUR LE SITE DE L’EAU EN POITOU-CHARENTES …
    RPDE, Réseau Partenarial des Données sur l’Eau : www.eau-poitou-charentes.org, rubriques :
    l’eau et moi > Comprendre l’eau > Le bassin versant
    l’eau et moi > Comprendre l’eau > Les eaux souterraines

     Pour aller plus loin
    Publications | Plan du site | Mentions légales