L’ENVIRONNEMENT EN POITOU-CHARENTES (http://www.environnement-poitou-charentes.org) L'Etat - membre fondateur Région Nouvelle-Aquitaine
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Les milieux régionaux

Thème Patrimoine naturel - Édition 2013
  •  Ouvrage de 251 pages
  •  au format A4
  •  disponible en version papier ou téléchargeable en PDF.
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    Dernière mise à jour : 01/09/2008

    De par la présence d’un double gradient d’influences climatiques ouest-est et sud-nord, la région Poitou-Charentes représente une aire de transition. Bien que globalement de caractère atlantique, le Poitou-Charentes subit des influences méridionales très nettes dans le sud avec un riche cortège d’espèces méditerranéennes en Charente et Charente-Maritime, tandis que des influences à la fois plus nordiques, orientales et montagnardes sont ressenties en Deux-Sèvres et en Vienne dans tous les groupes floristiques et faunistiques ( DIREN, 2002). Grâce à ces influences aussi riches que variées, le Poitou-Charentes offre un large éventail de milieux sur les 2,6 millions d’ha de surface régionale.

    Grands Paysages de Poitou-Charentes
    Grands Paysages de Poitou-Charentes
  •  Sigore - Les entités paysagères

    Les côtes du littoral charentais (îles comprises) bordent l’océan atlantique sur une façade de 440 km (soit 6% du littoral français). La présence des îles, des estuaires et des détroits confère à l’espace littoral un caractère tout à fait emblématique et unique : les pertuis. L’étendue des eaux marines de faible profondeur (moins de 20m) permet la présence de riches cortèges maritimes. Riche de ces particularités, le littoral régional présente des habitats variés qui hébergent un grand nombre d’espèces marines de faune et de flore. Le Poitou-Charentes compte d’ailleurs environ 200 000 ha de surface maritime en sites Natura 2000.

    La présentation des milieux ci-dessous est basée sur la typologie CORINE biotope avec une adaptation aux spécificités de la région Poitou-Charentes.

  •  Les espaces à usage agricole
  •  Les zones humides et les milieux aquatiques non marins
  •  Les parcs et jardins
  •  Les forêts
  •  Les pelouses sèches
  •  Les landes
  •  Les rochers continentaux et grottes
  •  Les habitats littoraux et halophiles
  •  Le milieu marin

    Les espaces à usage agricole

    La France est le premier producteur agricole de l’Union Européenne et le second exportateur mondial après les Etats-Unis.

    En 2006, en Poitou-Charentes, la Surface Agricole Utilisée (SAU) représente plus des deux tiers du territoire régional (près d’1,8 millions d’ha) et l’agriculture est l’un des grands secteurs de l’économie régionale.

    L’élevage hors-sol s’est également développé dans la région pour la fourniture de lait ou de viande, avec recours aux plantes fourragères et de plus en plus aux aliments composés. L’élevage hors-sol concerne principalement les bovins, porcins, volailles, lapins et caprins : le Poitou-Charentes possède le plus gros cheptel régional d’Europe et est la première région de France productrice de fromages de chèvre (Agreste, 2002).
    En 2006, le Poitou-Charente reste le premier producteur de lait de chèvre en augmentant sa production totale de 1,2% (Agreste Poitou-Charentes, annuaire de statistiques agricoles 2007).

    Les élevages ovins, qui fournissent agneaux et fromages, restent le plus souvent en plein air.

    Les grandes cultures

    S’opposant à la petite culture vivrière par ses pratiques, ses techniques culturales et les revenus qu’elle induit, la grande culture a pour objectifs le commerce et l’exportation par le biais d’une production unique sur une grande surface, constituant alors des zones d’openfield.

    Open-field en Charente-Maritime
    Open-field en Charente-Maritime

    En Poitou-Charentes, où 15% des exploitations détiennent 50% des surfaces (Agreste, 2001), le regroupement des exploitations et la mécanisation ont conduit à une spécialisation aux dépens de la polyculture.

    Avec 18 700 exploitations professionnelles en 2005, la région Poitou-Charentes a perdu la
    moitié de ses exploitations agricoles professionnelles en un quart de siècle. Dans le même temps,
    la surface agricole utilisée reste stable. Conséquence directe, la surface moyenne de ces exploitations
    a doublé et s’élève aujourd’hui à 86 hectares.
    En 2005, les fermes de moins de 50 ha ne représentent plus que 30% des exploitations contre 40% en 2000 et n’exploitent que 10% de la Surface Agricole Utile.
    Entre 2000 et 2005, plus d’une exploitation mixte, de polyculture ou de polyélevage sur 5 a disparu. Mais, en 2005 ces dernières représentent un quart des exploitations en région contre 15 % au plan national. (source : Agreste Poitou-Charentes, Novembre 2006).

    L’étude du recensement agricole 2000 mené par Agreste en Poitou-Charentes montre nettement cette évolution : en 1988, 47% des exploitations étaient mixtes (polyculture et polyculture-élevage) contre 12% en 2000. Le secteur des grandes cultures compte 28% des exploitations et correspond à plus de 40% de la SAU régionale : céréales (blé ou maïs), oléagineux (tournesol ou colza) et plantes fourragères.

    Ainsi, la région se situe aux premières places des producteurs français pour le blé, le tournesol, le tabac et les graines de plantes fourragères.

    Les grandes cultures étant d’importantes consommatrices d’engrais minéraux, les sols picto-charentais présentent des excédents élevés d’azote minéral qui se retrouvent dans les eaux superficielles.

    Les bocages

    Contrairement aux zones de grandes cultures, le bocage est clos. Il est, le plus souvent, constitué de champs délimités par des talus de terre et de pierres couronnés de haies et à la base desquels se trouvent des fossés. D’après une étude menée par la Fédération Nationale des Coopératives d’Utilisation de Matériel Agricole, un paysage peut être qualifié de bocager au delà de 80 mètres de haies par hectare. Ce chiffre correspondrait à des parcelles dont la taille optimale est de 3 à 4 hectares.

    Paysages de bocage du Poitou-Charentes
    Paysages de bocage du Poitou-Charentes
  •  Sigore - Bocages Bressuirais

    Le bocage est un milieu multifonctionnel : plus qu’un habitat, le maillage des haies, bosquets et vieux arbres remplit des fonctions de corridor biologique entre différents milieux, et de refuges pour la reproduction de nombreuses espèces. La Pie-grièche écorcheur (Lanius collurio), inféodée au bocage, dépend ainsi de la conservation de cet habitat.

    Outre les fonctions biologiques du maillage, le système fossé - talus - haies du bocage présente une grande importance écologique : action anti-érosive, circulation et épuration de l’eau, brise-vent, etc.

    Le bocage est également un milieu apprécié du public en tant que patrimoine culturel et paysager.

    Depuis la mise en œuvre de la loi sur le remembrement, la constitution de grandes parcelles et la mécanisation de l’agriculture ont provoqué une importante destruction des haies et talus. La réduction de ce milieu a entraîné la disparition de toute une chaîne alimentaire.

    La raréfaction des bocages a eu une influence directe sur les populations de Pie-grièche écorcheur qui trouvaient là un milieu pour nicher et des ressources alimentaires, principalement sous formes de gros insectes dont les larves se développent, selon les espèces, dans le bois mort (Grand Capricorne, Cétoine, Géotrupe, etc.), ou dans les excréments du bétail.

    Géotrupe
    Géotrupe

    En 2002, selon le CREN, les différents types de bocages représentaient environ 21% de la superficie régionale (cf. cartographie).

    Les prairies

    La prairie est le symbole de l’économie pastorale et jusqu’au milieu du XXème siècle, la récolte d’herbe par la fauche et/ou le pâturage apportait l’essentiel de l’alimentation du bétail. En de nombreux endroits, l’agriculture moderne a mis un terme à ces pratiques ancestrales avec l’abandon du fauchage, la prolongation du pâturage et l’utilisation d’engrais. De plus, les politiques publiques (primes) ont conduit au remplacement de l’herbe par le maïs dans les rations animales et au retournement fréquent des prairies pour la mise en culture intensive.

    La prairie peut être permanente ou faire partie d’un système de rotation dans lequel elle fait périodiquement place à des cultures annuelles. La valeur biologique d’une prairie dépend notamment de son âge, de la fréquence des retournements et de son mode d’exploitation.

    En fonction de la nature du sol (quantité d’eau et richesse en nutriments) différents types de prairies se rencontrent en Poitou-Charentes. Il existe un gradient allant de la prairie sèche à la prairie humide en passant par la prairie mésophile.

    Les prairies humides alluviales, situées dans le lit majeur des rivières, sont des zones naturelles d’expansion des crues qui n’existent que grâce à un entretien par fauchage ou pâturage. Lorsque ceux-ci disparaissent, la dynamique végétale prend le dessus et évolue vers l’établissement d’espèces ligneuses qui ferment le milieu.

    En hiver, les crues apportent des sédiments et des éléments nutritifs sur l’ensemble de la zone inondable, favorisant une forte diversité et une productivité biologique élevées. La période d’inondation hivernale est indispensable à la survie des espèces végétales qui y vivent.

    La richesse floristique attire une faune variée et notamment des espèces d’un grand intérêt patrimonial, tel le Râle des genêts (Crex crex), protégé à l’échelle nationale. Cette espèce niche au sol dans les herbes hautes, et sa survie dépend grandement de la conservation des prairies inondables.

    Râle des Genêts
    Râle des Genêts

    Le site Natura 2000 de la basse Vallée de la Charente (10670 ha dont domaine maritime) présente de nombreuses prairies hygrophiles à gradient décroissant de salinité de l’aval vers l’amont présentant des espèces protégées au niveau national comme l’Angélique à fruit variable (Angelica heterocarpa), ainsi que de nombreuses espèces endémiques et méditerranéennes.

    Depuis plusieurs décennies, la maîtrise artificielle des grands cours d’eau tend à réduire les crues, conduisant à la régression d’espèces inféodées.

    Les zones humides et les milieux aquatiques non marins

    Les zones humides et les milieux aquatiques non marins sont caractérisés par la présence d’eau douce, saumâtre ou salée.

    Carte des zones humides du Poitou-Charentes
    Carte des zones humides du Poitou-Charentes
    Flore des zones humides
    Flore des zones humides

    La notion de zone humide a reçu une définition juridique dans la Loi sur l’eau de 1992 : "on entend par zone humide les terrains exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés d’eau douce, salée ou saumâtre de façon permanente ou temporaire ; la végétation, quand elle existe, y est dominée par des plantes hygrophiles pendant au moins une partie de l’année".

    Les zones humides constituent la limite entre le milieu terrestre et le milieu aquatique et présentent des sols saturés en eau dits hydromorphes.

    Elles sont des lieux d’enjeux multiples et jouent un rôle important dans la régulation du régime des eaux ou l’épuration des eaux. Dans les cas extrêmes, les dégradations de zones humides conduisent à des risques d’inondations ou de sécheresses accrus, à une épuration naturelle des eaux réduite et à une détérioration des milieux naturels. Ces milieux accueillent pourtant une grande variété d’espèces végétales et animales spécifiques : plus de 50% des espèces d’oiseaux dépendent des zones humides et 30% des espèces végétales remarquables et menacées en France y sont inféodées.

    Actuellement, les principales zones humides françaises métropolitaines (hors vasières, milieux marins, cours d’eau et grands lacs) représentent entre 1,5 et 1,7 millions d’ha, soit 3% du territoire métropolitain.

    La façade Manche-Atlantique compte 900 000 ha de zones humides littorales dont 110 000 ha en Poitou-Charentes.

    La région compte également de nombreuses zones humides continentales.

    D’une surface de plus de 100 000 ha, répartis en Vendée, Deux-Sèvres et Charente-Maritime, le marais poitevin constitue la deuxième plus grande zone humide de France, après la Camargue. En Poitou-Charentes, il couvre environ 30 000 ha.

    Les cours d’eau

    Par définition, les cours d’eau sont des écosystèmes où l’eau est soumise à un courant. Les facteurs écologiques essentiels y sont la vitesse du courant, la nature du fond, l’éclairement, la température, l’oxygénation et la composition chimique. Ces facteurs varient en fonction de la zone du cours d’eau (source, cours supérieur ou cours inférieur) et influent sur la composition des peuplements animaux et végétaux qui peuvent être très diversifiés. Les cours d’eau présentent également des réseaux trophiques parfois très complexes, un réseau aquatique "classique" étant composé de végétaux assurant la production primaire, d’invertébrés brouteurs et filtreurs, de plusieurs niveaux de prédateurs (invertébrés et vertébrés) et de décomposeurs (invertébrés, bactéries, etc.).

  •  Sigore - Réseau hydro dense, Paysages littoraux
    Martin-Pêcheur
    Martin-Pêcheur

    En Poitou-Charentes, fleuves, rivières et petit chevelu (têtes de bassins, ruisseaux) totalisent une longueur de 17 000 km et forment plus de la moitié des zones humides continentales.

    Une grande partie des cours d’eau régionaux est artificialisée et les usages sont multiples autant pour la ressource en eau (usages domestiques et agricoles) que pour la pêche ou le tourisme nature. Les écosystèmes aquatiques ont ainsi une grande importance économique et font l’objet de nombreux conflits d’usages. La conciliation n’est pas toujours en faveur du milieu et, à l’heure actuelle, pollutions diverses et aménagements bouleversent les écosystèmes aquatiques.

    De même que les espèces de poissons migrateurs comme les lamproies ou le Saumon atlantique (Salmo salar), le Martin-pêcheur d’Europe (Alcedo atthis), espèce présente toute l’année, est très sensible aux pollutions diverses et aux aménagements hydrauliques. Il creuse son nid dans les berges abruptes et meubles des cours d’eau, et se nourrit essentiellement de poissons de petite taille qu’il pêche à l’affût depuis un perchoir.

    En Poitou-Charentes, certaines rivières sont encore peu touchées par l’intensification agricole et conservent leur richesse floristique et faunistique, telle le Salleron, petite rivière d’eaux vives de la Vienne, où l’on rencontre des populations stables de Cistude d’Europe (Emys orbicularis) et de Lamproie de Planer (Lampetra planeri), espèce en forte régression dans les plaines de l’Europe de l’Ouest. Quelques têtes de bassins abritent également des populations d’espèces patrimoniales aux fortes exigences écologiques comme l’Ecrevisses à pattes blanches (Austropotamobius pallipes).

    Cistude d’Europe
    Cistude d’Europe
    Les mares et étangs
    Mare
    Mare

    A la différence des cours d’eau, les eaux des mares et étangs sont stagnantes. La profondeur est faible de sorte que la lumière, qui permet la photosynthèse, pénètre souvent jusqu’au fond.

    On considère en général qu’un étang est plus grand qu’une mare, et que celle-ci est susceptible de s’assécher naturellement (mare temporaire).

    La genèse de ces milieux dulçaquicoles peu profonds dépend généralement de l’Homme : ancienne carrière, réserve d’eau à usage domestique ou pour les cultures, abreuvoir pour le bétail, bassin d’élevage de poissons ou de canards, mares de tonnes de chasse, etc. Ces plans d’eau présentent des ceintures de végétation intéressantes et très typiques qui jouent un rôle épurateur et offrent nourriture, abri et support de ponte aux animaux. Lorsqu’ils ne sont pas entretenus, mares et étangs peuvent se combler assez rapidement car la végétation produite chaque année se dépose sur le fond sous forme de matière organique.

    La végétation de ces milieux est dite spécialisée (hydrophytes et hélophytes). Elle est composée de saules, roseaux, nénuphars, renoncules, droseras (plantes carnivores), etc., dont beaucoup font l’objet de mesures de protection. C’est le cas du Flûteau nageant (Luronium natans), protégé au niveau européen.

    Sur le plan faunistique, les mares et étangs constituent également de véritables îlots de diversité dont le rôle dans les écosystèmes ruraux et forestiers est reconnu pour de nombreux groupes qui y vivent, s’y nourrissent (vers, arthropodes, amphibiens, oiseaux et mammifères) ou s’y reproduisent.

    Ces milieux hébergent une faune d’autant plus riche que la ceinture de végétation est développée et diversifiée. Par exemple, les roselières servent d’abri et de site de reproduction pour de nombreuses espèces protégées d’oiseaux :

    - Héron pourpré (Ardea purpurea),

    Héron pourpré
    Héron pourpré

    - Busard des roseaux (Circus aeruginosus)

    Busard des roseaux
    Busard des roseaux

    Les mares et étangs du Poitou-Charentes abritent aussi des populations de Salamandre tachetée (Salamandra salamandra), de tritons (marbré, palmé ou crêté), et de Couleuvre vipérine (Natrix maura) espèces protégées au titre de la Convention de Berne.

    Salamandre tachetée
    Salamandre tachetée

    On estime que la région Poitou-Charentes compte environ 40 000 mares, dont 3 000 sont situées sur la Réserve Naturel du Pinail. Entre 1998 et 2002, ce sont plus de 3700 mares qui ont été recensées lors de l’inventaire des mares en Poitou-Charentes, réalisé par les associations départementales de protection de l’environnement. Selon cet état des lieux, les mares sont particulièrement présentes dans les zones bocagères et d’élevage, et ont presque disparu des plaines céréalières. Au total, plus de 26% des mares de la région ont été comblées au cours de ces vingt dernières années.

    Les marais

    Selon leur situation à l’intérieur des terres ou en bordure maritime, les marais peuvent être continentaux ou littoraux. Les marais continentaux constituent souvent la frange ou les reliques de lacs et sont appelés à disparaître par un long processus de comblement naturel. Ils peuvent également être convertis à l’agriculture après drainage. Les marais littoraux sont généralement des plaines de niveau de base et leur permanence est liée à la stabilité du niveau de la mer. Ces marais sont le plus souvent bordés du côté de la mer par des vasières.

    Les eaux peuvent être douces, saumâtres ou salées ce qui détermine le type de végétation. Les marais abritent une biodiversité importante et originale. En plus d’être le lieu de vie d’une faune et d’une flore remarquables, ils jouent un important rôle de régulation hydraulique et d’épuration des eaux par décantation et oxygénation.

    Pour des raisons de salubrité, de prélèvements de la ressource en eau, ou de gain de place, les marais ont souvent été drainés artificiellement, par le creusement de réseaux de fossés et de canaux parfois associés à des stations de pompage. En fonction de leur réseau hydraulique et de leur utilisation, on distingue les marais mouillés, les marais desséchés et les marais intermédiaires. Lorsqu’un marais a complètement été asséché pour l’élevage, la culture ou la construction, il fait place à ce que l’on appelle un polder. En Poitou-Charentes, des zones de polder se rencontrent, par exemple, en Baie de l’Aiguillon et dans les marais de Brouage (lien vers les paragraphes correspondant dans l’onglet « Zone Humide »).

    Les milieux de marais sont plus amplement développés dans l’onglet "Zones Humides".

    Les vallées alluviales

    Les vallées alluviales correspondent à l’une des dernières étapes des cours d’eau. Plaines de faible pente caractérisées par un sol de sables ou de graviers où l’eau circule calmement, ce sont des systèmes complexes formés de méandres dont la courbure évolue au fil du temps. A la faveur de fortes crues, le lit majeur peut court-circuiter un méandre et créer un bras mort. Lorsque l’eau ne circule plus, l’ancien lit se comble et se transforme en prairie. Le remodelage permanent du cours d’eau crée ainsi un équilibre dynamique qui maintient une grande diversité faunistique et floristique. Outre leur rôle dans la gestion des inondations et de la ressource en eau, les vallées alluviales assurent ainsi une fonction de réservoir de biodiversité.

    Les formations végétales dominées par les arbres et situées en bords de cours d’eau, ou ripisylves, participent à la stabilisation des berges, à la gestion quantitative et qualitative de l’eau (limitation des crues et filtrages des effluents) et constituent des habitats riches en espèces et de précieux corridors biologiques. Les essences, qui se rencontrent dans une ripisylve, sont les saules et les peupliers sauvages (Peuplier blancPopulus alba, Peuplier noirPopulus nigra), espèces pionnières de ces habitats, le Frêne commun (Fraxinus excelsior), l’aulne glutineux (Alnus glutinosa), le chêne pédonculé (Quercus robur) etc.

    Ripisylve
    Ripisylve

    Les peupliers sont des essences utilisées pour la fabrication de pâte à papier et de panneaux, d’emballages alimentaires, etc. Depuis le début du XIXe siècle, la populiculture s’est donc développée en Poitou-Charentes, en quelques endroits de manière intensive sur de grandes parcelles, ailleurs extensivement, avec conservation d’un sous-étage de frênes comme en val de Charente, et sur des parcelles assez petites.

    Peupleraie
    Peupleraie

    La vallée du fleuve Charente et d’un de ses principaux affluents, la Seugne (site Natura 2000 dans les charentes, 7087 ha), présente ainsi des habitats particuliers liés à un système de crues hivernales et printanières. Ainsi, les frênaies alluviales abritent une très grande richesse floristique et faunistique inféodée à ce type de milieu :

  •  Fritillaire pintade (Fritillaria meleagris),
    Fritillaire pintade
    Fritillaire pintade


  •  Orchis à fleurs lâches (Orchis laxiflora),
    Orchis à fleurs lâches
    Orchis à fleurs lâches


  •  Loutre (Lutra lutra),
    Loutre d’Europe
    Loutre d’Europe


  •  Vison d’Europe (Mustela lutreola),
  •  Cistude d’Europe (Emys orbicularis),
    Cistude d’Europe
    Cistude d’Europe


  •  divers poissons migrateurs (aloses, lamproies et saumons),
  •  plusieurs invertébrés dont la Rosalie des Alpes (Rosalia alpina), etc.
    Rosalie des Alpes
    Rosalie des Alpes
    Les tourbières

    Une tourbière est un écosystème particulier colonisé par des plantes adaptées à un milieu gorgé en eau (bryophytes et plantes supérieures) et dont les débris s’accumulent sur un sol peu perméable. La permanence d’eau stagnante appauvrie en oxygène, limite l’activité des micro-organismes décomposeurs et recycleurs de matière organique. Le phénomène d’anaérobiose ralentit la dégradation des débris végétaux qui s’accumulent progressivement et forment un dépôt de matière : la tourbe.

    La profondeur d’une tourbière varie de quelques décimètres à une dizaine de mètres et dépend de la vitesse d’accumulation des débris végétaux. Il existe différents types de tourbières en fonction de l’origine de l’eau (atmosphérique, de ruissellement, etc.), et différentes catégories de tourbes en fonction des caractéristiques botaniques et physico-chimiques.

    Comme la plupart des zones humides, les tourbières étaient autrefois considérées comme des endroits insalubres qu’il fallait assécher pour assainir. De nombreuses tourbières ont ainsi été drainées et ont disparu (utilisation en tant que combustible). On comprend mieux aujourd’hui le rôle majeur de ces milieux et l’importance de leur conservation (Convention de Ramsar). Les tourbières constituent de formidables filtres naturels de l’eau et sont de véritables réservoirs de vie abritant des espèces adaptées. Les espèces végétales communes des tourbières sont les Sphaignes.

    Dans les tourbières acides du Confolentais (16), ainsi que dans la toubière du lac Baron-Desqueyroux (ZNIEFF en 17), on rencontrera plus particulièrement des plantes carnivores du genre Droseras (D. intermedia et D. rotundifolia).

    Drosera
    Drosera

    Une multitude d’invertébrés ne vivent qu’en milieux tourbeux : araignées, libellules et papillons dont le Fadet des laîches (Coenonympha oedippus). Les tourbières constituent aussi des biotopes favorables à la reproduction de certains amphibiens, oiseaux (Busards, Courlis cendré - Numenius arquata), et mammifères (Loutre d’EuropeLutra lutra et Vison d’Europe - Mustela lutreola).

    Loutre d’Europe
    Loutre d’Europe

    En France, les tourbières occupent 0,1% du territoire. La plupart des habitats tourbeux sont considérés comme prioritaires au titre de la directive Habitat et de nombreuses espèces typiques de ces milieux sont protégées.

    En Poitou-Charentes, le sud Deux-Sèvres présente une petite tourbière alcaline de 3,6 ha : la tourbière du Bourdet. Ce site, protégé par APPB, abrite des espèces protégées telles le Gaillet boréal (Galium boreale) et la Couleuvre verte et jaune (Coluber viridiflavus).

    Couleuvre verte et jaune
    Couleuvre verte et jaune

    La tourbière des Régeasses, près de Montmorillon, constitue l’exemple le plus riche de tourbière alcaline de tout le Poitou-Charentes, et la seule localité de Grassette vulgaire (Pinguicula vulgaris) et de Linaigrette à feuilles larges (Eriophorum latifolium), espèce protégée à l’échelle régionale.

    Les parcs et jardins

    Qu’ils aient pour vocation l’esthétisme, la composition paysagère, la pédagogie, la culture ou la détente, les espaces verts sont des "morceaux de nature" dans la ville.

    Bien plus qu’un lieu d’étude (cas des jardins botaniques), de détente ou qu’une zone de friche, ils représentent de véritables îlots de biodiversité en milieux urbains et périurbains. Ces espaces directement liés à l’homme constituent souvent un refuge pour de nombreuses espèces.

    Les parcs, jardins et arboretums assurent souvent une mission de conservatoire des espèces végétales. Ainsi, tel l’arboretum du Chemin de la Découverte à Melle, où plus de 250 espèces de rosiers côtoient un millier d’espèces d’arbres, les arboretums sont spécialement destinés à la culture expérimentale d’arbres d’essences diverses.

    De nombreux insectes aux formes et couleurs variées vivent dans les herbes et les feuillages des parcs et jardins. Les fleurs, et surtout les grosses inflorescences des ombellifères, attirent de nombreuses espèces floricoles ou prédatrices : divers coléoptères (coccinelles, longicornes, cantharides et hanneton tel la Trichie zonée – Trichius rosaceus, etc.), des papillons tel le Myrtil (Maniolia jurtina), des abeilles et des bourdons, et que de nombreuses espèces de punaises dont l’une des plus remarquables : le Graphosome d’Italie (Graphosoma italicum).

    Punaise arlequin
    Punaise arlequin

    Ces divers insectes attirent de nombreux oiseaux pour lesquels ils constituent la principale source de nourriture. D’autres oiseaux fréquentent les parcs et jardins en quête de bourgeons et de fruits. Ainsi, le repas du Grosbec casse-noyaux (Coccothraustes coccothraustes)pourra être composé de cerises, faines, graines d’érables, etc.

    Les forêts

    Les forêts comptent au nombre des écosystèmes les plus évolués et les plus complexes. Présentes sur 10% de la surface terrestre, elles produisent environ 45 % de la biomasse totale.

    Même s’ils n’en sont pas les seuls constituants, les arbres prédominent en forêt au point de modifier les conditions écologiques régnant au sol. En peuplements naturels, ou en forêts gérées avec le souci de l’environnement, la végétation se répartit en divers niveaux appelés "strates". Ainsi, on parle de strate muscinale (mousses, champignons, lichens), puis herbacée (fougères et plantes), puis arbustive (arbrisseaux et arbustes) et enfin arborescente (arbres). Sans oublier l’existence d’une strate racinaire (souterraine) où se développe la pédofaune et où s’effectue une partie importante de la nutrition des arbres.

    Cette organisation de la végétation en strates favorise l’abondance des niches écologiques disponibles pour de nombreuses espèces. L’existence de milieux naturels associés à la forêt assure également la maintenance d’une mosaïque de biotopes variés : les landes (humides ou sèches), les mares et autres zones humides, les pelouses sèches, les talus et lisières sont autant de milieux de vie précieux.

    La forêt est donc une formidable source de diversité biologique. Malgré toutes les espèces sauvages que l’on peut y rencontrer, il faut garder à l’esprit que les forêts sont le plus souvent cultivées et entretenues par l’homme (sylviculture). Cependant, produire économiquement, du bois de qualité, peut être compatible avec le respect de l’écosystème forêt dans sa globalité.

    La forêt française (taillis, futaie) couvrait 15,5 millions d’hectares en 2007, soit 28 % du territoire, ce qui fait de la France l’une des plus grandes étendues forestières d’Europe (IFN, 2007).

    Poitou–Charentes est une petite région forestière au niveau national : le taux de boisement est de 14,7 %, ce qui représente environ 380.000 ha de forêts :

  •  dont 9% sont domaniales et comprennent les 18 grands massifs régionaux (Moulière, Chizé, La Braconne, La Coubre, etc.)
  •  et dont 91% sont privées et extrêmement morcelées (plus de 230 000 propriétaires pour 350 000 ha).
    Forêt de Moulière
    Forêt de Moulière

    Avec 90% de propriétaires qui possèdent moins de 4 ha et une surface moyenne de 1,4 ha par propriétaire, la grande fragmentation de la forêt privée est l’une des principales difficultés pour une bonne gestion régionale.


    Comme l’indique le tableau récapitulatif ci-contre, la couverture forestière est assez contrastée selon les départements de la région.

    Superficie des forets du Poitou-Charentes
    Superficie des forets du Poitou-Charentes

    Les forêts de Poitou -Charentes sont essentiellement feuillues, avec pour essences dominantes les chênes ; mais en Deux-Sèvres le châtaignier (Castanea sativa) est de grande importance, tandis que dans le sud Charente et en Charente Maritime le Pin maritime (Pinus pinaster) est l’objet d’une sylviculture dynamique. Les peupliers font également l’objet d’une production essentielle dans la région, particulièrement pour la fabrication de contreplaqué.

    Forêt alluviale
    Forêt alluviale

    La plupart des forêts du littoral est classé en forêts de protection pour des raisons de fixation des sols (dunes), d’accueil d’une faune et d’une flore parfois remarquables, et par ailleurs, très fréquentées par le public, elles sont gérées avec des précautions particulières en raison de leur très grande sensibilité environnementale.

    Forêt de protection
    Forêt de protection

    En Poitou-Charentes, 147 espèces végétales forestières, dont 8 orchidées (tel le Limodore à feuilles avortées - Limodorum abortivum, espèce inscrite sur la liste rouge nationale), 22 arbustes et 8 arbres, sont considérées comme patrimoniales par les botanistes. Les forêts régionales abritent également une espèce d’arbre protégée à l’échelle nationale : l’Alisier de Fontainebleau (Sorbus latifolia).

    Proportion des essences des forets
    Proportion des essences des forets
    Carte des Forets du PC
    Carte des Forets du PC

    Sur le plan faunistique, les invertébrés sont les mieux représentés tant par leur biomasse que par le nombre d’espèces (plus de 10 000 espèces forestières d’Insectes recensées en région). Au-delà d’être la source principale de nourriture pour la plupart des oiseaux et autres prédateurs, ils participent activement au recyclage de la matière organique et à l’entretien des sols. On rencontrera entre autre diverses espèces d’Arachnides (araignées et acariens), de Vers, de Mollusques et d’Insectes. Parmi ces derniers, on citera des papillons comme les espèces de Sylvain, de Bombyx ou encore le Fadet des Laîches ou Œdipe (Coenonympha oedippus) ; diverses espèces de fourmis, et des espèces déterminantes comme la Rosalie des Alpes (Rosalia alpina), le Grand capricorne (Cerambyx cerdo) qui occupent de vieux arbres morts ou sénescents.

    Rosalie des Alpes
    Rosalie des Alpes

    Le Lucane cerf-volant (Lucanus cervus) est également un coléoptère de nos forêts : c’est le plus grand coléoptère d’Europe, sa taille pouvant dépasser 8 cm de long. Les adultes volent au crépuscule en juin et juillet.

    Lucane mâle
    Lucane mâle

    Les larves se développent dans les parties souterraines mortes de diverses essences.

    Larve de Lucane
    Larve de Lucane

    Les forêts picto-charentaises accueillent aussi de nombreux Oiseaux : la Sitelle torchepot (Sitta europaea) se loge dans de vieux chênes creux, la Chouette effraie (Tito alba) fréquente les lisières, Pic épeiche (Dendrocopos major) et Pic noir (Dryocopus martius) creusent leur nid dans le bois dur et se nourrissent d’Insectes xylophages, etc.

    Pic noir
    Pic noir

    Divers Mammifères sont inféodés aux milieux forestiers :

  •  l’Ecureuil roux (Sciurus vulgaris),
  •  la Genette (Genetta genetta),
    Genette d’Europe
    Genette d’Europe


  •  le Blaireau (Meles meles),
    Blaireau
    Blaireau


  •  le Chevreuil (Capreolus capreolus),
    Chevreuil brocard
    Chevreuil brocard


  •  le Sanglier (Sus scrofa)
    Sanglier
    Sanglier


  •  ou encore le Cerf élaphe (Cervus elaphus),
    Cerf elaphe
    Cerf elaphe

    - ainsi que certaines espèces de chauves-souris (le Grand rhinolophe - Rhinolophus ferrum-equinum ou la Noctule de Leisler - Nyctalus leisleri).

    Grand Rhinolophe
    Grand Rhinolophe

    Des Amphibiens telles la Salamandre tachetée (Salamandra salamandra) ou des Reptiles telles la Vipère aspic (Vipera aspis) occupent également les habitats forestiers.

    Salamandre tachetée
    Salamandre tachetée

    Une fiche spécifique du Tableau de bord de l’environnement Poitou-Charentes sera prochainement consacrée aux forêts.

    Les pelouses sèches

    Côteau calcaire
    Côteau calcaire

    La pelouse sèche correspond à une formation végétale de plantes herbacées vivaces. Les pelouses sèches se rencontrent sur sol calcaire, généralement pauvre, ensoleillé et souvent exposé au vent.

    Les pelouses sèches peuvent être associées aux milieux forestiers.

    Poitou-Charentes est une des régions de France où l’on rencontre le plus de pelouses sèches. On trouve dans ce milieu près du tiers des espèces végétales protégées en région, soit 56.

    La végétation présente des adaptations à ces conditions de vie difficiles. On y trouve une flore d’affinité méditerranéenne comme l’Astragale de Montpellier (Astragalus monspessulanum).

    Autre espèce végétale présente sur les pelouses sèches de la région : La Sabline des chaumes (Arenaria controversa), espèce protégée justifiant la création d’une ZNIEFF.

    Par leur fort ensoleillement, les pelouses sèches sont aussi le lieu d’élection d’importants cortèges d’orchidées. Le site Natura 2000 des Chaumes d’Avon (Deux-Sèvres, 1715 ha) présente à lui seul 25 taxons d’orchidées, dont certaines sont très rares au niveau national. Le relief de ce site présente également de petites dépressions permettant le développement de faciès plus humides qui constituent des sites de reproduction pour des espèces d’Amphibiens protégées à l’échelle nationale tels le Sonneur à ventre jaune (Bombina variegata) et le Triton crêté (Triturus cristatus).

    L’entomofaune des pelouses sèches est variée et spécifique : abeilles, fourmis, sauterelles, grillons, etc., et présente des espèces déterminantes en Poitou-Charentes tels le Criquet germanique (Oedipoda germanica), le papillon Azuré du serpolet (Maculinea arion) et la mante religieuse Empuse (Empusa pennata).

    Azuré du Serpolet
    Azuré du Serpolet

    Ces invertébrés attirent de nombreux Oiseaux dont ils constituent la principale source de nourriture :

  •  la Bondrée apivore (Pernis apivorus),
    Bondrée apivore
    Bondrée apivore


  •  l’Alouette des champs (Alauda arvensis),
    Alouette des champs
    Alouette des champs


  •  le Faucon crécerelle (Falco tinnunculus),
  •  ou la Huppe fasciée (Upupa epops).

    L’ensoleillement et la présence de pierriers sont propices aux reptiles et il n’est donc pas rare de rencontrer dans ces milieux :

  •  la Couleuvre verte et jaune (Coluber viridiflavus),
    Couleuvre verte et jaune
    Couleuvre verte et jaune


  •  la Vipère aspic (Vipera aspis),
  •  ou la Couleuvre d’esculape (Elaphe longissima).
    Couleuvre d’Esculape
    Couleuvre d’Esculape
    Couleuvre d’Esculape (tête)
    Couleuvre d’Esculape (tête)

    Parmi les mammifères occupant les pelouses sèches régionales, on citera le Lièvre d’Europe (Lepus europaeus), le Lapin de garenne (Oryctolagus cuniculus) et le Renard roux (Vulpes vulpes).

    Renard roux
    Renard roux

    Les pelouses calcicoles n’ont pas échappé depuis les années 1950 aux menaces liées au développement de l’agriculture moderne (mise en culture) ou au reboisement (plantation de résineux calcicoles).

    Aubépine
    Aubépine

    Les pelouses encore intactes sont trop souvent abandonnées, et en l’absence de pâturage, elles sont soumises à la reprise de la dynamique végétale conduisant à la fermeture du milieu.

    Prunelier
    Prunelier

    Ce processus responsable de l’appauvrissement de la diversité floristique commence par un embroussaillement avec l’apparition du Prunellier (Prunus spinosa), de l’Aubépine (Crataegus monogyna) du Genévrier (Juniperus communis) et de la Ronce (Rubus fruticosus), et se poursuit par l’apparition d’essences forestières.

    Genévrier commun
    Genévrier commun

    Les Landes

    Landes
    Landes

    Les landes sont des zones d’inculture qui jouent un rôle important sur la régulation, tant qualitativement que quantitativement, des flux d’eau et de nutriments (azote, phosphore).

    Ce sont des formations arbustives occupant des terres assimilables à des podzols, c’est-à-dire des sols pauvres en nutriments et minéraux, souvent acides et secs, et avec une très forte prépondérance des sables. Du fait de ces conditions écologiques difficiles, ces habitats sont occupés par une flore et une faune spécialisées. La diversité végétale y est donc réduite mais les espèces dominantes ont un fort intérêt écologique et en font des paysages très colorés (ajoncs et genêts jaunes, bruyères roses, etc.).

    Le Poitou-Charentes présente principalement deux types de landes en fonction de l’humidité du sol :

    Chênaie atlantique à molinie
    Chênaie atlantique à molinie
  •  les landes humides atlantiques, telles les landes de Montendre (site Natura 2000 en Charente-Maritime, 3132 ha) et de Cadeuil (site Natura 2000 en Charente-Maritime, 301 ha), qui sont le domaine des bruyères à quatre angles (Erica tetralix) et ciliée (Erica ciliaris), du Genêt d’Angleterre (Genista anglica), de l’Ajonc nain (Ulex minor) et de graminées en grosses touffes telle la Molinie (Molinia caerulea).On peut y trouver ponctuellement des tourbières à sphaignes.
    Bruyère à quatre angles
    Bruyère à quatre angles
  •  les landes sèches, généralement basses, sont constituées de Callune (Calluna vulgaris), Ajonc d’Europe (Ulex europaeus), Ajonc nain (Ulex minor), et surtout Bruyère cendrée (Erica cinerea) et Bruyère à balai (Erica scoparia). Lorsque cette dernière est prédominante, on parle alors de brande.
    Flore des landes humides
    Flore des landes humides

    En Poitou-Charentes, les brandes sont aussi en constantes régression : leur surface à été divisée par 10 au cours du XXè siècle (de 60 000 ha à 6 000 ha). Les brandes de Montmorillon (site Natura 2000 en Vienne, 2775 ha) constituent le site régional majeur.

    Bruyère cendrée
    Bruyère cendrée

    Les landes constituent des habitats de prédilection pour de nombreuses espèces d’Oiseaux menacées et protégées en France et déterminantes en Poitou-Charentes : Fauvette pitchou (Sylvia undata), les Busards cendrés et Saint-Martin (Circus pygargus et C. cyaneus), le Circaète Jean-le-blanc (Circaetus gallicus<) et l’Engoulevent d’Europe (Caprimulgus europaeus).

    Busard cendré
    Busard cendré
    Busard Saint-Martin
    Busard Saint-Martin

    Les landes du Pinail (site Natura 2000 en Vienne, 922 ha) sont remarquables par l’étendue, la diversité et l’originalité de leur végétation. Ce site constitue un des exemples les plus représentatifs et les mieux conservés au niveau régional de brande. Les très nombreuses mares d’origine anthropique parsemant la lande ajoutent à l’originalité du site et servent d’habitats à plusieurs espèces menacées telle la Leucorrhine à gros thorax (Leucorrhinia pectoralis), le Triton crêté (Triturus cristatus), la Cistude d’Europe (Emys orbicularis), ou l’Ecrevisse à pattes blanches (Austropotamobius pallipes)

    Cistude d’Europe
    Cistude d’Europe

    Tous ces milieux de landes résultent de l’action humaine et sont le plus souvent en régression car en voie de colonisation (rapide pour les landes humides) par les ligneux (pins sylvestre et maritime, bouleau pubescent, etc.), et d’évolution vers des forêts (fermeture du milieu), suite à l’abandon des pratiques anciennes. Leur conservation, et celles des espèces inféodées, nécessite donc une gestion par coupe, pâturage ou écobuage.

    Les rochers continentaux et grottes

    Les falaises picto-charentaises sont de deux sortes : les falaises calcaires, liées aux vallées de la Charente ou de l’Anglin par exemple, et les rochers siliceux (dans le Val de Gartempe). Il existe également de petites falaises maritimes associées à d’anciennes îles.

    Les falaises calcaires du rivage et de l’intérieur
    Lavande de mer
    Lavande de mer

    A la différence du talus à faible pente et qui présente un couvert de végétation développé, une falaise offre une forte pente où le sol érodé empêche quasiment le développement de la végétation. En effet, la pente a des influences sur l’érosion : elle accélère la vitesse des phénomènes de transport (coulées boueuses, torrents, etc.) et accroît leur rôle abrasif ; elle ralentit aussi l’érosion chimique en accélérant le passage de l’eau, et peut gêner l’installation de la végétation.

    Plus spécifiquement, les falaises calcaires sont des affleurements constitués de couches parallèles et superposés de roches - ou strates -, plus ou moins épaisses. Elles sont généralement très fissurées (le calcaire est propice à la création de réseaux karstiques) et présentent, à leur pied, des éboulis constitués de blocs plus ou moins gros.

    Le dessin des falaises du rivage résulte souvent de la variation du niveau des océans au cours des périodes de glaciations et de la submersion du relief côtier.

    On peut observer ce phénomène sur les microfalaises côtières de l’Ile d’Aix (comprises dans le site "Basse vallée de la Charente"). Ces falaises, de quelques mètres de haut, sont en permanence aspergées par les embruns, battues par le vent et asséchées par le soleil. Seules des plantes spécialisées peuvent survivre à ces conditions de vie difficiles. Ainsi l’île d’Aix constitue une des plus belle station de Lavande de mer de Dodart (Limonium dodartii) et de Lavande de mer à feuilles ovales (Limonium ovalifolium), espèce prioritaire figurant au Livre Rouge de la Flore menacée de France et déterminante en Charente-Maritime.

    Le Goéland argenté (Larus argentatus) fait partie de l’avifaune reproductrice de ces milieux.

    Les falaises de calcaire crayeux des coteaux de Gironde (site Natura 2000 en Charente-Maritime de 12820 ha dont domaine maritime) présentent également une grande richesse floristique avec de nombreuses associations végétales endémiques et la présence du Chou sauvage ou Chou maritime (Brassica oleracea), espèce protégée au niveau régional.

    Chou marin
    Chou marin

    Des falaises calcaires se rencontrent également à l’intérieur des terres régionales. Le site des vallées péri-angoumoisines (site Natura 2000 en Charente, 1551 ha) situé au sud d’Angoulême comprend des falaises de calcaire dur du Crétacé creusées de grottes et carrières abandonnées qui abritent plusieurs espèces de chauves-souris déterminantes en région : Vespertilion à oreilles échancrées (Myotis emarginatus), Grand Murin (Myotis myotis), Petit Rhinolophe et Grand Rhinolophe (Rhinolophus ferrumequinum, R. hipposideros).

    Grand Rhinolophe
    Grand Rhinolophe

    Les plus hautes falaises du Poitou-Charentes, situées au sud d’Angles-sur-l’Anglin (86), sont issues du creusement du plateau calcaire corallien par la vallée de l’Anglin (site Natura 2000 en Vienne, 500 ha). Selon l’importance de la pente on rencontrera des formations stables à Buis (Buxus sempervirens), où une végétation chasmophytique plus éparse, composée de Mousses, Lichens et Fougères.

    Les rochers siliceux

    En certains endroits du Poitou-Charentes, le socle primaire granitique affleure et apparaît sous la forme de rochers siliceux. Ces terrains offrent des conditions particulières, propices au développement de végétaux calcifuge. Ainsi, le site des Rochers de la vallée de l’Issoire (site Natura 2000 en Charente, 506 ha) en bordure occidentale du Massif Central, présente des associations végétales d’un grand intérêt avec un mélange d’espèces méridionales telle l’Hélianthème en ombelle (Halimium umbellatum) et montagnardes comme la Doradille du Forez (Asplenium foreziense) protégée en Poitou-Charentes.

    Au nord de la région, la Vallée de l’Argenton (site Natura 2000 en Deux-Sèvres, 817 ha) présente des escarpements rocheux occasionnés par l’affleurement du socle granitique, caractéristique de la bordure méridionale du Massif Armoricain. Ces milieux abritent une flore chasmophytique calcifuge au fort taux d’endémisme. Ainsi la Vallée de l’Argenton constitue une station unique en Poitou-Charentes pour de nombreuses espèces poussant sur sol siliceux telle la Renoncule à fleurs nodales (Ranunculus nodiflorus) espèce protégée et prioritaire au niveau national.

    Les grottes, mines et carrières

    Les cavités souterraines peuvent avoir plusieurs origines. Lorsqu’elles sont naturelles elles ont une origine karstique et se développent dans les coteaux calcaires creusés, par dissolution, par les eaux d’infiltration. En Poitou-Charentes, la Vienne est le département qui présente le plus de cavités naturelles avec plus de 380 grottes et gouffres. Par contre, la Charente et la Charente-Maritime n’en comptent que quelques dizaines ; elles sont très rares dans les Deux-Sèvres.

    Il existe également des cavités artificielles constituées par d’anciennes carrières ou mines, autrefois fortement exploitées mais dont la plupart ont été abandonnées après avoir été parfois réutilisées comme champignonnières.

    Un inventaire du BRGM datant de 1996 recense 380 carrières ou groupes de carrières pour la région, avec plus des deux tiers situés dans le nord de la Vienne.
    Le nombre de carrières au 31 décembre 2005 s’élevait à 255 contre 268 en 2004 (DRIRE Poitou-Charentes).

    Malgré une certaine hétérogénéité dans leur répartition, la région Poitou-Charentes est donc particulièrement riche en sites hypogés. Certains sont très remarquables. Notre région présente aussi de nombreuses grottes.

    A l’intérieur de ces cavités règnent des conditions très particulières : absence de lumière, forte humidité et température constante toute l’année. La végétation (algues et mousses) qui n’est présente qu’à l’entrée des grottes induit une chaîne alimentaire bien spécifique composée de bactéries et d’espèces extrêmement spécialisées, souvent derniers représentants de groupes anciens éteints par ailleurs : arthropodes et mollusques. Ces cavités hébergent également un groupe de mammifères particulièrement sensibles et dont toutes les espèces sont protégées au niveau national : les chiroptères ou chauves-souris.

    En effet, même si les espèces purement troglophiles sont rares, ces mammifères fréquentent la plupart des sites hypogés de la région à un moment de leur cycle de vie : hibernation, reproduction ou étape migratoire.

    L’essentiel des gîtes abrite quelques individus mais le Poitou-Charentes compte quelques sites des plus remarquables en France telles :

    - les carrières de Saint-Savinien en Charente-Maritime (27 ha), site régional majeur pour l’hivernage de plusieurs centaines d’individus d’une douzaine d’espèces ;
    - la grotte naturelle de Rancogne en Charente (plus de 2 Km de galeries), une des plus remarquables cavités à Chiroptères de France dont les effectifs hivernants dépassent les 20.000 individus. Des espèces comme la Barbastelle (Barbastella barbastellus), le Grand MurinMyotis myotis) et le Rhinolophe EuryaleRhinolophus euryale) habitent les cavités de la région.

    Le caractère archaïque des invertébrés et le statut précaire des espèces de chiroptères qui peuplent ces milieux hypogés en font des sites d’un grand intérêt patrimonial à conserver.

    Les habitats littoraux et halophiles

  •  Sigore - Paysages littoraux

    Les habitats littoraux sont des écotones c’est-à-dire des lieux de contact entre le domaine marin et le domaine terrestre. Ils sont complexes car hétérogènes dans le temps, l’espace et dans leur organisation. En fonction du temps d’immersion, de la nature du substrat et de l’exposition, diverses communautés animales et végétales typiques colonisent les différents milieux du littoral.

    La façade littorale de la région Poitou-Charentes s’étend sur 440 kilomètres de côtes, y compris les îles (l’île d’Oléron, l’île de Ré, l’île d’Aix et l’île Madame), soit 6% du littoral français.

    Le littoral présente une succession d’avancées rocheuses prolongées d’îles et de baies tapissées de sédiments et de vase. A l’exception des plateaux fortement entaillés et formant des falaises sur la rive droite de l’estuaire de la Gironde, les côtes affichent des altitudes basses.

    Slikke et Schorre
    Slikke et Schorre

    Le long des côtes, les près salés s’inscrivent à l’intérieur de la zone de balancement des marées, entre les niveaux de plus basses et de plus hautes mers (zone intertidale ou estran). On distingue deux niveaux : la slikke, vasière pauvre en phanérogames mais à forte production de biomasse et le schorre, pré salé où se développe une végétation halophile typique.

    Les claires et salines
    Cultures marines du littoral
    Cultures marines du littoral

    Les côtes charentaises comportent naturellement de nombreux marais salants argileux - et donc imperméables - ensoleillés et battus par les vents marins. Dès le néolithique, l’Homme a su tirer profit de ces conditions propices à la production de sel, élément qui a longtemps été le principal moyen de conservation des viandes et des poissons. A partir du Moyen Age, les salines apparaissent avec l’organisation de bassins où le sel est obtenu par évaporation de l’eau de mer grâce à l’action du vent et du soleil. Depuis son âge d’or, les XIIe et XIIIe pour Brouage, le XVIe, pour l’île de Ré, la production de sel n’a cessé de décroître dans la région, même si quelques sites de production reprennent : le sel marin est apprécié pour ses qualités diététiques et gustatives.

    A partir de la fin du XIXe siècle, la culture traditionnelle des moules de bouchot et des huîtres supplante la saliculture. Les pertuis charentais présentent en effet des eaux saumâtres favorables à la production de naissains et au développement des coquillages. De nombreux marais salants ont donc été transformés en claires pour l’affinage des huîtres ou plus généralement pour la conchyliculture.

    Actuellement, Poitou-Charentes constitue le premier centre conchylicole français et européen et la conchyliculture est un des symboles de l’économie littorale charentaise (lien vers contexte régional).

    Le Marais de la Seudre en Charente-Maritime (Site Natura 2000 de 13970 ha y compris le domaine maritime) est un de ces anciens marais salants reconvertis partiellement pour l’aquaculture. Il comporte également des vasières tidales et d’autres milieux estuariens qui en font un site remarquable sur les plans écologique, faunistique et botanique. Le long de ces côtes vaseuses, les phanérogames colonisent la partie supérieure de la zone intertidale pour former le schorre dans lequel les communautés végétales originales se disposent de manière étagée : bas schorre abritant des prés salés à Immortelle Bleue (Limonium vulgare) et haut schorre à Armoise maritime (Artemisia maritima).

    Héron cendré
    Héron cendré

    Sur le plan faunistique, ce type de milieu est tout particulièrement fréquenté par les Oiseaux : Héron cendré (Ardea cinera), Tadorne de Belon (Tadorna tadorna), Vanneau huppé (Vanellus vanellus), Chevalier gambette (Tringa totanus), Gorgebleue à miroir (Luscinia svecica), etc.

    Vanneau huppé
    Vanneau huppé
    Chevalier gambette
    Chevalier gambette
    Les Vasières
    Salicorne
    Salicorne

    La slikke est le domaine de la boue ou de la vase. Cette matière peu engageante et monotone à première vue, se révèle intéressante et variée lorsqu’on la regarde avec attention.

    La slikke est une zone capitale pour l’équilibre estuarien et y remplit des fonctions essentielles :

  •  un rôle de filtre épurateur : à chaque marée, les matières en suspension dans l’eau se déposent à la surface et engendrent une activité microbienne intense.
  •  une ressource par la biomasse importante qu’elle produit : c’est dans cet espace que se développe la Salicorne ( Salicornia sp., et les premières dizaines de centimètres de vase sont très riches en zoobenthos composé principalement de Vers (Polychètes telles les néréis et arénicoles) et de Mollusques (coques, couteaux et palourdes) qui nourrissent poissons (soles ou turbots) et Crustacés (crevettes grises) à marée haute et Oiseaux limicoles à marée basse.

    Un grand nombre de poissons et crustacés viennent également se reproduire dans ces estuaires, conférant ainsi aux vasières un rôle de nurserie.

    Malheureusement les vasières s’appauvrissent et leurs surfaces régressent, à la fois par comblement naturel et par les aménagements portuaires et industriels. Des projets de réhabilitation ou de création de vasières sont cependant envisagés.

    Coque
    Coque

    Le Poitou-Charentes est une région riche en vasières tidales : marais de Brouage et marais nord de l’Ile d’Oléron (site Natura 2000, 26080 ha dont domaine maritime) - réserve naturelle de Moëze -, marais de la Seudre (Site Natura 2000 de 13970 ha y compris le domaine maritime), basse vallée de la Charente (Site Natura 2000 de 10670 ha y compris le domaine maritime), Fier d’Ars (Site Natura 2000 de 3878 ha y compris le domaine maritime). Ces sites représentent des lieux de rassemblement pour la recherche de nourriture pour de nombreux limicoles et autres petits échassiers. On peut ainsi y observer l’Avocette élégante (Recurvirostra avosetta), l’Huîtrier pie (Haematopus ostralegus), le Chevalier gambette (Tringa totanus) le Pluvier argenté (Pluvialis squatarola), le Bécasseau variable (Calidris alpina), le Courlis cendré (Numenius arquata), ou encore la Bernache cravant (Branta bernicla) qui forme des rassemblements de plusieurs milliers d’individus en hiver.

    Huitrier pie
    Huitrier pie
    Bernache cravant
    Bernache cravant
    Les dunes
    Facies dunaire
    Facies dunaire

    Les tronçons de côtes rocheuses du littoral charentais sont entrecoupés de dunes qui constituent un milieu particulièrement dynamique et très original. Depuis la plage vers l’intérieur des terres, la dune présente une succession de faciès dont les caractères morphologiques et végétaux sont liés à la modification des facteurs en présence : force du vent et salinité. Le vent est à l’origine de la formation de la dune : il emporte le sable qui s’accumule à l’abri d’un obstacle qui peut être végétal. Vent et végétation interagissent pour façonner les dunes littorales qui connaissent une dynamique rapide : érosions, déplacements et dépôts sédimentaires modèlent sans cesse les profils dunaires. La disposition des dunes depuis le front de mer vers l’intérieur des terres, obéit à une typologie particulière. Même si la différenciation des types de dunes n’est pas toujours nette, on peut schématiser l’organisation des différents faciès comme sur le schéma proposé.

    Les dunes sont des complexes écologiques riches en espèces endémiques et ont donc une grande valeur patrimoniale. La diversité des faciès assure la résistance aux perturbations naturelles ou anthropiques et génère des paysages attractifs.

    Au-delà de la plage, la dune embryonnaire est colonisée par une végétation à base de Chiendent des sables (Agropyron junceum, syn. Elymus farctus) et son cortège de plantes vivaces.

    La dune blanche (appelée aussi dune vive) correspond au cordon de dune mobile à forte accumulation sableuse grâce à l’action des végétaux psammophiles dominés par l’Oyat (Ammophila arenaria). Cette dune est peu salée mais elle est souvent riche en calcium provenant de la décomposition des Mollusques.

    La végétation de la dune semi-fixée se développe à l’abri relatif du cordon de dune vive. On rencontre sur ce faciès une mosaïque à Armoise (Artemisia campestris ssp. maritima), Fétuque (Festuca juncifolia) et Gaillet des sables (Galium arenarium), enrichie de plantes de la dune vive en phase d’érosion et de plantes de la dune fixée en phase de stabilisation.

    Sur la dune grise, se développe la végétation de la dune temporairement fixée et assez bien abritée des embruns. Elle est caractérisée par une pelouse le plus souvent xérophile à base d’Immortelle (Helychrisum stoechas) et de Canche blanchâtre (Corynephorus canescens) et où les mousses et lichens sont bien représentés. Les dunes grises de Charente-Maritime hébergent également des populations de Lézard ocellé (Lacerta lepida), espèce déterminante en région et protégée au niveau national.

    Le passage progressif de la pelouse à la forêt se révèle important pour la richesse écologique et paysagère de ce type de milieu. Au-delà de la dune grise, le sol, plus riche en matière humique accueille une végétation enrichie d’espèces préforestières, et qui forme un manteau où se mêlent herbacés semi-ligneux, buissons et arbres nanifiés. Ce faciès assure la jonction avec la frange forestière, souvent d’origine anthropique et composée le plus souvent de Pin maritime (Pinus pinaster), de Chêne vert (Quercus ilex) et de Chêne pédonculé (Quercus robur).

    Pin maritime
    Pin maritime

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