L’ENVIRONNEMENT EN POITOU-CHARENTES (http://www.environnement-poitou-charentes.org) L'Etat - membre fondateur Région Nouvelle-Aquitaine
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Les pollutions anthropiques

Thème Eau - Edition 2015
Nouveau !
Dernière mise à jour : 2015

3.1. Les pollutions domestiques et urbaines

6> 3.1.1. Liées à l’assainissement6
6> 3.1.2. Liées à l’utilisation courante de certains produits6

3.2. Les pollutions agricoles

6> 3.2.1. Les pollutions agricoles diffuses6
6> 3.2.2. Les pollutions agricoles ponctuelles6

3.3. Les pollutions industrielles

6> 3.3.1. Les pollutions liées aux effluents industriels6
6> 3.3.2. Les pollutions liées aux sols pollués6
6> 3.3.3. Les pollutions liées à la radioactivité6
6> 3.3.4. La pollution thermique6

3.4. Les pollutions liées aux infrastructures et aux transports

3.5. Les pollutions liées à la gestion et à l’élimination des déchets


Les origines de la pollution des eaux sont variées
et intimement liées aux activités humaines : pollutions
domestiques, industrielles et agricoles.

Ces trois grandes sources de pollution sont responsables
de l’introduction de polluant dans l’eau et les milieux
naturels.

Les pollutions anthropiques
Rejets domestiques Rejets agricoles Rejets industriels
Phosphore 30% Nitrates (engrais) 50% Métaux (plomb, cadmium, nickel, mercure) 70%
Matières organiques 40% Phosphore (lisier …) 30% Pyralènes (PCB) 31%
Hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) 93% Pesticides 36% Hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) 93%
Substances médicamenteuses et
cosmétiques
Non
connu
Micropolluants organiques (composés bromés,
dioxines, benzène …)
4%

Chaque pourcentage indique la proportion de points de contrôle en France présentant une concentration moyenne à élevée de la substance polluante concernée.
(Institut Français de l’ENvironnement, 2006 et 2007)

3.1. Les pollutions domestiques et urbaines

3.1.1. Liées à l’assainissement

La pollution domestique d’une manière générale
constitue la principale cause de présence de phosphore
dans les eaux usées.

Collectif

Ce type de pollution concerne essentiellement les
eaux superficielles.

Les eaux résiduaires urbaines sont un mélange d’eaux
ménagères, d’eaux résiduaires d’origine industrielle
(acceptées par la collectivité), et d’eaux pluviales (quand
le système est unitaire).

Représentant les deux tiers du total des eaux usées
domestiques, les eaux ménagères comprennent les
déjections humaines, des eaux de toilette et de nettoyage
des sols et des aliments, contenant : des graisses, des
savons, des détergents, des matières en suspension, des
matières dissoutes organiques ou minérales …
Dans le cas d’un assainissement collectif, ces eaux
sont acheminées vers des stations d’épuration et, en sortie,
la majorité des polluants est éliminée. Le développement
des équipements de collecte et de traitement des eaux
usées vise précisément à réduire l’impact de la pollution
domestique et d’une partie de la pollution industrielle sur
les milieux récepteurs (cours d’eau, eaux littorales …). La
défaillance des réseaux de collecte des eaux usées et des
stations d’épuration ou l’arrivée en station de polluant
dont le traitement d’élimination n’est pas prévu, est
susceptible d’entraîner des éléments indésirables dans
les eaux.

La quantité de pollution produite chaque jour en
moyenne par un habitant, ou Equivalent Habitant, a
été définie par arrêté le 6 novembre 1996 :
  •  90 g de matières en suspension,
  •  57 g de matières oxydables,
  •  15 g de matières azotées,
  •  4 g de matières phosphorées,
  •  0,2 équitox de matières inhibitrices,
  •  0,23 métox de métaux et métalloïdes.

    À cette pollution produite par les habitants s’ajoutent
    les eaux usées rejetées par les installations collectives,
    telles que les hôpitaux, les écoles, les commerces,
    les hôtels et restaurants, le lavage des rues ou des
    marchés …

  • Dans le cas d’un réseau de collecte unitaire (eaux
    de l’assainissement et eaux pluviales non séparées), des
    pics de pollution particulièrement nocifs peuvent survenir
    lorsque de fortes pluies succèdent à une longue période
    sèche. Le système d’assainissement est alors saturé, et
    il peut non seulement y avoir surverse du réseau, mais
    aussi, un lessivage des toits et des chaussées par les
    pluies qui entraîne une concentration plus élevée des
    pollutions urbaines.

    Non collectif

    L’assainissement individuel, autonome, également
    appelé assainissement non-collectif, est une technique
    d’épuration ancienne qui consiste à traiter les eaux usées
    d’une habitation sur la parcelle bâtie. La Loi sur l’Eau du 3 janvier 1992 et les deux arrêtés d’application du 6 mai
    1996 ont reconnu cette solution technique comme une
    alternative à part entière au « tout à l’égout », lorsque
    le contexte physique et les conditions de coût rendent
    l’assainissement collectif difficilement envisageable.

    Les dispositifs d’assainissement individuel sont
    généralement constitués d’une fosse toutes eaux
    assurant un pré-traitement, et d’un dispositif
    d’infiltration par le sol qui assure l’épuration finale des
    effluents et leur évacuation dans le sous-sol. Le sol assure
    à la fois l’épuration et l’élimination des eaux usées mais
    l’épuration n’est pas complète pour tous les types de
    polluants (par exemple, l’azote des eaux usées est pour
    l’essentiel seulement oxydé en nitrates).

    Les eaux usées étant constituées à la fois de micro-organismes
    potentiellement pathogènes, matières
    organiques, azotées, phosphorées ou en suspension,
    la non conformité des installations d’assainissement
    autonome est susceptible d’occasionner des nuisances
    environnementales et des risques sanitaires.

    Dans des régions rurales comme Poitou-Charentes,
    la fraction de pollution émise par ces installations
    d’assainissement est très réduite et se limite plutôt à des
    non-respects ponctuels de règles d’hygiène (écoulement
    d’eaux usées en cas de dysfonctionnement).

    Après enquête publique, les communes ou, à
    défaut, leurs établissements publics de coopération
    ont pour obligation de délimiter les zones relevant de
    l’assainissement non collectif (ANC) d’après la loi sur l’eau
    de 1992. Pour chaque zone, les communes sont tenues
    d’assurer le contrôle des installations d’ANC qui sont
    réalisées par le SPANC (Service Public d’Assainissement
    Non Collectif ) et, si elles le décident, le traitement des
    matières de vidange. En région, la mise en place de SPANC
    est très avancée et plus globalement sur le bassin Loire-
    Bretagne. (Service de l’Observation et des Statistiques,
    2008)

    3.1.2. Liées à l’utilisation courante de certains produits

    L’entretien des parcs, jardins, terrains de sports
    et autres espaces à usage collectif peut être à l’origine
    d’émissions polluantes de fertilisants (azote, phosphore)
    et de produits phytosanitaires. L’entretien des jardins des
    particuliers contribue également à l’émission de quantités
    non négligeables de polluants. De plus, divers fongicides ou
    insecticides par exemple, sont utilisés par les ménages ou
    dans l’industrie, et peuvent entraîner une pollution de l’eau.

    À noter la question des pollutions émergentes telles
    que les médicaments dans l’eau, issues des pollutions
    domestiques directes ou indirectes, l’élevage … (En savoir
    plus dans la partie 5 de ce chapitre)

    3.2. Les pollutions agricoles

    3.2.1. Les pollutions agricoles diffuses

    En Poitou-Charentes, les pollutions liées à l’agriculture
    ont pour origines principales : l’évolution des systèmes
    et types de cultures, l’utilisation massive des engrais et
    produits phytosanitaires en grandes cultures, mais aussi
    plus marginalement, l’épandage des effluents d’élevage
    produits in situ ou importés dans le nord des Deux-Sèvres
    par exemple.

    L’agriculture est aujourd’hui le principal émetteur d’azote
    et le deuxième en phosphore depuis que le traitement des
    eaux résiduaires urbaines s’est nettement amélioré ces
    dernières années, et depuis l’interdiction des phosphates
    dans les lessives en France au 1er juillet 2007.

    Aux pratiques agricoles s’ajoutent des caractéristiques
    climatiques et agro-pédologiques qui accentuent les
    risques de pollutions (sols filtrants, fortes précipitations
    en hiver, sécheresse estivale).

    Ainsi, l’agriculture constitue la première cause de
    pollutions diffuses dans une région rurale. En Poitou-
    Charentes en 2011, la superficie totale des exploitations
    est de 1 715 746 ha, soit environ 66% du territoire régional
    (Agreste Poitou-Charentes, 2012). Quatre zones principales
    peuvent être distinguées en région :

  •  deux zones où l’élevage est dominant : le nord-ouest et l’est (zones de socle),
  •  une zone centrale dominée par les grandes cultures du nord-est (bordure du bassin parisien) au centre (bordure nord du bassin Aquitain),
  •  une zone mêlant vignes, vergers, grandes cultures
    et élevage au sud.

    Les apports en nitrates, phosphates et potasse sont
    nécessaires en agriculture pour satisfaire les besoins des
    plantes, en particulier pour les cultures en situation de
    conduite intensive.

    Les insecticides, les fongicides et les herbicides sont
    destinés à protéger la plante cultivée de ses prédateurs
    et des mauvaises herbes. Sous l’appellation « produits
    phytosanitaires » se cache une multitude de substances
    (ou matières actives), dont la rémanence dans l’eau et dans
    le sol peut être très différente d’une molécule à l’autre.

    Lors d’événements pluvieux, les produits épandus
    peuvent être entraînés avec l’eau de ruissellement et les
    particules en suspension jusqu’au cours d’eau le plus proche.
    On constate alors des pics de concentrations dans l’eau des
    substances épandues.

    Ce lessivage peut durer quelques heures ou plusieurs
    dizaines d’années selon le substrat géologique. Les
    conditions de migration vers les nappes, de fixation dans
    les couches traversées ou de dégradation sont mal connues.

    L’azote (N)

    L’azote est indispensable à la vie et c’est un constituant
    normal des sols. Un hectare de sol contient habituellement
    plusieurs tonnes d’azote dont la plus grande partie est
    sous forme organique.

    Ce stock d’azote organique est alimenté par divers
    apports : eau de pluie, fixation d’azote atmosphérique
    (par les légumineuses, par exemple), décomposition de résidus
    végétaux (feuilles, racines) et par les apports de fertilisants
    organiques (déjections animales) ou minéraux (engrais).
    Ces apports d’azote subissent diverses séries complexes de
    réactions de minéralisation et de réorganisation, mais vont tous
    grossir le stock d’azote organique du sol, l’utilisation directe par
    les plantes ne représentant qu’un très faible pourcentage des
    apports (moins de 5 %).

    Sous l’action de différents micro-organismes, et à
    une vitesse qui dépend notamment de l’humidité, de la
    température, la teneur en oxygène, et du type de sol, l’azote
    organique du sol se minéralise pour donner des nitrates.
    Très solubles, ces nitrates sont pour partie absorbés par
    les racines des plantes, et le reste est entraîné par l’eau qui
    percole vers la nappe (phénomène de lessivage) ou qui est
    évacuée par les réseaux de drains agricoles, en particulier
    en l’absence de couvert végétal suffisant pour piéger
    l’azote entre deux cultures par exemple.

    L’entraînement d’un peu d’azote du sol par lessivage
    vers les eaux souterraines est inévitable et existe même
    avec les sols non cultivés. Mais, pour un sol dont le
    stock d’azote organique est de l’ordre de 10 tonnes, les
    exportations annuelles par les végétaux de 150 kg, et les
    apports fertilisants de 150 kg à 200 kg, le risque existe de
    dépasser la valeur limite fixée pour l’eau potable (50 mg/l)
    si la quantité d’azote lessivée dépasse quelques dizaines
    de kilos par hectare et par an. Les ordres de grandeur en
    jeu sont donc des pertes annuelles de l’ordre de 15 %
    des apports ou de 2 à 3 ‰ du stock présent dans le sol.
    (Comité Régional de l’Environnement, 2002)
    Dans de rares cas, on observe des phénomènes de
    disparition de nitrates (dénitrification naturelle).

    Aux nitrates résultant de la minéralisation de l’azote
    organique des sols s’ajoutent les nitrates produits par
    synthèse industrielle (engrais fertilisants minéraux) et les
    nitrates provenant de l’oxydation de matières organiques
    liées aux activités humaines et agricoles (fumier, lisier) et
    urbaines (effluents domestiques).

    Les produits phytosanitaires

    Les produits phytosanitaires sont appliqués le plus
    souvent par pulvérisation sur le sol et sur les plantes. Une
    certaine quantité des molécules les plus volatiles peut
    être perdue dans l’atmosphère. Une partie est absorbée
    par les organismes-cibles mais la plus grande partie rejoint
    directement ou indirectement le sol.

    Les substances sont alors transformées en divers
    produits de dégradation dont la toxicité n’est pas toujours
    connue. La disparition de la substance active et des
    molécules dérivées est plus ou moins rapide selon le
    caractère biodégradable des molécules en cause, et selon
    les conditions de milieu. On parle de rémanence.

    Certaines molécules peuvent être fixées dans le sol
    (sorption) par une grande variété de mécanismes ou
    entraînées facilement par les eaux. À toxicité égale, le
    risque d’altération des ressources en eau est d’autant plus
    faible que la substance est mieux retenue dans le sol et
    qu’elle s’y dégrade plus vite en produits inoffensifs.

    La pollution de l’eau par les substances actives ou leurs
    produits de dégradation peut résulter de leur entraînement
    par les eaux de ruissellement (sous forme dissoute ou
    sous forme absorbée sur des particules de sol) vers les
    eaux superficielles ou vers les eaux souterraines (sous
    forme dissoute).

    D’après les données de 2010 de la Banque Nationale
    de Vente de produits phytosanitaires par les distributeurs
    agréés (BNV-D), 370 substances minérales et de synthèse
    ont été vendues en 2010 en Poitou-Charentes. La quantité
    vendue est estimée à 4 700 tonnes.

    Le glyphosate, dont les ventes sont en nette augmentation
    depuis 10 ans, représente 13% des quantités vendues
    avec environ 600 tonnes. D’un point de vue quantitatif,
    la molécule de glyphosate est suivie de trois fongicides
    (mancozèbe, fosétyl-aluminium, folpel) pour un total
    de près de 800 tonnes. Les ventes de chloroacétamides
    utilisées en remplacement de l’atrazine (interdite depuis
    2003) sont en augmentation.

    3.2.2. Les pollutions agricoles ponctuelles

    Les pollutions agricoles peuvent être considérées
    comme ponctuelles en cas d’accidents, ou lorsqu’elles
    sont liées à la gestion des produits phytosanitaires
    et fertilisants ou aux traitements et au matériel de
    traitement.

    Les situations à risques sont rencontrées lorsque :

  •  le stockage des produits n’est pas adéquat : le local phytosanitaire n’est pas sécurisé, cuve d’azote …
  •  le remplissage n’est pas suffisamment surveillé : risque de débordement, de fuites, de renversement de la cuve ...
  •  le rinçage des bidons ou du matériel n’est pas fait correctement, ou bien les reliquats de produits ou de traitements sont déversés à même le sol.
  •  le matériel utilisé n’est pas correctement entretenu, ou pas suffisamment équipé. Les pollutions ponctuelles peuvent aussi être chroniques lorsque, par exemple, en système d’élevage :
  •  les bâtiments ne sont pas équipés de façon à stocker les effluents d’élevage sans possibilités de fuites,
  •  les effluents excédentaires sont déversés en bout
    de champs ou épandus sur les parcelles à la fin de
    l’hiver, ...
  •  les eaux de la salle de traite ou de nettoyage des
    bâtiments peuvent aussi contaminer le milieu
    naturel.

    3.3. Les pollutions industrielles

    Les pollutions d’origine industrielle peuvent
    résulter non seulement du rejet d’eaux contenant des
    éléments provenant des procédés de fabrication ou de
    fonctionnement de l’établissement industriel, mais aussi
    du transfert de substances contenues dans les sols pollués
    vers les eaux de surface (par ruissellement) ou vers les
    eaux souterraines (par lessivage ou percolation).

    Elles ont beaucoup reculé en France, bien qu’elles soient
    encore importantes. L’industrie participe à part égale
    avec les rejets domestiques, à la pollution organique. Elle
    est, par contre, responsable en grande partie des rejets
    toxiques.

    3.3.1. Les pollutions liées aux effluents industriels

    Les eaux industrielles se distinguent des eaux
    résiduaires urbaines par une plus forte concentration et
    une plus grande homogénéité des éléments polluants.
    Ces rejets sont de plus en plus collectés et traités,
    soit par des installations spécifiques à l’entreprise, soit
    par les réseaux et la station d’épuration de la collectivité
    locale, par le biais d’une convention de raccordement. Les
    pollutions d’origine industrielle causées par le rejet direct
    dans le milieu d’eaux contaminées ont en conséquence
    beaucoup reculé en France.

    Cependant, il arrive encore que certains effluents
    industriels rejoignent directement les eaux superficielles
    par ruissellement, ou soient entraînés plus ou moins
    rapidement vers les eaux souterraines. Ces rejets
    présentent une extrême diversité propre à chaque type
    d’industrie.

    Ainsi, quatre types d’effluents peuvent être
    distingués :

  •  les effluents généraux de fabrication (continus ou discontinus),
  •  les effluents particuliers : ils sont susceptibles d’être séparés, soit en vue d’un traitement spécifique avec récupération éventuelle, soit pour éliminer des polluants particulièrement dangereux ou concentrés,
  •  les effluents des services généraux : ils englobent les eaux vannes, les eaux ménagères, les eaux de chaufferie et les eaux de refroidissement,
  •  les rejets occasionnels : ce sont les plus dangereux
    et les moins maîtrisables, ils correspondent à
    des fuites accidentelles de produits, aux eaux de
    lavage et aux eaux de pluie qui lessivent les voies
    et parkings imperméabilisés.

    La composition de ces effluents joue sur leur devenir.
    Si certains polluants (les métaux par exemple) peuvent
    être retenus par le sol, d’autres, comme les solvants
    chlorés, sont capables de traverser des sols argileux
    pourtant imperméables à l’eau, et peuvent donc polluer les
    eaux souterraines. En France, les deux tiers des pollutions
    industrielles des sols recensées proviennent des
    hydrocarbures et des solvants chlorés la majeure partie
    du reste est provoquée par des éléments métalliques.

    3.3.2. Les pollutions liées aux sols pollués

    Les sites (ou sols) pollués provoquent également
    des pollutions en hydrocarbures, métaux lourds (plomb,
    zinc) pouvant entraîner la fermeture de captages. Ce sont
    des sites, qui du fait d’anciens dépôts ou d’infiltration
    de substances polluantes, présentent une pollution
    susceptible de provoquer un risque pour les personnes
    ou l’environnement. Dans la région, plusieurs sites ont
    été répertoriés. Les pollutions par les hydrocarbures
    sont fréquentes et peuvent rendre une eau impropre à la
    consommation pendant des dizaines d’années.

    La loi 76-663 du 19 juillet 1976 relative aux Installations Classées pour la Protection de l’Environnement donne à l’administration les moyens
    d’imposer aux installations existantes ou projetées toutes
    les dispositions nécessaires pour prévenir la pollution des
    sols. Lorsque les dispositions réglementaires n’ont pas pu
    prévenir les pollutions ponctuelles, le site et son sol sont
    dits pollués.

    Le traitement d’un site pollué, sa surveillance et les
    opérations de dépollution qui peuvent être engagées,
    sont liés à l’existence de risques pour l’homme et
    l’environnement, et tiennent compte de l’usage destiné
    au site et des techniques disponibles. Des dispositifs
    réglementaires de restriction d’usage peuvent empêcher
    qu’un site traité, mais pour lequel une pollution résiduelle
    demeure, ne soit pas destiné à un autre usage que celui pris
    en compte pour le traitement.

    Deux types d’inventaires existent en France :

  •  les inventaires historiques qui ont pour vocation
    de reconstituer le passé industriel d’un territoire.
    Les informations collectées sont versées dans
    une base de données BASIAS, gérée par le B.R.G.M.
    Cette base contient des informations sur des sites
    qui ne sont plus en activité et qui ne sont plus
    source de risques. Cependant, s’il était question
    de les utiliser à nouveau, il est important que
    les vendeurs, les acheteurs et les aménageurs
    disposent d’informations aussi complètes que
    possible sur l’usage passé du site. Il est à souligner
    que l’inscription d’un site dans BASIAS ne préjuge
    pas d’une éventuelle pollution à son endroit. Les
    derniers inventaires en date de 2009 ont donné
    les résultats suivants en Poitou-Charentes (11 413
    sites recensés) :
      • Charente : 2 254 sites recensés
      • Charente-Maritime : 3 759 sites recensés
      • Vienne : 2 395 sites recensés
      • Deux-Sèvres : 3 005 sites recensés
      •  L’inventaire des sites potentiellement pollués et
        appelant une action des pouvoirs publics : BASOL.
        Il permet de s’informer sur les actions menées
        par l’administration et les responsables de ces
        sites pour éviter les risques et les nuisances.
        Cet inventaire a vocation à être actualisé en
        continu (1 023 sites référencés en 1996, 3 354
        début 2002 et 5053 en juillet 2013 en France
        métropolitaine, dont 57 sites en Poitou-Charentes
        parmi lesquels 41 sont sous surveillance). En
        2013, les données issues de BASOL permettent
        d’évaluer la situation de la pollution des eaux :
        parmi les sites de l’inventaire en France, 2587
        (51,20 %) ont un impact constaté, 559 (11,06 %)
        sont sans impact, le reste étant indéterminé (soit
        près de 38%).

    En règle générale, la pollution ponctuelle des sols
    aboutira dans les eaux souterraines, sauf dans trois
    situations : l’absence de nappe sous-jacente, l’existence
    d’un confinement naturel, ou la stabilisation des substances.

    3.3.3. Les pollutions liées à la radioactivité

    En région, la présence de la centrale nucléaire de Civaux
    est susceptible d’engendrer des pollutions radioactives
    dans l’environnement d’une manière générale en lien avec
    les rejets gazeux et liquides qu’elle effectue.
    Les rejets sont cependant soumis à une réglementation
    et à des seuils très stricts permettant de préserver
    l’environnement.

    Cependant, certains accidents ponctuels peuvent mettre
    en danger les milieux. Ce fut le cas début 2012 avec
    l’observation d’une concentration élevée de tritium (540
    bcq/l pour une valeur autorisée de 8 bcq/l) dans les eaux
    de la nappe phréatique située sous la centrale. Cette
    concentration restait très inférieure au seuil de potabilité
    de l’eau (7800 bcq/l selon l’OMS). Des contrôles réguliers
    ont continué à être réalisés pour s’assurer du retour à la
    normale et d’une bonne qualité des eaux vis-à-vis de ce
    paramètre.

    Outre les rejets gazeux et liquides, la centrale est
    également un producteur important de déchets radioactifs
    solides représentant une activité de 67,26 TBq pour l’année
    2012.

    En 2012, pour les deux réacteurs en fonctionnement, 1 792
    colis ont été évacués vers les différents sites d’entreposage
    (centre de stockage, incinérateur …).

    D’autres établissements sont susceptibles de
    produire des déchets radioactifs, ils sont répartis selon
    trois catégories d’activités : le domaine de la recherche, le
    domaine médical, et celui de la défense nationale.

    3.3.4. La pollution thermique

    Pour refroidir leurs installations, les centrales
    nucléaires prélèvent de l’eau provenant de la mer ou
    de rivière. Cette eau, qui va alimenter les circuits de
    refroidissement de la centrale, est légèrement échauffée
    lorsqu’elle est ensuite rejetée dans le fleuve ou dans la mer.
    L’augmentation de la température du milieu aquatique ne
    doit alors pas dépasser certaines limites qui sont fixées
    par la réglementation et qui varient selon les périodes de
    l’année.

    En lien avec ce réchauffement du milieu, des
    conséquences possibles sur la faune et la flore peuvent
    être observées notamment la perturbation de la vie des
    poissons et autres organismes inféodés au milieu. On
    parle alors de pollution thermique.

    En période de sécheresse, le niveau des cours d’eau
    est généralement plus bas et leur température plus
    élevée. Les centrales nucléaires sont alors contraintes
    d’adapter leur fonctionnement afin de ne pas perturber
    les écosystèmes.

    Les établissements détenant des déchets radioactifs en Poitou-Charentes en 2010
    Les établissements détenant des déchets radioactifs en Poitou-Charentes en 2010

    Visualisez la carte dans l’atlas cartographique de l’ORE

    3.4. Les pollutions liées aux infrastructures et aux transports

    Les transports routiers ou ferroviaires peuvent
    contribuer également à la dégradation des ressources en
    eau du fait des travaux de réalisation des infrastructures
    (rabattement de nappe, pollutions dues au chantier ...)
    ou de l’existence même des ouvrages (remblais, déblais,
    imperméabilisation ... modifiant l’écoulement des eaux).

    La dégradation peut également s’expliquer du fait de
    l’entretien et de l’utilisation des infrastructures :

  •  émissions chroniques de polluants provenant de l’usure des pneus et des chaussées ainsi que des carburants
  •  pollutions saisonnières dues au salage des routes en hiver et à l’utilisation de produits phytosanitaires sur les emprises des voies ferrées et des routes
  •  pollutions dues à des accidents survenant en cours de transport de produits polluants (sans oublier que les hydrocarbures utilisés comme carburants et comme lubrifiants sont des produits potentiellement polluants)
  •  mauvais entretien ou absence d’entretien des
    dispositifs de rétention de l’eau et des polluants
    (bassins d’orage, décanteurs, déshuileurs ...).

    S’agissant de l’entretien et de l’utilisation des
    infrastructures, les émissions chroniques liées au
    trafic routier, poussières, hydrocarbures, plomb et zinc
    notamment, sont essentiellement entraînées par l’eau
    sous forme de particules en suspension. Ces polluants se
    retrouvant en grande partie dans les fossés, le curage et
    l’élimination des boues accumulées doivent être réalisés
    avec précaution.

    Le sel utilisé en traitement préventif ou curatif contre le
    verglas n’est pas en lui-même un polluant dangereux, mais
    le produit employé n’est pas du pur chlorure de sodium.

    Il contient diverses impuretés, dont souvent des traces
    de métaux lourds, plomb et zinc, et éventuellement des
    additifs anti-agglomérants comme les ferrocyanures.

    Le désherbage chimique est largement pratiqué le long
    des routes et voies ferrées. Des efforts ont été réalisés
    au cours des dernières années pour mieux choisir et
    employer de façon plus économe les désherbants mais les
    quantités de matières actives utilisées, notamment sur
    les voies ferrées, restent très importantes.

    L’eau, utilisée comme voie de transport, doit posséder un
    régime hydraulique tel qu’il n’engendre pas de difficulté
    supplémentaire à la manoeuvrabilité des bateaux. En ce
    qui concerne le transport maritime, la plupart des ports
    nécessite un dragage régulier de leur chenal d’accès,
    opération réalisée par les pouvoirs publics après avoir
    mené des analyses du volume de sédiment à enlever et de
    son éventuel niveau de contamination (toxique, métaux).

    Les sédiments marins ôtés par dragage se comportent
    comme de véritables accumulateurs de polluants (métaux
    lourds, organostanniques, hydrocarbures, produits
    phytosanitaires, …), pouvant être à l’origine de relargage
    de ces substances polluantes vers les écosystèmes
    côtiers, notamment au cours de leur remise en suspension
    (dragage, tempête, …) du fait du changement de leur
    environnement chimique (réduction salinité …).

    Le faible trafic de matières dangereuses des ports
    charentais, ainsi que de la faible fréquence de mouvements
    de navires font que dans l’ensemble, les pollutions
    accidentelles sont rares dans le département.

    3.5. Les pollutions liées à la gestion et à l’élimination des déchets

    La gestion et l’élimination des déchets sont encadrées
    par de nombreux textes législatifs et réglementaires,
    d’origines communautaire et nationale. Sous le terme
    « déchets » sont regroupés :

  •  les déchets ménagers ou assimilés,
  •  les déchets des activités agricoles,
  •  les déchets industriels comprenant d’une part les déchets industriels dits « banals », assimilés aux déchets ménagers, et d’autre part les déchets plus dangereux dits « déchets industriels spéciaux »,
  •  les déchets particuliers faisant l’objet de
    règles spécifiques : déchets médicaux, déchets
    radioactifs, huiles usagées, par exemple.

    Chaque habitant produit en moyenne 1 kg par jour de
    déchets ménagers qui contiennent 45 à 50% de matière
    organique. Les différentes installations de transit, de tri, de
    traitement ou de stockage sont des installations classées
    pour la protection de l’environnement. L’application de la
    réglementation des installations classées doit permettre
    de limiter les impacts de ces installations sur la qualité des
    ressources en eau et les risques de pollution accidentelle
    aussi bien que chronique. Malgré le développement de
    nouvelles techniques d’élimination (tri, récupération,
    recyclage, incinération, compostage, …), la technique la
    plus utilisée reste encore la mise en décharge ou « centre
    d’enfouissement technique ».

    À l’intérieur des décharges, la fraction organique des
    déchets se décompose selon des mécanismes complexes
    de fermentation. Cette évolution, qui peut durer des
    décennies (30 à 50 ans), est due à la percolation (passage
    lent de l’eau à travers un substrat (sol, déchet …)).
    La mise en décharge de la partie organique des
    déchets ménagers produit des « jus » plus ou moins
    chargés en substances minérales organiques. Les risques
    d’infiltration de ces polluants vers les nappes ou leur
    écoulement vers les ruisseaux peuvent conduire à des
    pollutions. Toutes les décharges, non étanchéifiées sont
    soumises à ce risque.

    Cependant, la Directive décharge du 26 avril 1999 impose
    aux États membre pour 2009 la mise en conformité de
    leurs décharges pour limiter autant que possible les effets
    négatifs sur l’environnement sous peine de fermeture.

    À VOIR SUR LE SITE DE L’EAU EN POITOU-CHARENTES …
    RPDE, Réseau Partenarial des Données sur l’Eau : www.eau-poitou-charentes.org, rubriques :
    la gestion de l’eau > Reconquête de la qualité > Re Sources
    la gestion de l’eau > Reconquête de la qualité > Réduction des pesticides
    connaître l’eau et ses usages en région > Sa qualité > Les pollutions et les menaces > Les résidus de médicaments dans l’eau
    la gestion de l’eau > Assainissement

     Pour aller plus loin
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