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> Améliorer la gestion quantitative de l’eau

Restaurer les cours d’eau et les milieux aquatiques

Thème Eau - Edition 2015
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Dernière mise à jour : 2015

4.1. L’entretien et la gestion des cours d’eau …

64.1.1. ..pour restaurer la continuité écologique6
64.1.2. … et atteindre le bon état écologique des cours d’eau en 20156

4.2. Quelques exemples de travaux en rivière

64.2.1. L’hydromorphologie des cours d’eau6
64.2.2. Des exemples de travaux ou d’aménagement des cours d’eau6


Au cours du temps, l’Homme a voulu maîtriser
les cours d’eau en vue de développer pleinement ses
activités mais cette artificialisation des milieux a induit
des perturbations profondes au sein des habitats, des
conditions de reproduction et de circulation des espèces.
L’impact majeur des aménagements est la
modification des propriétés physiques des cours d’eau,
associée à des changements de régimes hydrologiques.
Dès lors que des travaux sont entrepris sur les cours
d’eau, ils ne sont généralement pas sans conséquences
sur les débits.

Epanne (Deux-Sèvres)
Epanne (Deux-Sèvres)

Restaurer la qualité physique et fonctionnelle des cours
d’eau est alors important afin d’améliorer le régime
hydrologique et vise notamment le respect des débits
minimaux en étiage. Les ouvrages sur les cours d’eau
peuvent engendrer de réels impacts sur la morphologie et
la dynamique des milieux qui lui sont associés.

Différentes solutions sont proposées dans les SDAGE
telles que le suivi et l’évaluation de débits minima en
aval des ouvrages, et l’harmonisation de ces débits par
tronçon homogène de cours d’eau. Ces valeurs de débits
sont fixées de manière à respecter l’état des milieux
aquatiques tout en tenant compte des besoins liés aux
différents usages de l’eau.

Une analyse de l’incidence des aménagements de cours
d’eau et des activités anthropiques est demandée
par les SDAGE en vue de repenser l’aménagement des
modalités de gestion des ressources en eau et d’adapter
la réglementation des ouvrages à la réalité des cours d’eau
et des milieux aquatiques associés.

4.1. L’entretien et la gestion des cours d’eau …

4.1.1. ..pour restaurer la continuité écologique
D’après la Directive Cadre sur l’Eau de 2000,
la continuité écologique est définie comme la libre
circulation des organismes vivants et leur accès
aux zones indispensables à leur reproduction, leur
croissance, leur alimentation ou leur abri, le bon
déroulement du transport naturel des sédiments ainsi
que le bon fonctionnement des réservoirs biologiques
(connexions, notamment latérales, et conditions
hydrologiques favorables). Elle a une dimension
amont-aval, impact des obstacles transversaux
comme les seuils et barrages, et une dimension
latérale, impact liés aux ouvrages longitudinaux
comme les digues et les protections de berges.

Ce retour à une continuité écologique des cours d’eau
est partagé par de nombreux textes réglementaires : Directive
Cadre sur l’Eau, Loi sur l’eau de 2006, Plan National
de Gestion pour l’Anguille, Loi Grenelle avec la mise en
oeuvre de la Trame Verte et Bleue … Il est essentiel pour
sauvegarder et préserver les milieux aquatiques ainsi que
les espèces qui y sont liées aussi bien floristiques que
faunistiques notamment les poissons grands migrateurs
qui sont en déclin depuis plusieurs années.

En France, plus de 60 000 ouvrages sont recensés
sur les cours d’eau, pouvant, être potentiellement des
obstacles à cette continuité. L’enjeu aujourd’hui est de la
restaurer en vue d’un retour au bon état écologique des
eaux visé pour 2015. (ONEMA, 2010)

Afin de mieux évaluer l’utilité de chaque ouvrage
en France, l’ONEMA effectue depuis 2010 une vaste
campagne d’inventaire des ouvrages sur les cours d’eau :
le Référentiel des Obstacles à l’Ecoulement (ROE). Plus de
la moitié ne semble pas avoir d’utilité avérée. (ONEMA,
2010)
En région, d’une manière générale, cet inventaire a
montré la présence d’une multitude de seuils en rivière.
Il s’agit d’un ouvrage, fixe ou mobile, qui barre tout ou
une partie du lit mineur et qui engendre de ce fait une
surélévation de la ligne d’eau en amont du seuil. En Deux-
Sèvres, de nombreux ponts sont recensés.

Les obstacles présents sur les cours d’eau induisent
des perturbations plus ou moins importantes en fonction
du type d’obstacle, de leur hauteur, de l’entretien qui est
fait, de sa date de mise en place …

Leur succession sur un même cours d’eau peut aggraver les
perturbations et les impacts sur la continuité écologique.
Ces impacts peuvent être variés :

  •  écoulement et régime hydrologique fortement modifiés,
  •  sédiments immobilisés à l’amont d’un ouvrage entrainant une perturbation de la dynamique des flux du cours d’eau et impactant la morphologie du lit,
  •  mobilité des espèces et accès à leur habitat
    restreints ou inaccessibles …

    La dégradation des cours d’eau depuis des décennies
    engendre une réglementation plus stricte : en 2009, l’État
    a notamment lancé un Plan National de Restauration des
    Cours d’Eau visant à :

  •  renforcer la connaissance des seuils et des barrages il en a découlé la mise en place du ROE en 2010,
  •  définir des priorités d’intervention par bassin en s’appuyant sur les démarches déjà existantes,
  •  améliorer la coordination des actions de la police de l’eau et des agences de l’eau
  •  dégager des financements plus importants des Agences de l’Eau
  •  évaluer le gain écologique des mesures mises
    en oeuvre l’effacement ou l’arasement des
    ouvrages n’ayant plus d’usage économique avéré
    sera privilégié à condition de prévoir un plan
    d’accompagnement technique et financier. Pour
    les ouvrages toujours en cours d’usage, des
    solutions de gestion ou d’aménagement seront
    proposées.

    4.1.2. … et atteindre le bon état écologique des cours d’eau en 2015

    L’atteinte du bon état écologique des cours d’eau est
    fixé pour 2015. Ce bon état, qui tient compte à la fois
    de paramètres physico-chimiques et biologiques, risque
    de ne pas être atteint sur de nombreux secteurs si la
    dégradation des conditions hydromorphologiques des
    cours d’eau n’est pas enrayée. Celles-ci sont directement
    liées à la qualité des habitats des espèces aquatiques
    inféodées et sont essentielles pour la reproduction de
    nombreuses espèces piscicoles.

    Les habitats étant dépendant à la fois de l’hydrologie,
    des conditions physico-chimiques et des conditions
    morphologiques des cours d’eau, l’amélioration et la
    restauration de la continuité écologique est primordiale
    au retour d’un bon fonctionnement écologique du cours
    d’eau contribuant de ce fait à l’atteinte du bon état des
    eaux fixée par la D.C.E..

    4.2. Quelques exemples de travaux en rivière

    4.2.1. L’hydromorphologie des cours d’eau

    La morphologie d’un cours d’eau ou hydromorphologie
    est définie selon plusieurs critères : la largeur du lit
    (espace occupé, en permanence ou temporairement, par le
    cours d’eau), sa profondeur, sa pente, la nature des berges
    et leur pente, les caractéristiques du substrat, la forme
    des méandres (sinuosité très prononcée du cours d’un
    fleuve ou rivière) ...

    Elle est liée étroitement à l’hydrologie (état quantitatif et
    dynamique des débits, connexion aux eaux souterraines)
    puisque chaque rivière se façonne et creuse son lit de
    manière à pouvoir transporter le débit et les sédiments
    qu’elle reçoit de l’amont (continuité) et permettre la
    migration des organismes aquatiques.

    Son rôle est essentiel par rapport à la qualité biologique
    d’un cours d’eau et ainsi à l’atteinte du bon état écologique.
    Un cours d’eau est un système qui recueille et
    transporte vers l’aval les eaux des pluies et des sources
    d’un même bassin versant, sous l’effet de la gravité. Sa
    pente et son débit en font un système énergétique sa
    morphologie est fonction de plusieurs paramètres comme
    le climat, la géologie ou encore le relief.

    En effet, s’agissant d’un milieu en perpétuelle évolution,
    la forme d’une rivière n’est pas statique et tend à changer
    aussi bien dans l’espace que dans le temps. Chaque cours
    d’eau possède donc sa propre dynamique.

    Le processus naturel d’un cours d’eau qui n’a pas
    subi, ou peu, de modifications est d’altérer, d’éroder puis
    de transporter divers matériaux solides venant de l’amont
    du bassin, avant de les déposer tout au long de son cours.
    Les berges d’une rivière sont elles aussi soumises à des
    processus d’érosion de manière latérale.

    Ces différentes étapes qui sont fonction particulièrement
    du débit et de la pente contribuent à façonner le lit de la
    rivière en long (amont-aval), en travers (rive droite-rive
    gauche) et en plan.

    Selon la quantité de matériaux transportés, de la nature
    plus ou moins cohésive des berges et de la puissance du
    cours d’eau, le lit du cours d’eau pourra être de différents
    types : à méandres, en tresses, rectiligne, fluvial …

    Le débit liquide du cours d’eau varie donc au cours d’une
    année en fonction des précipitations et de la quantité de
    matériaux (fins et grossiers) qui est véhiculée, c’est-àdire
    le débit solide. Ces deux débits sont à l’origine des
    processus d’érosion et de dépôt qui contribuent aux
    ajustements morphologiques du cours d’eau. Un équilibre
    dynamique de rivière est observé lorsque l’érosion et le
    dépôt se compensent mutuellement.

    Les altérations hydromorphologiques, qui modifient
    le fonctionnement naturel des cours d’eau, sont liées
    aux pressions anthropiques qui s’exercent sur les sols
    du bassin versant et sur les cours d’eau. Les obstacles à
    l’écoulement, la chenalisation, le curage, la rectification
    du tracé, l’extraction de granulats, la suppression de
    ripisylve, le drainage, l’irrigation, l’imperméabilisation
    ou le retournement des sols sont autant de sources
    d’altérations hydromorphologiques qui nécessitent la
    mise en oeuvre de travaux ou d’aménagements visant à
    restaurer les fonctionnalités initiales. (Eau France, 2010)

    4.2.2. Des exemples de travaux ou d’aménagement des cours d’eau

    Une gestion équilibrée des berges et du lit d’une
    rivière par des opérations d’entretien régulier favorise
    un contrôle efficace de l’évolution ultérieure du milieu
    aquatique. Les opérateurs concernés sont les syndicats
    intercommunaux d’aménagement hydraulique (S.I.A.H.) ou
    des collectivités locales possédant la compétence rivière.

    De plus en plus de ces structures se dotent d’un technicien
    de rivière, dont les missions sont l’observation du cours
    d’eau, la préparation des chantiers, leur suivi technique et
    administratif, la communication avec les partenaires et la
    population …

    Les travaux d’entretien et d’aménagement de cours
    d’eau en Poitou-Charentes sont menés avec les concours
    financiers de l’État, des Conseils Généraux et du Conseil
    Régional, les agences d’eau et le soutien technique des
    Directions Départementales des Territoires et de l’Office
    National de l’Eau et des Milieux Aquatiques.

    Trois grands types d’intervention peuvent être
    distingués :

  •  la restauration : rendre à la rivière l’état dans lequel elle aurait dû se trouver si elle avait fait l’objet d’une gestion régulière,
  •  l’aménagement : modifier fortement le cours d’eau en vue de satisfaire un objectif particulier,
  •  l’entretien : garder le cours d’eau dans un état
    optimal.

    D’une manière générale, les différents travaux visent à :

  •  maintenir ou améliorer la qualité de l’eau (augmentation de son pouvoir épurateur),
  •  freiner ou favoriser l’écoulement des eaux selon la sensibilité aux inondations,
  •  stabiliser les berges pour lutter contre leur érosion,
  •  améliorer la qualité des habitats pour la faune et la flore
  •  préserver la qualité paysagère.

    Toute intervention doit être précédée d’un diagnostic
    de l’état initial et global du cours d’eau (de l’amont
    et de l’aval) pour cibler les différents objectifs des
    interventions. Ensuite, l’impact de ces dernières doit être
    mesuré et enfin, une évaluation et un suivi des travaux
    doivent être réalisés. Toute intervention doit donc être
    raisonnée et planifiée.

    L’effacement ou l’abaissement des ouvrages

    Pour les ouvrages sur les cours d’eau dont l’utilité
    ne semble plus avérée ou les ouvrages abandonnés,
    l’effacement de l’ouvrage est une des solutions pour
    rétablir la dynamique fluviale et la continuité écologique.

    L’effacement est envisagé lorsque les frais d’entretien de
    mise aux normes sont supérieurs à l’utilité du maintien ou
    lorsqu’il est jugé que l’ouvrage n’est pas compatible avec
    certains enjeux environnementaux tels que la Directive
    Cadre sur l’Eau, le plan anguille …

    Sans supprimer complètement l’ouvrage et un abaissement
    de la hauteur de l’ouvrage peut être envisagé pour des
    raisons techniques ou en prévision d’un effacement total.
    Il peut également être préféré pour concilier à la fois
    continuité écologique et conservation du patrimoine. En
    effet, certains usagers, habitués à la présence dans le
    paysage d’ouvrages, ne souhaitent pas les voir disparaitre
    et préfèrent d’autres mesures de gestion à mettre en
    oeuvre qui permettent de les conserver. C’est par exemple
    le cas des moulins.

    La reconnexion des annexes alluviales

    Les annexes hydrauliques sont considérées comme
    des zones présentant un fort potentiel écologique, lié à
    une faune et une flore riches et diversifiées, et montrant
    de multiples rôles dans le maintien de cette biodiversité.
    Cependant, ces zones humides restent des biotopes
    fragiles et non protégés, qui sont souvent délaissés et
    tendent à se fermer.

    De multiples fonctions sont attribuées aux annexes telles
    que l’interception de pollutions diffuses (phénomène
    d’autoépuration), la conservation de la biodiversité du fait
    d’habitats diversifiés, l’amélioration des caractéristiques
    morphologiques et physiques du cours d’eau, le rôle de
    refuge pour la faune et le rôle de zone de reproduction
    pour des espèces piscicoles.

    L’enfoncement du lit des rivières peut conduire à
    la déconnexion des annexes hydrauliques qui tendent
    à s’assécher et ne sont alors plus accessibles par les
    espèces piscicoles et moins propices à un développement
    favorable pour les espèces floristiques.

    Leur reconnexion parait donc importante en vue de
    retrouver une continuité écologique des cours d’eau. Pour
    se faire, des travaux de terrassement sont généralement
    réalisés pour permettre la reconnexion à l’aval et/ou à
    l’amont.

    L’entretien des berges et des ripisylves

    Les opérations d’entretien des ripisylves et des
    berges d’un cours d’eau sont essentielles à son bon
    fonctionnement. La ripisylve est une formation végétale de trois
    strates : herbacée, arbustive et arborée. Elle a
    de nombreux rôles quant à la préservation de la
    qualité des cours d’eau :

  •  elle protège et consolide les berges,
  •  elle retient les pollutions diffuses et élimine naturellement les nitrates,
  •  elle évite le dessèchement et freine le ruissellement de l’eau,
  •  elle abrite de nombreuses espèces,
  •  elle fait office de corridor biologique.

    L’entretien de la ripisylve doit être modéré et
    passe par diverses opérations : élagage, recépage,
    débroussaillage, abattage sélectif de certains arbres,
    enlèvement d’embâcles …

    Les berges sont des écotones c’est-à-dire une zone de
    transition entre l’écosystème aquatique et forestier (qui
    est la ripisylve). Elles abritent des espèces de milieux
    aquatiques et de rive comme par exemple, la musaraigne aquatique (Neomys fodiens), le martin pêcheur (Alcedo
    atthis) ou le cincle plongeur (Cinclus cinclus).
    Des techniques de génie végétal permettent de consolider
    les berges avec des végétaux vivants. Leur système
    racinaire stabilise les berges et les protège du courant et
    de l’érosion.

    La Dive sud à Couhé (Deux-Sèvres)
    La Dive sud à Couhé (Deux-Sèvres)

    Améliorer la diversité biologique

    La Directive Cadre sur l’Eau donne comme obligation
    le rétablissement de la continuité écologique sur les
    cours d’eau classés « à grands migrateurs » et ceux qui
    pourraient le devenir. Le saumon, l’alose, la lamproie, la
    truite, l’anguille, qui sont des poissons migrateurs, sont
    très sensibles à la qualité de l’habitat, particulier pour se
    reproduire.

    Différents aménagements sont donc nécessaires afin
    d’augmenter la capacité d’accueil du milieu pour les
    poissons :

  •  la mise en place d’ouvrages comme les passes à poissons pour leur permettre de franchir des obstacles artificiels.
  •  la mise en place de divers habitats : frayères, caches sous berges …
  •  le fond doit présenter certaines particularités pour que les femelles viennent pondre : un lit de galets ou de graviers stables pour éviter un déplacement trop important des oeufs en cas de crue la granulométrie doit être adaptée pour que les femelles puissent creuser un trou et y mettre leurs oeufs.
  •  la hauteur d’eau, la vitesse du courant et
    l’oxygénation sont également des facteurs
    importants.
    Passe à poissons, Magné (Deux-Sèvres)
    Passe à poissons, Magné (Deux-Sèvres)

    Afin d’améliorer la qualité des écosystèmes
    aquatiques et de diversifier les habitats certaines règles
    sont à respecter comme modifier le moins possible la
    morphologie du cours d’eau, ne pas artificialiser les berges
    et le fond, reconnecter les bras morts …

    La gestion des espèces exotiques envahissantes

    La prolifération des plantes exotiques envahissantes
    cause déjà depuis de nombreuses années, en Poitou-
    Charentes, des nuisances sur le fonctionnement des
    hydrosystèmes tant pour la biodiversité que pour les
    usages. Pour faire face à cette situation, différentes
    initiatives ont émergé en Poitou-Charentes. En témoignent
    notamment :

  •  l’élaboration de protocoles de suivi et de gestion par l’Institution Interdépartementale du Bassin de la Sèvre Niortaise (IIBSNi), en partenariat avec l’IRSTEA. Ces expérimentations ont permis la mise en place, depuis 1999, d’un plan de gestion à l’échelle de la zone humide du Marais Poitevin
  •  la réalisation d’un observatoire départemental des plantes envahissantes depuis 2003 par le Conseil Général de la Charente, qui coordonne les campagnes d’observation et de gestion par arrachage
  •  une étude réalisée par le CPIE Seuil du Poitou, sur les plantes invasives et patrimoniales des rivières du département de la Vienne, dans le cadre du Plan Loire Grandeur Nature 2 elle est suivie de campagnes d’arrachage manuel
  •  l’organisation de campagnes de suivi et
    d’opérations de lutte ponctuelles depuis 1999
    par l’Union des Marais Atlantiques (UNIMA) en
    Charente-Maritime.
    Myriophylle du Brésil, Marais de Rochefort (Charente-Maritime)
    Myriophylle du Brésil, Marais de Rochefort (Charente-Maritime)

    Devant l’impossibilité d’atteindre une éradication et
    pour freiner la dynamique d’expansion de ces espèces, tout
    en limitant et en priorisant la dépense publique investie
    dans la surveillance et la gestion de ces prolifération,
    les gestionnaires et leurs partenaires financiers publics
    ont besoin d’outils de compréhension et de suivi des
    phénomènes invasifs pour guider les choix tactiques dans
    la gestion annuelle et pluriannuelle de ces espèces.

    Face à cet enjeu et à cette demande, l’Observatoire Régional des plantes exotiques ENVahissantes des
    écosystèmes Aquatiques (ORENVA) a été créé en 2007, par la Région Poitou-Charentes.

    L’outil ORENVA s’inscrit dans le cadre de la politique de gestion des rivières de la Région et du Plan Loire Grandeur
    Nature 2007-2013. Deux maîtres d’ouvrage interviennent
    sur ce projet :

  •  le Forum des Marais Atlantiques, reconnu pour son expertise sur la problématique des espèces envahissantes, en particulier pour son expérience développée lors du montage de l’observatoire des Pays de la Loire. De fait, il intervient dans le cadre de sa mission d’appui aux maîtres d’ouvrage de la gestion de l’eau et des zones humides
  •  l’Observatoire Régional de l’Environnement (ORE)
    intervient dans le cadre de ses missions d’intérêt
    général liées à l’information en matière d’environnement
    et de développement durable. Il est chargé d’intégrer
    l’observatoire à son système d’information régional.

    Un comité de pilotage, réuni une fois par an, valide
    le projet à chaque étape. Il est constitué des Agences de
    l’Eau, des Conseils Généraux, des services de l’État et des
    établissements publics concernés, des associations et
    collectivités d’envergure régionale, départementale, de
    bassin versant et/ou ayant une expérience significative
    sur la question des plantes invasives.

    L’ORENVA prévoit l’organisation de la lutte à une
    échelle collective afin de mutualiser les pratiques et les
    moyens. Il s’appuie sur l’existence de relais locaux et
    de leur expérience pour couvrir le territoire. L’ORENVA
    distingue ainsi 4 niveaux d’opérateurs :

  •  niveau 1 : les observateurs, chargés de réaliser les inventaires. Il s’agit essentiellement des gestionnaires locaux (une centaine de contacts)
  •  niveau 2 : les 9 coordonnateurs. Il est constitué de structures départementales ou de bassin versant
  •  niveau 3 : il s’agit de la structure animatrice de l’observatoire chargée de la coordination régionale
  •  un niveau 4, de coordination inter-régionale, est
    pris en compte, l’Observatoire Régional de Poitou-
    Charentes ayant vocation à se coordonner avec les
    régions voisines et les Systèmes d’Information
    sur l’Eau (SIE) nationaux ou de bassin Loire-
    Bretagne.
    Les structures de coordination de niveau 2 (N2) de l’ORENVA
    Les structures de coordination de niveau 2 (N2) de l’ORENVA

    Visualisez la carte dans l’atlas cartographique de l’ORE

    Un Système d’Information Géographique (SIG)
    régional a été créé pour accueillir et valoriser les données
    de terrain et avoir une vision partagée et exhaustive du
    territoire.

    La restauration des zones humides

    Les zones humides, qui contribuent à la fois à la
    préservation de la ressource en eau et à la protection
    d’espèces emblématiques, voient leur surface fortement
    régresser au cours de ces dernières années malgré un
    intérêt fort et reconnu.

    Plusieurs actions sont mises en oeuvre pour préserver
    et restaurer ces milieux particuliers :

  •  la valorisation : les zones humides, de préférence non dégradées, peuvent faire l’objet d’aménagements simples et servir de lieu de balade pour la mise en place de sentier découverte par exemple, s’insérant ainsi parfaitement dans le cadre de vie d’une population. Il s’agit également d’une manière de sensibiliser le public aux problématiques des zones humides.
  •  la restauration : cette action vise à restaurer des zones humides dégradées et à en rétablir leur fonctionnement ou d’assurer le retour de certaines activités en adéquation avec le milieu. Les différents travaux mis en oeuvre après études techniques tels que l’évacuation de remblais, la suppression de rejets, peuvent faire l’objet de financement des Directions Départementales Territoriales dans le cadre de contrats liés aux mesures agro-environnementales ou de l’Agence de l’Eau Loire-Bretagne au travers de Contrats Territoriaux.
  •  la compensation : l’intervention ou l’aménagement
    de certaines zones comme la construction
    d’une route par exemple peuvent conduire à
    la détérioration ou à la disparition totale des
    zones humides. Des mesures doivent cependant
    être prises pour atténuer ces dégradations ou
    des moyens de compensation sont à envisager
    comme la re-création et/ou l’acquisition de zones
    humides par exemple.

    En Poitou-Charentes, une boite à outils « zones
    humides » a été mise en place par le Forum des Marais Atlantiques (F.M.A.). Elle propose un ensemble
    de méthodes de cartographie, de délimitation, de
    caractérisation, de gestion et de suivi des zones humides.
    Elle a vocation à faciliter l’atteinte des objectifs fixés par
    la D.C.E. et le Grenelle de l’environnement via un ensemble
    d’étapes à suivre pour protéger, restaurer et mieux gérer
    les zones humides. (Eau France, 2013a)

    À noter également l’existence du Réseau Partenarial des
    Données sur les Zones Humides (RPDZH) animé par le F.M.A.
    L’objectif de cette démarche est de regrouper le réseau
    d’acteurs et de développer des outils cartographiques
    permettant la prise en compte de la spécificité de ces
    territoires.

    La stratégie générale est la mise en oeuvre d’un partage
    de connaissances objectives, articulé autour des données
    spatiales, statistiques et documentaires, valorisant les
    différents territoires mais également les gestionnaires.

    Le marais poitevin à Saint Hilaire la Palud (Deux-Sèvres)
    Le marais poitevin à Saint Hilaire la Palud (Deux-Sèvres)

    À VOIR SUR LE SITE DE L’EAU EN POITOU-CHARENTES …
    RPDE, Réseau Partenarial des Données sur l’Eau : www.eau-poitou-charentes.org, rubriques :

    connaître l’eau et ses usages en région > Sa quantité
    la gestion de l’eau > Gestion quantitative
    la gestion de l’eau > Economies d’eau

     Pour aller plus loin
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