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> Les sources de pollution influant sur la qualité de l’eau

Une problématique émergente : les résidus de médicaments dans l’eau et les perturbateurs endocriniens

Thème Eau - Edition 2015
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Dernière mise à jour : 2015

5.1. De quoi s’agit-il ?

5.2. Quels sont les impacts sur l’environnement et la santé ?

5.3. Comment cette forme de pollution est-elle surveillée ?


5.1. De quoi s’agit-il ?

La France est le 4ième consommateur mondial de
médicaments. Qu’ils soient à usage humain ou vétérinaire,
la France est le 1er marché de l’Union Européenne.

Ainsi, plus de 3 000 principes actifs à usage humain et
300 à usage vétérinaire sont disponibles actuellement.
(Ministère de l’Écologie, 2011b)

Après la prise de médicaments par une personne ou
un animal, l’ensemble du médicament n’est pas utilisé ou
dégradé par l’organisme. Ces résidus vont être évacués
par les selles et les urines. Ils vont être retrouvés dans :

  •  les rejets des eaux usées : les stations d’épuration (collective ou individuelle) ne sont pas équipées pour traiter ces molécules. Après passage en station, elles vont être évacuées avec les eaux traitées vers le milieu naturel.
  •  les rejets d’effluents issus des installations d’élevage
     : directement dans le milieu (activités piscicoles par
    exemple), ou par ruissellement, après épandage sur
    des sols agricoles.

    Enfin, les médicaments non utilisés et jetés (dans l’évier,
    les toilettes) au lieu d’être ramenés à la pharmacie pour
    recyclage, vont se retrouver également dans ces effluents.

    Un résidu de médicament peut être considéré comme
    un perturbateur endocrinien, mais ce n’est pas le seul
    puisque d’autres polluants peuvent également engendrer
    des perturbations endocriniennes (pesticides, herbicides,
    détergents, métaux ...).

    Par définition, un perturbateur endocrinien est un
    agent exogène capable d’interférer avec la synthèse, la
    sécrétion, le transport, la liaison, l’action ou l’élimination
    des hormones naturelles, - hormones responsables de la
    maintenance, de l’homéostasie, de la reproduction, du
    développement, du comportement. (Kavlock et al., 1996)

    Il s’agit donc d’une substance ou d’un mélange exogène
    altérant les fonctions du système endocrinien, et
    induisant des effets nocifs sur la santé d’un organisme
    intact, de ses descendants ou sous populations. (Office
    National de l’Eau et des Milieux Aquatiques, 2009)
    Cette problématique des résidus de médicaments
    dans l’eau pose de plus en plus de questions. Plusieurs
    études ont en effet d’ores et déjà montré la présence de
    ces résidus dans les eaux de surface ou dans les eaux
    souterraines à des teneurs variables. Or certaines de ces
    ressources sont utilisées pour la production d’eau potable
    et des résidus ont déjà été identifiés dans des eaux
    distribuées en France. Les milieux aquatiques peuvent
    eux aussi être affectés par cette problématique. Les effets
    et les risques restent en revanche encore mal connus et
    nécessitent une meilleure connaissance de l’évaluation
    des risques.

    5.2. Quels sont les impacts sur l’environnement et la santé ?

    Depuis plusieurs années, la question se pose de la
    présence dans les milieux aquatiques (eaux de surface,
    eaux souterraines) et dans l’eau potable, à l’état de traces,
    de résidus de médicaments, ainsi que de leurs effets sur
    l’environnement et la santé.

    Or il n’existe pas actuellement de réglementation sur les
    normes et valeurs de référence à respecter et qualifiant
    l’impact et la présence des résidus de médicaments
    dans les eaux. Il en existe pour certains micropolluants
    (substances susceptibles d’avoir une action toxique à
    faible dose dans un milieu donné : de l’ordre du nano ou du
    microgramme par litre d’eau).

    Outre les produits immédiats qui peuvent être retrouvés
    dans l’eau, les effets des mélanges et d’interactions
    possibles avec d’autres polluants déjà présents dans
    les milieux aquatiques (par exemple chimiques ou
    pesticides), appelés parfois effet « cocktail », ne sont pas
    forcément connus.

    À ces différents éléments vient s’ajouter la préoccupation
    du renforcement de l’antibiorésistance des bactéries
    (résistance des bactéries aux antibiotiques) dans
    l’environnement, mises en contact prolongé et répété avec
    des résidus d’antibiotiques.

    Concernant les impacts sur l’environnement il est
    avéré qu’il existe des perturbations endocriniennes
    dans les milieux aquatiques. Il s’agit notamment de
    « féminisation » de populations de poissons mâles. (Office National de l’Eau et des Milieux Aquatiques, 2013).

    Pour ce qui est des impacts sur la santé, pour l’eau
    potable, les concentrations trouvées dans les eaux
    traitées sont 1 000 à un million de fois inférieures aux
    doses utilisées dans le cadre des doses thérapeutiques.
    Toutefois, on ne peut pas conclure immédiatement à une
    absence de risque du fait notamment des effets à faibles
    doses, des multiples effets biologiques envisageables et
    d’un potentiel effet « cocktail ». (Ministère de l’Écologie,
    2011b)

    En France, plusieurs équipes de recherche travaillent
    déjà sur ces sujets. Le Plan national sur les Résidus de
    Médicaments dans l’Eau (PNRM) constitue maintenant un
    cadre stratégique pour que leurs travaux soient conduits
    en synergie et valorisés ensuite dans la réglementation.

    5.3. Comment cette forme de pollution est-elle surveillée ?

    Une campagne nationale de mesure dans l’eau potable
    et les eaux destinées à la production d’eau potable a été
    confiée en 2009 par le ministre en charge de la Santé au
    Laboratoire d’Hydrologie de Nancy (ANSES). Les résultats
    de cette étude, rendus publics en février 2011, ont indiqué
    que pour l’eau potable :

  •  Pour 75 % des échantillons d’eau traitée, aucune des 45 molécules recherchées n’a été quantifiée
  •  Pour les 25% d’échantillons positifs, les
    analyses révèlent généralement la présence
    simultanée d’une à quatre molécules. Hormis
    la caféine (traceur de présence humaine), les
    molécules les plus fréquemment retrouvées
    sont la carbamazépine (un antiépileptique) et
    son principal produit de dégradation, ainsi que
    l’oxazépam (un anxiolytique).

    Pour ce qui est des eaux brutes (avant traitement
    pour les rendre potables), il a été démontré que :

  •  ces trois mêmes molécules principales sont retrouvées. Toutefois, un plus grand nombre de substances a pu être identifié à des concentrations parfois plus fortes que dans les eaux traitées.
  •  parmi les molécules retrouvées en plus de la
    carbamazépine et de l’oxazépam, on peut citer : le
    paracétamol, le kétaprofen (anti-inflammatoire),
    l’hydroxyibuprofène (ibuprofène transformé
    dans l’organisme), l’acide salicylique (aspirine).

    Dans le cadre de la Directive Cadre sur l’Eau
    (D.C.E.), 33 substances chimiques prioritaires étaient à
    surveiller en priorité. En 2013, 12 nouvelles substances
    ont été ajoutées à la liste initiale (Directive 2013/39/ UE du 12 août 2013 modifiant les directives 2000/60/ CE et 2008/105/CE en ce qui concerne les substances
    prioritaires pour la politique dans le domaine de l’eau).
    Ce sont des substances ou groupes de substances
    toxiques, dont les émissions et les pertes dans
    l’environnement doivent être réduites. Ces substances
    prioritaires ont été sélectionnées d’après le risque qu’elles
    présentent pour les écosystèmes aquatiques : toxicité,
    persistance, bioaccumulation, potentiel cancérigène,
    présence dans le milieu aquatique, production et usage.

    À VOIR SUR LE SITE DE L’EAU EN POITOU-CHARENTES …
    RPDE, Réseau Partenarial des Données sur l’Eau : www.eau-poitou-charentes.org, rubriques :
    a gestion de l’eau > Reconquête de la qualité > Re Sources
    la gestion de l’eau > Reconquête de la qualité > Réduction des pesticides
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